La guerre des mondes t.2

GuerreDesMondes2-cov“Les Martiens se sont lancés à l’assaut de la Terre ! À cause de leur rayon ardent, rien ne semble pouvoir les arrêter, pas même l’armée anglaise… En effet, après le passage de ces étranges créatures, la ville de Maybury n’est plus qu’un gigantesque tas de ruines.

Le photographe témoin du terrible massacre se fait alors une promesse : si le genre humain doit s’éteindre, il lui faut au moins documenter cette guerre. C’est malheureusement à Weybridge, sur la route de Londres, que le jeune homme a de nouveau l’occasion de braquer son appareil sur les tripodes…

Avec son souci du détail scientifique et son sens inné du suspense, H. G. Wells a ancré depuis plus d’un siècle l’image de l’invasion martienne dans l’imaginaire populaire. La Guerre des mondes réveille l’angoisse qui sommeille au plus profond de nous face à l’inconnu… Et si, vu de l’espace, l’homme n’était qu’un insecte impuissant ?”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

La guerre des mondes (宇宙戦争 / Uchû Sensô / lit. “La Guerre de l’espace”) est un manga seinen par Sai Ihara (猪原 賽) et Hitotsu Yokoshima (横島 一) qui a été sérialisé dans le magazine Comic Beam 100 (Enterbrain) depuis octobre 2018 et dans Comic Beam entre mai 2019 et février 2021 avant d’être compilé en trois volumes chez Kadokawa Shoten. Il a été publié en français chez Ki-oon (le troisième et dernier volume est paru en mars 2022). J’ai déjà commenté le premier volume.

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Page 23

En 1901 le martiens débarquent à Maybury Hills et leur tripodes mettent la ville à feu et à sang… Un jeune photographe, séparé de sa femme alors qu’il retournait chercher sa caméra pour documenter l’invasion, tente de rejoindre celle-ci mais la route est coupée. L’armée britannique fait piètre figure face aux armes plus avancées de l’envahisseur. Elle réussit tout de même à abattre l’un des tripodes. Toutefois ceux-ci utilisent une nouvelle arme: une fumée noire toxique. Le photographe observe aussi qu’ils capturent des humains. Réfugié dans une maison en ruine, il peut les observer à son aise. Pendant ce temps, Londres est aussi attaquée. Le frère du photographe doit fuir. Il aide une jeune femme et sa domestique à rejoindre le port pour évacuer vers le contient…

Je dois avouer que ce deuxième tome est bien meilleur que le premier. Le récit est plus fluide et fait un peu plus sérieux. Même le dessin me semble plus travaillé quoique le style reste encore assez ordinaire. Certains personnages (comme les militaires) restent très caricaturaux. Par contre la description des martiens est assez intéressante. Ce manga est finalement une interprétation intrigante du roman de Wells qui mérite sans doute d’être lu si vous êtes curieux. Je vais donc donner sa chance au troisième tome dès qu’il sera disponible en bibliothèque…

La guerre des monde 2, par Sai Ihara (scénario, basé sur le roman de H.G. Wells) et Hitotsu Yokoshima (dessin). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), septembre 2021. 182 pages, 15 x 21 cm, 13,90 € / $C 25.95, ISBN 979-10-327-0825-5. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Sai Ihara / Hitotsu Yokoshima 2020

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YuanYuan’s Bubbles

Cixin Liu Graphic Novels #4

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“Ever since she was a child, Yuanyuan always dreamed of blowing big bubbles. But her father worries about her fascination—he wants Yuanyuan to be as responsible and devoted to a calling as her mother was. As an adult, Yuanyuan creates a multimillion-dollar business out of the technology she developed for her doctoral thesis. But she still dreams of blowing the biggest bubble she can. When his daughter uses her high-tech methods to blow a bubble big enough to envelop a city, Yuanyuan’s father thinks back to the dreams he and Yuanyuan’s mother chased when they were young. In the end, Yuanyuan’s bubbles bring her father’s dreams to life.

The fourth of sixteen new graphic novels from Liu Cixin and Talos Press, Yuanyuan’s Bubbles is an epic tale of the future that all science fiction fans will enjoy. ” 

[Text from the publisher’s website; see also the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

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Page 6

Cixin Liu Graphic Novels #4: YuanYuan’s Bubbles (刘慈欣科幻漫画系列:圆圆的肥皂泡 / Liú Cíxīn kēhuàn mànhuà xìliè: Yuán yuán de féizào pào / “Liu Cixin Science Fiction Comics Series: Yuán yuán Soap Bubbles”) was published in China in 2020 and was based on a short story by Cixin Liu originally published in 2004. It is part of a project by Chinese publisher FT Culture who is planning to adapt in graphic novels sixteen stories by the multiple award-winning Chinese author Liu Cixin. According to John Freeman, they asked creators from all over the world (twenty-six writers and artists from fourteen countries, including China, France, Spain, Argentina, Italy, Belgium and the USA) to contribute to the series. It will be translated and published in at least eight countries. The English adaptation is published in the USA by Talos Press and by Head of Zeus’ Ad Astra imprint in the U.K.  The French adaptation will be published by Delcourt starting later this year. The first four volumes of the series are already available in English: Sea of Dreams (#1), The Wandering Earth (#2), The Village Teacher (#3) and Yuanyuan’s Bubbles (I have already commented on the first three). Chaos Butterfly (#5, by Dan Panosian) and The Circle (#6, by Xavier Besse and Nicholas Blackburn Smith) will follow on September 6 2022. The series will also includes adaptations of Devourer (by Corinne Bertrand), The Wages of Humanity (by Sylvain Runberg and Miki Montllò), Up to the Ears (by Julien Moca and Wang Jing), Be With You, Sunflower Boy (by Nie Jun) and Ball Lightning (by Thierry Robin). It is a very promising series.

YuanYuan’s Bubbles offers a very interesting story telling us of a realistic future where global warming has already done its damages. It also demonstrate that even the most whimsical scientific endeavour can eventually be useful and even save humanity from disaster. The art is rather average but it is worth reading. I find the whole series fascinating because it offers a window on Chinese science-fiction and an easy approach, through comics, to Liu Cixin’s works. Because of his scientific background, his writings are considered hard science-fiction but they remain easy to read and offer stimulating reflections on the paths that humanity should (or not) take in the future. I also like the fact that this project is really an international collaboration. For example, YuanYuan’s Bubbles’ creators are both French speaking: Valérie Mangin is a French writer, a latinist!, and Steven Dupré is a Belgian artist who publishes in both French and Dutch languages. They also collaborated together on the series Le Club des prédateurs.

All in all, YuanYuan’s Bubbles is a very good reading, even more so if you are interested in compelling science-fiction, Chinese literature or Liu Cixin’s works. I can’t wait to read the other titles of this series…

Cixin Liu Graphic Novels #4: YuanYuan’s Bubbles, by Valérie Mangin (text) & Steven Dupré (illustration); translation by Nicholas Blackburn Smith, based on a story by Liu Cixin. New York: Talos Press (Imprint of Skyhorse Publishing), January 2022. 72 pages, 7 x 10 in., $US 17.99 / $C 24.99, ISBN 978-1-945863-71-4. For Teen readership (12+). stars-3-5

For more information you can check the following websites:

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© 2021 FT Culture (Beijing) Co., Ltd.

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Revue de ‘zines [002.022.080]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

dBD #159 (Décembre 2021 – Janvier 2022)

dBD-159Dans le cahier actualités, je remarque un documentaire sur les chats en BD (Chats en cases: Entre Histoire de la BD et Histoire de l’Animal par Philippe Delisle aux Éditions Karthala) et un sur Jacques Martin (Alix) qui aurait eut cent ans (Jacques Martin: le voyageur du temps par Patrick Gaumer chez Casterman). On trouve encore une pleine page de nouveautés mangas: One Piece t.100 (par Eiichiro Oda, chez Glénat), Les architecte de Babel (par Akira Ashimo, chez Glénat), Kirby Fantasy T.1: Gloutonnerie à Dreamland (par Ibuki Takeuchi, chez Soleil), Is it love? Blue Swan Hospital: À Coeur Ouvert (par Rossela Sergi, chez H2T), Alice in Borderland Retry T1 (par Haro Aso, chez Delcourt/Tonkam), Mermaid Saga T1: Mermaid Forest (par Rumiko Takahashi, chez Glénat), One-Punch Man: Le Guide Officiel (par Yusuke Murata & One, chez Kurokawa), Un Assassin à New York (par Jinpachi Mori & Jiro Taniguchi, chez Pika), Mars Red (par Kemuri Karakara, chez Panini) et Hellbound T1: L’Enfer (par Yeon Sangho & Choi Gyuseok) [ndlr: ils ont une définition plutôt large de ce qui compte comme manga chez dBD!].

On y trouve également un article qui fait le bilan de la BD en France pour la décennie 2010-2020. La diminution des ventes de BD Franco-Belge et les mutations du marché affectent grandement les conditions de vie et de travail de auteurs et artistes, se traduisant par leur paupérisation croissante ce qui exige un plus grand effort pour obtenir la reconnaissance et la revalorisation de leur métier. La relation entre l’éditeur et l’auteur doit changer (avec par exemple un contract-type) ou alors les auteurs doivent s’orienter vers l’autoédition et le financement participatif.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Dominique Grange et Jacques Tardi un sujet de Élise et les Nouveaux Partisans chez Delcourt.  Les entrevues se poursuivent avec Christophe Blain (sur Le Monde sans fin, avec Jancovici, chez Dargaud), Wilfrid Lupano (sur La Bibliomule de Cordoue, avec Léonard Chemineau, chez Dargaud), Cyril Lieron et Benoit Dahan (sur Dans la tête de Sherlock Holes t.2: L’Affaire du ticket scandaleux, chez Ankama), Pascal Rabaté (sur Sous les galets, la plage, chez Rue de Sèvres), Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg (sur Sousbrouillard chez Dargaud, Le Don de Rachel et Enferme-moi si tu peux chez Casterman), Ugo Bienvenu (sur Total, chez Denoël Graphic), Timothé Le Boucher (sur 47 Cordes: 1ere partie, chez Glénat), Lucas Méthé (sur Scènes de la vie de Papa Maman Fiston, Maman amoureuse de tous les enfants, Papa Maman Fiston, chez Actes Sud BD), Olivier Ledroit (sur Le Troisième Oeil Acte 1: La Ville Lumière, chez Glénat), Pascal Croci (sur Anorexie, chez Éditions Paquet), ainsi que Corbeyran et David De Thuin (sur Zélie & Compagnie: Einstein et les Robots, chez Des Ronds dans l’O). On retrouvèrent également un article sur Street Cop (par Art Spiegelman et Robert Coover, chez Flammarion).

Dans le Cahier Critique je note Astérix et le Griffon par Conrad & Ferri d’après Uderzo & Goscinny (Top!; “leur meilleur album”) et Goldorak par Dorison, Bajram, Cossu, Sentenac & Guillo chez Kana (Top!; “fan art ultime (…) une véritable pépite, qui rend hommage au modèle, tout en proposant un récit original, palpitant, formidablement écrit, et brillamment mis en images”).  [ndlr: ils en beurrent épais chez dBD!]

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-0

Capsules

dBD #160 (Février 2022)

dBD-160Dans le cahier actualités, je remarque la parution de deux nouvelles intégrales de classiques de la BD Franco-Belge: Tif et Tondu, nouvelle intégrale t.5 (par Maurice Rosy & Will) et Lucky Luke, nouvelle intégrale t.4 (par Goscinny & Morris) tous deux chez Dupuis. On note également la parution de Les Pharaons d’Alexandrie, une BD historique par Rafael Moralès (chez Glénat) qui compile le trois volumes de la série Hotep, une autre adaptation BD de La nuit des temps de René Barjavel par Christian de Metter (chez Philéas), le premier tome de l’intégrale de Lone Wolf & Cub par Goseki Kojima et Kazuo Koike chez Panini, Demain les Oiseaux par Osamu Tezuka chez Delcourt/Tonkam, et Les trésors cachés de la BD érotique par Bernard Joubert chez Revival. Avec “Le territoire des Mangas” on trouve finalement un deux pages de nouveautés mangas: Mon Coloc’ est une Gameuse t.1 (par Renjuro Kindaichi, chez Delcourt/Tonkam), Le Livre des sorcières v.1 (par Ebishi Maki, chez Glénat), Oshi no Ko t.1-2 (par Aka Akasaka & Mengo Yokoyari, chez Kurokawa), Crush of a Lifetime (par Jeon Ha-lim & Kim Yeonwoo, chez Kbooks Verytoon), Le Secret des Écailles Bleues t.1 (par Yoko Komori, chez Delcourt), Pilote Sacrifié t.1 (par Shoji Kokami & Naoki Azuma, chez Delcourt/Tonkam) et Sans Préambule (par Akane Torikai, chez Akata).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec François Boucq et Nicolas Juncker sur Un Général, Des Généraux chez Le Lombard. Les entrevues se poursuivent avec Yves Bigot (sur son roman Katrijn chez Encre de Nuit), Anlor (sur Ladies with guns, avec Olivier Bocquet, chez Dargaud), avec Patrick Gaumer (sur Jacques Martin: Le voyageur du temps chez Casterman) — cette entrevue est complétée par un article sur l’expansion de l’univers d’Alix avec deux nouvelles séries: Alix Senator (le dernier paru étant t.12: Le Disque d’Osiris chez Casterman) et Alix Origines (t.1: L’Enfance d’un Gaulois et t.2 Le Peuple de feu), Tony Sandoval (sur Volage, Chronique des Enfers, avec Stephen Desberg, chez Daniel Maghen), Bruno Bessadi (sur L’Ogre Lion t.1: Le Lion barbare, chez Drakoo), Vincent Turhan (sur Les étoiles s’éteignent à l’aube, d’après Richard Waganese, chez Sarbacane), Marc Pichelin (sur les trente ans de l’éditeur Les Requins Marteaux) et Dav (sur Sous les arbres t.4: Le Premier printemps, chez La Gouttière).

Dans le Cahier Critique je note Blue World t.1 par Yukinobu Hoshino, chez Pika (Super!; suite de “Blue Hole”, “hommage appuyé à Voyage au Centre de la Terre, de Jules Verne (…) va beaucoup plus loin dans l’explication scientifique”), De nous il ne restera que des cendres par Akira Kasugai chez Kana (Super!; “personnage non-binaire (…) l’action est également au rendez-vous de cette série en quatre tomes qui, sans casser la baraque, tente et parvient à renouveler un genre largement éculé”), Opérations dans le Pacifique par Seiho Takizawa chez Paquet (Super!; “recueil d’histoires courtes qui (…) décrit le quotidien des pilotes de l’aéronavale nippone (…) à la fois précis, rythmé, poignant et toujours d’une justesse épatante”) et Manchuria Opium Squad t.1 par Monma & Shikako chez Dupuis/Vega (Super!; “évoque cette période mal connue è travers un point de vue original, celui d’un paysan situé tout en bas de l’échelle”). 

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

Cамовар C-19 (2021)

Samovar-c19Selon la tradition Yves Meynard sort un numéro de Samovar annuellement pour le congrès Boréal. Comme ces dernières années le congrès a été virtuel, alors le Samovar se distribue aussi de façon digitale (en format PDF). Le titre est un clin d’oeil au fanzine que j’ai publié avec Philippe Gauthier et auquel Yves s’est éventuellement joint en avril 1988 (#11-12): самиздат (Samizdat, 1986-1993). Le sous-titre du fanzine est “Science • Thé • Fiction”, un clin d’oeil génial à la fonctionnalité véritable du samovar. Le fanzine nous offre une collection de calembours, jeux de mots, fausses nouvelles, critiques bidons, photos hilarantes et autres “inside jokes” tournant autour des membres (auteurs, éditeurs, amateurs) du milieu de la science-fiction (principalement SFQ, SFCF ou même SFFFEOEF). Humour, donc, pour les gens du milieu… stars-3-0

Capsules

Solaris #221 (Hiver 2022)

Solaris-221Solaris nous offre une fenêtre sur la littérature de genre (dites de l’imaginaire, spéculative ou “paralittérature”) au Québec et parfois d’ailleurs. Celle-ci s’ouvre à nous en trois volets: le volet fiction comprend quelques nouvelles qui nous offrent l’occasion de se divertir tout en échantillonnant ses différentes saveurs actuelles. Le volet documentaire nous offre des articles pour découvrir et mieux comprendre ses différents aspects. Finalement, le volet critique se divise en deux parties: “Les littéranautes” qui commentent les parutions locales et les “Lectures” qui commentent le reste.

Dans le volet fiction ce numéro nous offre six courts récits:

  • “Les Yeuses de Noire-Épine” par Anne Wattel. Lauréat du Prix Joël-Champetier 2022 (s’adressant aux auteurs non canadiens), ce texte est décrit par les membre du jury comme “une exploration audacieuse des limites du langage, des structures narratives et de l’imaginaire mythique.” Personnellement, je trouve que c’est écrit par quelqu’un qui aime trop les mots. C’est beau, poétique, certes, mais pas vraiment divertissant — pénible même… stars-2-0
  • “Focus” par Gautier Langevin. Un jeune garçon rencontre une conseillère en orientation bien particulière. Ce texte, décrit par Jean Pettigrew dans la présentation du numéro comme “anxiogène, bien que toute en nuances et subtilités”, me semble bien intriguant… stars-3-0
  • “Sciété” par Alain Ducharme. Décrit par la présentation comme “un texte déjanté qui nous rapelle que le future ne sera pas de tout repos” c’est une histoire cyberpunk où AJA et Joya tente de retracer la cyber-identité de leur ami Tom-Tom kidnappé par des serveurs en quête d’émotions… stars-3-5
  • “Point amphidromique” par Ariane Gélinas et Loïc Henry. Ce récit “nous propose un double parcours qui culmine avec une rencontre fantastique, qui souligne d’une certaine façon la symbiose littéraire pan-Atlantique à la naissance de ce texte.” Au milieu de l’océan, une porte s’ouvre permettant la rencontre de deux-monde… stars-3-0
  • “Rivière-Morte” par Michel Lamontagne. “Une vignette fantastique toute en finesse.” stars-2-5
  • “L’Art de la création” par Frédéric Parrot. “Un texte avec une forte charge émotive et qui propose une réflexion peu commune sur ce qu’est (ou pourrait être) la réalité.” Par la méditation Zoé réussit a affecter la trame du temps et son environnement (à la Matrix?). Et si la réalité était en fait une simulation? stars-3-0

Le volet documentaire offre un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, qui s’intéresse cette fois aux “Tours de Babel modernes: visions, constructions, anticipations” s’attardant sur l’histoire du gratte-ciel et sa place dans la littérature. On retrouve également une nouvelle chronique, “Le DALIAF présente…”, qui se veut une sorte de mise à jour du Dictionnaire des Auteurs de Littératures de l’Imaginaire en Amérique Française, introduisant cette fois Rodolphe Lasnes et son roman Pinsonia (1500-2011). Pour finir, le volet critique nous offre un impressionnant trente-deux pages de commentaires couvrant vingt-et-un titres! (pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne)

Solaris, qui se veut “l’Anthologie Permanente des Littératures de l’Imaginaire”, nous offre comme toujours un numéro très riche qui demeure un incontournable pour tout amateur… stars-3-5

Capsules

 

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Revue de ‘zines [002.022.057]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland #236 (Octobre-Décembre 2021) 

Animeland-236Ce numéro de 144 pages nous offre deux dossiers: un sur Demon Slayer (présentation de l’oeuvre, Qui est qui?, l’art de Koyaharu Gotouge, l’art de l’anime, analyse de la mythologie, un succès mondial, entretien avec Haruo Sotozaki et Akira Matshima) et un sur le Festival d’Annecy (ambiance festive en petit comité, panorama du cinéma d’animation africain, panorama des régions exposantes à Annecy, ainsi qu’une présentation des titres notoires présents au festival: Jiang Ziya: The Legend of Deification, Flee (Cristal du long Métrage), La Traversée, Gyoko no Nikuko-chan, Rotzbub (Snotty Boy)).

Dans “On a vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Batman: The Long Halloween, Nos mots comme des bulles, Satoshi Kon l’illusionniste, Jeune dragon cherche appartement ou donjon, Joran: The princess of snow and blood, Le Dragon Génie, Le Sommet des dieux, Même les souris vont au paradis, Sonny Boy, Le Roi Cerf, What if…?, Otherside Picnic, et Godzilla: l’origine de l’invasion.

Dans “Ça ferait un bon anime” on nous introduit à quelques bons mangas comme Autour d’elles (Akata), Analog Drop (Akata), Les liens du sang (Ki-oon), Mon bourreau de père est enfin mort (Meian), Le lien du destin (Komikku), Sensor (Mangetsu), Teenage Renaissance (Akata), 50 nuances de gras (Doki Doki), Le Couvent des damnés (Glénat), Search and Destroy (Delcourt/Tonkam), Summer of lave (Lézard Noir), et Dans la prison (Lézard Noir).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Entretiens (Shingo Natsume, Kazuo Nakazawa, Jean-Charles Osterero et Patrick Imbert), Focus (Star Wars Vision, Coin lecture: Anime Architecture), Fermez les Yeux (Hommage au compositeur Shunsuke Kikuchi), Jeu vidéo (les trailers de l’E3), Séance Studio (Studio 4’C), Figure de Pro (Aton Soumache), Trouvaille (Trese), Hommage (Masami Suda, Interstella 5555), Il était une Pub (Taco Bell), Pourquoi (…le terme manga doit encore être nuancé ?), Crowdfunding (Nazca Éditions), et Humeur.

L’incontournable magazine francophone de l’anime nous offre encore un numéro très riche en information. À lire pour tous les amateurs d’anime… stars-3-5

Capsules

dBD #158 (Novembre 2021)

dBD-158Dans le cahier actualités, on nous parle de trois adaptations cinématographiques de BD: l’animation Le sommet des dieux réalisé par Patrick Imbert d’après le manga de Jiro Taniguchi, Le trésor du petit Nicolas réalisée par Julien Rappeneau d’après Gosciny et Sempé ainsi que Les Olympiades réalisé par Jacques Audiard d’après Les Intrus de Adrian Tomine. Je note également la parution du 3e tome de Ad Romam: Le camp du Légionnaire (par Allali, Bertorello, Espinoza & Stoffel chez Plein Vent). Finalement, on nous présente une pleine page de nouveautés mangas: Lone Wolf & Cub Édition Prestige t.1 (par Kazuo Koike & Goseki Kojima chez Panini), Suidoken III Complete Edition (par Aki Shimizu chez Soleil), Mon Coloc’ est une gameuse (par Renjuro Kindaichi chez Delcourt/Tonkam), Room (par 61chi, chez Éditions H) et Kaiju No 8 t.1 (par Naoya Matsumoto chez Kazé).

On retrouve aussi un article qui trace le bilan de la BD en France dans la décennie 2010-2020. Statistiquement, en chiffre de vente, on note la “santé insolente” de la BD en comparaison au déclin constant de l’ensemble du marché du livre. Toutefois, cette hausse est surtout portée par le manga (+59% en volume, +72% en valeur, 42.5% de ventes totales de BD — hausse de tous les sous-genres de mangas sauf le shojo), mais aussi par la BD jeunesse (+58%) et les comics (+127.7% due à l’impact de Walking Dead et des films de Marvel et DC). La BD de genre (i.e la BD Franco-Belge traditionnelle) est en baisse de 9.2% ! On retrouve aussi un article sur les dix ans de la collection BD Kids (fruit de la collaboration des Éditions Bayard et Milan).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Cosey sur le dénouement de la série Jonathan avec le t. 17: La Piste de Yéshé (chez Le Lombard) et le livre d’art À l’heure où les Dieux dorment encore (chez Daniel Maghen).  Les entrevues se poursuivent avec Philippe Francq (sur Largo Winch t.23: La frontière de la nuit, avec Éric Giacometti chez Dupuis), Sara Colaone (sur Georgia O’Keeffe, amazone de l’art moderne, avec Luca de Santis chez Éditions Steinkis), Jean Van Hamme (sur Blake et Mortimer t.28: Le Dernier Espadon (avec Teun Berserik & Peter van Dongen chez Éditions Blake & Mortimer), Riad Sattouf (sur Le Jeune Acteur 1: aventure de Vincent Lacoste au cinéma chez Éditions Les Livres du Futur), Olivia Ruiz (sur La Commode aux tiroirs de couleurs (avec Winoc, Amélie Causse & Véronique Grisseaux chez Éditions JC Lattès/Grand Angle et basé sur le roman éponyme de Olivia Ruiz) ainsi que Amélie Fléchais et Jonathan Garnier (sur Bergères guerrières T.4 (chez Glénat).

Dans le Cahier Critique (section “Ça vaut le détour”) je note Saisi par la nuit de Yoshiharu Tsuge chez Cornélius (rassemble “douze récit parus entre 1975 et 1981. Le contenu est inégal, mais (…) impose le respect général, aussi bien par l’originalité de ses sujets qu’en terme de narration”) et deux titres mineurs de Osamu Tezuka: Debout l’Humanité et Avaler la Terre chez Flblb (“oeuvres (…) assez savoureuses (…) impossible à résumer (…) des passages franchement marrants et d’autres carrément sordides“).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

Solaris #220 (Automne 2021)

Comme toujours, Solaris nous offre une fenêtre sur la littérature de genre au Québec et ailleurs. Celle-ci  s’ouvre à nous en trois volets. Le volet fiction comprend cinq nouvelles qui nous permettent d’échantillonner les différentes saveurs de la littérature de genre actuelle. 

  • “Le Matin, les arbres et leurs cadeaux“ par Jean-Louis Trudel. La présentation du numéro, par Pascal Raud, nous indique que ce récit “nous entraîne en sol chilien à la suite d’Anghia Chaudhry, une envoyée de la Mère des Arbres chargée du recouvrement de sommes impayées.“ Mais le voyage de Chaudhry à aussi un objectif très personnel… “Une nouvelle dans la veine solarpunk, un genre qui présente un futur où l’humanité a trouvé certains moyens pour contrecarrer, entre autres, les changements climatiques.” C’est un bon récit où l’action est bien rythmée et l’univers décrit est vraiment très intéressant mais malheureusement parfois un peu difficile à suivre. stars-3-0
  • “L’Artisan du déluge“ par Dave Côté. Le protagoniste de ce récit, Aurel, est aveugle. Il “a besoin de la réalité augmentée pour voir, travailler, enfin vivre tout simplement. Lorsqu’un hacker vide son compte bancaire et détruit son interface RA, Aurel fait appel à une amie pour lui reconstruire une interface à partir d’une vieille RA rudimentaire presque gratuite.” Évidemment il y a une malfonction… Encore une fois un concept super intéressant et un texte bien écrit. J’ai bien aimé. stars-3-5
  • “L’Autre Trame du temps“ par Hugues Lictevout. Dans cette histoire “au lieu de prendre des vacances avec sa femme et ses enfants dans une Zone Atemporelle, Louise, une flic du temps, attend son indic en Australie en 1998. Celui-ci prétend avoir des informations qui pourraient bien faire douter Louise…” Si l’on peut manipuler le temps comment savoir quelle version de l’Histoire est la “bonne”? Très bon texte, sur un sujet fascinant. stars-3-5
  • “Le Carrousel“ par Orson Scott Card. Dans ce récit “les morts ne restent pas morts bien longtemps. Cyril s’aperçoit vite que sa relation avec son épouse ressuscitée ne sera plus du tout la même. Un texte fantastique intimiste, traduit par Pierre-Alexandre Sicart.” Dans un monde où les morts nous reviennent mais dépourvu d’émotions, le monde est surpeuplé et cela crée une étrange vie de couple qui trouble le protagoniste jusqu’à ce qu’un tour de carrousel lui permette de rencontrer Dieu… Intéressant concept et superbement écrit. stars-4-0
  • “Les Cosmos invisibles“ par Mario Tessier. Ce récit nous invite “à prendre le café et écouter un «explorateur du multivers, un prospecteur de l’ensemble des mondes possibles» nous narrer des univers fabuleux, étranges, renversants.” Un bon texte qui a malheureusement trop de descriptions et pas assez d’action. Toutefois, il explique très bien la plus récente théorie sur la création de l’univers et offre une parfaite introduction à l’article du Futurible qui suit… stars-3-0

Solaris-220Le volet documentaire n’offre qu’un seul article, un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, qui nous parle des “Cartes de Tendre, ou la géographie imaginaire.” Il nous explique ce qu’est la géographie imaginaire dans toute ses différentes incarnations, en trace un historique et nous décrit son utilisation dans la littérature. C’est comme toujours passionnant et superbement documenté. Je dois avouer que ce genre d’article est la raison principale pour laquelle je lis Solarisstars-4-0

Finalement, le volet critique (23 p.) se divise en deux parties: “Les littéranautes” qui commentent les parutions locales et les “Lectures” qui commentent le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne.

“L’Anthologie Permanente des Littératures de l’Imaginaire” nous offre un numéro très riche avec, cette fois, une sélection particulièrement intéressante de fictions. C’est donc une lecture incontournable pour tout amateur de littératures spéculatives qui cherche à se divertir et à en apprendre plus sur le sujet… stars-3-5

Capsules

 

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Kebek 2: Adamante

“Un récit de science-fiction situé dans la province de Eeyou Istchee Baie-James, région des Monts Otish, au Québec. Roy, gravement brûlé à la fin du tome 1, guérit de ses blessures à une vitesse que les médecins ne peuvent expliquer. La découverte de la femme à l’intérieur du sarcophage a enflammé les réseaux sociaux et le monde entier suit cette découverte humaine et scientifique. Qui est-elle, d’où vient-elle et surtout de quelle époque ? Les fresques murales découvertes à proximité de la sphère dateraient de 400.000 ans, bien avant homo-sapiens. Et pourtant la sphère semble issue d’une technologie encore inaccessible à la science actuelle. «Elle» est vivante, et va bientôt pouvoir répondre à ces questions…”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Pour en savoir plus sur le début de l’histoire, voir mon commentaire sur le premier tome. Roy récupère très vite des blessures infligé par le feu bleu et continue son récit des événements à l’avocat qui enquête sur la situation. L’annonce que le sarcophage de diamant noir contenait une femme — et qu’elle est vivante! — bouleverse la planète au point de générer des désordres sociaux qui atteignent la révolte armée dans certains endroit. La météo et les barrages routiers leur ayant coupé la route de l’aéroport, le convoi qui amène Roy se réfugie à la prison de Bordeaux. “Elle” est vivante mais faible. Elle s’appelle Adamante. Le liquide de le sphère lui permet de restaurer — la technologie de sa civilisation semble d’ailleurs beaucoup utiliser cette “eau morphogénique interfaciale”. Elle a apprise notre langue très rapidement et se raconte en images. Elle est humaine mais d’un temps lointain. Un cataclysme cosmique menaçait la planète et la sphère était une sorte de capsule temporelle qui devait préserver le savoir de la civilisation ainsi qu’un mâle et une femelle humaine pour pouvoir tout recommencer. Mais son récit est interrompu par l’arrivé des militaires qui se saisissent d’Adamante. 

Roy, avec l’aide d’une coalition d’autochtones et d’employés de la mine, bloque l’avion cargo militaire qui emportait Adamante mais dans les combats Roy est gravement blessé d’une flèche en pleine poitrine (un incident de “friendly fire”). Il est sauvé par Adamante grâce à sa technologie et à une transfusion de son sang. Mais à son réveille, elle a disparue. Il la cherche près du site de la sphère noire, mais celle-ci s’est transformé en une forêt de cristaux qui contamine tout autour d’elle. Roy trouve Adamante sans vie près de l’entrée de la grotte. Télépathiquement elle lui dit qu’elle sera toujours en lui… Dans les grottes les scientifiques détectent l’émission d’un puissant rayonnement électromagnétique qui supprimes la couleur rouge (c’est pour ça que tout est bleu!) et la sphère pulse comme si elle était vivante. Le processus de métamorphose de la matière s’accélère et la contamination croît sans cesse. Les militaires ont découvert une contamination similaire quand ils ont ouvert le deuxième sarcophage. Ils en concluent que la sphère ne peut apporter rien de bon et décide de détruire la zone contaminée avec des bombes nucléaires! Roy a à peine une minute pour fuir le plus loin possible mais l’explosion le laisse congelé et transpercé de glaçons! Il passe deux mois dans le coma mais la transfusion d’Adamante a transformé sa nature et, contre tout bon sens, il survit. 

Roy et l’avocat quitte Bordeaux pour l’aéroport de Mirabel pour prendre un vol qui les ramène dans le nord. Pendant le vol Roy rêves aux souvenirs d’Adamante. Le récit de celle-ci semble avoir tracé un portrait de sa civilisation plus beau que la réalité: il semble y avoir eut des guerres car les sphères noires sont attaquées par une armées en scaphandres noires, les Krankens, qui réussissent à faire pénétrer une de leur arme (un bâton-venin) dans la sphère juste avant qu’elle se referme. Cela a contaminé sa programmation (c’est pour ça que la sphère ne s’est jamais réactivée, du moins pas avant d’être découverte par les mineurs) ainsi que le compagnon mâle d’Adamante. Arrivé à la base de Polarion, sur Bakon Island dans l’archipel arctique, Roy apprend que le second sarcophage a émis un intense rayonnement qui a tué ou “altéré” ceux qui l’on ouvert. Il découvre alors que l’occupant du sarcophage est son sosie avec qui il partage une sorte de singularité génétique et… le coeur d’Adamante!

[ fin du spoiler, euh, je veux dire divulgacheur ]

Le graphisme de cette BD est tout simplement superbe mais le récit est un peu décevant — surtout la fin… qui m’apparait un peu précipitée. Beaucoup de détails de l’histoire restent non résolu ou inexpliqués  (par exemple: la transformation de la sphère est-elle un processus de terraformation programmé ou simplement le résultat de la contamination par les Krankens?). Il aurait sans doute fallu un troisième tome pour permettre à l’histoire de se développer un peu plus (comme nous montrer un peu plus du quotidien d’Adamante à son époque, son histoire d’amour, comme le faisait Barjavel dans le roman). Par moment, le récit est aussi un peu confus et il est difficile de distinguer ce qui fait partie du flashback narratif et ce qui est le récit principal (la présence de l’avocat aide sur ce point).

La BD remplie tout de même sa promesse d’adapter (librement et en la ré-actualisant) l’histoire de La nuit des temps de Barjavel (en y ajoutant des éléments de La sphère d’or de Cox— comme le fait que les intentions de la sphère ne sont pas nécessairement bienveillantes). L’adaptation est d’ailleurs excellente et l’on peut aisément avoir une idée de tout les détails non expliqués si on a lu les histoires originales (cela nous permet de “lire entre les lignes” en quelque sorte). Malgré ses quelques faiblesses, cette BD est donc très belle, plutôt divertissante et agréable à lire. C’est donc, somme toute, une excellent lecture que je ne peux que recommander (comme la plupart des ouvrages de Philippe Gauckler). 

Kebek: t. 2: Adamante, par Philippe Gauckler. Paris: Ed. Daniel Maghen, avril 2021. 96 pages. 25 x 33 cm. 19.00 € / $C 39.95. ISBN 978-2-35674-084-7. Pour lectorat adolescent (14+). 

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© DM

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Rêveries d’Emanon

ReveriesEmanon-cov“Eiko est une curieuse petite fille : son corps n’est vieux que de quelques années, mais sa mémoire remonte aux origines de la vie. C’est pourtant la première fois qu’elle a l’occasion de grandir entourée de ses deux parents… Alors que la mise au monde d’un enfant aurait dû transformer sa mère en coquille vide, son père a réussi à briser le cycle à force de patience et d’obstination.

Mais l’âme errante devra bientôt reprendre son périple ! Malgré tous ses souvenirs, il lui reste bien des choses à découvrir, et des personnes avec des aptitudes tout aussi étranges que les siennes à retrouver… Jusqu’où les rêveries d’Emanon la mèneront-elles ?

Emanon est un des personnages les plus fascinants de la science-fiction contemporaine japonaise. Le dessinateur Kenji Tsuruta, tombé amoureux du concept imaginé par l’écrivain Shinji Kajio, donne un visage aussi vivant que mélancolique à cette incarnation féminine du passé, du présent et du futur de l’humanité. Que l’on croie ou non à son histoire, impossible d’oublier Emanon. Et elle non plus ne vous oubliera jamais…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 32

Rêveries d’Emanon (續々さすらいエマノン / Zokuzoku sasurai Emanon) est un manga seinen par Shinji Kajio et Kenji Tsuruta qui a été prépublié dans le magazine mensuel Comic Ryu et compilé en un volume chez Tokuma Shoten en avril 2018. Basé sur les récits de Shinji Kajio (“Karisome Emanon” / “Emanon de passage”, “Yukizuri Amnesia” / “Amnésie éphémère”, “Tomadoi Mektoub” / “Un mektoub confus”, “Hitosura Souvenir” / “Un souvenir”, et “Tayutai Lightning” / “Un Éclair vacillant”), cette série de manga (dont Rêveries d’Emanon est le quatrième et dernier tome) raconte l’histoire d’une fille mystérieuse qui détient une mémoire vieille de trois milliards d’années, remontant au moment où la vie est apparue pour la première fois sur Terre, qui est transmise de génération en génération par la lignée maternelle. Toutefois, dès qu’une nouvelle “Emanon” (“no name” à l’envers) naît, la précédente devient amnésique. J’ai déjà commenté le trois premiers tome de la série.

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Page 203

Ce volume se déroule sur trois périodes. En 1980, Emanon (Eiko) n’est encore qu’une enfant et pourtant elle n’a jamais resté aussi longtemps auprès de sa famille de naissance. Elle sent qu’il serait temps qu’elle les quitte mais tant que son père prendra bien soin de sa mère amnésique, elle reste pour profiter de cette rare vie de famille. En 1988, elle est adolescente et rencontre Choichiro Kozuki. Il sait qui elle est et semble avoir lui-même certain pouvoir. Et il veut l’épouser! Lorsque son père lui avoue qu’il a découvert son secret et celui de sa mère (Emma), elle décide de partir… En 1990, elle rencontre Shungo, un petit garçon, lors d’une promenade dans les bois. Elle se rends assister à la mort d’une vieille amie, Hikari la voyageuse temporelle. Sa mère est également mourante à l’hôpital. Dans un épilogue, Emanon fait une rencontre en 1994… (mais le manga ne dit pas qui c’est!!)

C’est une belle histoire tranquille où il ne se passe pas grand chose. Évidemment, les changements de périodes rendent les choses un peu confuse mais c’est un concept très intéressant. Le style est très simple et agréable: des traits à l’encre avec quelques trames pour les textures. Un très bon manga qui se lit bien mais ce tome-ci nécessite vraiment d’avoir lu les précédents. Il y a de toute évidence plus à raconter dans ce récit (le volume se termine sur un suspens) mais dans la postface l’auteur confesse que “malheureusement la série a dû être interrompue” mais sans donner d’explication… J’espère qu’elle reprendra un jour car, pour l’instant, c’est très frustrant. J’espère également qu’un éditeur se décidera à traduire la série de romans…

Rêveries d’Emanon, par Shinji Kajio (scénario) & Kenji Tsuruta (dessin). Paris: Ki-oon (Coll. Latitudes), octobre 2020. 224 pages (dont 32 en couleurs), 17 x 24 cm, 15 € / $C 28.95, ISBN 979-10-327-0622-0. Pour un lectorat adolescent (16+ / nudité). stars-3-5

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© Shinji Kajio, Kenji Tsuruta 2018

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The Expense

TheExpanseGN-cov“Chrisjen Avasarala, the former longtime Secretary-General of the United Nations, has found herself relegated to Luna after losing the latest elections…and she doesn’t plan on going down without a fight. So when Bobbie Draper – a former Martian marine – brings her intel on an intergalactic black market weapons ring, Avasarala sees a chance to reclaim her former political position of power through a clandestine operation. But as Draper digs deeper into this secret cabal, she soon realizes the threat they pose is far larger – and closer to home – than either of them ever imagined…

Corinna Bechko (Green Lantern: Earth One) and Alejandro Aragon (Resonant) present a powerful new story set between Season 4 and Season 5 of Amazon’s hit series The Expanse. Collects The Expanse #1-4.”

[Text from the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

A graphic novel that collects the four-issue comics based on the sci-fi book series by James S.A. Corey and adapted into a splendid TV series on Amazon Prime. The story is set between season 4 and season 5 of the TV series and recounts the investigation by former Martian marine Bobbie Draper (who is secretly working for former UN Secretary General Chrisjen Avasarala) to expose and dismantle a black market weapons ring…

It is well written and the art is nice enough. It provided a good reading and, while filling some gaps in the story, helped me wait for the next season to start… I wish there was more of those, like a full comic adaptation of the book series.

The Expanse, by James S.A. Corey (creator), Corinna Bechko (writer), Alejandro Aragon (illustrator) and Francesco Segala (colorist). Los Angeles: Boom! Studio, August 2021. 128 pages, 6.5 x 10 in., $US 16.99 / $C 21.99, ISBN 978-1-68415-691-7. For teen readership (12+). stars-3-0

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™ & © 2020 Expanding Universe Productions, LLC

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Slaughter House-Five

Slaughterhouse-Five-covThe first-ever graphic novel adaptation of Kurt Vonnegut’s Slaughterhouse-Five, an American classic, is one of the world’s great anti-war books.  An American classic and one of the world’s seminal antiwar books, Kurt Vonnegut’s Slaughterhouse-Five is faithfully presented in graphic novel form for the first time from Eisner Award-winning writer Ryan North (How to Invent Everything: A Survival Guide for the Stranded Time Traveler) and Eisner Award-nominated artist Albert Monteys (Universe!). 

Listen: Billy Pilgrim has…
…read Kilgore Trout
…opened a successful optometry business
…built a loving family
…witnessed the firebombing of Dresden
…traveled to the planet Tralfamadore
…met Kurt Vonnegut
…come unstuck in time.

Billy Pilgrim’s journey is at once a farcical look at the horror and tragedy of war where children are placed on the frontlines and die (so it goes), and a moving examination of what it means to be fallibly human.” [Text from the publisher’s website and the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

I read this novel in high-school (a very long time ago) and I thought it was great. Indeed it is a classic of American science-fiction literature. When I saw that it had been made into a graphic novel adaptation, I thought it would be a great occasion to reacquaint myself with this story (a movie adaptation was also made a long time ago but it wasn’t very good). However I was a little worried because it is not an easy story to illustrate. After I finished reading the comics I was relieved: it was very well done (as far as I can remember the original book, of course).

Slaughterhouse-Five-p009

Page 9

It is the story of Billy Pilgrim who has a strange power (well, it would be a super-power if he had any control over it, so it’s more of a curse): he has come unstuck in time. He doesn’t lives his existence in chronological order and his mind can switch at anytime to a different part of his life, from (not necessarily in that order) his birth in 1922, to 1943 when he refuse to fight in the war and becomes a chaplain’s assistant, to 1944 when he is a prisoner of war after the battle of the Bulge and find himself a slave-laborer in the Slaughterhouse-Five in Dresden until it is “liberated” by the Russians after much horrors, to 1948 when his PTSD lands him in a mental hospital, to 1955 when he is a successful optometrist, to 1964 when he meets science-fiction writer Kilgore Trout, to 1967 when he is kidnapped by the Trafamadorians (an alien species who experience time all at once) and put in a zoo, to 1968 when he survives a plane crash and to 1976 when he dies — So it goes. 

It is an extraordinarily compelling story, very complex and above all — although war is a very serious business — very funny. It is an antiwar manifest sugarcoated with humour. It is also a very clever time-travel story where science-fiction, as usual, becomes a mirror that reflects the joys and the cruelties of the human condition. And the art is very good too. I enjoyed this graphic novel adaptation very much and I can only recommend it for the reader either to discover the work of Kurt Vonnegut or to experienced it anew. 

Slaughter House-Five or the children’s crusade, by Ryan North and Kurt Vonnegut; illustrated by Albert Monteys. Los Angeles: Archaia (Boom Entertainment), September 2020. 192 pages, 7 x 9.75 in., $US 24.99 / $C 32.99, ISBN 978-1-68415-625-2. For a teen readership (13+). stars-3-5

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© 2020 Kurt Vonnegut LLC. All rights reserved.

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La guerre des mondes #1

GuerreDesMondes-1-cov“En 1901, le quotidien de la petite ville anglaise de Mayberry est bouleversé par un événement incroyable : un énorme cylindre métallique s’est écrasé à proximité… Or, quelques jours plus tôt, une lueur inhabituelle avait été observée sur Mars. Pas de doute, l’objet vient de la planète rouge !

La population se précipite pour l’examiner et attend avec impatience l’ouverture de ce qui semble être un vaisseau spatial. Une créature tentaculaire apparaît au sommet… et s’attaque à la foule en détruisant tout sur son passage ! Le jour suivant, d’autres Martiens atterrissent et se lancent à l’assaut de la campagne du haut d’immenses robots tripodes. Les armes humaines ne font pas le poids face à l’envahisseur… Il ne reste qu’un moyen de survivre : la fuite !

Avec son souci du détail scientifique et son sens inné du suspense, H. G. Wells a ancré depuis plus d’un siècle l’image de l’invasion martienne dans l’imaginaire populaire. La Guerre des mondes réveille l’angoisse qui sommeille au plus profond de nous face à l’inconnu… Et si, vu de l’espace, l’homme n’était qu’un insecte impuissant ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

La guerre des mondes (宇宙戦争 / Uchû Sensô / lit. “La Guerre de l’espace”) est un manga seinen par Sai Ihara et Hitotsu Yokoshima qui a été sérialisé dans le magazine Comic Beam 100 (Enterbrain) depuis octobre 2018 et dans Comic Beam entre mai 2019 et février 2021 avant d’être compilé en trois volumes chez Kadokawa Shoten. Il a été publié en français chez Ki-oon (le volume 2 est paru en septembre 2021 et le vol. 3 devrait probablement paraître en 2022).

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Vol. 1., p. 3

Un jeune photographe distrait se rend chez Mr. Ogilvy pour lui remettre une photographie mais ce dernier est en émoi car une météorite s’est écrasée sur ses terres. Le professeur Stent déclare que le cylindre fait partie d’une armada en provenance de Mars. Lorsque le cylindre s’ouvre et qu’une créature hideuse en sort, Stent s’approche pour accueillir amicalement le martien. Le cylindre émet alors un puissant rayon d’énergie qui le fauche en deux (ainsi qu’une partie de la foule de curieux qui s’était assemblée). Le photographe réussit à fuir et retourne auprès de sa femme, Clara. Après que l’église ait été détruite il décide de fuir le village vers Leatherhead où sa femme a de la famille. Lorsqu’il se rend compte qu’il a oublié son appareil photo, il décide de retourner à Mayberry pour le récupérer. En chemin, il observe les martiens qui se déplacent sur des tripodes. Il se réfugie chez lui avec un jeune pasteur et un soldat apeuré alors que les tripodes détruisent le village. Le régiment Cardigan qui était intervenu s’est fait massacré. Le photographe décide d’envoyer sa femme à Londres. Il fait le plein de pellicule afin de documenter cette guerre où les martiens semblent vouloir exterminer les humains comme de simple microbes…

Ce récit dramatique est présenté avec un certain humour qui s’approche de la caricature. Le dessin est plutôt simple et ordinaire, ce qui me rappel beaucoup le style de la série “Manga de Dokuha” qu’avait jadis publié Soleil Manga. C’est une interprétation amusante du roman de Wells mais qui offre un manga plutôt moyen… Ce serait presqu’enfantin si ce n’était de l’image horrifiante des corps coupés en deux par le rayon d’énergie. Je ne suis pas sûr que j’ai envie (ou le temps) de poursuivre cette courte série… À lire si vous êtes curieux…

La guerre des monde. 1, par Sai Ihara (scénario, basé sur le roman de H.G. Wells) et Hitotsu Yokoshima (dessin). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), février 2021. 192 pages, 15 x 21 cm, 13,90 € / $C 25.95, ISBN 979-10-327-0707-4. Pour lectorat adolescent (14+). Extraits disponibles. stars-2-5

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© Sai Ihara / Hitotsu Yokoshima 2019

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Roma Aeterna

RomaAeterna-covEt si l’Empire romain n’avait jamais disparu? Sur près de deux mille ans, Silverberg illustre par tableaux successifs une histoire parallèle d’un Empire Romain qui a connu bien des vicissitudes, des guerres et des crises politiques mais qui n’a jamais cessé d’exister et de faire régner, avec quelques interludes sanglants, la Pax Romana. 

Le Christianisme en est absent, ne serait-ce que parce que les Juifs n’ont jamais réussi à quitter l’Égypte des Pharaons. Quelques siècles plus tard, un envoyé spécial de l’Empereur particulièrement perspicace liquide proprement un prophète d’Arabie avant qu’il ait eu le temps de fonder l’Islam. Et donc l’Empire a survécu, avec ses dieux auxquels personne ne croit. Trop vaste pour être gouverné par un seul homme, il est le plus souvent divisé en deux zones d’influence, l’Empire d’Orient et l’Empire d’Occident qui parfois se chamaillent, se font même la guerre mais finissent toujours par se réunifier. 

La technologie évolue plus lentement que dans notre continuum historique. Vers l’an 2650 AUC (Ab Urbe Condita : depuis la fondation de la ville), qui correspond à la fin de notre XIXe siècle, le téléphone existe et la voiture automobile fait son apparition, mais cette technologie n’est jamais très présente. De même, l’Amérique a été explorée à peu près à l’époque de nos Grandes Découvertes, mais après deux tentatives ratées d’invasion, l’Empire renonce et les étranges sociétés de l’Outre-Atlantique poursuivent leur développement. De même, Rome ne s’attaque jamais sérieusement à l’Inde et à la Chine: l’Empire est déjà trop grand, trop difficile à gérer et à maintenir uni.

Pourtant, un Empereur entreprend de faire le tour de la Terre et y parvient. Le récit de son voyage, enchâssé dans une autre intrigue qui illustre la virtuosité de l’auteur, est un des moments forts du livre. Silverberg excelle à suggérer l’étrangeté de l’humain dans la diversité de ses moeurs. Dans le dernier tableau, un juif un rien fanatique nommé Moshe espère réussir l’Exode en gagnant les étoiles avec des fusées mais le prototype explose et le tue, ruinant les espoirs de la toute petite population, très marginalisée, des Juifs, qui est la seule à croire à un Dieu unique. Ils sont dix mille à peine et n’ont pas connu la Diaspora.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Les romans historiques qui se situent dans le contexte du monde romain sont beaucoup plus nombreux que l’on peut imaginer. On en compte plus de deux cents (selon Yvon Allard, Le roman historique à travers les siècles — et cela même si on exclu la plupart des ouvrages à thématique plus bibliques ou chrétienne) tel que Ben-Hur de Lewis Wallace, Les derniers jours de Pompéi de Sir Edward Bulwer Lytton, Imperium de Robert Harris, Les maître de Rome de Colleen McCullough, Massada de Ernest Gann, Les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar, Les romains de Max Gallo, Moi, Claude, empereur de Robert Graves, Néropolis de Hubert Monteilhet, ou Quo vadis? de Henryk Sienkiewicz, pour n’en citer qu’une dizaine (Étrangement il semble y avoir de nombreux romans qui mélange polar et antiquité romaine!). Par contre les uchronies qui se déroulent à cette même époque sont plutôt rares car je n’en compte que quatre: Éternité de Greg Bear, la nouvelle “L’Autre Univers” (“Delenda est”) dans La Patrouille du temps de Poul Anderson, De peur que les ténèbres de Lyon Sprague de Camp et… Roma Æterna de Robert Silverberg.

Ce dernier nous offre un récit où l’Empire romain s’est perpétué pendant près de trois mille ans! Il se divise en onze histoires courtes qui chacune nous raconte une période clé de l’histoire romaine (toutes les dates sont données selon le calendrier romain qui se calcul depuis la fondation de la ville en 753 AECAb Urbe Condita ou AUC; j’ai toutefois ajouté comme repère la date selon notre propre calendrier):

  • 1203 AUC [450 EC] : Prologue. Une discussion entre deux historiens établit les bases du récit: les Hébreux ne réussissent pas leur Exode d’Égypte (ils sont massacré lorsqu’ils arrivent à la mer Rouge) et par conséquent Jésus, ni le Christianisme, n’a jamais existé. Un certain Titus Gallius succède à Caracalla au lieu de Macrin. (4 p.).
  • 1282 AUC [529 EC] : Avec César dans les Bas-Fonds. L’ambassadeur de l’Empire d’Orient (qui coexiste paisiblement avec l’Empire d’Occident) est en visite à Rome. Alors qu’il s’intéresse aux bas-fonds de la ville, l’Empereur meurt et il est témoin de la succession (65 p.).
  • 1365 AUC [612 EC] : Un héraut de l’Empire. Corbulo est exilé par l’Empereur en Arabie, à La Mecque. Alors qu’il cherche à faire une bonne action pour revenir dans ses bonnes grâces, il rencontre Mahmud, un marchand dont il juge les idées religieuses dangereuses pour l’Empire, et il le fait assassiner. L’Islam ne verra donc jamais le jour… (34 p.).
  • 1861 AUC [1108 EC] : La deuxième vague. Le navigateur nordique Haraldus découvre le Mexique et convainc l’empereur Saturninus de le conquérir. Après un premier échec, ce récit raconte la seconde expédition. Après des efforts très coûteux l’Empire ne réussira qu’à établir des relations commerciales avec ce nouveau continent. (35 p.).
  • 1951 AUC [1198 EC] : En attendant la fin. Inévitablement, la rivalité entre l’Est et l’Ouest devait mener au conflit et l’Empire d’Orient conquiert Rome. Le traducteur Antidater a une crise d’identité… (46 p.).
  • 2206 AUC [1453 EC] : Un avant-poste du royaume. Après une guerre civile, Rome à vaincu l’Empire d’Orient et les deux parties de l’Empire sont à nouveau réunifiée. La grecque Eudoxia Phocas a une brève idylle avec le nouveau proconsul de Venetia, Quintus Pompeius Falco. (19 p.).
  • 2543 AUC [1790 EC] : Se familiariser avec le dragon. Alors qu’il doit réalisé les projets architecturaux extravagants du décadent Demetrius, Draco poursuit sa biographie de son ancêtre Trajan VII grâce à un manuscrit qui relate sa circumnavigation du monde en 2278 AUC [1525 EC]. Il y découvre avec horreur toute la cruauté des romains de cette époque… (33 p.).
  • 2568 AUC [1815 EC] : Le règne de la Terreur. Le règne excessif de Demetrius II vide les caisses de l’Empire et risque de pousser le peuple à la révolte. Pour éviter le pire, les consuls Apollinaris et Torquatus entreprennent un purge sanglante dans l’entourage de l’Empereur et vont même jusqu’à le remplacer… (48 p.).
  • 2603 AUC [1850 EC] : Via Roma. Un provincial Britannique, fils d’un riche marchand, vient visiter Neapolis et Rome. Il a une aventure amoureuse avec une jeune patricienne, ce qui le met aux premières loges pour assister à la révolution qui met fin à l’Empire et instaure la seconde République Romaine. (59 p.).
  • 2650 AUC [1897 EC] : Une fable des bois véniens. En Haute Pannonie, deux enfants découvre un pavillon de chasse abandonné dans les bois. Un vieil ermite y vit et leur raconte qu’il est le seul survivant de la famille impériale qui fut massacré lors de la révolution qui réinstalla la République. Il croit que, malgré les guerres civiles, l’Empire aura donné au monde une longue ère de paix et de stabilité… (20 p.).
  • 2723 AUC [1970 EC] : Vers la Terre promise. Un groupe de fanatique Hébreux d’Égypte tente pour la seconde fois d’accomplir leur Exode. Cette fois la Terre Promise sera dans l’espace! (23 p.).

Avec cet ouvrage publié en 2003, Silverberg nous offre une uchronie qui repose sur plusieurs points de divergence avec notre propre chronologie. Il semble être partisan d’une sorte de déterminisme historique puisque, même au sein de l’Empire romain, les grands moments de l’Humanité semblent se produire à peu près à la même époque: la découverte du Nouveau Monde, la Renaissance, la Révolution Française, la Révolution Russe, le début de la conquête spatiale, etc. Il semble également avancer que trop de stabilité socio-politique peut nuire au développement de la civilisation car, dans son univers romain, l’avancement technologique, comme l’automobile ou l’aviation, ne s’est effectué que plus tard.

C’est un ouvrage plutôt inégale où les récits les plus longs tendent à être les meilleurs. Si certaines nouvelles sont excellentes l’ensemble est hélas plutôt ennuyant. C’est toutefois un intéressant exercice d’uchronie qui est à lire mais seulement pour les curieux (comme moi).

Roma Aeterna, par Robert Silverberg. Paris: Robert Laffont (Coll. Ailleurs & Demain), octobre 2004. 408 pages, 13.5 x 21.5 cm, 22.50 € / 36.95 $, ISBN 9782221098547. Pour lectorat jeune adulte (14+). stars-2-5

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© Agberg, Ltd, 2003

Je profite de l’occasion pour vous rappeler qu’il existe aussi quelques rares manga dont l’histoire se situe dans le monde romain (et que j’ai déjà commenté): Ad Astra par Mihachi Kagano, Eurêka! par Hitoshi Iwaaki,  Pline par Mari Yamazaki, et Thermae Romae aussi par Mari Yamazaki. Si vous en connaissez d’autre laissez-le moi savoir !

 

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Histoire de la Science Fiction en BD

HistoireDeLaSFenBD-covTout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la science-fiction ! Découvrez la première bande dessinée documentaire retraçant l’histoire de la science-fiction, narrée par un spécialiste du genre. Plus qu’un simple historique, il s’agit d’une véritable réflexion autour du genre, un panorama riche en anecdotes et en surprises. Qui a écrit le premier récit de science-fiction ? Comment est née la science-fiction américaine ? Quels livres faut-il lire pour tout savoir sur la conquête spatiale ? Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?”

“Aujourd’hui, la science-fiction est présente partout, plus seulement en littérature, mais aussi au cinéma, dans les jeux vidéo et même dans la vie quotidienne. Qui a inventé le mot science-fiction ? Et le mot robot ? Qui sont les grands auteurs du genre ? Quels livres indispensables faut-il avoir lus ? Un spécialiste répond à toutes les questions dans ce livre de référence, raconté en bande dessinée. Tout apprenti lecteur pourra désormais s’y retrouver dans la jungle des créateurs visionnaires qui, d’Asimov à Zelazny, ont compté dans l’histoire de la science-fiction. Préface de Pierre Bordage.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

La bande dessinée peut aisément devenir un medium éducatif. J’ai déjà mentionné par exemple qu’au Japon il y avait une tradition de manga éducatif pour enseigner l’histoire entre autre (ceux-ci sont rarement traduit mais Bayard à tout même publié la série L’Histoire en Manga). On retrouve aussi beaucoup de biographies en BD, comme celle de P.K. Dick ou de Brigitte Bardot. Alors pourquoi pas une BD sur l’histoire de la science fiction ? On nous présente ici les origines de la SF (Homère? Lucien de Samosate? Cyrano de Bergerac? Thomas More? Swift? Shelley?), les classiques (Jules Vernes, H.G. Wells), l’importance des magazines Pulps dans le développement du genre, les débuts de la SF française et du merveilleux scientifique (Flammarion, Rosny Ainé, Barjavel, etc.), l’Âge d’Or de la SF américaines (Asimov, Heinlein, van Vogt, Sturgeon, Vance, Blish, Bradbury, Brackett, Leiber, Anderson, Simak, Pohl, Sheckley…), l’Angleterre et la New Wave (Moorcock, Stapledon, Huxley, Orwell, Clarke, Tolkien…), l’Alternative Américaine (Matheson, Vonnegut, Dick, Herbert, Silverberg, Ellison…), la SF américaine féminine (Merril, Moore, Le Guin, Russ, Sargent…), le Cyberpunk (Gibson, Dozois, Vinge…), la SF française moderne (Wul, Moebius, Druillet, Verlanger, Brussolo, Wintrebert, Léourier…) et la SF d’ailleurs (Kepler, Lang, Lem, Tolstoï, Strougatski, Salgari, Aldani, McDonald, Marin, Garcia Marquez, Tezuka, Komatsu, Sansal…).

Ce n’est certes pas exhaustif mais l’ouvrage couvre BEAUCOUP de terrain. C’est tout de même assez bien illustré mais surtout très bien écrit car on utilise toutes sortes de petits trucs très astucieux pour garder captivant un sujet qui, on ne s’en cache pas, pourrait être un peu aride et ennuyeux par moment. On nous transporte dans l’espace et dans le temps, ressuscite des auteurs pour qu’ils nous parlent d’eux même, de leur collègues, ou pour qu’ils argumentent entre eux, et le tout est entre-coupé d’encarts informatifs et de suggestions de lectures. Je ne me suis pas ennuyé un seul instant et, ma foi, j’en redemandais. L’ouvrage aurait pu s’étendre en discutant des sous-genres, des thématiques, parler de plus d’auteurs, introduire plus de titre, etc., mais bon, ce n’est pas une encyclopédie mais une introduction alors il faut bien se restreindre! 

C’est le parfait ouvrage pour introduire la science fiction (tant littéraire que médiatisée) à un lecteur qui n’en a jamais lu et, si vous êtes déjà un amateur du genre, vous vous rappellerez nostalgiquement des lectures passées et même découvrirez des nouveaux auteurs ou titres que vous ignoriez jusqu’alors! C’est une lecture agréable et très instructive. Donc un ouvrage essentiel pour toute personne qui s’intéresse de près ou de loin aux littératures de l’imaginaire…

Histoire de… en bande dessinée: La Science Fiction, par Xavier Dollo & Djibril Morissette-Phan. Los Angeles: Éditions Critic / Les Humanoïdes Associés, novembre 2020. 216 pages, 19,8 x 26,7 cm, 22,00 € / $C 37.95, ISBN 9782731676006. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© 2020 Humanoids, Inc.

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Cixin Liu Graphic Novels #1-3

Vol. 1: Sea of Dreams

Cixin-SeaOfDream-cov“An annual ice sculpture festival draws the attention of an extraterrestrial visitor, who learns how to create such art and decides to use local resources to sculpt a piece in a gesture of goodwill. All the water in the ocean is sent to the stratosphere, where the ice sculptor uses splendid techniques to create crystal dominoes scattered by a giant of the cosmos. In the world of the ice sculptor, art is the sole reason for civilization’s existence. After the ice sculptor creates the pinnacle of beauty, but also brings forth devastation and disaster, humanity decides during Earth’s last breaths to fight for their survival.

The first of sixteen new graphic novels from Liu Cixin and Talos Press, Sea of Dreams is an epic tale of the future that all science fiction fans will enjoy.”

[Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

Cixin Liu Graphic Novels #1: Sea of Dreams, by Rodolfo Santullo (writer) & JOK (Illustrator). New York: Tales Press (Imprint of Skyhorse Publishing), June 2021. 96 pages, 7 x 10 in., $US 17.99 / $C 24.99, ISBN 978-1-945863-67-7. For Teen readership (12+). 

Vol. 2: The Wandering Earth

Cixin-WanderingEarth-cov“The life-bringing sun is on track to have a catastrophic helium flash within the next four hundred years, which would wipe the Earth from the universe entirely. To survive, humanity constructs massive engines on Earth that keep running nonstop, gradually taking Earth out of the Sun’s orbit. Braking, escaping, and hostile living conditions wear down humanity’s hope. People who believe that civilization has already been destroyed form a rebel faction, carrying out a ruthless execution of those who still believe that the Sun will undergo a helium flash.

The second of sixteen new graphic novels from Liu Cixin and Talos Press, The Wandering Earth is an epic tale of the future that all science fiction fans will enjoy.”

[Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

Cixin Liu Graphic Novels #2: The Wandering Earth, by Christophe Bec (writer) & Stefano Raffaele (illustrator). New York: Tales Press (Imprint of Skyhorse Publishing), September 2021. 128 pages, 7 x 10 in., $US 17.99 / $C 24.99, ISBN 978-1-945863-65-3. For Teen readership (12+). 

Vol. 3: The Village Teacher

Cixin-VillageTeacher-cov“In the depths of mountains shrouded with ignorance and superstition, a man dedicates his life to igniting a passion for science and culture in children’s hearts. As his life draws to an end, he uses his dying breaths to impart knowledge on others. Fifty thousand lightyears away, in the depths of outer space, an interstellar war that has lasted for twenty thousand years draws to an end. In order to preserve the Milky Way’s many civilizations, the victor begins to exterminate lower-level life forms. When they reach Earth, they pose a test. The eighteen children deep in the mountains use the last lesson their teacher taught them to shine bright the hope of civilization…

The third of sixteen new graphic novels from Liu Cixin and Talos Press, The Village Teacher is an epic tale that all science fiction fans will enjoy.”

[Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

Cixin Liu Graphic Novels #3: The Village Teacher, by Zhang Xiaoyu. New York: Tales Press (Imprint of Skyhorse Publishing), September 2021. 108 pages, 7 x 10 in., $US 17.99 / $C 24.99, ISBN 978-1-945863-69-1. For Teen readership (12+).

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

I have read two of Liu Cixin’s book (The Wandering Earth and The Three-Body Problem). He is certainly the best known Chinese science-fiction writer and has received many awards (Hugo, Locus, Seiun, Arthur C. Clarke and the Chinese Galaxy and Nebula). As an engineer he writes mostly hard science stories but his writing is also very imaginative and interesting. I am looking forward to reading more of his stories and, of course, the easy (or lazy) way is to read comic book adaptations instead. Luckily for me, Talos Press has started releasing a series of sixteen adaptations of Liu Cixin’s short fiction work. Three has already been published and a fourth one is due in January 2022 (Yuanyuan’s Bubbles).

Sea of Dreams (梦之海 / Mèng zhī hǎi) is based on a story published in the Chinese monthly magazine Science Fiction World (科幻世界 / Kehuan Shijie) in 2002. An interstellar artist is inspired by an ice sculptor on Earth but his work of art threaten the whole planet! It is a cute story but the art of the adaptation doesn’t appeal much to me. stars-3-0

The Wandering Earth (流浪地球 / Liúlàng dìqiú) is based on a story published in the Chinese monthly magazine Science Fiction World in 2000. The sun is about to burst into a red giant threatening to destroy the earth. Instead of build generation ships and save a few, the humanity decide to transform earth itself into a spaceship and save everybody (or almost). This is a real epic spanning several millennia and the adaptation succeeds very well to tell that complex story. And I really like the art: it is realist, smooth and with well balanced colouring. It is definitely my favourite book. stars-4-0

The Village Teacher is based on a story (乡村教师 / Xiāngcūn jiàoshī / lit. “The rural teacher”) published in the Chinese monthly magazine Science Fiction World in 2001. In order to defend themselves against an invasion of silicon-based creature, the carbon-based lifeforms of the Milky Way decide to create an isolation zone five hundred light years wide in the middle of spiral arm one by destroying almost all stars and therefore preventing the enemy from using them to leapfrog from a stellar system to another. They’ll be confined to the outer reaches of the galaxy and never be a threat again. However, they must quickly test each planet before destroying their sun to safeguard all star system with level 3C civilizations. Meanwhile on Earth, in a very rural region of China, a dying country teacher is doing his best to spread knowledge despite the opposition of some of the villagers. Will his students know enough to save Earth? This story emphasize the importance of a good education… A nice story with a moral. This time the artist, Zhang Xiaoyu, is Chinese and, if the art is not totally to my taste, its realism has some charms. stars-3-5

Three graphic novel adaptations that provide a nice reading and can introduce the reader to the works of Liu Cixin. It is worth having a look. I can’t wait to see the fourth volume…

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© 2021 FT Culture (Beijing) Co., Ltd.

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Demain les chats

DemainLesChats-covAprès la guerre et l’épidémie, qui des chats ou des rats gagnera le pouvoir et le savoir des humains ?

À Montmartre vivent deux chats extraordinaires. Bastet, la narratrice qui souhaite mieux communiquer et comprendre les humains. Pythagore, chat de laboratoire qui peut se brancher sur Internet grâce à une prise USB greffée au sommet de son crâne. Ces deux-là se rencontrent et se découvrent alors que le monde des humains s’embrase.

Les chats doivent se préparer à prendre la relève de la civilisation humaine… et éviter que l’effrayant Cambyse ne mène les rats à la conquête du monde.

Après le succès de Demain les chats de Bernard Werber, Bastet et Pythagore s’incarnent en bande dessinée pour gagner la guerre contre la barbarie.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Bastet fait la connaissance de son nouveau voisin, Pythagore: un ancien chat de laboratoire devenu intelligent qui peut s’interfacer avec l’internet et ainsi en apprendre beaucoup sur les humains. Bastet a toujours été intéressé à la communication inter-espèces mais ne semble pas avoir beaucoup de succès avec sa “servante”, Nathalie. À travers leurs points de vues, nous voyons la situation en France dégénéré de terrorisme (avec une référence à l’attentat contre Charlie Hebdo) à guerre civile, puis une grave épidémie finit d’anéantir la civilisation. La ville de Paris semble maintenant sous le contrôle des rats. Seule une petite poignée d’humains semble avoir survécu mais, avec l’aide de Pythagore et de Bastet, ils s’organisent et assemblent une armée de chats qui tentera de sauvegarder la civilisation humaine…

Demain les chats est une bande dessinée scénarisée par Pog et illustrée par Naïs Quin qui adapte le roman de Bernard Werber. Je n’ai pas lu le roman mais cela me semble assez fidèle à l’histoire originale. C’est définitivement un clin d’oeil à Demain les chiens (City) de Clifford D. Simak où un robot et des chiens parlants veillent sur une civilisation post-humaine.

Le dessin me rappel un peu le style un peu brouillon de Joann Sfar mais en plus agréable à l’oeil. Ce n’est certes pas mon style préféré mais on s’y habitue rapidement et cela demeure un support très efficace à la narration. C’est une belle histoire de survie qui, même si elle fait allusion aux aspects les plus sombres de l’humain, offre tout même un peu d’optimisme à la fin. C’est donc un excellent récit post-cataclysmique que je ne peux que recommender.

Demain les chats, par POG (adaptation & dialogues), Naïs Quin (dessin & couleur) et Bernard Werber (récit original). Paris: Albin Michel, avril 2021. 144 pages, 20 x 28 cm, 18,90 € / $C 29.95, ISBN 978-2-226-44930-6, Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© Werber, Pog, Quin. © Éditions Albin Michel 2021.

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Salon du livre 2021

SLM_affiche-separee-24x36_03Cette année le Salon du livre de Montréal se tenait en ligne entre le 13 et le 28 novembre et sur place, au Palais des Congrès, du 25 au 28 novembre. 

C’est un premier salon du livre dans la (presque) post-pandémie. Cela demande beaucoup plus d’organisation: vérifier le passeport vaccinal, exiger le port de masque, favoriser l’achat de billet en ligne que l’on peut simplement scanner sur son téléphone intelligent, etc. La vente de billets pour des tranches horaires spécifiques permet de mieux contrôler le nombre de visiteurs. J’avais peur qu’il y ait une foule monstre de gens qui avaient hâte de participer à une activité culturelle après le confinement mais non c’est même mieux que les salons passés. Il y a donc peut être des leçons à tirer de cette expérience.

Vues d’ensemble du salon

Je n’ai  quand même pas pris de chance: J’ai  acheté mon billet en ligne quelques jours d’avance (moins cher que sur place) et j’avais mon passeport vaccinal dans l’appli VaxiCode (hélas je crois que la dernière mise à jour de mon téléphone a effacer l’information car mes informations n’y étaient plus ! Heureusement j’avais une photo dans mon téléphone de la version papier du passeport). 

Autre première, le salon a déménagé au Palais des congrès. En fait, ce déménagement devait avoir lieu l’an dernier mais la pandémie a fait que le salon avait été annulé alors c’est donc cette année que le salon inaugure son nouvel emplacement. Je ne sais pas si c’est à cause de ce nouveau lieu ou si pandémie oblige (en fait il parait que la vaccination covid prends beaucoup de place dans le Palais des Congrès alors le salon utilise ce qui reste) mais cette année le salon est beaucoup plus petit que par le passé. Et au lieu d’être carré, il prends la forme d’un long rectangle (voir le plan). Il y a moins d’éditeurs et les kiosques de chacun sont plus petit (il n’y a plus d’énormes espaces pour les distributeurs et Alire, par exemple, n’a que deux espaces au lieu des quatre habituels). Mais bon c’est mieux que rien… Ce sera sans doute mieux l’année prochaine.

SDL-2021-Plan

Autre première, pour la première fois en dix ans je n’ai pas obtenu de laisser-passer de média. J’ai dû payer mon entrée! Mais bon je ne suis plus éditeur de magazine, je ne travaille même plus en bibliothèque et je ne suis qu’un tout petit poisson dans le vaste océan de l’information nuagique et, même si le blogue s’est beaucoup amélioré ces dernières années, je comprends que je doive laisser ma place aux plus gros joueurs (on m’a dit que c’était à cause de la pandémie qu’ils devaient réduire les accès média — la pandémie a le dos large ! Ça ne fait pas moins de monde si je viens de toute façon; ça fait juste plus d’argent dans les poches du salon…). Mais bon il faut bien faire sa part…

Pour ce qui est du salon lui-même je crois qu’il prouve la résilience du milieu de l’édition. Il y a malgré tout plus de titres que le regard peut en voir. Cette grande variété est une bonne chose — quoiqu’il semble que  tout un chacun qui le veut peut écrire et publier un livre sans qu’il y ait de restriction sur la qualité du produit… Malgré cette pléthore je n’ai malheureusement pas vu de nouveautés excitantes cette année. Ça ne veut pas dire qu’il n’y en pas: elles peuvent avoir échappé à mon regard ou alors les éditeurs et distributeurs n’amènent au salon que les gros vendeurs et non pas les titres qui mériteraient d’être découvert (mais voilà que je me répète d’années en années).

J’ai tout de même noté quelques titres qui méritent d’être mentionnés: 

Je suis d’abord passé au kiosque des Éditions Alire où des auteurs comme Maxime Houde, Richard Ste-Marie et Jonathan Reynolds (voir l’entrevue-capsule réalisée avec lui au Salon du Livre de 2019) signaient leurs oeuvres et où l’on pouvait trouver les romans de ma frangine Catherine Sylvestre (voir l’entrevue-capsule réalisée avec elle au Salon du Livre 2018). Leur catalogue de parutions 2021-2022 est maintenant disponible et leur plus récent titres sont l’étude Les Années d’éclosion (1970-1978) sous la direction de Claude Janelle, le recueil Criminelles par Ariane Gélinas et Maureen Martineau,  Les étages ultérieurs par Éric Gauthier,  Il y aura des morts par Patrick Sénécal,  Stigmates par Richard Ste-Marie, L’Empire bleu sang par Vic Verdier, et les oeuvres de deux auteurs autochtones: Les meurtres du Red Power par Thomas King et L’automne de la disgrâce par Wayne Arthurson.

Je note également l’éditeur scolaire Chenelière qui offre des façons innovatrices d’utiliser la BD et la littérature jeunesse dans l’enseignement (La BD au primaire, La BD au secondaire, Lire et apprécier les romans en classe, ou encore Demain, j’enseigne avec la littérature jeunesse), l’éditeur de BD québécoise de haute qualité Moelle Graphik, la tendance aux omnibus avec les intégrales du Guide du Mauvais Père (par Guy Delisle chez Shampooing) et de l’Ostie d’chat (par Zviane et Iris chez Shampooing également), le dernier Guy Delisle (Chroniques de Jeunesse — voir mon commentaire) chez Pow Pow, la superbe collection d’adaptations de Lovecraft par Gou Tanabe chez Ki-oon (voir mes commentaires), et quelques BD de chez Gallimard et Futuropolis (dont l’adaptation du Clan des Otori).

Finalement, on retrouve un SEUL kiosque dédié à la littérature anglophone du Québec, Get Lit ! (tenu par la librairie Paragraphe), où j’ai vu la traduction du dernier Delisle (Factory Summer chez Drawn & Quarterly). C’est bien dommage qu’on y accorde si peu de place. Aussi, si il n’y avait de thème général au salon cette année, il y en avait peut-être un non-officiel car j’ai trouvé beaucoup des livre sur l’environnement et les Premières Nations, dont ce kiosque dédié à la littérature autochtone. 

Malgré sa petite taille, ce fut un bon salon du livre. Beaucoup des exposants à qui j’ai parlé l’on trouvé épuisant, plus qu’à l’habitude (dû à l’aspect plus compacte et au port du masque, sans doute). J’aurais aimé y voir plus de nouveautés (et pas seulement les meilleurs vendeurs) et peut-être même une petite section dédiée au livre ancien. Il y a toujours de la place pour s’améliorer. À l’an prochain !

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The Invisible Library series v. 5-7

The Mortal Word

InvisibleLibrary-5-MortalWord-covIn the latest novel in Genevieve Cogman’s historical fantasy series, the fate of worlds lies in the balance. When a dragon is murdered at a peace conference, time-travelling Librarian spy Irene must solve the case to keep the balance between order, chaos… and the Library.

When Irene returns to London after a relatively straightforward book theft in Germany, Bradamant informs her that there is a top secret dragon-Fae peace conference in progress that the Library is mediating, and that the second-in-command dragon has been stabbed to death. Tasked with solving the case, Vale and Irene immediately go to 1890s Paris to start their investigation.

Once they arrive, they find evidence suggesting that the murder victim might have uncovered proof of treachery by one or more Librarians. But to ensure the peace of the conference, some Librarians are being held as hostages in the dragon and Fae courts. To save the captives, including her parents, Irene must get to the bottom of this murder–but was it a dragon, a Fae, or even a Librarian who committed the crime?” [Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

The Invisible Library 5: The Mortal Word, by Genevieve Cogman. New York: ROC (New American Library, imprint of Penguin Random House), November 2018. 448 pages, 8.25 x 5.5 in., $US 17.00, ISBN 9780399587443, For YA readers (14+). stars-3-0

The Secret Chapter

InvisibleLibrary-6-SecretChapter-covTime-travelling, dimension-jumping, Librarian-spy Irene and dragon-prince Kai will have to team up with an unlikely band of misfits to pull off an amazing art heist—or risk the wrath of a dangerous villain with a secret island lair.

A Librarian’s work is never done, and Irene is summoned to the Library. The world where she grew up is in danger of veering deep into chaos, and she needs to obtain a particular book to stop this from happening. Her only choice is to contact a mysterious Fae information-broker and trader of rare objects: Mr. Nemo.

Irene and Kai make their way to Mr. Nemo’s remote Caribbean island and are invited to dinner, which includes unlikely company. Mr. Nemo has an offer for everyone there: he wants them to steal a specific painting from a specific world. But to get their reward, they will have to form a team, including a dragon techie, a Fae thief, a gambler, a driver, and the muscle. Their goal? The Kunsthistorisches Museum in Vienna, in an early twenty-first-century world, where their toughest challenge might be each other.” [Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

The Invisible Library 6: The Secret Chapter, by Genevieve Cogman. New York: ROC (New American Library, imprint of Penguin Random House), January 2020. 352 pages, 8.25 x 5.5 in., $US 16.00, ISBN 9781984804761, For YA readers (14+). stars-4-0

The Dark Archive

InvisibleLibrary-7-DarkArchive-covA professional spy for a mysterious Library which harvests fiction from different realities, Irene faces a series of assassination attempts that threaten to destroy her and everything she has worked for.

Irene is teaching her new assistant the fundamentals of a Librarian’s job, and finding that training a young Fae is more difficult than she expected. But when they’re the targets of kidnapping and assassination attempts, she decides that learning by doing is the only option they have left … 

In order to protect themselves, Irene and her friends must do what they do best: search for information to defeat the overwhelming threat they face and identify their unseen enemy. To do that, Irene will have to delve deeper into her own history than she ever has before, face an ancient foe, and uncover secrets that will change her life and the course of the Library forever.”  [Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

The Invisible Library 7: The Dark Archive, by Genevieve Cogman. New York: ROC (New American Library, imprint of Penguin Random House), December 2020. 352 pages, 8.25 x 5.5 in., $US 16.00, ISBN 9781984804785, For YA readers (14+). stars-3-5

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

This is a fantasy series by British author Genevieve Cogman about a secret library hidden in-between worlds with doors opening to an infinite variety of parallel dimensions. Its librarians are “stealing” rares books and manuscripts from each of those worlds in order to create a link with them and preserve the balance between order and chaos. The universe is engulfed in an eternal war of influence between the Fae (the agents of chaos) and the dragons (the agents of order). Humans inhabiting those worlds are only pawns in their hands. Such a setting allows for a story that goes beyond the traditional genres of literature, as it both in turn fantasy, science-fiction, mystery or even cyberpunk ! I have commented on the first four volumes last summer.

With a long series like this one you would expect it to become repetitive or even stale after a while, but it is not the case. The author always find ways to bring new captivating intrigues and adventures, whether it is by having the cast of characters protecting a peace conference in “la Belle Époque” Paris against an entire new enemy in book five, or having them to steal a painting in Vienna’s Kunsthistorisches Museum in book six or having to fight not one but three old enemies underneath Barcelona’s Sagrada Familia Basílica all the while having to train a new apprentice in book seven, the stories always feel fresh. With each episode the character are growing and we learn more about their backgrounds (what are the fae? Who are the dragons?), particularly about the mysterious childhood origin of the main character, librarian Irene Winters.

It is easy to read, always captivating and quite well written. I strongly recommend it to everyone who likes adventures and books ! I have also discovered that the 8th book of the series, “The Untold Story”, is coming out on December 28th, 2021 !!! I can’t wait to see where the story is going after the big revelations of the last two books…

For more information you can check the following websites:

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© Genevieve Cogman, 2018-2020.

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Bob Morane: Les géants de mu

BobMorane-LesGéantsDeMu-cov“L’Ile de Pâques et ses statues n’ont pas révélé tous leurs secrets. Bob Morane et Bill Ballantine s’en rendront compte quand, entraînés dans l’empire englouti de Mu, ils devront combattre le Maître des Abîmes et ses moai humains. Sous les regards de velours de la belle princesse Rapa-Nui….”

[Texte d’un site de fan; voir aussi la couverture arrière]

Morane et Ballantine sont en vacances à l’Île de Pâques lorsque les statues s’animent et qu’ils sont capturé par des bulles de lumières qui les entraînent dans les profondeurs de l’océan. La charmante reine des cités engloutis de Mu,  Rapa-Nui, appel à l’aide le prince Raah-Mu (dont Morane est le sosie) pour combattre le démon Rubor venu d’une autre dimension dans son vaisseau spatial en forme de cathédrale. 

Cet album a connu de nombreuse rééditions mais il ne semble plus disponible maintenant autrement que par l’intégrale. J’ai dû acquérir ma copie vers la fin des années soixante-dix. Ayant été très déçu des albums dessinés par Gérald Forton, j’étais très curieux de voir de quoi ceux dessiné par William Vance avait l’air. Comme je m’y attendais c’est effectivement beaucoup mieux. C’est plus dans la ligne de ce que l’on retrouvait comme BD dans les années soixante-dix (comme ce que faisait Mézières par exemple) alors que le style de Forton faisait vraiment années soixante (voir cinquante!). N’ayant plus rien à redire sur le dessin, c’est la faiblesse des scénarios d’action, à l’intrigue simpliste et à la cohésion un peu lousse, qui se fait le plus remarquer.   

Si on ne recherche pas trop de profondeur cela reste une lecture agréable et divertissante. Je dois même dire que ce serait presque lovecratien comme récit si Rubor ne ressemblait pas à un polichinelle! À lire pour les amateurs nostalgiques du commandant Morane.

Bob Morane: Les géants de mu, par Henri Vernes (texte) et William Vance (dessin). Bruxelles: Éditions du Lombard, mars 1975. 46 pages, ISBN 2-8036-0271-7. Pour un lectorat jeunesse (9+).stars-3-0

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© 1975 Les Éditions du Lombard

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Bob Morane Intégrale 4

BobMoraneIntégrale-4-cov“Polytechnicien, polyglotte, ex-commandant d’aviation, bourlingueur au grand coeur, séducteur, Bob Morane traque le mal sous toutes ses formes et sous toutes les latitudes. Et il peut toujours compter sur l’aide de son plus fidèle ami, le colosse écossais Bill Ballantine… Retrouvez les aventures de l’aventurier en bande dessinée dans une intégrale chronologique.

Créé en 1953 par Henri Vernes, Bob Morane a déjà vécu plus de deux cents aventure. Depuis 1960, soixante-six d’entre elles ont été adaptées en BD. Elles ont été successivement dessinées par Dino Attanasio, Gérald Forton, William Vance et Coria.

Les voici pour la première fois réunies dans une intégrale qui reprend les épisodes dans l’ordre chronologique de leur publication. Avec, dans chaque volume, un dossier évoquant en textes, illustrations et photos, l’histoire d’une série devenue mythique pour plusieurs générations de lecteurs.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Cette quatrième compilation nous offre cinq récits de bande dessinée:

Le Secret des sept temples

En vacance dans un hôtel de Felicidad-city en Amérique Centrale, Bob Morane offre d’échanger sa chambre avec celle de Rose Sunday car la climatisation dans la chambre de la jeune et charmante journaliste ne fonctionne pas. Le soir même, on frappe à la porte de Morane et un homme tombe mourant sur le seuil avec l’avertissement qu’il y a du danger aux Sept Temples. Morane trouve sur l’homme une carte montrant les sept affluants du fleuve Rio Spirito Malo et l’emplacement de sept temples Maya. Morane et Ballantine décident d’aller investiguer. Après maintes difficultés et avoir rencontré la journaliste en cour de route, ils découvrent que l’Homme aux Dents d’Or utilise les souterrains reliant les temples pour établir une base de missiles nucléaires pour un ennemi de l’Amérique… [54 planches prépubliées dans les numéros 1044 à 1070 de “Femmes d’Aujourd’hui” (6 mai au 4 novembre 1965) et compilé en album chez Dargaud en 1968]

La Rivière de perles

En magasinant des antiquités dans le quartier chinois de San Francisco, Morane et Ballantine sont drogués et puis accusé d’un vol dans une bijouterie. Bill est arrêté par la police. Avec l’aide d’une charmante journaliste nommée Nathalie Wong, Bob va faire sa propre enquête afin de découvrir les vrais criminels et d’innocenter Bill… [21 planches prépubliées dans les numéros 288 à 292 de “Pilote” (29 avril au 27 mai 1965) et compilé en album chez Deligne en 1980] 

La Couronne de la Golconde

BobMorane-CouronneDeLaGolgonde-p096

Page 96 (Intégrale)

Au cours d’une croisière dans l’Océan Indien, Morane fait la rencontre de Savadra Diamond, la jeune héritière anglaise du Rajah de Phali, un petit royaume au nord d’Hyderabad. Son père est mort en lui laissant les secrets du trésor des anciens Sultans de Golconde, convoité par plusieurs dont la nouveau souverain de Phali, Rajah Singh, ainsi que Monsieur Ming et ses Dacoïts! Morane ne peut résister au défi de venir en aide à une demoiselle en détresse ! [20 planches prépubliées dans les numéros 294 à 298 de “Pilote” (10 juin au 8 juillet 1965) et compilé en album chez Deligne en 1980]

La Chasse aux dinosaures 

La mari de Carlotta, le richissime Frank Reeves, a disparu d’en d’étranges circonstances et celle-ci demande à Morane et Ballantine de le retrouver. Ils se rendent à Miami, puis à Los Angeles pour suivre sa piste qui les mène dans un hangar où git une étrange machine. L’agent du FBI Michael Spring, Carlotta, Bob et Bill inspectent la machine lorsque Bill pousse un bouton qu’il n’aurait pas dû… et ils se retrouvent tous en pleine préhistoire. Car il s’agit d’une machine à voyager dans le temps! Ils poursuivent leur recherche pour Frank tout en affrontant des monstres préhistoriques. Tout est perdu lorsqu’une éruption volcanique détruit la machine… Mais comme toujours, nos héros sont sauvé in extremis… [20 planches prépubliées dans les numéros 313 à 317 de “Pilote” (21 octobre au 18 novembre 1965) et compilé en album chez Parallax en 1988]

La Malédiction de Nosferat

Recevant un appel à l’aide de leur  amie Angelina Nosférat, Morane et Ballantine se rendent en Sildavie, dans les Karpathes. Arrivé aux château ancestral de la famille Nosférat, nos amis reçoivent un accueil plutôt froid alors que Angelina nie leur avoir envoyé une lettre. Sentant le subterfuge, Morane et Ballantine explorent le château pour découvrir la vraie Angelina enfermée dans une oubliette et que Monsieur Ming (l’Ombre Jaune) et ses Dacoïts ont investi la place à la recherche de l’Immortalité et de la pierre philosophale… [16 planches prépubliées dans les numéros 386 à 390 de “Pilote” (16 mars au 13 avril 1967) et compilé en album chez Deligne en 1979]

Pour rendre hommage à son créateur décédé en juillet dernier, je continue de relire quelques vieilles aventures de Bob Morane…

Décidément cette série de bande dessinées belge basée sur les romans et les nouvelles de Bob Morane par Henri Vernes ne tient pas en place ! Elle a été illustré par quatre artistes différents (d’abord Dino Attanasio, puis Gérald Forton et William Vance puis finalement Coria), dont les récits sont parues en prépublication dans pas moins de cinq périodiques (dans Femmes d’aujourd’hui entre 1959 et 1975 [14 récits], dans Bayard en 1960 [un seul récit], dans Pilote de 1965 à 1970 [6 récits], dans Tintin de 1975 à 1988 [18 récits] et finalement dans Hello BD de 1990 à 1993 [4 récits]) pour être finalement compilées en albums par cinq différents éditeurs (les Éditions Marabout, Dargaud, Le Lombard, Michel Deligne et Claude Lefrancq) ! Mais ce n’est pas tout: on a tenté récemment chez le Lombard de relancer la série avec des scénarios originaux (par Luc Brunschwig et Aurélien Ducoudray) et des illustrations de Dimitri Armand. Après la parution de deux tomes en 2015-16, sous le titre Bob Morane – Renaissance, la série est abandonnée… mais sera reprise chez les éditions Soleil avec un scénario de Christophe Bec et Éric Corbeyran, et un dessin de Paolo Grella !

Toutes ces histoires publiées dans le désordre par plusieurs éditeurs rend la série difficile à suivre. Heureusement, les éditions intégrales mettent un peu d’ordre dans tout cela. Il y a d’abord l’intégrale en seize volumes publiée conjointement par Dargaud et Le Lombard (1995-2004) mais les albums sont regroupé de façon thématique (Atome & Brouillard, Ombre Jaune et Dragons, etc.) ce qui n’est pas très intéressant. Heureusement, Le Lombard revient à la charge avec une intégrale en dix-sept volumes, cette fois chronologique (2015-2021). On y inclut dans chaque volume un dossier explicatif mais dans les deux volumes que j’ai lu jusqu’à maintenant il s’agit surtout des notes biographiques sur l’oeuvre de Gérald Forton pas toujours reliées à Bob Morane…

Comme ces cinq nouvelles aventures de Morane restent très similaires aux précédentes, pour le gros de mon commentaire, je vous renvoi  donc à ce que j’ai déjà dit au sujet de l’Intégrale 3… Cela nous offre de bons récits divertissants mais dont l’intrigue est un peu trop simpliste et répétitive pour être vraiment apprécié en grande quantité. La faiblesse réside surtout dans le dessin qui est certes classique, ou même vieillot, mais qui a peine à fournir des tons de couleurs agréables à l’oeil particulièrement dans le cas des scènes sombres ou nocturne. Certaines scènes sont carrément horribles (le tyrannosaure ou Carlotta nageant dans la rivière de La chasse aux dinosaures). Un homme, décrit comme grisonnant dans le dialogue, est illustré chauve (plusieurs personnage sont d’ailleurs chauves, ce qui simplifie le dessin j’imagine). Et le scénario des Chasseurs de Dinosaures, que j’ai relu récemment, a été raccourci et modifié pour l’adaptation BD: c’est Daisy, la soeur de Carlotta, qui vient voir Morane à Paris et le Prof. Clairembart a été remplacé par Carlotta dans l’expédition préhistorique. 

C’est somme toute décevant mais c’est fait pour être consommé rapidement, sans trop se poser de questions. Sinon, cela reste une bonne lecture pour les amateurs nostalgique du commandant Morane.

Bob Morane Intégrale 4, par Henri Vernes (texte) et Gérald Forton (dessin). Bruxelles: Éditions du Lombard, octobre 2016. 152 pages, 22.2 x 29.5 cm, 25.50 € / $C 44.95, ISBN 978-2-8036-7005-5. Pour un lectorat jeunesse (9+). Extraits disponibles. stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Vernes / Forton / Éditions du Lombard (Dargaud-Lombard S.A.) 2016. © Bob Morane Inc. SPRL 2016.

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Bob Morane Intégrale 3

BobMoraneIntegrale3-cov“Polytechnicien, polyglotte, ex-commandant d’aviation, bourlingueur au grand coeur, séducteur, Bob Morane traque le mal sous toutes ses formes et sous toutes les latitudes. Et il peut toujours compter sur l’aide de son plus fidèle ami, le colosse écossais Bill Ballantine… Retrouvez les aventures de l’aventurier en bande dessinée dans une intégrale chronologique.

Créé en 1953 par Henri Vernes, Bob Morane a déjà vécu plus de deux cents aventure. Depuis 1960, soixante-six d’entre elles ont été adaptées en BD. Elles ont été successivement dessinées par Dino Attanasio, Gérald Forton, William Vance et Coria.

Les voici pour la première fois réunies dans une intégrale qui reprend les épisodes dans l’ordre chronologique de leur publication. Avec, dans chaque volume, un dossier évoquant en textes, illustrations et photos, l’histoire d’une série devenue mythique pour plusieurs générations de lecteurs.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Cette troisième compilation nous offre quatre récits de bande dessinée:

Échec à la main noire

Morane et Ballantine sauvent une jeune femme sur le point de se faire enlever à Paris mais se retrouve rapidement à Venise sur les traces d’un trésor ancestral convoité par une organisation mafieuse! (Prépublié dans l’hebdomadaire néerlandais “Het Laatste Nieuws” sous le titre “Bob Morane zet de onderwereld schaakmat” entre le 15 juin et le 18 septembre 1963 et compilé en album chez Lefrancq en 1992.)

Et le mystère de la zone Z

BobMorane_MystereDeLaZoneZ-covÀ Singapour, Morane et Ballantine viennent à la rescousse d’une jeune femme qui s’est fait enlevée par trois lourdauds qui veulent savoir que fait son père, un zoologiste, dans les monts Batang-Lupar de Bornéo. En effet, un fusée américaine construite avec un métal aux propriétés étranges provenant d’un météorite, s’y est écrasée et une nation rivale convoite ce métal. Morane et ses compagnons s’échappent et se rendent dans la fameuse zone “Z” pour sauver le Professeur Evans. Toutefois, le mystérieux métal a contaminé la forêt qui se transmute peu à peu en métal! Mais la nature apporte souvent ses propres solutions… (Prépublié en 1963 dans les # 931 à 958 de l’hebdomadaire “Femmes d’Aujourdhui” et compilé en album chez Marabout en janvier 1964.)

Et la vallée des crotales

Morane et Ballantine tombent en panne en plein désert du Nouveau-Mexique où ils font la rencontre d’une belle et jeune princesse Apache qui a des problèmes avec un voisin qui convoite ses terres et, possiblement aussi, un trésor ancestral qui s’y cache dans une vallée perdue. Mais le désert dissimule plus que de l’or… (Prépublié en 1963 dans les # 959 à 986 de l’hebdomadaire “Femmes d’Aujourdhui” et compilé en album chez Marabout en janvier 1964.)

L’épée du paladin

Le Professeur Hunter a perfectionné sa machine à voyager dans le temps (voir Les chasseurs de dinosaures) et demande à Morane et Ballantine de la tester car il s’est blessé et ne peut le faire lui-même. C’est l’excuse parfaite pour aller faire un petit saut au Moyen-Âge, où les deux comparses jouent les troubadours auprès d’un belle comtesse, dont un voisin convoite le château, et qui est maudite car elle serait la descendante du traître qui a vendu Roland aux Maures. Un autre petit saut dans le temps pour demander à Charlemagne de prouver fausse cette rumeur et tout est sauvé! Malheureusement, un passager clandestin vole la machine et nos héros se retrouve (encore) abandonné dans le passé… pour se réveiller le lendemain dans leurs propres lits! On croirait à un rêve si ce n’était de l’épée du paladin qui traine sur le plancher de la chambre de Morane… (Prépublié en 1964-65 dans les # 1017 à 1043 de l’hebdomadaire “Femmes d’Aujourdhui” et compilé en album chez Dargaud en septembre 1967.)

Je m’était promis de lire plusieurs Bob Morane pour honorer la mémoire de son créateur, Henri Vernes, décédé récemment. Mais, comme je suis un peu paresseux, après avoir lu un roman j’ai décidé de passer à la lecture des bandes dessinées. J’ai, par la suite, découvert que cela était fort approprié puisque, apparement, dans plusieurs cas, Vernes a écrit en premier lieu le scénario de la bande dessinée et qu’il l’a adapté en roman plus tard… Et les intégrales ont l’avantage d’offrir des dossiers explicatifs en bonus…

BobMoraneIntegrale3-p005

Dossier explicatif

Si après avoir lu un roman j’ai été surpris comment ce genre de récit avait bien tenu la route depuis mon adolescence et que cela demeurait une lecture captivante et divertissante, j’ai par contre été très déçu par la lecture des bandes dessinées. J’ai découvert qu’elles n’offraient que des récits pour adolescent simpliste, formulaïque et que le dessins est carrément horrible. J’imagine que quand on n’en lit qu’un seul c’est bon, c’est divertissant et on est plus enclin à ignorer la simplicité de l’histoire. Toutefois, quand on en lit plusieurs l’un à la suite de l’autre, c’est là que l’on remarque comment la formule du récit est répétitive et simpliste. On s’en lasse rapidement. Il y a toujours une donzelle en détresse (amie, princesse, journaliste, etc., qui devient inévitablement l’intérêt romantique de Morane) qu’il faut aider ou sauver et quand tout semble désespéré Morane utilise ses contacts, ou ceux d’un de ses compagnons, pour se sortir du pétrin d’une façon inattendue (le FBI, l’armée, le roi, la cavalerie, le guide ou chef de tribu qui avait disparu ou que l’on croyait mort, ou même la patrouille du temps)!

Néanmoins, après tout, c’est du récit d’aventure pour adolescent et on ne doit donc pas être trop exigent. Tant que cela nous amuse, nous diverti, que le récit offre une intrigue qui se tient (si on ne la regarde pas de trop près) cela reste une bonne lecture. Bon, il y a parfois de gros trous dans le scénario ou même des bourdes grossières (comment peut-on trouver de l’équipement de plongé sous-marine dans une petite ville en plein désert?!) mais cela est l’appanage de ce genre de récit d’aventure qui est à la limite du Pulp et qui demande un certain niveau de suspension consentie de l’incrédulité

Toutefois, là où le bat blesse c’est au niveau graphique. Le dessin en soi est assez bien tout en étant typique de la BD des années soixante. C’est un peu rigide tant dans la fluidité du récit (les personnages apparaissent un peu trop statique) que dans le découpage (toujours un format de six à dix cases bien égales) mais cela correspondait au style de l’époque. Non, ce qui est terrible (et, ma foi, plutôt laid) c’est surtout la coloration qui est beaucoup trop foncée (surtout les scènes de nuits et les visages quand ils sont ombragés) ! Mais même cela s’améliore tout au long des volumes, puisque c’est moins présent dans le troisième et a pratiquement disparu dans le quatrième… 

À lire si vous êtes curieux, un ado en mal d’aventure ou un vieil amateur nostalgique…

Bob Morane Intégrale 3, par Henri Vernes (texte) et Gérald Forton (dessin). Bruxelles: Éditions du Lombard, juin 2016. 200 pages, 22.2 x 29.5 cm, 25.50 € / $C 44.95, ISBN 978-2-8036-3748-5. Pour un lectorat jeunesse (9+). Extraits disponibles. stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Vernes / Forton / Éditions du Lombard (Dargaud-Lombard S.A.) 2016. © Bob Morane Inc. SPRL 2016.

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Les chasseurs de dinosaures

ChasseursDeDinosaures-cov“« Si vous désirez chassez le dinosaure, rendez-vous de toute urgence, sans en faire part à personne, à telle adresse… »

Une telle phrase suffirait è faire courir au bout du monde n’importe quel chasseur de fauves invétéré, surtout si ce chasseur s’appelle Frank Reeves et possède tout l’argent nécessaire pour réaliser ses moindre fantaisies.

Et, un soir, un jeune femme éplorée, attendra Bob Morane chez lui, le suppliant de voler au secours de Frank, disparu sans laisser de traces.

Naturellement, Bob ne pourra résister à cet appel. Avec le professeur Clairembart et Bill Ballantine, il partira è la recherche d Frank Reeves. Mais, pour atteindre ces terrains de chasse où errent les monstrueux dinosaures, il lui faudra suivre cette fois une route bien étrange.”

[ Texte de la couverture arrière ]

Pour commémorer la disparition de Henri Vernes, à l’instar de mon neveu, j’ai décidé de relire quelques unes des aventures de Bob Morane. J’en ai donc choisi une au hasard dans ma collection (je ne les ai pas tous mais j’en ai tout de même une cinquantaine — et j’ai dû lire les cent-cinquante premiers volumes sur une collection qui en compte deux-cent-sept). Je suis tombé sur un vieux volume de Marabout Junior, aux pages jaunies et craquantes, publié en 1957: Les chasseurs de dinosaures… Il semble que ce soit l’édition originale, le vingtième volume de la série (et le quatre-vingt-quatorzième de la collection Marabout Junior).

Lorsque Morane et ses compagnons se lancent sur les traces d’un ami disparu et se retrouvent naufragés en plein coeur de la préhistoire, ils doivent affronter tyrannosaures, brontosaures, ptérodactyles et microsaures (vélociraptors?) pour survivre… Comment réussiront-ils donc à se sortir de ce pétrin ?

C’est une série que j’adorais étant adolescent mais je craignais que ce genre de littérature jeunesse d’aventure ait mal vieilli. Et bien non, ça se lit toujours très bien. Le récit est fluide mais l’intrigue est relativement simple et la représentation de la faune et de la flore de l’ère secondaire et du crétacé manque un peu de rigueur — sans compter quelques bourdes atroces comme “La villa des Reeves, à Miami, était une sorte de palais ultra-moderne, avec (…) plage particulière au sable blanc lèché par les eaux bleues de la mer des Caraïbes”! Oups!

Cela reste très divertissant et agréable à lire. stars-3-0

Les chasseurs de dinosaures, par Henri Vernes. Verviers: Éditions Gérard & Co., 1957. 160 p. Pour lectorat adolescent (12+).

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ GoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 1957 by les Éditions Gérard & Co., Verviers.

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The Invisible Library series vol. 1-4

The Invisible Library

InvisibleLibrary-covOne thing any Librarian will tell you: the truth is much stranger than fiction… 

Irene is a professional spy for the mysterious Library, a shadowy organization that collects important works of fiction from all of the different realities. Most recently, she and her enigmatic assistant Kai have been sent to an alternative London. Their mission: Retrieve a particularly dangerous book. The problem: By the time they arrive, it’s already been stolen. 

London’s underground factions are prepared to fight to the death to find the tome before Irene and Kai do, a problem compounded by the fact that this world is chaos-infested—the laws of nature bent to allow supernatural creatures and unpredictable magic to run rampant. To make matters worse, Kai is hiding something—secrets that could be just as volatile as the chaos-filled world itself.

Now Irene is caught in a puzzling web of deadly danger, conflicting clues, and sinister secret societies. And failure is not an option—because it isn’t just Irene’s reputation at stake, it’s the nature of reality itself…” [Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

The Invisible Library, by Genevieve Cogman. New York: ROC (New American Library, imprint of Penguin Random House), June 2016. 344 pages, 8.25 x 5.375 in., $US 17.00, ISBN 9781101988640, For YA readers (12+).stars-3-5

The Masked City

InvisibleLibrary-MaskedCity-covThe written word is mightier than the sword—most of the time… 

Working in an alternate version of Victorian London, Librarian-spy Irene has settled into a routine, collecting important fiction for the mysterious Library and blending in nicely with the local culture. But when her apprentice, Kai—a dragon of royal descent—is kidnapped by the Fae, her carefully crafted undercover operation begins to crumble.

Kai’s abduction could incite a conflict between the forces of chaos and order that would devastate all worlds and all dimensions. To keep humanity from getting caught in the crossfire, Irene will have to team up with a local Fae leader to travel deep into a version of Venice filled with dark magic, strange coincidences, and a perpetual celebration of Carnival—and save her friend before he becomes the first casualty of a catastrophic war.

But navigating the tumultuous landscape of Fae politics will take more than Irene’s book-smarts and fast-talking—to ward off Armageddon, she might have to sacrifice everything she holds dear….” [Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

The Invisible Library 2: The Masked City, by Genevieve Cogman. New York: ROC (New American Library, imprint of Penguin Random House), September 2016. 374 pages, 8.25 x 5.375 in., $US 17.00, ISBN 9781101988664, For YA readers (12+). stars-3-0

The Burning Page

InvisibleLibrary-BurningPage-covNever judge a book by its cover…

Due to her involvement in an unfortunate set of mishaps between the dragons and the Fae, Librarian spy Irene is stuck on probation, doing what should be simple fetch-and-retrieve projects for the mysterious Library. But trouble has a tendency to find both Irene and her apprentice, Kai—a dragon prince—and, before they know it, they are entangled in more danger than they can handle…

 Irene’s longtime nemesis, Alberich, has once again been making waves across multiple worlds, and, this time, his goals are much larger than obtaining a single book or wreaking vengeance upon a single Librarian. He aims to destroy the entire Library—and make sure Irene goes down with it.

 With so much at stake, Irene will need every tool at her disposal to stay alive. But even as she draws her allies close around her, the greatest danger might be lurking from somewhere close—someone she never expected to betray her…  [Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

The Invisible Library 3: The Burning Page, by Genevieve Cogman. New York: ROC (New American Library, imprint of Penguin Random House), January 2017. 358 pages, 8.25 x 5.375 in., $US 17.00, ISBN 9781101988688, For YA readers (12+). stars-3-0

The Lost Plot

InvisibleLibrary-LostPlot-covAfter being commissioned to find a rare book, Librarian Irene and her assistant, Kai, head to Prohibition-era New York and are thrust into the middle of a political fight with dragons, mobsters, and Fae in this novel in the Invisible Library series.

In a 1920s-esque New York, Prohibition is in force; fedoras, flapper dresses, and tommy guns are in fashion: and intrigue is afoot. Intrepid Librarians Irene and Kai find themselves caught in the middle of a dragon political contest. It seems a young Librarian has become tangled in this conflict, and if they can’t extricate him, there could be serious repercussions for the mysterious Library. And, as the balance of power across mighty factions hangs in the balance, this could even trigger war.

Irene and Kai are locked in a race against time (and dragons) to procure a rare book. They’ll face gangsters, blackmail, and the Library’s own Internal Affairs department. And if it doesn’t end well, it could have dire consequences on Irene’s job. And, incidentally, on her life…” [Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

The Invisible Library 4: The Lost Plot, by Genevieve Cogman. New York: ROC (New American Library, imprint of Penguin Random House), January 2018. 370 pages, 8.25 x 5.375 in., $US 17.00, ISBN 9780399587429, For YA readers (12+). stars-4-0

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

This is a fantasy series by British author Genevieve Cogman. The idea of librarians going on Indiana Jones-style missions in parallel worlds to find rare manuscripts and preserve the balance between order and chaos might not seems particularly original (there are plenty of stories which have librarians as protagonists), but what I really like about it is that it makes it possible to create hybrid worlds that mix the genres — in this case magical, supernatural and steampunk! I find it very entertaining and enjoyable to read … There is nothing better than getting lost in a world of fictitious adventures to forget our own problems and relax (and nothing better to forget a library than to read a story of an… invisible library!)

I particularly enjoyed this story because I am myself working in a library and I know a thing or two about the struggle to maintain the equilibrium between order and chaos. And, I am sorry to say, right now in my library, chaos is definitely winning. I also have a strong opinion about the role of libraries in our society. An ideal library would be a temple to knowledge and culture. A place that not only preserves it (a library) but also disseminates it with exhibition and conference rooms as well as places to give workshops of all kinds. Exactly like what Hadrianus intended when he created the Athenaeum in Rome. It is a serious place. Unfortunately, today they tend more to become daycare and playgrounds…

However, I didn’t realize that was such a long series. So far I’ve read half of it (four volumes and there is an eighth volume announced for the end of 2021) and I am not disappointed. It is well written, captivating (you can’t stop reading because you are wondering what will happen next) and, even if, like I said, it is not particularly original, it is an enjoyable distraction from reality.  

The first volume introduces us to the world of the Library and to Irene Winters, a junior librarian with a tendency to get in trouble. We also meet Kai Strongrock, her apprentice, who seems to have peculiar qualities. In the center of everything lies the mysterious Library which is linked to an infinity of alternate earths (each offering a different timeline) from which the Library collects rare books in order to maintain the link to their world of origin and keep the balance between chaos and order. The agents of Chaos are the Fae, influencers who like intrigues and narratives where they are the heroes. The agents of Order are the dragons, who are secretive and can control natural spirits. Both hate each others. The Library is neutral. In her latest assignment, Irene is sent to the Victorian London of world B-395 in order to find an original Grimm manuscript with an extra story. She must compete with a powerful fae, Lord Silver, and Alberich, an evil librarian who was expelled! Fortunately, she finds an ally in Peregrine Vale, a Sherlock Holmes doppelgänger. 

In the second volume, Kai is kidnapped by Lord Guantes, a powerful fae, and brought to an alternate Venice in an highly chaotic world! Against orders, and with the help of Lord Silver, Irene has to manage to reach this world, navigate the complex politics of the fae, find and rescue Kai and return alive! Quite a challenge!

The third book could be called Alberich strikes back. He manages to find Irene and threaten to — nothing less but — destroy the Library. And Irene has to save the world all over again on her own.

In the fourth volume, Irene gets herself caught, this time, in the politics of dragons. Two dragons compete for a high office and in order to win they have to find a rare book. They try to get help from a librarian and, by doing so, threaten the fragile neutrality of the Library. Of course, Irene is sent to a world with a 20s New York in order to save the day. It is the story with the most complex plot so far and my favourite.

The series is classified as fantasy but when you have such a mix of genres it is difficult to keep labels. You do find a lot of magic in it, with vampires and werewolves and dragons, but — considering the steampunk aspects, the space-time nature of the Library and the rationalisation of magic through the Language of the Library — I think it should be seen more as science-fiction. However, whatever label we want to give it, it remains an interesting story that provide a very entertaining and enjoyable experience. It was probably meant to be an Harry Potter look-alike and therefore it targets more or less the Young Adults audience, so it is quite an easy reading. Overall it is a very good book that you will certainly enjoy if you like that type of fantasy/scifi stories.

For more information you can check the following websites:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Genevieve Cogman, 2016-17.

[ Traduire ]

TENET

Tenet-dvd“Armed with only one word—Tenet—and fighting for the survival of the entire world, the Protagonist journeys through a twilight world of international espionage on a mission that will unfold in something beyond real time.

Not time travel. Inversion.”

[ Text from the official website ]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

It has been a while since I’ve been surprised by a movie with a really original story…

A CIA agent find himself involved in a temporal war. I don’t know how much more I should say about the story without giving any spoilers… Consider yourself WARNED [just highlight to read]. People in a future earth ravaged by climate change try to save themselves by destroying their past — with a time f*ck up. Obviously they don’t believe in the Grand-Father Paradox. But another faction don’t want to take that risk and try to stop the plan. All is fought in our now…(END OF WARNING!).

It is a great movie with good action and an interesting story. The storytelling is obviously complex and I am sure that there’s holes in the storyline — you really have to pay attention — but at some point I don’t really care. I just want to be entertained and to enjoy the movie. It makes the most beautifully fascinating use of the Sator Square ! It was great and it is really worth watching.

TENET : UK / USA, 2020, 150 min.; Dir./Scr./Prod.: Christopher Nolan; phot.: Hoyte van Hoytema; Ed.: Jennifer Lame; Music: Ludwig Göransson; Prod.: Emma Thomas; Cast: John David Washington, Robert Pattinson, Elizabeth Debicki, Dimple Kapadia, Michael Caine, and Kenneth Branagh. Rated PG-13. It has received a score of 70% on Rotten Tomatoes (76% from the audience), 69% on Metacritic and 7.4/10 on IMDb. stars-4-0

To learn more about this title you can consult the following web sites:

[ AmazonCraveGoogleIMDbOfficialWikipedia ]

Also, you can check the official trailer on Youtube:

[ Traduire ]

Capsules

Revue de ‘zines [002.021.142]

Revue de ‘zines

Suite à ma récente chronique, je continue mon rattrapage sur les périodiques et autres ‘zines dans mon champs d’intérêt car ils n’arrêtent pas de s’accumuler… J’en épluche donc le contenu pour vous. 

dBD #150 (Février 2021)

dBD-150Dans les actualités je note l’annonce de trois nouvelles parutions de manga: Blue Period t.1 par Tsubasa Yamagushi (chez Pika — un manga sur la peinture), La gameuse et son chat t.1 par Wataru Nadatani (chez Doki-Doki — par l’auteur qui nous a déjà donné Félin pour l’autre !) et Démon Slave par Takahiro & Takemura (chez Kurokawa).

À la une on retrouve une entrevue avec Stephen Desberg et Yannick Corboz (sur Les Rivières du passé t.1 La Voleuse, chez Daniel Maghen). Le numéro continue sur des entrevues avec Jérôme Alquié (sur Captaine Albator – Mémoires de l’Arcadie t.3: Des coeurs brûlants d’amour, chez Kana), Sylvie Roge & Olivier Grenson (sur La Fée assassine, chez Le Lombard), Nicolas Barral (sur Sur un air de fado, chez Dargaud), avec le coordonateur Stéphane Bern, le dessinateur Cédric Fernandez, le scénariste Arnaud Delalande et l’historien Yvon Bertorello (sur Notre-Dame de Paris: La Nuit du feu, chez Glénat) et avec Léa Mazé (sur Les Croques t.3: Bouquet final, chez La Gouttière). On retrouve également un article qui rend hommage à Richard Corben (décédé en décembre 2020), un autre sur le dixième anniversaire de la maison d’édition québécoise Pow Pow dirigée par Luc Bossé, puis un sur les multiples adaptations de 1984 de Georges Orwell.

Dans le cahier critique, je note seulement Blue Period t.1 par Tsubasa Yamaguchi chez Pika (Super; “original (…) cherche à dévoiler l’envers du décor d’un milieu compétitif, où la passion ou le talent ne suffisent en général pas pour percer. Elle en profite pour évoquer différentes techniques artistiques(…)”).

Un bon numéro qui, comme d’habitude, offre beaucoup d’informations pour les amateurs de BDs.stars-3-0

Capsules

dBD #151 (mars 2021)

dBD-151Dans les actualités on nous parle du lancement de Verytoon, la plateforme de BD digitales de Delcourt; de la réédition en quatre volumes intégras d’Olivier Rameau (Greg & Dany, Ed. Kennes); de la parution chez Delcourt/Tonkam de La déchéance d’un homme, par Junji Ito, qui est l’adaptation d’un roman par Osamu Dazai; et de Histoire de la science-fiction (en BD) par Xavier Dollo et Djibril Morissette-Phan chez Les Humanos.

À la une on retrouve une entrevue avec Sylvain Runberg et Grun (sur On Mars_ t.3 chez Daniel Maghen). Le numéro continue sur des entrevues avec Yann Le Quellec et Romain Ronzeau (sur Les Amants d’Hérouvile, une histoire vraie chez Delcourt), Gaëlle Geniller (sur Le Jardin, Paris chez Delcourt), Jaime Martin (sur Nous aurons toujours 20 ans chez Dupuis), et Loïc Clément et Anne Montel (sur Le Temps des Mitaines t.3: La Nuit des croque-souris chez Dargaud). Dans ce numéro on retrouve également un article qui s’interroge sur l’avenir des festivals de BD en temps de pandémie, un article hommage à Jean Graton (Michel Vaillant) décédé au début de l’année et un article sur l’éditeur québécois La Pastèque (où l’on rencontre les fondateurs Martin Brault et Frédéric Gauthier).

Dans le cahier critique je note la BD style manga Yojimbot t.1 par Sylvain Repos chez Dargaud (Super; “l’approche graphique (…) est clairement l’un de ses points forts (…). À découvrir”), Les Enquêtes de Sgoubidou par Cathon chez Pow Pow (Super; “déclinées sous la forme d’histoires courtes à la Pif Poche (…) réjouissant de crétinerie en tout genre”), et Tomino la Maudite t.1 par Suehiro Maruo chez Casterman (Super, “maître du Ero Guro (…) si la trame est classique, la galerie de personnages vaut le détour”).

Comme d’habitude, une bonne lecture pour les amateurs de BDs. stars-3-0

Capsules

dBD #152 (avril 2021)

dBD-152Dans les actualités de ce numéro on nous fait découvrir Les Reportages de Lefranc — Versailles disparu, une BD historique par Jacques Martin et Alex Evang chez Casterman (à paraître en septembre) et Martine — Une aventurière au quotidien, un ouvrage qui trace l’historique de cette fameuse série jeunesse, par Laurence Boudart chez Impression Nouvelle.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec le scénariste Jean Van Hamme, le dessinateur Philippe Berthet ainsi que l’épouse de ce dernier, Dominique David (sur La Fortune des Winczlav T.1 — Vanko 1848 chez Dupuis). Cela se poursuit sur des entrevues avec Séverine Vidal (sur Le Plongeon, en collaboration avec Victor L. Pinel, chez Grand Angle), Bertrand Galic et Roger Vidal (sur Fukushima, Chronique d’un accident sans fin chez Glénat), Simon Spruyt (sur Le Tambour de la Moskova chez Le Lombard), Hélène Constanty (sur Une histoire du nationalisme corse, en collaboration avec Benjamin Adès, chez Dargaud et Monaco, luxe, crime et corruption, en collaboration avec Thierry Chavant, chez Soleil), Nicolas Dehghani (sur Ceux qui brûlent, chez Sarbacane) puis avec Joris Chamblain et Sandrine Goalec (sur Les Souris du Louvre T.3—Le Serment oublié, chez Delcourt/Le Louvre). On retrouve également un article sur Gallimard BD, où l’on rencontre le directeur éditorial Thierry Laroche.

Dans le cahier critique je note L’Homme qui tua Nobunaga T.1 par Kenzaburo Akechi & Yutaka Todo chez Delcourt (Bien, “atmosphère pesante (…) mise en scène léchée (…) interminable liste des protagonistes (…) ce surplus d’informations peu audibles vient progressivement peser sur le plaisir de lecture.”), My Broken Mariko par Waka Hirako chez Ki-oon (Super, un one-shot sur le suicide et la mort), et Talli T.3 par Sourya chez Ankama (Bien, “Si le récit manque parfois un peu de consistance, il brille en revanche par son rythme et son efficacité. (…) univers fascinant (…) trait fin et élégant (…) richesse des costumes et des décors.”).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-0

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Solaris #218 (Printemps 2021)

Solaris 218Ce numéro printanier, sur le thème accidentel de la distorsion, nous offre quatre nouvelles “excitantes”, deux articles “passionnants” et les chroniques littéraires habituelles (“Les littéranautes” commentant les parutions locales et “Lectures” commentant le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne). Le volet fiction comprends:

  • “Fermer le Big Bang” par Michèle Laframboise. La présentation (de Pascal Raud) nous indique que le texte “met en scène le bar le plus cher de l’univers et ses invités triés sur le volet, qui traversent l’espace en route vers… vous verrez bien…”
  • “La Distorsion de Lebarne” par Dave Côté. On nous dit que l’on y “fait la connaissance d’Akilal, mage noir de son état, qui se joint, uniquement pour des raisons pratiques, à un groupe de Héros prêts à en découdre avec l’anomalie magique qui met tout le monde en danger. Fantasy et humour font ici très bon ménage.”
  • “Pauvre Jack!” par Jean Pettigrew. “Cette courte mais très efficace nouvelle d’atmosphère (…) nous entraîne dans les bas-fonds de Londres en 1888.” L’éditeur d’Alire ne nous gâte pas souvent d’un texte…
  • Gamma” par Oskar Källner. “La notion du temps n’a plus aucune importance quand on existe depuis si longtemps que l’extinction de l’Humanité est un souvenir lointain. Cette nouvelle (…) [fait] coexister la haute technologie et la beauté (…)”. Ce texte a été traduit du suédois par Jean-Pierre Laigle.

Le volet documentaire du numéro nous présente un autre article de feu Jean-Pierre Laigle, “Les Manipulateurs d’âmes; La conception matérialiste de l’âme dans la science-fiction”. Contrairement au fantastique, qui accepte le concept surnaturel de l’âme, la science-fiction, elle, soit en rejette le concept, soit le réactualise au travers de postulats rationnels qui l’expliquent, par exemple, par des phénomènes énergétiques comme l’électricité. Intéressant mais le style du texte est un peu tarabiscoté et certaines phrases ne font carrément pas sens…

Le numéro continue avec un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, consacré au “Cosmos intérieur, ou l’évolution du planétarium”. L’auteur nous présente l’histoire du planétarium, ses multiples utilisations tant ludiques que de vulgarisations scientifiques, et le rôle qu’il a joué dans des oeuvres de fictions tant au cinéma qu’en littérature de science fiction. Toujours aussi fascinant.

Avec ses deux volets, fiction et documentaire, Solaris nous ouvre une fenêtre sur le monde des littératures de l’imaginaire. Même si personnellement je préfère la lecture des articles à celle des fictions, c’est un incontournable qui nous diverti et nous tiens à jour sur ce qui se produit dans le genre. À lire! stars-3-5

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Revue de ‘zines [002.021.107]

Revue de ‘zines

J’ai fais un peu de rattrapage avec ma dernière chroniques mais il me reste encore plusieurs périodiques et autres ‘zines dans mon champs d’intérêt à discuter et à en éplucher le contenu pour vous. 

Animeland #233 (janvier – mars 2021)

Animeland-233Ce numéro célèbre d’abord les trente ans du magazine (cet exploit mérite bien d’être souligné) puis s’ouvre sur un énorme dossier (36 p.!) consacré à My Hero Academia dans plusieurs de ses aspects (ses personnages, interview avec Ahmed Agne, le directeur co-fondateur des éditions Ki-oon) et qui s’étend au concept de héros en général (définition, héros violent, bon méchant, héros sportif, héros non violent, anti-héros, genre et couleur de peau du héros, etc.). 

Dans le segment “Focus” on continue le mini-dossier sur Anime News Network avec des portraits de collaborateurs, on nous présente l’animation de Dreamworks Les Croods 2 incluant en bonus un entretien avec les réalisateur (Joel Crawford) et producteur (Mark  Swift). 

Animeland réintroduit un segment sur le manga (enfin!) avec “Ça ferait un bon anime” qui souligne l’intérêt de Transparente, Colorless, Ashidaka, Bride Stories, Perfect World, Le Dragon et la Nonne, Spy x Family, et Le Renard et le Petit Tanuki. 

Dans “On a vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Aya et la sorcière, Superman: L’Homme de demain, Harley Quinn, Blood of Zeus, Jujutsu Kaisen, Burn the Witch, L’Odyssée de Choum, Akudama Drive, Dragon Quest: The Adventure of Dai, No Guns Life S1 – cour 2, Fireforce S2, The Idhun Chronicles.

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Musique (l’animation Soul de Pixar, l’OST de Les Héros de la Galaxie), Cartoon de la Toile (web toons), Entretiens (Jérôme Alquie sur Mémoire de l’Arcadia), Séance Studio (MAPPA), Jeu vidéo (Star Wars Squadrons: Hunted, entretien avec Visual Works), l’animation dans la Pub (Clash of Clans), Figure de Pro (Balak), Pourquoi (Les épisodes des séries sont parfois très différents?), Trouvaille (NYsferatu Symphony of a Century), et Humeur.

L’évolution des médias du papier vers le digital (et les changements d’habitude de lecture en résultant), la disparition de distributeurs, un marché niche et maintenant la crise du coronavirus ont eut des effets désastreux sur beaucoup de magazines culturels. Heureusement, Animeland a su y répondre avec rapidité et habilité en s’associant avec Anime News Network, en changeant de format (pour passer de magazine bimestriel distribué en kiosques à Mook trimestriel distribué en librairies) et surtout en mettant de l’avant une campagne de sociofinancement (crowdfunding). Après avoir navigué contre vents et marées pendant trente ans, le “magazine” semble paré pour une nouvelle ère de publication. Il nous offre ici 146 pages riches en information. C’est sans aucun doute le meilleurs magazine du genre. À lire pour tous fans d’anime. stars-3-5

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dBD HS #22 (novembre 2020)

bBD-HS22Ce numéro Hors-Série de dBD nous fait entrer dans les coulisses de la plus récente aventure de Blake et Mortimer, le tome 27: Le Cri du Moloch, publié en novembre 2020. Ce n’est pas facile de faire suite au géant Edgar P. Jacobs, décédé en 1987. Pourtant, dès 1996 Jean van Hamme et Ted Benoit produiront deux albums qui font suite aux douze aventures de Blake et Mortimer. Yves Sente et André Juillard reprennent le flambeau avec sept albums. Van Hamme revient à la charge avec deux autres albums (un troisième paraîtra en 2021), puis Yves Sente en écrit deux autres (sans compter une demi-douzaine d’album hors-série par divers auteurs). Nous découvrons les dessous de la production du dernier tome au travers d’entrevues avec Yves Schlirf (éditeur de la série), Jean Dufaux (scénariste), Étienne Schréder (dessinateur), Christian Cailleaux (dessinateur), Laurence Croix (coloriste) et Philippe Ghielmetti (graphiste). Le numéro se termine sur trois extraits de futurs albums. Intéressant (mais court: 60 p.) si vous êtes un grand amateur de Blake et Mortimerstars-3-0

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dBD #149 (décembre – janvier 2020/21)

dBD-149Dans l’actualité de ce numéro je remarque la parution d’une BD documentaire sur La Science-fiction, par Xavier Dolla et Djibril Morissette-Phan (Les Humanoïdes Associés, 216 p., nov. 2020). À la une on retrouve des entrevues avec Xavier Coste et son éditeur Frédéric Lavabre (sur 1984, d’après G. Orwell, chez Éditions Sarbacane). Le numéro se poursuit avec des entrevues de François de Closets et Éric Chabbert (sur Les guerres d’Albert Einstein t. 1-2, par Corbeyran, De Closet et Chabbert aux Éditions Robinson), Stéphane Fert (sur Blanc Autour, par Lupano et Fert, chez Dargaud), Jean-Christophe Brisard (sur Hitler est mort! T. 1 par Brisard et Pagliaro, chez Glénat), Luz (sur Vernon Subutex t.1, par Virginie Despentes & Luz, chez Albin Michel), Jean Harambat (sur La fiancée du Dr. Septimus, par Rivière & Harambat, chez Dargaud Coll. Le Nouveau Chapitre), Amaury Bündgen (sur Ion Mud chez Casterman), Stanislas Moussé (sur Le fils du roi, chez Le Tripode), et Karim Friha (sur Le Mangeur d’espoir, chez Gallimard). À l’occasion de son quinzième anniversaire on retrouve également un article sur les éditions Ankama. Dans le “Cahier Critique” je note un seul manga: Le jeu de la mort t.1 & 2 par Sora, chez Delcourt/Tonkam (Bien; un shojo qui raconte une relation inappropriée entre un professeur de Lycée et une étudiante).

Un numéro volumineux (132 p.), plein d’information mais qui malheureusement n’offre pas grand chose dans mon champs d’intérêt. À lire pour tout amateur de BD en quête d’info sur les nouvelles parutions. stars-3-0

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Solaris #217 (Hiver 2021)

Solaris-217Un numéro plein à craquer qui nous offre six nouvelles, un article et les chroniques littéraire habituelles (“Les littéranautes” commentant les parutions locales et “Lectures” commentant le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne). Le volet fiction comprends:

  • “Ismaël, Elstramadur et la destinée”, par Christian Léourier (texte lauréat du Prix Joël-Champetier 2021)
  • “L’Amour au temps des univers parallèles”, par Hugues Morin
  • Au Pré de l’Asphodèle”, par Claude Bolduc
  • Les Pompes de Titan”, par Jean-Louis Trudel
  • Les Coeurs tachyoniques ne peuvent aimer”, par Derek Künsken
  • Explorer Jéhovah”, par Mario Tessier. L’apparition d’un colosse au dimension planétaire dans le système solaire (une statue représentant un homme nu), ravive les ferveurs religieuses et relance la compétition entre les différents pays de la planète pour être le premier à l’explorer… stars-3-0

Le volet documentaire du numéro n’offre qu’un seul article, un autre épisode exceptionnel des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, cette fois consacré à “La Machine à écrire… de la (science-)fiction”… Le Futurible y retrace l’histoire de la machine à écrire, comment elle a influencé l’écriture de fiction et comment elle est elle-même devenu une thématique des littératures de l’imaginaire… Tout à fait captivant…

Encore une fois, Solaris — qui se veut l’Anthologie permanente des littératures de l’imaginaire — nous offre une fenêtre sur ce qui se fait dans les littératures de genres au Québec, dans le monde francophone et même ailleurs. À lire pour tout amateur des dites littératures qui veut se divertir et accroître son savoir… stars-3-0

 

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Lone Sloane: Babel

LoneSloane-Babel-cov« Sloane, tu ne sais pas renoncer. C’est même là, la seule vertu qui te serve de compas. »

Quand, au milieu des années 1960, Philippe Druillet invente Lone Sloane, le navigateur solitaire arpentant les espaces interstellaires, il révolutionne la bande dessinée. Baroque, sans limites, fourmillant de mille détails, la science-fiction explose les cases, s’hybride à la littérature en croisant Flaubert, et marque durablement les imaginaires de créateurs en herbe dont un certain George Lucas…

Aujourd’hui, cinquante ans plus tard, Lone Sloane revient sous la plume de Xavier Cazaux-Zago et le pinceau de Dimitri Avramoglou, jeune talent émergent adoubé par Druillet lui-même, pour une nouvelle aventure à l’ambition et aux proportions dantesques. Babel convoque tous les personnages de la saga de Sloane et met en scène leur confrontation à une menace inexorable : l’Écume, une force sombre qui anéantit tout sur son passage. Notre héros devra littéralement se réinventer, et faire appel à tous les grands voyageurs mythologiques – Ulysse, Hannibal, Gulliver ou Nemo – pour l’aider à triompher du Chaos.

Images spectaculaires, démesure graphique et folie narrative sont donc au rendez-vous de cet album épique et hors norme. À n’en point douter, l’événement SF de ce début d’année.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

LoneSloane-Babel-p05Je n’ai pas tout lu les albums de Druilllet (quoique j’ai lu plusieurs de ses histoires dans Pilote et Métal Hurlant). Je n‘en possède que sept: (d’abord ceux qui font partie des aventures de Lone Sloane) Lone Sloane 66 (1966, originalement publié sous le titre Le mystère de l’abîme), Delirius (1973, sur un scénario de Jacques Lob) et l’intégrale Salammbô (adapté/inspiré du roman de Gustave Flaubert; 1980: Salammbô, 1982: Carthage, 1986: Matho); mais j’ai aussi Vuzz (1974), Yragaël ou la fin des temps (1974), Urm le Fou (1975), et La Nuit (1976).

La moitié de l’oeuvre de Philippe Druillet (neuf albums) est consacrée au personnage avec lequel il débuta sa carrière: Lone Sloane. Il est d’abord apparu dans de courts récits publiés dans Pilote et qui ont été compilé en albums: Lone Sloane 66 (3 récits) et Les six voyages de Lone Sloane (6 récits). Il illustre ses récits d’abord avec un crayonné assez simple (qui rappel un peu le style de Mézières), qui se complexifie avec des textures et des hachures, et finalement explose de richesses avec la couleur. L’album suivant, Delirius, est un récit complet qui a été sérialisé dans Pilote #651-666. Il est suivie par Gaïl (sérialisé dans Métal Hurlant #18-27) et la série culmine avec son chef d’oeuvre, Salammbô (la première partie est sérialisée dans Métal Hurlant #48-54, mais la suite parait directement en album chez Dargaud). Après un long hiatus, Druillet reviendra sur le personnage avec Chaos (2000) et Délirius 2 (2012). Ce sont des récits complexes de space opera gothique ou se mêle science-fiction, fantasy et fantastique. Les pages sont superchargées de détails et ultra colorées, offrant des images dantesques, sinon inspiré d’un trip d’hallucinogène. Ultimement, chaque planche est pratiquement une peinture où l’artiste a travaillé des jours, voir des semaines. C’est une oeuvre très originale et unique. J’adore l’oeuvre de Druillet, même si je l’ai toujours trouvé un peu difficile à lire…

Récemment la tendance est de voir plusieurs vieilles séries de bande dessinée reprisent par de jeunes artistes pour faire soit des hommages ou des suites. C’est le cas ici avec Xavier Cazaux-Zago et Dimitri Avramoglou qui reprennent les aventures de Lone Sloane. Cependant, Babel est-il hommage ou suite ? Ou les deux?

Une mystérieuse force noire, l’Écume, consume l’univers. C’est l’instrument de Shaan pour anéantir son ennemi juré: Lone Sloane. Sur Zazhann, un prêtre/prophète du collectif apparait aux Barons Bleus et se sert d’eux pour retrouver Sloane. Il prétend que sur le monde-mémoire mythique de Babel il existe un livre qui raconte comment vaincre l’Écume. L’Abbé y guidera Sloane dans sa quête, à bord du vaisseau Ô Sidarta, en compagnie de sa belle Légende et de ses seconds Yearl et Vuzz. Est-ce un piège? Sloane a-t-il été trahi? Pendant qu’une bataille épique fait rage autour de la planète entre la flotte de Shaan et Ô Sidarta (avec le gunship de l’horloger Kurt Kurtsteiner en renfort), au coeur de l’atemporelle Babel, Légende écrit la fin de l’épopée. Car le véritable héros ne peut vaincre que dans la mort…

Babel respect bien l’esprit de l’oeuvre de Druillet: c’est un récit complexe et un peu difficile à suivre, avec des dessins gothiques qui offrent beaucoup de pleines ou doubles planches, qui semblent se lire dans toute les directions… Et, tout comme les albums de Druillet, c’est beau, intriguant, voir fascinant parfois. En résumé, on pourrait dire que l’art est épique et le texte lyrique. Toutefois, je suis tout de même un peu déçu. Babel est un ersatz qui paraît fidèle en surface mais qui n’offre en fin de compte un résultat qui n’est pas aussi riche et détaillé que l’original. J’étais intrigué mais je ne l’ai pas trouvé agréable à lire… C’est néanmoins un album qui mérite quand même d’être vu et lu, par les amateurs de Druillet mais aussi par une nouvelle génération de lecteurs qui pourront ainsi découvrir l’incomparable univers de Lone Sloane.

Lone Sloane: Babel, par Xavier Cazaux-Zago (scénario), Dimitri Avramoglou (dessin), d’après l’oeuvre de Philippe Druillet (Idée originale/adaptation par Serge Lehman). Grenoble: Glénat, janvier 2020. 88 p., 24 x 32 cm, 19.00 € / $C 31.95. ISBN 978-2-3562-6019-2. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-2-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2020, Éditions Glénat.

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Le problème à trois corps (Liu Cixin)

ProblemeATrois Corps-covEn pleine Révolution culturelle, le pouvoir chinois construit la base militaire secrète de Côte Rouge, destinée à développer une arme de grand calibre. Ye Wenjie, une jeune astrophysicienne en cours de “rééducation”, intègre l’équipe de recherche. Dans ce lieu isolé où elle croit devoir passer le restant de sa vie, elle est amenée à travailler sur un système de télétransmissions dirigé vers l’espace et découvre peu à peu la véritable mission de Côte Rouge…

Trente-huit ans plus tard, alors qu’une étrange vague de suicides frappe la communauté scientifique internationale, l’éminent chercheur en nanotechnologies Wang Miao est témoin de phénomènes paranormaux qui bouleversent ses convictions d’homme rationnel. Parmi eux, une inexplicable suite de nombres qui défile sur sa rétine, tel un angoissant compte à rebours…

Hugo 2015 du meilleur roman, Le Problème à trois corps est le premier volume d’une trilogie culte d’une ambition folle.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Le problème à trois corps (三体)  nous offre un récit complexe sur lequel je ne m’étendrai pas trop pour éviter les divulgachages. Pour préserver le suspense, l’histoire nous est racontée dans le désordre et en laissant des blancs qui ne seront comblé qu’à la fin. Le récit est donc désarticulé et demande de la patience. À la page cent, j’ignorais encore de quoi il en retournait avec cette histoire, juste pour vous dire… Je me disais “ça a gagné un Hugo, ça doit être bon alors continuons encore un peu…” C’est lent à décoller mais le sujet est toute de même fort intéressant. Il s’agit ici d’une histoire de premier contact qui pose une délicate question: si on lance un appel dans l’espace, que fait-on si quelqu’un répond?

Comme dans le cas de Terre errante, le récit est un peu  “gros” — Liu Cixin ne semble pas faire pas dans la dentelle. Certains éléments paraissent parfois tout à fait invraisemblable (particulièrement la partie sur les deux protons!) mais quand on parle de civilisation très avancé tout est possible. Comme on dit, une science très avancée paraitrait comme de la magie pour une société primitive… Liu Cixin, un ingénieur de formation, nous propose d’ailleurs une intéressante description de civilisation très avancé qui fait face à un problème particulier de survie dans un système solaire trinaire instable. Le tout enrobé dans un context socio-politique chinois, un thriller de conspiration scientifique et beaucoup d’élément de hard SF — mais qui reste toutefois compréhensible pour qui a une bonne base scientifique. Et il y a peut-être même une allégorie politique de caché dans tout ça (du genre un David oriental contre le Goliath occidental?). Chose certaine c’est un roman (en fait une trilogie) qui a fait beaucoup de bruit et qui a fait naitre beaucoup d’intérêt envers la SF chinoise.

Je ne suis malgré tout pas si sûr que ça mérite vraiment un Hugo mais c’est tout de même une intéressante lecture pour ceux qui aiment la science et ont la patience de lire jusqu’à la fin. (Mais, bon, il reste tout de même deux autres volumes à lire !) J’imagine que ça ferait un bon thriller SF au cinéma ou à la télé. En effet, un film chinois aurait été produit mais n’a jamais abouti (apparement ce serait un navet) et Netflix aurait commandé une série basé sur la trilogie. Cela risque d’être intéressant à voir…

Le problème à trois corps par Liu Cixin (Traduction par Gwennaël Gaffric). Arles: Actes Sud (Coll. Exofictions), octobre 2016. 432 pages, , 14.5 x 24 cm, 23,00 € / $39.95 Can., ISBN 978-2-330-07074-8. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Liu Cixin, 2006. © Actes Sud, 2016 pour la traduction française

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Revue de ‘zines [002.021.051]

Revue de ‘zines

Je constate que ma dernière chronique sur les périodiques et autres ‘zines dans mon champs d’intérêt remonte à un peu plus de trois mois. Ils s’accumulent sur ma table de chevet, encombrant mon tsundoku, et il est donc grand temps que je fasse un peu de rattrapage et que j’en épluche le contenu pour vous. 

Animeland #232 (Octobre – Décembre 2020)

Animeland-232En dossier de couverture on aborde le renouveau du shônen: on définit le genre (son public, ses auteurs), s’intérroge sur son étendu et présente quelques titres en exemples (The Promised Neverland, Chainsaw Man, L’Attaque des Titans, Jujutsu Kaisen, Sword Art Online, My Hero Academia). En plus de la une, le numéro est divisé en trois grandes sections: “Focus” qui met en lumière divers sujet d’actualité (le distributeur de figurines Cosmic Group, le studio 2D Andarta, la société monégasque Shibuya Productions, l’histoire de Anime News Network, l’historique des webtoons, Petit Vampire et un entretien avec son créateur, Joann Sfar); “On a vu” introduit quelques animation notoires (Josep, Phil Tippett: Des rêves et des monstres, Déca-Dence, Denno Coil, Futariwa Precure, The God of High School, Japan Sinks 2020, RE: Zero: Starting Life in Another World, My Hero Academia: Heroes Rising, Calamity, Weathering with You, Maquia, Fritzi, Great Pretender, Ronja: Fille de Brigand); Et le numéro se conclut sur une série de chroniques (Musique [OST de Japan Sinks 2020 par Kensuke Ushio], Entretiens [avec l’équipe de En sortant de l’école et avec les réalisateurs de GitS_2045 Shinji Aramaki et Kenji Kamiyama], Séance Studio [Studio Trigger], Jeu vidéo [The Last of Us Part II], l’animation dans la Pub [Nescafé], Figure de Pro [Santiago Montiel], Pourquoi [images par seconde], Trouvaille [Séoul Station], et Humeur).

Animeland reste encore le meilleur magazine du genre (il n’en reste plus beaucoup). C’est très riche en information (quoi que je déplore toujours la disparition de la section dédiée aux mangas). Même si cela reste très cher à 13.50 € / 20.99 CAD (mais heureusement il y a les bibliothèques publiques) c’est tout de même 146 pages d’information compacte qui offre une lecture essentielle pour tous amateurs francophone d’anime. stars-3-5

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dBD #146 (Septembre 2020)

dBD-146À la une de ce numéro on retrouve un interview avec François Boucq (au sujet de New York Cannibals, en collaboration avec Jerome Charyn chez Éditions du Lombard). On poursuit avec des interviews de Corbeyran (qui a écrit quatre cents scénarios de BD!), Pierre-Henry Gomont (pour La fuite du cerveau chez Dargaud), Patrick Prugne (pour Tomahawk chez Éditions Daniel Maghen), et Bérengère Orieux (des Édition Ici Même). On retrouve aussi un article sur les Picture discs.

Dans le “Cahier Critique” je note surtout Yawara! T.1 de Naoki Urasawa chez Kana (Bien; “Importance de la transmission, adversité, coups bas et fougueux combats donnent du relief à ce manga très célèbre publié au Japon dès la fin des années 80”), Fairy Tail – City Hero t.1 par Ushio Ando chez Pika (Bien; “une série policière décalée, pour les fans de la série d’origine”), Tokyo Tarareba Girls T.1 par Akiko Higashimura chez Le Lézard Noir (Super; “album sortie en 2014 (…) ce premier volume de la série risque fort de dépasser le public habituel du drama manga”), Shino ne sait pas dire son nom par Shuzo Oshimi chez Ki-oon (Bien; l’histoire d’une jeune fille atteinte d’un trouble de la parole), So I’m a spider, so what? T.1 par Asahiro Kakashi chez Pika (Bof; “assez superficiel et surtout répétitif”), Les enfants du temps T.1 par Wataru Kubota chez Pika (Super; adaptation en manga du film de Makoto Shinkai Weathering with You, “met en perspective le Japon rural (…) et son pendant urbain. Une belle réussite, qui ne fait pas injure au long-métrage”), et Iruma à l’école des démons T.1 par Osamu Nishi chez Nobi-Nobi (Super; “tordant à souhait!”).

L’habituel déluge d’information de BD; heureusement qu’il a dBD pour nous parler des nouvelles parutions en mangas ! À lire (même si c’est cher — 8.90 € / $C15.99 pour 100 pages [aussi disponible en numérique pour 4.99 €] — mais cela vaut la peine et on le trouve aussi dans les bibliothèques publiques). stars-3-0

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dBD #147 (Octobre 2020)

dBD-147À la une de ce numéro on retrouve un interview avec Frank Pé (sur Little Nemo et La bête T.1 chez Dupuis et l’artbook Une vie en dessins chez Dupuis-Champaka). On poursuit avec des interviews de Baru (sur Bella ciao T.1 chez Éditions Futuropolis), Julie Rocheleau, Benoit du Peloux (sur Tracnar & Faribol aux Éditions Bamboo), Jordi Lafebre (sur Malgré Tout chez Dargaud), Beate & Serge Klarsfeld (sur Beate & Serge Klarsfeld: Un combat contre l’oubli par Pascal Bresson et Sylvain Dorange aux Éditions La Boite à Bulles), et Derib (sur Yakari: Le fils de l’aigle aux Éditions du Lombard). On trouve également un court hommage à André-Paul Duchâteau (créateur de Ric Hochet et auteur de polar) et un article sur deux grosses parutions chez Taschen (The History of EC Comics par Grant Geissman et Masterpieces of Fantasy Art par Dian Hanson, chacun faisant plus de cinq-cent pages et coûtant 150 € / $200 !).

Dans le “Cahier Critique” je note qu’on a regroupé sur deux pages une sélection des nouveautés mangas mais je n’y ai trouvé rien d’intéressant… Ceci est donc un numéro un peu pauvre. stars-2-5

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dBD #148 (Novembre 2020)

dBD-148À la une de ce numéro on retrouve un interview avec Didier Convard (sur Lacrima Christi T.6 avec Denis Falque chez Glénat et Neige T.14 avec Christian Gine chez Glénat). On poursuit avec des interviews de Bertrand Escaich/Caroline Roque [BeKa] et José Luis Munera (sur Les Tuniques Bleues T.65: L’envoyé spécial chez Dupuis), David Vandermeulen et Daniel Casanave (sur Sapiens, la naissance de l’humanité T.1 avec Yuval Noah Harari chez Albin Michel), Nicolas Juncker (sur Octofight T.3: Euthanasiez-les tous! avec Chico Pacheco chez Glénat, coll. Treize Étrange), Claude Gendrot (éditeur chez Pif Gadget, Métal Hurlant, chez Dupuis et chez Futuropolis depuis 2006), Noémie Honein (sur De l’importance du poil de nez chez Sarbacane) et William (sur Les Sisters T.15: Fallait pas me chercher! chez Bamboo). On trouve également un article sur l’exposition “Vinyle, quand la musique se dessine” à la Médiathèque musicale de Paris sur les pochettes illustrées. On nous présente aussi des sketch et travaux préparatoires de Luigi Critone qui vient de remplacer Enrico Marini pour Le Scorpion T.13: Tamose l’Égyptien (avec Stephen Desberg chez Dargaud). 

Dans le “Cahier Critique” je note encore une fois surtout des mangas: The Alexis Empire Chronicle T.1 par Awamura & Sato chez Doki-Doki (Super; “Pur récit d’heroic-fantasy (…) brille par sa maîtrise des codes du genre (…), Graphiquement le résultat est également d’excellente facture, notamment lors des scènes de bataille”), La jeunesse de Yoshio par Yoshiharu Tsuge chez Cornelius (Super; “rassemble sept histoires parues en 1973 et 1974. C’est un condensé d’autobiographie à peine déguisée, sans fard, peignant avec acidité le quotidien d’auteurs méprisés. Alors évidemment, c’est sombre, sordide même”), L’Appel de Cthulhu par Gou Tanabe chez Ki-oon (Super; “Grâce à son dessin à la fois précis et charbonneux, le mangaka installe une ambiance de fin du monde”), Spy x Family T.1 par Tatsuya Endo chez Kurokawa (Super; “véritable phénomène au Japon (…) sous son apparence de classique de comédie d’espionage (…) cache (…) une intéressante étude de personnage”), A journey beyond heaven T.1 par Masakazu Ishiguro chez Pika (Super; “une belle découverte”), L’Oxalis et l’or T.1 par Eiichi Kitano chez Glénat (Bien; “un premier volet convaincant”), et My Hero Academia – Team Up Mission T.1 par Horikoshi & Akiyama chez Ki-oon (Super).

Encore un numéro plein à craquer d’infos… stars-3-0

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Solaris #215 (Été 2020, vol. 46, #1)

Solaris-215La nouvelle formule de Solaris, une revue littéraire format livre qui se veut “l’anthologie permanente des littératures de l’imaginaire”, a déjà vingt ans !  On y retrouve six nouvelles de science-fiction, un article et les chroniques littéraire habituelles (“Les littéranautes” commentant les parutions locales et “Lectures” commentant le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne). Le volet fiction comprends:

  • Les Épinettes à corneilles”, par Josée Bérubé, qui est le texte lauréat du Prix Solaris 2020.
  • Solitude”, par Alain Ducharme, qui “s’interroge, entre autres, sur les difficultés d’appartenance et d’identité lorsque plus rien ne nous est familier”.
  • Dernières Vacances de la femme-termite”, par Michèle Laframboise, qui “nous emmène en voyage littéralement au-dessus des nuages”.
  • Presque le paradis”, par Gabriel Veilleux, “où l’on suit un narrateur anonyme envoyé par la colonie pour déminer une vaste zone criblée d’engins explosifs”.
  • Dans “L’Effet quantocorticoïde”, par Claude Lalumière, “Maxim est en pleine adrénarche, ce qui permet de voyager Outrepart et de vivre des aventures extraordinaires en Outretemps, comme tous les enfants avant leur puberté”.
  • Gris”, par Dave Côté, où “après l’explosion du super-volcan Yellowstone, deux amis décident de traverser la frontière pour looter les maisons vides à Chicago. Un bon plan qui ne peut pas rater, pas vrai?”

Le seul article du numéro est un épisode des “Carnets du Futurible”, par Mario Tessier, consacré à “La pandémie en littérature, en image et en musique — ou la peste en 10 repères choisis”. Le Futurible nous offre des articles qui arrive toujours à point pour nous faire réfléchir à l’actualité — mais à travers la littérature et les médias. Comme à son habitude, c’est fort intéressant. 

Personnellement, je ne suis pas très amateur de courtes fictions et je lis Solaris surtout pour les articles mais ce périodique demeure un excellent moyen pour prendre le pouls des littératures de l’imaginaire. À lire. stars-3-0

Capsules

Solaris #216 (Automne 2020, vol. 46, #2)

Solaris-216Ce numéro de Solaris offre une thématique un peu funèbre et rends en quelque sorte hommage à Jean-Pierre Laigle (connu à une autre époque comme Jean-Pierre Moumon), chercheur et spécialiste de l’imaginaire, qui est décédé en juillet dernier. Il présente trois nouvelles, deux articles ainsi que les chroniques littéraire habituelles (“Les littéranautes” commentant les parutions locales et “Lectures” commentant le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne). Le volet fiction comprends:

  • “Là-bas”, par Natasha Beaulieu, qui se déroule dans le même univers que “Ici”, texte lauréat du Prix Solaris 2019 et publié dans le #211.
  • “Avant, la mort nous effrayait”, par Mariane Cayer, fait une “incursion dans le monde de la Sur-Vie”.
  • “La Cité des morts”, par Jean-Pierre Laigle, est une novella (41 p.) “qui aborde le thème de l’après-vie”.

Dans le volet documentaire on retrouve d’abord un article de Jean-Pierre Laigle (évidemment) intitulé “Lune contre Terre, Terre contre Lune : une rivalité catastrophique” et qui fait un historique exhaustif (40 p.) de la thématique des conflits lunaires dans l’imaginaire littéraire et cinématographique. Fort intéressant. Le second article n’est nul autre qu’un épisode des “Carnets du Futurible”, par Mario Tessier, cette fois consacré à la “Vie et mort des démocraties en science-fiction”. Encore une fois c’est on ne peu plus d’actualité. Il y traite de l’attrait des empires totalitaires et des dystopies fascistes en SF, des régimes politiques du futur, de la série “Le Prisonnier”, de la présidence américaine en fiction et il conclut en citant Thucydide ! Tout à fait génial.

Comme toujours, Solaris est la lecture idéale pour nourrir votre imaginaire… stars-3-5

Capsules

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Poésie du dimanche [002.021.038]

Mañana

Mañana, mañana
Tomorrow, morgen, zitra

Le navire surgit de l’espace-temps
Tous ses fulgurants crachant
Des flots de rayons énergétiques
Sur le vaisseau trans-galactique

L’écran de protection tint le coup
Les passagers exécraient contre ces fous
Ces pirates, ces parias, ces forbans
Qui s’attaquaient aux riches navires marchands

La victime put lancer un message sur hyper-onde
Qui parviendrait peut-être trop tard sur un monde
Bételgeuse, Altaïr, Arcturus, Nodus, Capella
Régulus, Rigel, Sirrius, Antarès ou Véga

Peut-être à de nombreuses années-lumières
Dans cet infini et merveilleux univers
Parviendra-t-il enfin à la Planète Mère
Depuis trois millénaire appelée Terre ?

Mais il fut capté par la garde de l’Empereur
Qui passant par là arriva sur l’heure
Faisant fuir le cruel oiseau de proie
Ce qui remplit les passagers de joie

L’Empire Galactique vivra
Nous Terriens avons du cran
Mais comme ce navire surgit du néant
Il n’est pour le moment je le crains
Qu’un songe de demain.
Mañana, mañana…

Biset Lermite
1978/05/08

Ah! L’optimisme de l’adolescence. C’était l’époque où je m’abreuvais de Asimov, Heinlein, Vance, de Fleuve-Noir et de Perry Rhodan. Je lisais une centaine de livres par année et je rêvais d’exploits lyriques dans un avenir sans limites. Encore une fois j’ai fait quelques petits changements (ajustement de métrique, changé un mot ou deux pour éviter les répétitions) mais sinon ce poème est tel que je l’ai écris alors que j’avais presque seize ans…

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Terre errante (Liu Cixin)

TerreErrante-cov“Je n’avais jamais vu la nuit. Je n’avais jamais vu les étoiles. Je n’avais jamais vu le printemps, ni l’automne, ni l’hiver. Je suis né à la fin de l’Ère du freinage. La Terre venait tout juste d’arrêter de tourner.”

Lorsque les astrophysiciens découvrent que la conversion de l’hydrogène en hélium s’est accélérée à l’intérieur du Soleil, ils comprennent que notre étoile est sur le point de se transformer en une géante rouge qui absorbera de manière inéluctable la Terre. Pour contrer cette extinction programmée de l’humanité, les nations se regroupent pour mettre en branle un projet d’une ambition folle : élaborer des moteurs gigantesques afin de transformer la planète bleue en véritable vaisseau spatial et de l’emmener à la recherche d’une nouvelle étoile…

Dans cette novella écrite en 2000, Liu Cixin manifeste déjà tout le talent que l’on retrouvera à l’œuvre dans la trilogie du Problème à trois corps. Disponible sur Netflix sous le titre The Wandering Earth, l’adaptation cinématographique qui en fut tirée en 2019 se hissa au troisième rang du box-office mondial.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

>> Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs <<

Vers la moitié du vingtième siècle les scientifiques découvrent que le soleil va se transformer beaucoup plus tôt que prévu en géante rouge, ce qui anéantira la Terre. Deux solutions s’opposent: le clan des Vaisseaux (qui propose de construire une armada de vaisseaux pour que l’humanité quitte le système solaire en laissant le Terre derrière elle) et le clan de la Terre (qui propose de transformer la planète en un énorme vaisseau). C’est ce dernier qui l’a emporté. Une coalition planétaire a été créée afin de coordonner les efforts de cette entreprise gigantesque. Il a fallut près de quatre-cent ans pour se préparer: construire douze mille propulseurs géants en Amérique du Nord et en Asie, puis éloigner la Lune de son orbite. L’opération devait se réaliser en cinq étapes. D’abord l’ère du freinage: les propulseurs ont été actionné en angle pour arrêter la rotation de la Terre, ce qui a pris quarante-deux ans. Cela a eut des conséquences dévastatrices puisque la chaleur des propulseurs changea les climats, causant des tempêtes, et l’arrêt de la rotation causa des raz de marée qui força l’humanité à habiter des cités souterraines — de toute façon l’éloignement du soleil transformerait la planète en un désert de glace. 

Puis vain l’ère de la fuite: la Terre ferait une quinzaines d’orbites, de plus en plus elliptiques, puis utiliserait la gravité de Jupiter pour accélérer jusqu’à atteindre la vitesse de libération qui lui permettrait de quitter le système solaire. C’est le moment le plus dangereux de l’opération particulièrement quand la planète passait en périhélie (au plus proche du soleil), lorsqu’elle traversait la ceinture d’astéroïdes, puis devait manœuvrer précisément pour échapper à la gravité de Jupiter. La crainte était surtout que le soleil n’explose avant que la Terre se soit suffisamment éloignée… Puis viendrait la Première ère de l’errance alors que la Terre sortirait du système solaire et accélèrerait pendant cinq-cent ans, atteignant une vitesse de 0.5% de la vitesse de la lumière, pour ensuite voguer en direction de son objectif pendant mille-trois cents ans. Puis ce serait la Seconde ère de l’errance, où la Terre se retournerait pour décélérer pendant cinq cents ans. Finalement, ce serait l’ère néosolaire, lorsque la Terre s’insèrerait dans l’orbite de Proxima Centauri. L’opération durerait une centaine de générations, soit deux mille cinq cents ans… Toutefois, alors que la Terre commençait à peine à accélérer, le soleil n’avait toujours pas explosé et la populace crue avoir été dupée et se révolta. Heureusement, l’explosion se produisit juste à temps pour empêcher l’irréparable…

La narration se fait au travers d’un seul personnage, un jeune chinois né à la fin de l’ère du freinage et qui est donc déjà assez âgé à la fin du récit alors que débute l’ère de l’errance. Le récit est fluide et captivant, les explications scientifiques étant claires mais suffisamment simple pour ne pas embêter le lecteur. Toutefois, c’est le genre de récit qui demande un sérieux effort de suspension de l’incrédulité car, si tout cela est scientifiquement possible, c’est tout de même assez invraisemblable… La seule chose qui m’a réellement agacé dans cette histoire c’est que, si l’auteur prend la peine d’expliquer que les propulseurs sont “nourrit” des rochers extraits des montagnes environnantes et que les humains se réfugient dans des cités souterraines, il n’explique aucunement ce qui est fait pour préserver la faune et la flore afin de repeupler la planète à la fin de son errance. C’est une grosse lacune.

Terre errante (流浪地球 / liúlàng dìqiú — originalement publié en mai 2019 dans le magazine Monde de la Science Fiction [科幻世界]) nous offre une courte lecture (c’est une novella) qui se lit fort bien. C’est aussi un excellent exemple de la littérature de science-fiction chinoise — quoique Liu Cixin reste encore l’un des rares auteurs chinois de SF a être traduit en anglais et en français [sur ce sujet voir La Presse, Slate, Res Futurae, Open Edition, Le petit journal]. Terre errante a reçu un “Galaxy”( prix chinois de la SF) en 2000. Liu Cixin a reçu le prix Hugo du meilleur roman en 2015, pour Le Problème à trois corps.

Terre errante, par Liu Cixin (traduction par Gwennaël GAFFRIC). Arles: Actes Sud, janvier 2020. 80 p., 10 x 19 cm, 9.00 € / $C 10.99. ISBN 978-2-330-13053-4. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Liu Cixin (Ltd), 2000. © Actes Sud / FT Culture (Pékin) Co. & Chongqing Publishing & Media Co., Ltd, 2020 pour la traduction française.

WanderingEarth-movieCe court roman a également été adapté en un film chinois à grand déploiement que je me dois de mentionner ici. Malheureusement, le film s’est surtout inspiré de l’idée de base (à cause de l’explosion imminente du soleil, la Terre est transformée en vaisseau spatial) et offre un récit très différent de la novella. Ce n’est pas le même narrateur et l’aspect dramatique du récit tourne autour du fait que les scientifiques se sont trompé et que le Terre est capturée par la gravité de Jupiter, la mettant sur une trajectoire de collision destructrice. Les effets de la gravité causent l’arrêt des propulseurs et le jeune héros malgré lui doit aider un groupe disparate de militaires et de scientifiques à les repartir. Ce sera toutefois insuffisant et seulement un acte désespéré tout à fait invraisemblable sauvera la planète ! Sans être bien original, cela reste un film très divertissant mais qui est intéressant surtout parce qu’il démontre tout le progrès que le cinéma chinois a accompli ces dernières années.

The Wandering Earth (流浪地球 / liúlàng dìqiú / Terre errante): Chine, 2019, 125 min.; Dir.: Frant Gwo; Scr.: Gong Ge’er, Yan Dongxu, Frant Gwo, Ye Junce, Yang Zhixue, Wu Yi et Ye Ruchang; Phot.: Michael Liu; Ed.: Cheung Ka-fai; Mus.: Roc Chen, Liu Tao; Prod.: Gong Ge’er; Cast: Wu Jing, Qu Chuxiao, Li Guangjie, Ng Man-tat, Zhao Jinmai. Disponible sur Netflix. stars-2-5

[ GoogleIMDbRotten TomatoesWikipediaYoutube ]

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Carnet de bord de l’absurde

Je poursuis ce voyage d’une durée indéterminée, et toujours plus profondément, au coeur de l’absurde humain. 002.020.355 AIHC (Ab imperium hominum condita — aka GST, Galactic Standard Time).

Comme vous le savez tous, je travaille dans un “dépôt culturel” (aka le Centre de Préservation et de Diffusion de la Culture Humaine w23/h8 — CPDCH w23/h8). Malgré une formation supérieure, j’y suis un simple commis et, donc, je manipule surtout les ouvrages dans touts les formats (drives quantiques, cartes livrels, capsules mémorielles, rouleaux et quelques antiques disques optiques et blocs séquentiels). Diffuser et préserver l’information, certes, mais aussi classer et reclasser les supports, parfois réorganiser ou déménager des sections entières. C’est un travail plutôt physique — même si le commis est techniquement considéré comme un fonctionnaire impérial, c’est en fait plus un travail d’ouvrier. Pourquoi ne pas engager des androïdes tant qu’à y être… Quoiqu’il y a déjà un robot qui travaille au département des retours (quand il n’est pas en panne, bien sûr). J’imagine que la main d’oeuvre humaine est plus fiable que les robots et revient moins cher que les andros…

Toutefois, si l’aspect physique est une chose, ce n’est rien comparé à l’épuisement mental ou psychologique que cet environnement de travail impose. Ce n’est pas tant la lourde responsabilité de protéger et de servir le savoir humain, mais plutôt toute l’absurdité du processus. Surtout quand on est une personne qui suit des principes de logiques plutôt strictes. Les gens ne me croient jamais quand j’essai de leur expliquer cet état des choses. Il faut croire que des siècles de bureaucratie insensible nous ont endormi face à l’évidence. Par exemple, si l’Autorité me demande de replacer les SSD (Super-Solid Disc) pour les tout-petits qui avaient été mis en réserve pour des travaux de rénovations, je les replace — mais seulement après avoir pris la peine de faire approuver la disposition de la collection par un technicien (car avoir trop d’initiative n’est pas encouragé). Toutefois, j’apprend par la suite qu’un autre technicien avait déjà préparé un plan de disposition sans le communiquer dans la hiérarchie et je dois donc replacer cette section encore une fois selon le nouveau plan ! 

Ce genre d’erreur et de miscommunication est fréquent et ce ne serait pas vraiment grave si le plan avait été élaboré avec soins en analysant tout ses aspects. Malheureusement sa conception avait été hâtive et déficiente, causant des failles logiques tellement évidentes que c’en était absurde. En effet, ce plan allait à l’encontre de la disposition des collections dans tout le reste du dépôt ! Il est d’usage que les documents en langues romanes soient toujours classés avant les documents en langues germaniques occidentales et les documents de fiction toujours classés avant les documentaires. Ce n’était évidemment pas le cas de ce plan, qui disposait tout dans l’ordre inverse ! N’avait-on pas convenu que nous profiterions des travaux pour réorganiser plus logiquement la disposition des collections ? De plus, le plan était spatialement inadéquat car il prévoyait plus de place pour une section qui en demandait moins, et moins de place pour une section qui en aurait nécessité plus. J’ai donc dû faire des ajustements au plan de toute façon. Brava !

Ce n’est malheureusement pas la première fois que ce genre d’erreur se produit. Et lors d’une récente réassignation, j’ai pu constater que c’est même pire dans d’autre dépôts. Il n’y a donc aucune surprise dans ce fait. Le plan respecte bien la tradition d’illogisme des dépôts et de l’Urbanité. Pas de surprise, mais je ressens toujours la même indignation qui se refuse à mourir malgré les affronts répétés. Il s’agit de cette même usuelle inefficacité et indifférence bureaucratique (pour ne pas dire crasse incompétence) qui a épuisé la planète et nous a forcé à commencer à se préparer à transiter vers d’autres systèmes stellaires. Mais, bon, à ce train là, on devrait pouvoir envoyer du monde au-delà de l’orbite de Jupiter d’ici un siècle ou deux !

Suis-je le seul à remarquer ces défaillances? Et si oui, cela signifie-t-il que tout le reste de mes collègues soient des idiots? Ou est-ce parce que je suis un génie? Je ne me sens pas prêt à accepter ni l’une, ni l’autre de ces affirmations… Pour l’instant, je ne peux qu’exécuter les ordres, comme le petit drone que l’on veut que je sois. Mais j’insiste pour faire connaître mon mécontentement face à cette décision — même si, bien sûr, je n’ai pas vraiment voix au chapitre. Mais ne me suis-je jamais gêné pour faire connaître une opinion?

À suivre ?

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Lovecraft country

LovecraftCountry-covThe critically acclaimed cult novelist makes visceral the terrors of life in Jim Crow America and its lingering effects in this brilliant and wondrous work of the imagination that melds historical fiction, pulp noir, and Lovecraftian horror and fantasy.

Chicago, 1954. When his father Montrose goes missing, 22-year-old Army veteran Atticus Turner embarks on a road trip to New England to find him, accompanied by his Uncle George—publisher of The Safe Negro Travel Guide—and his childhood friend Letitia. On their journey to the manor of Mr. Braithwhite—heir to the estate that owned one of Atticus’s ancestors—they encounter both mundane terrors of white America and malevolent spirits that seem straight out of the weird tales George devours.

At the manor, Atticus discovers his father in chains, held prisoner by a secret cabal named the Order of the Ancient Dawn—led by Samuel Braithwhite and his son Caleb—which has gathered to orchestrate a ritual that shockingly centers on Atticus. And his one hope of salvation may be the seed of his—and the whole Turner clan’s—destruction.

A chimerical blend of magic, power, hope, and freedom that stretches across time, touching diverse members of two black families, Lovecraft Country is a devastating kaleidoscopic portrait of racism—the terrifying specter that continues to haunt us today.

[Text from publisher’s website ; see also the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

This is a tale of two horrors. First, it is the story of an extended black-american family that has to deal with a covenant of powerful and ruthless warlocks trying to bring back Adam’s paradise on Earth and, in order to do so, are in search of lost knowledge. Above all, it is the terrifying story of what it is for black-americans to live through the 1950s Jim Crow America. It is told through eight short stories that are interlinked, each focusing on one member of the family and using a different sub-genre of horror for its storytelling.

In “Lovecraft country”, Atticus Turner receives a letter from his father, Montrose (with whom he always had a difficult relationship), telling him that he found some genealogical information about his deceased mother and that they should go together to Arkham — well, he misread the letter and it is actually Ardham, Massachusetts, but it is still in the middle of what he calls “Lovecraft country”. He comes back to Chicago but his father has disappeared. Along with his uncle George Berry and childhood friend Letitia Dandridge, he goes on a road-trip — dodging all sorts of racist dangers — to reach the Ardham Lodge, owned by Samuel Braithwhite. There, Atticus discovers that he is the descendant of the Braithwhite ancestor, Titus, and that his father was kidnapped in order to set a trap for Atticus who is needed for a nefarious ceremony of witchcraft. With the help of Samuel’s son, Caleb, Atticus frees is father, foils the plan of the elder Braithwhite (killing him and all the members of “The Order of the Ancient Dawn” in the process) and escapes (mostly) unhurt.

In “Dreams of the which house”, Letitia inherits some money and she uses it to purchase a huge house in the middle of a white neighbourhood, which causes her many pains and harassment. On top of that, she discovers that the Winthrop House is haunted by his previous owner, Hiram Winthrop. After many troubles, she succeeds to strike a deal with the ghost. However, it is revealed that Caleb Braithwhite is behind the sale of the house to Letitia, as Hiram was a friend-turned-rival of his father and in possession of a precious item that he covets. 

In “Abdullah’s book”, Caleb steals a family heirloom from George and Montrose and, in exchange for its return, asks them to break in the natural history museum to retrieve a book from a secret room. Helped by the members of their Freemason lodge, the brothers will undergo a dangerous Indiana Jones-style expedition through tunnels and riddles, to recover Hiram’s “Book of Names”.

In “Hippolyta disturbs the universe”, George’s wife discovers a secret compartment in an orrery (the mechanical model of an unknown solar system) of the Winthrop House, containing a book and a pair of keys. If George and his nephew have always been fans of pulp-style science-fiction and horror stories, Hippolyta had always been fascinated by physics and astronomy. The book brings her to an observatory in Wisconsin but, instead of a telescope, she finds a machine that open doors through time and space! She finds herself on a sandy beach on an alien planet from a distant solar system inhabited only by Ida. She had been exiled there by Hiram Winthrop two decades ago, along with all the domestic staff of the house, to scare them into telling him where his son Henry went. He had run off with one of the maids. But Hiram died before he could free them and all the other had perished, killed by the alien flora and fauna of the planet. 

In “Jekyll in Hyde Park”, Ruby — Letitia’s sister — in contacted by Caleb who want to use her to gain information on Atticus and Letitia, and to spy on members of other warlock lodges. In exchange, he offers her a potion that can transform her into a white woman! She discovers what real freedom is, but also that it comes with a price…

In “The narrow house”, Atticus and Montrose are trying to locate Henry Winthrop, who ran off from his father’s house with a black maids and some of his father’s precious notebooks. Tasked by Caled, they follow his trail to Illinois but find out that his entire family was killed when their house was burned down by a racist mob. However, due to a protection spell gone awry, Montrose is able to get information (and the notebooks) from his ghost. However, Atticus and his father decide not to share the books with Caleb.

In “Horace and the devil doll”, the head of the Chicago lodge, police Captain Lancaster, is suspecting that Caleb want to renege on their deal and betray him. He also knows that Hippolyta visited the Warlock Hill observatory, but doesn’t know her exact involvement. He therefore decides to use George and Hippolyta’s talented son, Horace, to spy on her. As the boy refuses, Lancaster curses him with a powerful spell that makes him being pursued by some sort of voodoo doll (revenge of Chucky style !). Being unable to speak, Horace is able to alert Ruby to his ordeal by using Scrabble tiles, and she then enlist Caleb to help break the spell.

In “The mark of Cain”, all the members of the Turner/Berry/Dandridge families finally share each other stories and decide, while feigning to help Caleb take over all the lodges, to prevent him to accomplish his plan. With the help of Hiram’s ghost, they find his weakness and strip him of his powers. In an “Epilogue”, we see that, in the aftermath, all the family members goes on happily ever after.

If the book is not horrific in the way Lovecraft’s stories are, it nevertheless offers an interesting twist on Lovecraft universe and influence. However, Lovecraft Country has been adapted into a TV series that add elements (a few monsters) that are closer to Lovecraft’s stories. The TV series change several details of the book’s story (mostly Caleb is a woman named Christina and Horace is a girl named Diana) and add several side stories (adding some Asian horror with the character of Ji-Ah, a Korean friend of Atticus whose also a demon) that make it more captivating and complete. In comparison, and looking back at it, I would say that the book’s storytelling seems a little disappointing. 

Lovecraft Country is nevertheless a very interesting book that offers a great read. However, you can always save time by watching the excellent TV series.

Lovecraft country, by Matt Ruff. New York: Harper Collins, February 2016. 376 pg., Hardcover, 6 x 9 in., $26.99 US / $33.50 Can. ISBN: 978-0-06-229206-3. stars-3-5

For more information you can check the following websites:

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© 2016 by Matt Ruff

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