Samurai non grata

SamuraiNonGrata-cov“En Europe, en France, à Paris notamment, les vies de trois personnes s’entrecroisent au gré d’affaires et d’enquêtes. Yoshiaki Hongo, tout d’abord, polyglotte, fils d’un banquier japonais qui a beaucoup voyagé, qui travaille comme “passeur” ou “marchand de biens”. Narcissique, il aime la musculation, il aime sculpter son corps, ce qui contraste avec son manque d’endurance lorsqu’il est dans un lit avec une femme. Rintarô Norimizu, ex-membre de la force de défense japonaise, ex-soldat de la légion étrangère, combattant au Tchad, mercenaire en Lybie, et qui aujourd’hui vend ses services aux plus offrants. Et enfin, Fuchi, vietnamienne d’origine chinoise, mannequin pour les magazines de mode, qui a fui Saigon en hélicoptère à l’âge de cinq ans, et qui aime user de ses charmes, pour arriver à ses fins. À travers quatre enquêtes indépendantes, on suit les mésaventures de ces personnages atypiques, parfois opposés et parfois destinés à s’associer.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 12

Samurai Non Grata (サムライ・ノングラータ / Samurai non gurāta / en latin lit. “samouraï qui n’est pas bienvenu”) est un manga seinen écrit par Toshihiro Yahagi et illustré par Jirō Taniguchi qui a été publié en feuilleton dans la magazine Goro en 1990-1991 avant d’être compilé en deux volumes chez Shôgakukan en août et octobre 1991 (ré-édité en un volume chez Free Style en octobre 2009 et en juin 2022 — c’est cette édition qui a été traduite en français chez Pika Graphic en novembre 2022). 

Ce volumineux manga nous offre quatre histoires (“Samurai non grata” [144 p.], “Les 25 heures du Mans” [56 p.], “Les 8%” [130 p.] et “Cent yens de solitude” [119 p.]) qui racontent les mésaventures d’un commerçant qui sert d’intermédiaire dans des affaires louches, de son ami ancien mercenaire qui est le gérant de son appartement parisien et d’une modèle vietnamienne qui croise leur chemin de temps en temps. On y retrouve beaucoup d’action mais la complexité du récit et la narration confuse rend la lecture plutôt pénible. Heureusement, il y a le superbe dessin de Taniguchi, dans un style clair et précis, qui sauve un peu la situation et rend la lecture du manga un peu plus agréable. À lire seulement pour les amateurs de Taniguchi…

Samurai non grata, par Toshihiro Yahagi (scénario) et Jirō Taniguchi (dessin). Vanves: Pika Éditions (Coll. Pika Graphic), novembre 2022. 456 pages, 17.0 x 24.0 cm, 22.00 € / $37.95 Can, ISBN 978-2-8116-6305-6. Pour un lectorat adolescent (14+). Extrait disponible. stars-2-5

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© PAPIER / Jiro Taniguchi, Toshihiro Yahagi, 2009. © 2022 Pika Éditions pour l’édition française.

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Isabella Bird #10

IsabellaBird-10-covLe Japon du XIXe siècle hors des sentiers battus ! Après un trajet mouvementé durant lequel ils ont dû faire face à de nombreux imprévus, Isabella et Ito ont finalement réussi à rallier l’île d’Ezo et la ville de Hakodate. Accueillie par le Dr Hepburn et le consul britannique, l’exploratrice s’apprête à embarquer pour la dernière étape de son voyage, qui devrait la mener au hameau aïnou de Biratori.

C’est malheureusement sans compter la présence sur place de Charles Maries, le précédent employeur d’Ito. Le chasseur de plantes semble prêt à tout pour reprendre le jeune homme à son service… que l’intéressé le veuille ou non ! Le temps des adieux est-il venu pour Isabella et son guide-interprète ?

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, femme exploratrice est un récit passionnant sur la rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan. Écrit et dessiné par Taiga Sassa, ce manga seinen historique a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Harta (Enterbrain), puis compilé en volumes chez Kadokawa. Le premier volume est paru en mai 2015 et le plus récent volume, le dixième, est paru au Japon en février 2023. J’ai commenté tous  les volumes précédents.

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vol. 10, pp. 38-39

 

Le récit de ce volume se divise en trois partie. D’abord, le Dr James Hepburn et Richard Eusden (consul Britannique en poste à Hakodate) tentent d’aider Isabella Bird à négocier une entente avec Charles Maries sur l’emploi du guide-interprète Itō Tsurukichi. Toutefois Maries est intraitable et refuse de laisser son employé servir de guide à Bird pour le reste de son expédition à Ezo (Hokkaidō). Plus tard Bird rends visite à Maries sur la ferme expérimentale de Nanae où il est consultant et lui fait une contre-proposition qu’il accepte finalement. Par la suite, alors qu’elle fait les préparatifs pour son expédition avec Ito, Isabella fait la rencontre de Henry Siebold (fils de Philipp Siebold) qui lui raconte les premiers contacts peu reluisant entre l’Occident et les Aïnous et qui s’apprête lui-même à se rendre à Biratori, la devançant de peu! Finalement, la troisième partie du récit nous raconte l’expédition de Charles Maries à Ezo l’année précédente, où il fait la découverte dans les monts Hakkoda du fameux sapin Morobi, plus touffu et plus résistant, qu’il nomme Abies Mariesi.

Ce manga nous fait le récit très romancé de l’expédition d’Isabella Bird à Hokkaidō, nous offrant une fenêtre intéressante sur le Japon de l’ère Meiji. Si le récit est un peu inégal, la qualité du dessin, précis et détaillé, est notable. L’ouvrage nous offre donc une lecture à la fois agréable, distrayante mais aussi très instructive. Un manga indispensable surtout pour les amateurs d’histoire et de culture Japonaise. 

Isabella Bird, femme exploratrice T.10 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), août 2023. 224 pg, , 13 x 18 cm, 7,95 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-1352-5. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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© Taiga Sassa 2023.

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Eroica

Eroica-1-covRécemment mon épouse a fait l’acquisition de quatre volumes (#10-13) de Eroica dans un bazar du Centre Culturel Japonais. C’est un ouvrage que je désirais voir depuis longtemps. Ah ! Que je voudrais que ma compréhension du Japonais soit meilleure ! Je me lamente depuis des décennies qu’il y a tout un trésor de manga shōjo publiés dans les années ’70 et ’80 qui n’a jamais été traduit. Et Eroica en fait partie… Certains éditeurs, comme Akata avec sa collection Héritages, ont commencé à traduire quelques titres mais ils ne paraissent qu’au compte goûte…

Ce que je comprends mal c’est que Eroica, qui est considéré comme l’un des chefs-d’oeuvre de Riyoko Ikeda et qui est également la suite directe de La Rose de Versailles — puisque certains de ses personnages s’y retrouvent (dont Rosalie ou Alain et même Oscar qui y fait quelques apparition dans des flash-back) — n’ait jamais été publié par Kana, l’éditeur de la version française de La Rose de Versailles. J’imagine que le fait qu’il s’agisse d’une saga de quatorze volumes et que l’ouvrage ne soit pas reconnu pour son exactitude historique, car la série romance fortement le règne de Napoléon, y soit pour quelques choses. Mais ce qui m’étonne encore plus c’est le fait qu’il n’y ait pas eut une seule traduction amateure sur l’internet (les fameuses scantrad,  ou “scanlation” en anglais, où le manga est numérisé et le texte japonais remplacé par une traduction amateure). Il y a bien eut une traduction italienne publiée chez Magic Press vers 2009-10 mais elle ne semble plus disponible… Il ne me reste plus qu’à implorer humblement Kana (ou tout autre éditeur français — où même anglais) de considérer entreprendre la traduction et la publication de ce chef-d’oeuvre au graphisme sublime.

Eroïca: La gloire de Napoléon (栄光のナポレオン – エロイカ / Eikou no Napoleon – Eroica) est un manga shōjo historique par Riyoko Ikeda qui a été publié en feuilletons dans le magazine féminin mensuel “Fujinkōron” avant d’être compilé en quatorze volumes chez Chūōkōron-shinsha entre 1986 et 1995. Cette série constitue en quelques sorte la suite de La Rose de Versailles (qui est l’un des deux seuls titres d’Ikeda, avec Très cher frère…, a avoir été traduit en français). Elle raconte l’histoire de l’empire Napoléonien à travers des événements comme la Convention Thermidorienne, les campagnes d’Italie, d’Égypte et de Russie ainsi que le Coup d’État du 18 Brumaire. Le titre de la série fait référence à la Symphonie no 3 en mi bémol majeur (Opus 55, dites “Eroica”) de Ludwig van Beethoven qui avait été originalement dédiée à Napoléon Bonaparte. Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants: ANNBaka-UpdatesGoodreadsGoogle • Wikipedia [EN / JP].

Pour bien vous démontrer tout l’intérêt et la beauté de ce titre, je vous en propose ici quelques extraits (volume 10, chapitre 7) dont j’ai moi-même (bien maladroitement) fait la scantrad-uction… (Remerciements à Google Translate, Apple Translate et à mon épouse Miyako pour leur précieuse aide).

© 1992 Riyoko Ikeda / Chūōkōron-shinsha.

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L’Étranger

Etranger-cov“Étranger à la société, étranger à sa propre vie, Meursault est indifférent à tout. La mort de sa mère, une demande en mariage, la défense d’un voisin proxénète… rien ne l’atteint. Pas même l’impardonnable, le meurtre qu’il commet, sur une plage, sans raison autre qu’un soleil écrasant et une chaleur étouffante. Un acte qui l’entraîne dans les méandres de la justice, pour un procès hors norme.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

L’Étranger (異邦人 / Kotokunibito) est un manga seinen par Ryota Kurumado qui adapte sous forme graphique le fameux roman absurde d’Albert Camus — qui a déjà eut une adaptation similaire par Jacques Ferrandez publiée chez Gallimard. Né en 1989, Kurumado est un jeune mangaka qui s’était déjà fait connaître en 2020 avec l’adaptation d’une autre oeuvre de Camus, La Peste (ペスト, 4 volumes aussi publiés chez Michel Lafon). Avant cela, il n’avait publié que deux récits: Freude (フロイデ, sérialisé dans Monthly Morning Two en 2015 et compilé chez Kodansha en un volume) et My Wife is a BL Manga Artist (嫁はBL漫画家, sérialisé dans B Bunch en 2019 et compilé chez Shinchosha en deux volumes).

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Page 1

Meursault semble détaché de tout et avance dans l’existence sans but précis, en titubant comme un mort-vivant, au gré des circonstances. Sa mère meurt, il renoue avec une vieille flamme, se lie d’amitié avec un voisin violent, tout cela comme s’il n’était qu’un spectateur dans une pièce de théâtre absurde… Jusqu’au jour où, sans trop savoir pourquoi, il ramasse un pistolet et crible de balles l’arabe qui vient de poignarder son ami. Sa seule excuse: “le soleil était aveuglant et la chaleur m’écrasait.” Peu de temps avant son exécution, il pêtes les plombs devant le prêtre qui tente de le convertir: ”Je vais mourrir. Rien n’a d’importance. Cette vie est absurde. Vous vivez comme un mort… et ça vous regarde. Je vous interdis de prier pour moi!” Malgré cela il sent qu’il a été heureux… Un étrange roman qui se lit au rythme de l’Afrique du nord et que j’ai lu au début des années ’80 dans le cadre d’un cours de philo. 

L’adaptation de Kurumado me semble bonne, quoiqu’il abrège un peu le récit original. Elle respecte très bien l’esprit de l’oeuvre. Toutefois, son style de dessin minimaliste est plutôt médiocre et enfantin. Cela me rappel beaucoup le style des collectifs Variety Art Works ou Team Banmikas qui se spécialisaient justement dans l’adaptation de classiques de la littérature. J’imagine qu’un dessin plus grossier distrait moins le lecteur et lui permet de se concentrer sur le texte… Ce n’est certes pas la meilleurs adaptation du genre mais cela reste une intéressante introduction à l’œuvre de Camus. À lire par curiosité.

L’étranger, par Albert Camus et Ryota Kurumado. Neuilly-sur-Seine: Michel Lafon (Coll. Kazoku), Juin 2023. 304 pages, 15 x 21.4 cm, 14.95 € / $21.95 CAN, ISBN 978-2-7499-5235-2. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-2-5

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© Éditions Michel Lafon, 2023

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Yawara #12

Yawara-12-cov“L’oeuvre incontournable d’un narrateur hors pair. L’auteur de Monster, Pluto, et Asadora! vous entraîne dans le quotidien ordinaire d’une judoka extraordinaire !”

“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publié entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. Il y a eut une réédition en format Kanzenban (“collector edition”) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est présentement publiée en français chez Big Kana. Il y a quatorze volumes de paru jusqu’à maintenant (les deux suivants paraîtront en janvier et avril 2024). J’ai déjà commenté le premier, le second, le troisième, le quatrième, le cinquième, le sixième, les septième et huitième, le neuvième, le dixième ainsi que le onzième volume.  

Yawara-12-extr1Matsuda, dont l’avion s’est posé à Zagreb au lieu de Belgrade, arrive juste à temps grâce à un chauffeur de taxi yougoslave fan de Yawara. Celle-ci, qui jusqu’alors manquait d’entrain, retrouve son enthousiasme et sa combativité lorsqu’elle l’aperçoit dans la foule de supporters. Aurait-elle des sentiments pour Matsuda? Yawara remporte donc la compétition mondiale de judo féminin, catégorie des moins de 48 kg, contre la soviétique Khrushcheva avec un ippon-seoi-nage décisif. De retour au Japon, les filles du club de l’Université de Mitsuba décide d’organiser un tournoi d’adieu et Jigorô accepte de laisser Yawara travailler à l’agence de voyage Tsurukame si (et seulement si) elles remportent ce tournoi. Bien sûr, le grand-père (qui a plus d’un tour dans son sac) n’a pas oublié son projet de faire entrer Yawara à l’Université de Sakai. Non seulement il leur choisi comme adversaire l’équipe de L’Université de la Seine, l’une des meilleures équipes française, mais il les fait s’affronter dans un match aux points, ce qui désavantage fortement l’équipe de Mitsuba. Les filles seront-elles à la hauteur ? Et Sayaka, de retour d’un long entrainement, lance un nouveau défi à Yawara !

C’est comme toujours un très bon manga qui est à la fois un shonen (un récit sportif) et un shojo (une comédie romantique). Le récit est fort bien écrit car il mélange savamment une histoire captivante rempli d’action avec des personnages attachants mais troublés par de cocasses imbroglio amoureux. Le style de Urasawa est simple mais efficace car le dessin exprime parfaitement la narration. C’est donc une très bonne lecture qui est agréable et amusante.

Yawara t. 12, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), avril 2023. 322 pages, B&W (20 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.50 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8658-1. Sens de lecture originale. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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Lire aussi mes commentaire sur les volumes précédents.

© 2014 Naoki Urasawa. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2023 pour l’édition française.  

 

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SDL 2023

SLM_2023-AfficheComme chaque année, depuis des temps immémoriaux, je suis allé faire mon tour au Salon du Livre de Montreal, qui se tenait du 22 au 26 novembre au Palais des Congrès. Et comme toutes les fois, depuis au moins une dizaine d’années, je n’y ai rien trouvé d’excitant. Il se publie de plus en plus de livres et c’est de plus en plus difficile de trouver quelques choses d’intéressants — de séparer le bon grain de l’ivraie. Trop c’est comme pas assez. J’ai aussi le sentiment qu’on favorise trop la quantité sur la qualité. J’allais souvent au salon pour découvrir les nouveautés mais j’ai l’impression que maintenant les distributeurs nous présentent surtout leurs meilleurs vendeurs au lieu de leurs nouveautés. Payer un prix d’entrée de $13 pour juste se retrouver avec un mal de jambes en fin de journée c’est un peu décevant.

SLM_2023-planJ’ai parcouru le salon de long en large (au Palais des Congrès il faut le faire en deux partie: la section du Hall Viger et la section du Hall Place Riopelle) surtout pour visiter les kiosques des grands distributeurs où se regroupaient les éditeurs de BD et de manga : Interforum (Akata, Ki-oon, Komikku, Kurokawa), Prologue (Ankama, Dargaud, Kana, Le Lombard, Vega-Dupuis), Gallimard/Flammarion (Casterman, Futuropolis, Rue de Sèvres), Hachette (Albert-René, Delcourt, Glénat, Kazé, Le Lézard Noir, Nobi Nobi, Panini, Pika, Soleil, Ynnis), avec quelques arrêts ici et là, pour finir en beauté chez Alire, où il y avait samedi un lancement avec cocktail de 18:00 à 20:00. C’est là où j’ai eu le plus de plaisir.

Toutefois, tout n’est pas perdu puisque j’ai tout de même noté quelques titres à investiguer (je vais probablement en faire la suggestion d’achat à ma bibliothèque publique):

Je n’ai pas vu un seul manga intéressant (la tendance étant au shonen de baston ou d’horreur) mais du côté de la littérature nippone j’ai noté deux éditeurs intéressants, tous deux aux kiosque de Harmonia Mundi: Atelier Akatombo (qui publie notamment du manga, du polar et de la SF!) et Picquier (qui se consacre à traduire et publier des livres d’Asie). Voici quelques titres qui y étaient présenté et qui feraient sans doute de bonnes suggestions de lecture:

Dans la même ligné, je recommande les romans de Aki Shimazaki qui est une auteure japonaise établie au Québec et publiée chez Leméac/Actes Sud (distribué par ADP). [AmazonGoodreadsLes LibrairesNelligan]

J’ai fait un petit arrêt chez Druide Informatique pour jeter un coup d’oeil à leur logiciel Antidote car, que ce soit en français ou en anglais, mon écriture a besoin d’un correcteur et l’auto-correction du système d’opération d’Apple est malheureusement insuffisante (elle a de la difficulté avec l’écriture bilingue). Cependant ce n’est pas donné: le logiciel Antidote 11 coûte $129.95 (sans mise à niveau!). La solution la plus complete est l’Antidote+ Personnel en abonnement annuel à $60 (et pour ajouter le module bilingue c’est $30 par an de plus !). C’est un pensez-y bien… (C’est tout de même pas si cher car avec taxes c’est environ $103 et donc un peu moins de $9 par mois….)

Le clou de la soirée a été le lancement des nouveautés d’automne aux Éditions Alire:

Parmi les nouveautés on retrouvait également six rééditions en format de poche: Ceux de là-bas (Patrick Senécal), Chrysanthe 2 & 3 (Yves Meynard), La Vieille Fille 2 & 3 (Catherine Sylvestre) et Un Éclat d’Antan (Guy-Gavriel Kay).

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Catherine Sylvestre et Lionel Noël

Cela m’a permis de retrouver de vieilles connaissance ou d’en rencontrer de nouvelles et d’avoir d’intéressante conversations littéraires sur l’état politique et apocalyptique du monde. Je n’ai malheureusement pas pris beaucoup de photos (c’est compliqué de faire le photographe avec un verre de vin à la main!). J’ai ainsi rencontré, entre autres, Wayne Arthurson (Déshonneur au Camp 133), Natasha Beaulieu (Les perles noires), Sylvie Bérard (La Frugalité du temps), Alain Bergeron (Le Huitième Registre), Michèle Laframboise (Rose du Désert), Yves Meynard (Chrysanthe 3), Lionel Noël (Septembre avant l’apocalypse), Jean-Jacques Pelletier (Rien), Jean Pettigrew (éditeur chez Alire), Christian Sauvé (qui m’a finalement fourni le lien vers la présentation qu’il a faite à Boréal sur l’histoire du cinéma de SF), Patrick Senécal (Résonances), Daniel Sernine (Les Passerelles du temps, directeur de Lurelu), et Catherine Sylvestre (La Vieille Fille et l’enfant). Ce fut un moment bien agréable. Merci à toute l’équipe d’Alire pour leur bon travail.

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Fleurs de pierre, vol. 2

FleursDePierre-2-cov“La paix n’est plus qu’un lointain souvenir. Tout comme l’enfance et l’innocence de Krilo, dont il a été dérobé. La réalité de la nature s’impose à lui, celle de la survie du plus fort. Ses actions de résistant vont le mettre à l’épreuve pendant que Fi semble perdre l’esprit devant les horreurs de la guerre. Quant à Ivan… sa mission se poursuit. Mais pour quel camp, exactement ?

Fidèles à leur politique de redécouverte d’œuvres majeures du patrimoine de la bande dessinée mondiale, les éditions Revival ont décidé de reprendre l’aventure éditoriale de Fleurs de pierre en publiant l’intégrale des aventures de Krilo en 5 volumes entre octobre 2022 et juin 2025.

Le 1er volume a été récompensé du prix du patrimoine lors de l’édition 2023 du festival international de la bande dessinée d’Angoulême”.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Fleurs de pierre (石の花 / Ishi no Hana) est un manga seinen par Hisashi Sakaguchi qui nous offre, chose rare, un drame historique prenant place en Yougoslavie durant la deuxième guerre mondiale. Il a été d’abord publié en feuilletons dans Comic Tom entre mars 1983 et août 1986 avant d’être compilé en six volumes chez Ushio Shuppansha (1984-1986). Une édition française complète, avec une nouvelle traduction par Ilan Nguyen et présentant des planches renumérisées, est publiée aux Éditions Revival depuis octobre 2022 dans un grand format qui offre le sens de lecture original. J’ai déjà commenté le premie volume.

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Vol. 2, p. 79

Krilo s’est joint à un groupe de résistants mais ils ont la vie dure et sont témoins des pires horreurs. Les actions d’un traitre coûtera très cher à son groupe. À bout de vivres et de munitions, ils décident de se joindre aux partisans du front de libération du peuple Yougoslave dirigé par Tito. Krilo s’inquiète pour son frère Ivan qu’il croit être un traître. Fi tente de s’échapper mais est frappé par une voiture et devient aveugle. Nous suivons aussi plusieurs autres personnages qui tentent de survivre aux terribles conditions que l’occupation nazi leur impose. En temps de guerre les circonstances ne s’avèrent jamais être tout à fait noir et blanc…

Ce manga nous offre un très beau récit sur les horreurs de la guerre ce qui en fait un ouvrage toujours d’actualité. Le style de Sakaguchi est certes très classique mais ses traits d’encrage plutôt simple mais réaliste expriment parfaitement l’action et les sentiments des personnages. Toutefois, le récit dans ce volume progresse plutôt lentement. C’est néanmoins un bonne lecture qui mérite notre attention.

Fleurs de pierre, vol. 2, par Hisashi Sakaguchi. Paris: Édition Revival, juin 2023. 280 pages, 21 x 28 cm, 29 € / $49.95 Can, ISBN 979-10-96119-69-1. Pour un lectorat jeune adulte (16+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Hisashi Sakaguchi 2021. © Revival 2023 pour l’édition française.

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Revue de ‘zines [002.023.302]

Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

dBD HS #25 (Novembre 2022)

dBD-HS-25Ce numéro hors-série est consacrée à l’oeuvre de Wilfrid Lupano et est constitué d’une longue entrevue avec l’auteur sur les thèmes de “Être et Écrire” (avec en aparté des entretiens avec Grégory Panaccione et Pierre Christin), “Approches de la mécanique Lupanienne: Préférences et Références” (avec en aparté un entretien avec Yannick Corboz), “Imaginer des mondes réels” (avec en aparté des entretiens avec Jérémie Moreau, Ohazar et Jean-Baptiste Andréae), “Être auteur sur tous les fronts” (avec en aparté des entretiens avec Stéphane Fert, Lucy Mazel, Laure Garancher et Pozla), et “De vieux mecs et des jeunes blancs-becs” (avec en aparté un entretien avec Christophe Duthuron, réalisateur de l’adaptation cinématographique des Vieux Fourneaux). Le numéro se conclut sur des entrevues (“Du scénario à la planche: Dans l’atelier de…”) avec Mayana Itoïz (dessinatrice du Loup en slip), Léonard Chemineau (dessinateur de La Bibliomule de Cordoue) et Paul Cauuet (dessinateur des Vieux Fourneaux).

Dans ce numéro il n’y a pas d’actualité ni de cahier critique.

Un numéro plutôt décevant à moins que vous soyez un inconditionnel de Lupano. stars-2-5

Capsules

dBD #172 (Avril 2023)

dBD-172Dans le cahier actualités on mentionne la parution d’une nouvelle anthologie de récits de Yoshiharu Tsuge, Désir sous la pluie (Oeuvres 1981-1985), chez Cornélius, de plusieurs adaptations de Georges Simenon en BD chez Dargaud (Le Passager du Polarys par José-Louis Bocquet & Christian Cailleaux, La neige était sale par Jean-Luc Fromental & Bernard Yslaire et la biographie Simenon l’Ostrogoth Cahier 1/3 par Loustal, Bocquet, Fromental & John Simenon), le conte illustré Shamisen par Guilherme Petreca & Tiago Minamisawa chez Ankama, ainsi que Les Métamorphoses Métalliques, le sixième tome de Métal Hurlant aux Humanoïdes associés (un numéro vintage offrant “Polonius” de Picaret & Tardi ainsi que des histoires de Caza, Druillet, Margerin, Moebius, Montellier, Schuiten, etc.).

À la une de ce numéro on retrouve des entrevues avec Éric Dubois (sur l’exposition “Odyssée: aux origines de Blake et Mortimer”) et Jean van Hamme (sur La Flèche Ardente par Van Hamme, Schréder & Cailleaux, qui fait suite à l’album inachevé de Edgar P. Jacobs, Le Rayon “U”). Les entrevues se poursuivent avec le graphiste Frédéric Bosser (sur l’exposition “Étienne + Robial. Graphisme & Collection, de Futuropolis à Canal+”), Thomas Legrain (sur Latah chez Le Lombard), Laurent Galandon & Damien Vidal (sur La Truie, le Juge et l’Avocat chez Delcourt), Loo Hui Phang & Benjamin Bachelier (sur Oliphant chez Futuropolis), Albert Algoud (sur Le prof qui a sauvé sa vie, avec Florence Cestac, chez Dargaud) ainsi que Jérôme Pélissier & Carine Hinder (sur Brume t.1 chez Glénat).

Dans le Cahier Critique je note seulement Evol t.1 par Atsuchi Kaneko chez Delcourt/Tonkam.  Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Shut Hell T.1 par Yu Ito chez Panini, Garden par Usamaru Furuya chez IMHO, Last mission: PK Killer T.1 par AAA & Eri Harada chez Soleil, Soul Eater T.1 par Atsushi Ohkubo chez Kurokawa, Blue Box T.1 par Kouji Miura chez Delcourt/Tonkam, Abara Deluxe par Tsutomu Nihei chez Glénat, A Fake Affair T.1 par Akiko Higashimura chez Le Lézard Noir et Bokko – Stratège T.1 par Sentaro Kubota & Hideki Mori (d’après Kenichi Sakemi) chez Vega (Dupuis).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

dBD #173 (Mai 2023)

dBD-173Dans le cahier actualités on mentionne la parution chez Casterman d’un nouvel album d’Alix, La Reine des Amazones (#41), écrit par Valérie Mangin et dessiné par Chrys Millien (on note d’ailleurs que ce sera cette année le 75e anniversaire de la série créée par Jacques Martin). On retrouve également un article sur la nouvelle collection Kim de Cornélius consacrée au format court.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Tebo au sujet de Qui est ce Schtroumpf ? chez Le Lombard, complétée par un article sur la société IMPS qui détient et gère les droits des Schtroumpfs. Les entrevues se poursuivent avec Richard D Nolane (sur Wunderwaffen T21, avec Maza & Desimir Miljic, chez Soleil), Philippe Pelaez (sur Six T.1 avec Javier Casado chez Dargaud, Ceux qui n’existaient plus T.1 avec Olivier Mangin chez Grand Angle, Dans l’ombre avec Cédrick Le Bihan chez Grand Angle et Furioso T.2 avec Laval Ng chez Drakoo), Takashi Morita (sur la série Arsène Lupin chez Kurokawa), Keko et Carlos Porte (sur Contrition chez Denoël Graphic), ainsi que Olivier Bocquet et Fabio Lai (sur Le métier le plus dangereux du monde T.1 & 2 chez Dupuis).

Dans le Cahier Critique je note surtout Who’s Next T.1 par Kiminori Wakasugi chez Delcourt/Tonkam (Super!; “Entre clin d’oeil aux Who et hommage au cynisme sous toutes ses formes (…) série prometteuse (…) sur le plan de l’humour noir, c’est tou simplement grandiose”), New Normal T.2 par Akito Aihara chez Kana (Super!; “il était évident que le Covid-19 allait inspirer les auteurs (…) qui ne s’intéresse pas à la pandémie en elle-même, mais bien à ses conséquences sociales à long terme”), Conqueror of the Dying Kingdom T.1 par Fudeorca & Muramasa Sabiku chez Doki-Doki (Super!; “Adapté d’un light novel (…) revisite avec une certaine originalité le récit de fantasy. (…) Un premier tome somme toute très solide”), Lethal Experiment T.1 par Yae Utsumi chez Pika (Super!; “shonen confrontant des adolescents à une mort violente (…) explore la part la plus sombre de l’être humain (…) ambiance malsaine (…) une excellente entrée en matière pour les amateurs de thrillers horrifiques”) ainsi que Hachi & Maruru: Chats des rues T.1 par Yuri Sonoda chez Doki-Doki (Bien; “personnages attendrissants (…) intéressantes pistes narratives”).

Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Lost Lad London T.1 (Shima Shinya chez Ki-oon), Your Turn to Die T.1 (Nankidai & Tatsuya Ikegami chez Mana), La Dame de la Chambre Close (Minetaro Mochizuki chez Glénat), Blue Wolves T.1 (Yasuda Tsuyoshi chez Kana), Beauty and the Beast of Paradise Lost T.1 (Kaori Yuki chez Pika), Cheese in the Trap T.1 (Soon Kki chez Kbooks) et En Famille à Tokyo (Julie Blanchin Fujita chez Kana).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

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dBD #174 (Juin 2023)

dBD-174Dans le cahier actualités on mentionne l’exposition “Alix: de ville en ville entre Orient et Méditerranée” organisée conjointement par Gallimard et le MuséoParc d’Alise-Sainte-Reine et la parution d’un prequel à l’Incal: Mental Incal par Mark Russell et Yanick Paquette aux Humanoïdes Associés.

À la une de ce numéro on retrouve des entrevues avec Jean-Louis Dauger, Denis Lapierre, Marc Bourgne, et Benjamin Beneteau sur la renaissance de Michel Vaillant avec une “Saison 2” de la série (Michel Vaillant Saison 2, T.12: La Cible par Lapière, Bourgne & Benéteau chez Éditions Graton, Dossier Michel Vaillant T.17: Les 100 ans du Mans par Brun, Eillam & Denayer chez Éditions Graton, et Henri Vaillant T.1: Passion par Bourgne et Stassi chez Éditions Graton). Les entrevues se poursuivent avec Fabrice Erre (sur Les trois Mousquetaires T.1 avec Gilles Rochier chez Casterman, et La drôle de guerre de Papi et Lucien T.2, avec Téhem chez Éditions Auzou), Margaux Meissonnier (sur Pharoewère chez Magnani), Jordan Mechner (sur Replay chez Delcourt) et Elisabeth Jammes (sur Fortuna T.1: La demeure de passage chez Bayard). On retrouve également le très intéressant article de Laurent Lefebvre, “Les Fleurs de l’An 24: Le manga au féminin”, sur les mangaka qui ont revitalisé le shōjo au début des années 70: Keiko Takemiya (Destination Terra chez Naban), Riyoko Ikeda (La Rose de Versailles chez Kana) et Moto Hagio (Le Clan des Poe chez Akata).

Dans le Cahier Critique je note surtout Kujô l’Implacable T.2 par Shohei Manabe chez Kana (Bien; “l’intrigue se densifie (…) recours massif à la photographie”), et Timebomb Teacher T.1 par Yanagi Takakuchi chez Panini (Super!; “pas d’une originalité dingue (…) hyper captivant (…)une touche WTF?!”). Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: L’étranger (Albert Camus et Kurumado Ryota chez Michel Lafon), Toah’s Ark: Livre des Anima (Kenshiro Sakamoto chez Kana), Murder X Murder (Yuji Takezoe chez Omake), Demons Star (Abe Shuji & Shin Mikuni chez Michel Lafon), Nights with a cat T.1 (Kyuryu Z chez Glénat), Sleepy Boy (Marika Herzog chez Ankama), Romantic Killer T.1 (Wataru Momose chez Soleil) et Gachiakuta (Kei Urana chez Pika).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

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 Métal Hurlant N°3 (juin 2022)

MH3Ce numéro en est un de “Création” (histoires inédites) qui regroupe 23 courts récits et 7 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale) sur le thème de “Vacances sur mars”. Comme pour les numéros que j’ai commenté précédemment, la plupart des styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas vraiment de mon goût mais j’ai trouvé tous ces courts récits intéressants et qui méritaient d’être lu (j’ai mis en caractères gras les titres les plus intéressants).

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: “Red” (Virginie Augustin, 7 p.), “Ressource” (Nikolai Pisarev, 9 p.), “Ailleurs” (Aimée De Jongh, 7 p.), “Une belle et grande famille” (scénario de Homero Rios et dessin de Ninja Jo, 9 p.), “Escale sur Goldo-Gaï” (scenario de François Corteggiani et dessin de Marc Caro, 5 p.), “David Jones” (Richard Guérineau, 9 p.), “Le protocole” (Jonathan Djob Nkondo, 8 p.), “Exolove” (Scénario de Marc Caro et dessin de Jorg De Vos, 11 p.), “Overload” (Elgo, 15 p.), “À la recherche du Mob” (Jean Dalin, 11 p.), “David William Hugues 2007-2053” (scénario de Jerry Frissen et dessin de Afif Khaled, 9 p.), “Rencontre du mauvais type” (scénario de Otto Maddox et dessin de Antoine Dodé, 5 p.), “SOS” (Elie Huault, 11 p. ), “Rétrograde” (scénario de Karla Pacheco et dessin de Sagar, 10 p.), “L’Énigme” (Laurent Siefer, 11 p.), “Éternité Perdue” (scénario Nicolas Tellop et dessin Pierre Jeanneau, 9 p.), “Triangle d’été” (Toru Terada, 15 p.), “Night Mare Motel” (Eleane Usdin, 15 p.), “Le messager” (Peter Snejbjerg, 7 p.), “Tolliver Jakes le gouverneur de mars” (scénario Mark Waid et dessin Fabien Grolleau, 13 p.), “Réconfort” (Ryan Barry, 13 p.), “Les tomates de la planète rouge” (James Stokoe, 7 p.), et “L’arbre à sang” (Frederik Peeters)

Une bonne lecture quand même. stars-3-0

Pour plus d’Infos: [ GoodreadsHumanosNelliganWikipedia ]

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 Métal Hurlant N°4 (août 2022)

MH4Un numéro “Vintage” qui regroupe 25 courts récits et 4 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale mais je note surtout deux entrevues avec Philippe Druillet et Jean-Michel Nicollet) sur le thème de “L’Home est bien petit”. Comme pour les numéros que j’ai commenté précédemment, même si certains des styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas vraiment de mon goût, j’ai tout de même trouvé tous ces courts récits intéressants et qu’ils méritaient d’être lu (j’ai mis en caractères gras les titres les plus intéressants).

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: “L’Homme est-il bon?” (Moebius, MH #10 [1976], 10p. ), “Quetzal” (Michel Halmos, MH #31 [1978], 8 p.), “Sans famille” (Nicole Claveloux, MH #45 [1979], 8 p.), “Le cas du fils Yamamoto” (Michio Hisauchi, MH #61bis [1981], 11 p.), “Chute Libre” (scénario Michel Imbert et dessin de Philippe Gauckler, MH #71 [1982], 8 p.), “Paradise Lost” (scénario Victor Mora et dessin Carlos Giménez, MH #36bis [1978], 7 p.), “Pas de linceul pour Billy Brakko” (Marc Caro, MH #27 [1978], 5 p.), “Vacances” (Dominique Hé, MH #21 [1977], 3 p.), “Rockblitz” (Sergio Macedo, MH #10 [1976], 10 p.), “La conquête de Pluton” (Frank Margerin, MH #28 [1978], 7 p.), “Retour à la nature” (Jean-Claude Mézières, MH #41 [1979], 8 p.), “Vuzz” (Philippe Druillet, MH #15 [1976], 21 p.), “Les aventures d’Yrris” (scénario Philippe Druillet et dessin Alexis, MH #3-4 [1975], 16 p.), “Albinos” (Beb-Deum, MH #91 [1984], 6 p.), “L’homme de sable” (scénario Philippe Paringaux et dessin Loustal, MH #61bis [1981], 6 p.), “Démographie: Compression de personnel” (Francis Masse, MH #7 [1976], 4 p.), “Les chants de Maldoror” (Palacios, MH #77 [1982], 16 p.), “Baltard 3” (scénario Rodolphe et dessin Didier Eberoni, MH #65 [1981], 6 p.), “Exterminateur 17” (scénario Jean-Pierre Dionnet et dessin Enki Bilal, MH #11-19 [1976/77], 13 p. ), “La crevasse” (Luc et François Schuiten, MH #43 [1979], 8 p.), “Au-delà des étoiles” (Serge Clerc, MH #44 [1979], 11 p.), “Face à Face” (Chantal Montellier, MH #133 [1987], 6 p.), “Sans titre” (Yves Chaland, MH #29 [1978], 6 p.), “Miracle” (Keleck, MH #24 [1977], 3 p.), et “Monsieur” (Jean-Michel Nicollet, MH #17 [1977], 8 p.).

Un numéro exceptionnel. stars-4-5

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 Métal Hurlant N°6 (février 2023)

MH6-CoverKiosque.inddUn numéro “Vintage” qui regroupe 20 courts récits et 4 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale) sur le thème des “Métamorphoses Métalliques”. Comme pour les numéros que j’ai commenté précédemment, la plupart des styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas vraiment de mon goût mais j’ai trouvé tous ces courts récits intéressants et qu’ils méritaient d’être lu (j’ai mis en caractères gras les titres les plus intéressants).

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: “Polonius” (scénario de Picaret et dessin de Jacques Tardi, MH #8-11 [1976], 20 p.), “Phantasme & Phasme” (Marc Caro, MH #81bis [1982], 4 p.), “L’univers en bien petit” (Moebius, MH #11 [1976], 8 p.), “L’esprit du jeu” (Alias, MH #37 [1979], 12 p.), “Blue Arrow” (scénario Rodolphe et dessin Didier Eberoni, MH #71-72 [1982], 24 p.), “Machine Célibataire” (Jean-Michel Nicollet, publié en album aux Humanos [1979], 8 p.), “Le camping rouge” (scénario Philippe Manoeuvre et dessin Luc Cornillon, MH #90 [1983], 9 p.), “Sanguine” (Caza, MH #12 [1976], 6 p.), “Nid d’espions à Alpha-Plage” (Serge Clerc, MH #76 [1982], 13 p.), “London Girl” (Kent Hutchinson, MH #73bis [1982], 5 p.), “Jules l’Éclair” (scénario Jean-Pierre Dionnet et dessin Mandryka, MH #2, 3 et 5 [1975/76], 3 p.), “Rock ma Banlieue!” (Tramber et Jano, MH #45bis [1979], 8 p.), “17 rue Monsigny” (Paul Gillon, MH #100 [1984], 2 p.), “Kamikaze Electrik” (Beb-Deum, MH #110 [1985], 6 p.), “Paradis 9” (collectif, MH #19 [1977], 24 p.), “Gail” (Philippe Druillet, MH #18 [1978], 16 p.), “L’esclavage c’est la liberté” (Chantal Montellier, publié en album aux Humanos [1984], 10 p.), “Rickie banlieue et ses riverains” (Frank Margerin, MH #39bis [1979], 8 p.), “Scalpel Rock” (scénario Dodo et dessin Jano, Tramber, Ben Radis et Margerin, MH #4 [1981], 7 p.), et “Le tailleur de brume” (Luc et François Schuiten, MH #53 [1980], 14 p.).

Une excellente lecture. stars-4-0

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Entre autres nouvelles

À noter la parution à la fin octobre 2023 d’un nouvel album d’Astérix par Fabcaro & Conrad: #40 L’Iris blanc. Et il ne faut pas non plus oublier l’album illustré L’Empire du Milieu, par Olivier Gay & Fabrice Tarrin (paru en février 2023) qui adapte le récent film de Guillaume Canet

À noter aussi la parution chez Casterman d’un autre album d’Alix: Le Bouclier d’Achille (#42) écrit par Roger Seiter et dessiné par Marc Jailloux 

À noter également que Noeve grafx publie Five Star Stories par Mamoru Nagano.

Dans sa collection Héritage, Akata a également publié en octobre 2023 Autant en emporte la brume (霧のなかの少女 / Kiri no Naka no Shōjo / lit. “La fille dans le brouillard”  publié au Japon en 1968) par Eiko Hanamura et Confidences d’une prostituée (娼婦ナオミ夜話 / Shōfu Naomi Yawa / lit. “Discussion nocturne avec la prostituée Naomi” publié au Japon en 1972) par Takao Saitô.

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Yawara! Vol. 11

Yawara-11-cov“L’oeuvre incontournable d’un narrateur hors pair. L’auteur de Monster, Pluto, et Asadora! vous entraîne dans le quotidien ordinaire d’une judoka extraordinaire !”

“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publié entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. En 1998-99, il y a eut une réédition en format plus petit (bunkoban) de dix-neuf volumes, puis une “collector edition” (Kanzenban) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est présentement publiée en français chez Big Kana. Il y a treize volumes de paru jusqu’à maintenant. J’ai déjà commenté le premier, le second, le troisième, le quatrième, le cinquième, le sixième, les septième et huitième, le neuvième ainsi que le dixième volume.  

Yawara-11-p011

v. 11, p. 11

Yawara s’est qualifié pour le championnat du monde judo en Yougoslavie mais pas Fujiko (qui est toutefois sélectionnée comme judoka de réserve). Elle est toujours décidé à ne pas aller à l’Université de Sakai comme le voudrait Jigorô mais plutôt à travailler dans une petite agence de voyage. Elle hésite encore à participer au championnat du monde jusqu’à ce qu’elle apprenne que Jody, la championne canadienne, y sera. Finalement, Fujiko est choisi comme la candidate japonaise en toute catégorie et se débrouille plutôt bien au début. Yawara compétitionne seulement dans la catégorie des moins de 48 kg. La photo-journaliste Kuniko, qui se perçoit comme la rivale amoureuse de Yawara, sème le doute dans son esprit et Yawara perds sa concentration. Elle est troublé par l’absence de Matsuda, qui s’est rendu auprès de son père malade. Éprouverait-elle du sentiment pour lui? Matsuda arrivera-t-il à Belgrade à temps pour la rassurer ? Yawara et Fujiko remporteront-elles des médailles ?

Yawara! est un très bon manga qui se présente à la fois comme un récit sportif (shonen) et une comédie romantique (shojo) qui mélange des scènes d’action bien ficelées, les insécurités d’une jeune adolescente, sans oublié les incontournables imbroglio humoristiques. Le récit, fort bien écrit, nous offre des personnages attachants et une histoire captivante. La narration est également solidement appuyé par le style simple et expressif de Urasawa qui rend superbement les scènes d’action de la compétition sportive. C’est donc un lecture agréable et amusante que je recommande fortement.

Yawara t. 11, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), février 2023. 322 pages, B&W (14 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.50 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8657-4. Sens de lecture originale. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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Lire aussi mes commentaire sur les volumes précédents.

© 2014 Naoki Urasawa. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2023 pour l’édition française.  

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Les Saisons d’Ohgishima 2

SaisonsdOhgishima-2-cov“1867, Nagasaki, à la veille de la révolution de Meiji. Découvrez le récit de la jeunesse de Tamao, apprentie courtisane à Maruyama, le quartier des plaisirs, au rythme des saisons de la dernière année de l’époque Edo, ponctuée des signes avant-coureurs d’un changement inexorable…

Après Le Dernier Envol du papillon et La Lanterne de Nyx, découvrez la dernière partie de la “trilogie de Nagasaki”, par Kan Takahama — lauréate du 24e Grand Prix Osamu Tezuka en 2020.” 

[Texte du site de l’éditeur et du rabat intérieur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Les saisons d’Ohgishima (扇島歳時記 / Oogishima Saijiki / lit. “Registres saisonniers d’Ohgishima”) est un manga seinen par Kan Takahama qui a d’abord été prépublié dans les périodiques Torch et Comic Ran en 2019-2022 avant d’être compilé en volumes chez Leed Publishing (série complète de quatre tomes) en 2020-22. Il a été traduit en français chez Glénat en octobre 2022 (avec un deuxième tome paru en février 2023 et un troisième à paraître en octobre). Takahama est une mangaka au style particulier et qui est très populaire en France. Son sujet de prédilection est les relations amoureuses complexes et difficiles, mais elle s’est également intéressé au manga seinen historique, en particulier avec sa “Trilogie de Nagasaki” qui se déroule un peu avant et au tout début de l’ère Meiji (et dont j’ai déjà commenté les deux premières parties: Le Dernier envol du papillon et La lanterne de Nyx, ainsi que le premier volume des Saisons d’Ohgishima).

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T. 2, p. 32

Juillet 1867: Les troubles civils commencent à se faire plus important à Dejima. Certains radicaux s’attaquent aux étrangers et la révoltent gronde déjà contre le shogunat à Osaka et à Kyoto. Yasuke, un jeune Kirishitan avec qui Genji s’était lié d’amitié, est arrête dans une raffle contre les japonais chrétiens. Il ne peut pas trop l’aider sans s’exposer lui-même. La maison de Genji et Momotoshi brûle dans un incendie et le magistrat de la ville fuit. Monsieur Hartmans décide de renvoyer sa courtisane, Sakunosuke, pour sa sécurité (mais aussi parce qu’il a trouvé de l’opium dans sa tabatière). Tama a beaucoup grandit et a ses premières règles. Bientôt elle devra se prostituer elle aussi…

Les saisons d’Ohgishima est un très beau manga malgré le style un peu particulier de Kan Takahama. Les personnages sont attachants et il est captivant de suivre leurs activités quotidiennes. Il nous offre une agréable lecture qui est à la fois divertissante et instructive puisque ce manga nous fait découvrir une période mouvementé qui constitue sans doute l’époque la plus intéressante de toute l’histoire japonaise. Nous sommes maintenant au milieu du récit (il ne reste plus que deux volumes à paraître) et j’ai bien hâte de voir quel sort (probablement tragique) Takahama réserve à ses personnages…

Les saisons d’Ohgishima t.2,  par Kan Takahama (traduction par Yohan Leclerc). Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen, Roman Graphique), février 2023. 224 pages, 14.5 x 21.0 cm, 10.95 € / $18.95 Can, ISBN 978-2-344-05386-7. Pour un lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

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© Kan Takahama. © 2023 Éditions Glénat pour la traduction française.

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Blue Period #11-12

Blue Period #11

BluePeriod-11-cov“La première année à Geidai s’achève avec un sentiment d’amertume et de frustration pour Yatora, qui veut prendre ses distances avec la peinture. Décidé à faire autre chose tout en renflouant son compte en banque, il répond à l’annonce d’une école de dessin afin de donner des cours aux enfants. Mais il ne se doute pas que la gérante de l’atelier n’est autre que son ancienne professeure d’arts plastiques, Mme Saeki…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Blue period vol. 11, par Tsubasa Yamaguchi (traduction par Nathalie Lejeune). Vanves: Pika (Coll. Seinen), septembre 2022. 192 pages, 13.4 x 18.2 cm, 7 € 70 /  $16.99 Can, ISBN 978-2-8116-7117-4, Pour lectorat adolescent (12+).

Blue Period #12

BluePeriod-12-cov“Yatora entame sa deuxième année, envahi par le doute et l’angoisse, et ne ressent plus son enthousiasme des débuts. En plus, le professeur en charge de sa promotion n’est autre que l’impitoyable et stoïque M. Inukai… Mais des retrouvailles, et surtout une rencontre très inattendue, vont peut-être l’aider à retrouver sa passion pour l’art.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Blue period vol. 12, par Tsubasa Yamaguchi (traduction par Nathalie Lejeune). Vanves: Pika (Coll. Seinen), novembre 2022. 192 pages, 13.5 x 18.0 cm, 7 € 70 /  $16.99 Can, ISBN 978-2-8116-7371-0, Pour lectorat adolescent (12+).

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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T. 11, p. 53

Blue period (ブルーピリオド / Burū Piriodo) est un manga Seinen sur l’art écrit et illustré par Tsubasa Yamaguchi qui est sérialisé depuis juin 2017 dans Monthly Afternoon et a été compilé jusqu’à maintenant en quatorze volumes chez Kōdansha. La version anglaise est publiée aux USA par Kodansha (treize volumes de disponibles et le suivant devrait paraître en Octobre 2023) et la version française est publiée chez Pika (treize tomes de disponibles). Il a remporté plusieurs prix en 2020 (le Manga Taishō et le Kōdansha manga shō; nominé aussi pour le Tezuka Osamu bunka shō) et a été adapté en une série télévisée d’animation en 2021 (douze épisodes animé par le studio Seven Arcs sous la direction de Koji Masunari et Katsuya Asano, sur un scénario de Reiko Yoshida; diffusée sur MBS, TBS, AT-X et sur Netflix). J’ai déjà commenté les trois premiers volumes, les trois suivants, les volumes sept et huit, ainsi que les volumes neuf et dix (en anglais).

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T. 12, p. 87

Dans le tome onze, Yatora termine sa première année à Geidai déçu et défait. Pour changer d’air il prend un emploi d’assistant dans une école de dessin qui se révèle être dirigée par Mme Saeki, qui était sa prof d’art au lycée. Il en apprend beaucoup sur l’éducation des enfants et acquiert une toute nouvelle perspective sur la création artistique. Dans le tome douze, il débute sa deuxième année à Geidai avec appréhension surtout lorsqu’il découvre que le professeur cette année a une réputation d’être très sévère… Il élargie encore plus sa perspective en fréquentant des collègues de d’autres départements (dont son amie Maki Kuwana qui a été accepté en sculpture) et en passant quelques semaines au sein d’un collectif d’artistes qui rejettent l’éducation formelle en art. Yatora retrouvera-t-il sa confiance et sa passion pour l’art ou décidera-t-il de quitter l’université ?

Blue Period est un manga très intéressant car au-delà de raconter les angoisses d’un jeune adulte qui cherche sa place dans la société, il nous fait découvrir le monde de l’art et certains aspects de la culture japonaise. Malgré que le style artistique soit plutôt ordinaire, le récit demeure entrainant et nous offre une très bonne lecture, agréable et captivante. stars-3-5

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© 2021-2022 Tsubasa Yamaguchi. All rights reserved.

 

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Notable News [002.023.253]

Notable News (Spring 2020 – Summer 2023)

I used to regularly post those status reports where I was summarizing all the notable news that happened in my life and around the world during the last week, month, quarter or year in the form of a “scrap-book” of interesting links (scrap-linking?). With the pandemic I got too busy with my life and I neglected to do so. I recently tried to clean up my old emails and notes and I will now attempt to catch up on the last three years…

On the domestic front a lot has happened during those three years. My health has taken a down turn with frequent migraines and many small issues that make me feel much older. There are no day without pain, but life goes on. I have changed job: I used to work as a library assistant in a municipal library but I am now an office clerk in the technology resources department of a municipal law enforcement agency. My wife, who was a waitress and kitchen assistant in a Japanese restaurant, has stopped working with the pandemic and is now dedicating her life to gardening and painting. I am still reading and writing not as much as I should and probably watching too much television. I can’t wait for retirement (only 1350 days left!) so I could have more time to dedicate to my writing. I started biking to go to work in the summer. However, over all, life has been the same usual routine.

On the world stage nothing much has changed. 2020 was all about COVID-19, the global economic recession brought by the pandemic, and the U.S. presidential election which was won by Joe Biden. If 2020 was one of the worse years in recent memory, 2021 was not much better as the pandemic persevered with various variants and Trump, refusing to accept defeat, conspired to overthrow the U.S. government, this conspiracy culminating with his supporters attacking the Capitol in an attempt to prevent the election certification. The delayed 2020 Summer Olympics were finally held in Japan and science scored a few wins with the creation of COVID vaccines, the launch of the James Webb Space Telescope and the landing on Mars of the rover Perseverance, carrying the drone Ingenuity — which made the first powered flight of a man-made object on another planet! 

In 2022, the pandemic was easing enough to start removing most restrictions and mitigation measures. Unfortunately the year was marred by tragedy and disasters: the Atlantic hurricanes Fiona and Ian, the most powerful volcano eruption of the century in Tonga, the assassination of Shinzo Abe, the death of Queen Elizabeth II and, most notably, the Russian invasion of Ukraine. The FIFA World Cup (unfortunately held in Qatar) and the Winter Olympics (unfortunately held in Beijing, China) were not enough to cheer us up. 

So far 2023 has been marked by a difficult economy, the continuation of the Russian invasion of Ukraine (which highlights the European cowardice as well as the weakness and failure of both NATO and the United Nations) mitigated by the start of the Ukrainian counteroffensive, and a resurgence of the Trump craziness (this time generated by his legal troubles — if you are a crook, traitor, fraudster, racketeer and rapist the law tends to catch up to you eventually). However, the main lesson of this year should be that the increasing occurence and strength of the storms, forest fires, flooding, heat waves, droughts, etc., are a clear sign that the climate change is happening faster than expected and that humanity (now eight billion strong) must act NOW before it is too late to mitigate, slow and eventually reverse those drastic changes. Unfortunately, it is also clear that no governments is ready to implement measures that would go far enough to be even slightly effective. The measures must be not superficial (individual) but systemic (societal) in order to really reduce our greenhouse gases emissions by diminishing the number of cars, the use of fossil fuels and the environmental destruction mostly caused by agricultural and food industry. At the same time we must try to reverse the trend with the use of sustainable energy, agriculture and transport, environmental restauration and tree planting, carbon capture, etc. One countermeasure won’t be enough. We must try them all at the same time if humanity wants to have a chance to survive the next couple of centuries…

Through all this I tried to stay acquainted with the affairs of the world and gathered a few notable news & links — which I now share with you after the jump (in both french or english, slightly categorized, but in no particular order — note that, to save on coding time, the links will NOT open in a new window as usual). Many of those links and news will probably be obsolete…

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Revue de ‘zines [002.023.225]

Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland HS Saint Seiya (Octobre-Décembre 2022)

Ce numéro nous offre trois dossiers sur the thème de la série Les chevaliers du Zodiaque. Le premier étudie l’oeuvre Saint Seiya comme telle (les premières heures de la série, portrait de son créateur Masami Kurumada, sa chronologie, le manga, les voix du doublage français, les produits dérivés, avec des portraits de Shingo Araki (animation, character design), Kôzô Morishita (producteur) et Seiji Yokohama (compositeur)). Le second dossier, “La Galaxie Saint Seiya”, en étudie ses composantes (du sanctuaire aux portes d’Hades, Asgard, Poséidon, les films: Abel, Artémis, Apollon, les guerriers d’Abel, Oméga, Soul of Gold, le manga, Épisode G, Next Dimension, Lost Canvas, et Saintia Shô). Le troisième dossier-Focus étudie comment la série a été la synthèse de son époque en intégrant dans son identité non seulement les influences étrangères (mythes d’ici et d’ailleurs) mais aussi celles du sentai et du tokusatsu en abordant entre autres les armures dans la culture japonaise, les jouets tiré de la série, le film live-action et le cosplay. Ce volume se conclue sur des entretiens avec Jérôme Alquié (auteur d’une aventure inédite), Olivier B. (Chaine Nébulaire sur Youtube) et Davy Fournier (SaintSeiyaPedia).

À lire pour tous fans d’anime et de Saint Seiya en particulier. stars-3-5

Capsules

dBD #171 (Mars 2023)

Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Faut-il brûler Tintin ? (par Renaud Nattiez, chez Éd. 1000 Sabords), de l’Incal Infini (un jeu de plateau par Why Not AI en financement participatif chez KissKissBankBank), et l’intronisation de Emmanuel Guibert à l’Académie des beaux-arts.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Frank Le Gall au sujet de Théodore Poussin T.14: Art Satoe chez Dupuis. Les entrevues se poursuivent avec Jul (sur son oeuvre en général: Silex and the City, 50 nuances de Grecs, ou les nouveaux Lucky Luke), Julien Hervieux et Virginie Augustin (sur Toujours prêtes! Chez Fluide Glacial), Adjim Danngar (sur Djarabane T.1: Au petit marché des amours perdues chez Delcourt), André Houot (sur Asile! chez Glénat), Frédéric Lavabre (sur les 20 ans des Éditions Sarbacane) ainsi que Boulet & Zack Weinersmith (sur Béa Wolf chez Albin Michel).

Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Ender Geister T.1 (par Takashi Yomoyama chez Glénat), Ikkyu v. 1 (par Hisashi Sakaguchi chez Revival), Wind Breaker t.1 (par Satoru Nii chez Pika), Enzo (par Enzo Lefort, Tony Lourenço et Madana chez. Blackphant), Jun Mayuzuki: Anthologie 2007-2017 (chez Kana), Corpse Party: Blood Covered t.1 (par Makoto Kedouin & Toshimi Shinomiya chez Mana), Cheat Skill Level Up t.1 (par Miku, Kazuomi Minatogawa & Rein Kuwashima chez Delcourt/Tonkam) et Cerise Huître Banane Pêche (par Jo Eth chez Des bulles dans l’océan).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-0

Capsules

 Métal Hurlant N°1: Le Futur, C’est Déjà Demain (Automne 2021)

Je suis encore un peu déçu car je m’attendais à ce que ce numéro en soit un “Vintage” (republiant les meilleurs histoires du magazine) mais c’en est en fait un de “Création” avec des histoires inédites. Il regroupe vingt-deux récits et treize articles (tous placé dans les soixante premières pages du magazine mais que je n’ai parcourue qu’en diagonale) sur le thème de l’anticipation proche. Comme pour le #5 que j’ai commenté précédemment, la plupart des styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas vraiment de mon goût mais j’ai trouvé tous ces courts récits intéressants et qui méritaient d’être lu.

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: Premiers de cordée (par Mathieu Bablet, 10 p. coul.), Pet Play (par Diego Agrimbau et Lucas Varela, 8 p. coul.), War Games (par Berliac, 12 p. N&B), E-Balade (par Merwan & Sandrine Bonini, 10 p. coul.), Orpheus (par Jeremy Perrodeau, 12 p. coul.), Ces mains qui nourrissent (par Samir Marshy & Lee Lai, 14 p. N&B), Solar Plant (par Anna Hill / Luke Jones, 8 p. coul.), Ticket Tuesday (par Maya Pen & Tommi Parrish, 12 p. coul.), Dieu était déjà là (par Paul Lacolley & Pierre Colleu, 8 p. coul.), Les différents visages du Dr. Dehlinger (par Benjamin Fogel & Franck Biancarelli, 12 p. principalement N&B), Un futur différent (par Sylvain Runberg & Ingo Römling, 10 p. coul.), La vie quotidienne (par Matt Fraction & Afif Khaled, 8p. coul.), Replica. I (par Mark Waid & Julien Perron, 10 p. coul.), Clean and clear (par Brian Michael Bendis & Jacob Edgar, 8p. coul.), Snapshots (par Xavier Mauméjean & Jaouen Salaün, 12 p. coul.), Delete (par Sergio Salma & Carole Maurel, 8 p. coul.), Frissons Synthétiques (par Jerry Frissen & Jessie Lonergan, 8 p. coul.), Belle Époque (par Roxane Lumeret, 6 p. coul.), The Passenger (par Pierre van Hove, 12 p. coul.), H.O.P. (par Ugo Bienvenu, 6 p. coul.), Le Blues du dentiste (par Adam Sillard, 4 p. coul.), et Le roi nu (par Fabien Vahlmann & Alfred, 6 p. coul.).

Une belle découverte quand même. stars-3-0

Pour plus d’Infos: [ GoodreadsHumanosNelliganWikipedia ]

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 Métal Hurlant N°2: 1975-1984, Le nouveau visage de l’imaginaire (Hiver 2022)

Enfin un numéro “Vintage” qui retrace l’histoire de ce périodique de BD mythique avec une anthologie de ses meilleurs récits. En plus de l’éditorial de Jerry Frissen et de l’introduction de Jean-Pierre Dionnet on y retrouve trois articles (“La naissance de Métal Hurlant” par Claude Ecken [16 p.], “Règlements de comptes à OK Métal” par Christophe Quillien [2 p.] et “Entretien avec Jean-Pierre Dionnet” par Christophe Quillien [28 p.]). Le reste n’est que pure joie avec vingt-deux récits (chacun précédé d’une page d’introduction) qui ont contribué à faire la renommé du magazine: The long tomorrow (par Dan O’Bannon & Moebius, MH #7-8 [1976], 16 p. coul.), L’Oiseau-poussière (par François Bazzoli & Caza, MH #17 [1977], 10 p. N&B), Bunker’s Family (par Philippe Picaret & Jean-Michel Nicollet, MH #14 [1977], 8 p. coul.), 1996 (par Chantal Montellier, MH #25-26 [1978], 6 p. N&B), La Gare (par Michel Crespin, MH #30 [1978], 10 p. N&B), La main verte (par Édith Zha & Nicole Claveloux, MH #9 [1976], 8 p. coul.), Cobalt 60 (par Vaughn Bodé, MH #4 [1975], 10 p. N&B), Crux Universalis Eternity Road (par Enki Bilal, MH #6 [1976], 6 p. N&B), Carapaces (par Luc & François Schuiten, MH #13 [1977], 8 p. coul.), Rock’n’Roll Suicide (par Marc Caro, MH #39bis [1979], 4 p. N&B), Les armées du Conquérant (par Jean-Pierre Dionnet & Jean-Claude Gal, MH #1 [1975], 12 p. N&B), Téléchamps (par Sergio Macedo, MH #16 [1977], 8 p. coul.), Front Nord (par Serge Clerc, MH #52 [1980], 7 p. en bichromie), Heilman (par Alain Voss, MH #22 [1977], 8 p. N&B), Expérience avec la pompe à air (par Angus McKie, MH #29 [1978], 16 p. coul.), Fin de Série (par Alias, MH #27 [1978], 8 p. N&B), Baroudeurs de l’espace (par Jean-Claude Mézières, MH #7 [1976], 8 p. coul.), Opération Oméga (par Denis Sire, MH #13 [1977], 12 p. N&B), Ballade (par Paul Gillon, MH #76bis [1982], 8 p. N&B), L’Expérience religieuse de Philip K. Dick (par Robert Crumb, MH #120 [1986], 8 p. N&B), Aux Premières Loges (par Jacques Lob & Ted Benoit, MH #36bis [1978], 13 p. N&B), et Agorn (par Philippe Druillet, MH #1 [1975], 14 p. N&B).

Une excellente lecture nostalgique. stars-4-0

Pour plus d’Infos: [ GoodreadsHumanosNelliganWikipedia ]

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Les saisons d’Ohgishima 1

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Un récit qui déploie les souvenirs de Tamao, 14 ans, née dans le quartier des plaisirs, et conte, au fil des saisons, les jours aussi beaux que cruels d’une adolescente condamnée à mourir jeune.

1866, Nagasaki, à la veille de la révolution de Meiji. Dans cet estuaire où les influences étrangères se mêlent à la culture japonaise, Tamao, enfant du quartier des plaisirs, part travailler avec la courtisane dont elle est l’apprentie chez un commerçant hollandais de Dejima, le quartier occidental. Au fil des saisons et des rencontres avec une foule de personnages bigarrés, elle entrevoit le vaste monde au-delà de sa cage, mais la marche du temps la rappelle inexorablement au destin qui l’attend, tout comme la société qui l’entoure.

Après Le Dernier Envol du papillon et La Lanterne de Nyx, découvrez la dernière partie de la “trilogie de Nagasaki”, par Kan Takahama — lauréate du 24e Grand Prix Osamu Tezuka en 2020.”  [Texte du site de l’éditeur et du rabat intérieur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Les saisons d’Ohgishima (扇島歳時記 / Oogishima Saijiki / lit. “Registres saisonniers d’Ohgishima”) est un manga seinen par Kan Takahama qui a d’abord été prépublié dans les périodiques Torch et Comic Ran en 2019-2022 avant d’être compilé en volumes chez Leed Publishing (série complète de quatre tomes) en 2020-22. Il a été traduit en français chez Glénat en octobre 2022 (avec un deuxième tome paru en février 2023 et un troisième à paraître en octobre). Takahama est une mangaka au style particulier et qui est très populaire en France. Son sujet de prédilection est les relations amoureuses complexes et difficiles, mais elle s’est également intéressé au manga seinen historique, en particulier avec sa “Trilogie de Nagasaki” qui se déroule un peu avant et au tout début de l’ère Meiji. J’ai déjà amplement commenté plusieurs de ses ouvrages (Mariko Parade, L’eau amère, 2 Espressos, Tokyo, amour et libertés, Le goût d’Emma, L’Amant, et Invincibles: Au pays du Dalaï-Lama) notamment les deux premières parties de la “Trilogie de Nagasaki”: Le Dernier envol du papillon et La lanterne de Nyx.

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Le récit des Saisons d’Ohgishima débute en l’an 2 de l’ère Keio (1866) et s’insère donc au milieu des deux premières parties de la trilogie en offrant une sorte de transition. Le récit cette fois est centré sur la petite servante Tama. Kicho a quitté la maison Chikugo car elle a contracté la syphilis et elle est en convalescence. Tama est maintenant l’apprentie de Sakunosuke, qui vient d’être engagée comme courtisane chez Monsieur Hartmans, un commerçant hollandais de Dejima. Tama est contente car elle pourra ainsi revoir le Docteur Thorn. Au fil des mois, le récit nous révèle le quotidien de Tama alors qu’elle s’épanouie dans ce monde étranger et qu’elle se fait de nouveaux amis. On y découvre notamment comment Tama fait la connaissance Genji et Victor, alors qu’elle croise Momotoshi sans jamais le rencontrer.

Comme pour les volumes précédents de la série, ce manga nous fait découvrir au travers de son récit les particularités de cette intéressante époque de transition dans l’histoire du Japon, en s’attardant surtout sur l’univers des courtisanes et la relation que le Japon de l’époque entretenait avec les étrangers. Cet aspect didactique est accentué par des capsules informatives (cette fois appelées “Boîte à secrets de Dejima”) où l’auteur explique le contexte historique des lieux, des événements ou personnages rencontrés dans le récit. Au début je trouvais le style graphique de Takahama un peu brouillon et déplaisant mais on s’y habitue et elle s’est beaucoup améliorée avec le temps. Elle utilise beaucoup de trames et de ton de gris ce qui donne beaucoup de dimension et d’originalité à son dessin. Somme toute, ce manga nous offre un beau récit à la fois informatif et divertissant. C’est donc une très bonne et agréable lecture. J’ai bien hâte de lire la suite…

Les saisons d’Ohgishima t.1,  par Kan Takahama (traduction par Yohan Leclerc). Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen, Roman Graphique), octobre 2022. 224 pages, 14.5 x 21.0 cm, 10.95 € / $18.95 Can, ISBN 978-2-344-05384-3. Pour un lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Kan Takahama. © 2022 Éditions Glénat pour la traduction française.

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Yawara #10

Yawara-10-cov“L’oeuvre incontournable d’un narrateur hors pair. L’auteur de Monster, Pluto, et Asadora! vous entraîne dans le quotidien ordinaire d’une judoka extraordinaire !”

“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Vol. 10, p. 4

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publié entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. En 1998-99, il y a eut une réédition en format plus petit (bunkoban) de dix-neuf volumes, puis une “collector edition” (Kanzenban) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est présentement publiée en français chez Big Kana. Il y a treize volumes de paru jusqu’à maintenant. J’ai déjà commenté le premier, le second, le troisième, le quatrième, le cinquième, le sixième, les septième et huitième ainsi que le neuvième volumes.  

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Vol. 10, p. 9

Yawara réussi à vaincre cinq adversaire l’un à la suite de l’autre permettant ainsi à l’Université de Mitsuba de remporter la coupe Hortensia. Kojiro accepte d’entrainer Sayaka. Jigorô manigance encore, cette fois pour faire entrer Yawara et Fujiko à l’Université de Sakai après le championnat national par catégorie. Le tout avec l’idée de les faire participer au championnat du monde en Yougoslavie et puis aux Jeux  Olympique de Barcelone. Pourtant Yawara, qui termine son cycle court à l’Université de Mitsuba, voudrait plutôt se trouver un petit emploi tranquille dans une agence de voyage… Malheureusement, ni les plan de Jigorô, ni ceux de Yawara, ne se dérouleront comme prévu…

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Vol. 10, p. 10

Le style de Urasawa, à la fois simple et expressif, réussi à très bien rendre les scènes d’action sportive qui composent la majeure partie de ce volume. Passé maître dans l’art de la narration, il réussi également à construire un récit captivant en y intégrant de nombreux imbroglio humoristique qui font de Yawara! une comédie romantique de sport incontournable. C’est un lecture agréable et amusante que je recommande fortement malgré que l’intrigue des compétions sportives ou des mésaventures des personnages commence à être un peu répétitive alors que nous ne sommes qu’au milieu de la série. Malgré tout, nous en redemandons encore et je suis sûr que Urasawa nous offrira quelques rebondissements novateurs dans les prochains volumes !

Yawara t. 10, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), novembre 2022. 322 pages, B&W (14 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.00 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8656-7, Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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Lire aussi mes commentaire sur les volumes précédents.

© 2014 Naoki Urasawa / Studio Nuts. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2022 pour l’édition française.  

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Le clan des Poe, vol. 1

ClanDesPoe-1-cov“XVIIIe siècle, quelque part en Angleterre… Edgar et Marybelle, enfants illégitimes d’un aristocrate, sont abandonnés au fond des bois… Ils sont alors recueillis par Hannah l’Ancienne, matriarche du mystérieux clan des Poe. Mais quelques années plus tard, le garçon découvre accidentellement le terrible secret de sa famille d’adoption : tous sont des vampanella, des êtres immortels se nourrissant de sang humain. Et pour protéger sa sœur, il doit devenir l’un des leurs… Suivez à travers différentes époques le destin tortueux d’Edgar, vampanella prisonnier d’une existence sans fin.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Le clan des Poe (ポーの一族 / Poe no Ichizoku) est un  manga shōjo et josei par Moto Hagio qui a d’abord été prépublié en feuilletons entre mars 1972 et juin 1976 dans le périodique Bessatsu Shōjo Comic (Betsucomi) avant d’être compilé en cinq volumes (Tankōbon) chez Shôgakukan entre 1974 et 1976. Il a par la suite été édité en trois volumes (bunkoban) en 1998, puis en deux volumes (premium) en 2019. C’est cette dernière édition, publiée à l’occasion du 50e anniversaire de carrière de l’auteur et qui offre une restoration complète des planches, qui a été traduite en anglais chez Fantagraphics (août 2019 et septembre 2022), puis en français chez Akata au printemps 2023. Moto Hagio est membre du célèbre groupe de l’An 24 et a grandement contribué au développement du manga shōjo moderne. J’ai déjà commenté plusieurs de ses ouvrages (en anglais: A Drunken dreams and other stories et Otherworld Barbara) mais j’ai particulièrement discuté de son rôle de pionnière dans mon commentaire sur Le coeur de Thomas.

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Page 10

Le clan des Poe est le premier manga de Moto Hagio et sans doute l’un de ses plus grands succès au Japon (elle reçoit d’ailleurs le prix Shōgakukan en 1975 pour ce titre). Il s’agit en quelque sorte d’une romance gothique au sein d’une famille de vampire. Edgar et sa soeur Marybell sont les enfants du comte d’Evans mais leur belle-mère les déteste et demande à la nourrisse de les tuer. Toutefois, celle-ci les prend en pitié et les abandonne simplement dans les bois. Ils sont recueilli par Hannah Poe, la matriarche d’une mystérieuse famille de nobles qui se révèle composée de vampires ! Ils doivent souvent déménager quand les villageois commencent à se douter de leur identité supernaturelle. Edgar est très attaché à sa jeune soeur et est traumatisé lorsque celle-ci est assassiné par un fanatique. Éternel prisonnier dans son corps d’enfant, il se sent seul. Il prends donc la fuite avec Allan, un jeune villageois qu’il trouve attirant et qu’il transforme en vampire contre sa volonté. Au travers de leur escapade et de leur relation tumultueuse, ils vivront plusieurs aventures.

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Page 36

On retrouve déjà dans cet ouvrage les innovations stylistiques qui caractérisent le style graphique de Moto Hagio et qui ont fait sa renommé. Le récit est composé de seize courts chapitres (neuf dans ce premier volume) qui sont vaguement connectés et qui se déroulent à des époques et en des lieux différents. Malheureusement ils sont présenté dans un ordre non chronologique ce qui rends la compréhension difficile pour le lecteur. Cela demeure toutefois un classique du genre shōjo, qui nous offre un très beau manga avec un récit intriguant qui mérite d’être lu. Je le recommande donc fortement même si l’aspect anecdotique du récit m’a un peu déçu.

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Page 121

Ce premier volume comprends neuf récits:  “Le Clan des Poe” (ポーの一族 / Poe no ichizoku, 127 pages, sérialisé dans les numéro de septembre à décembre 1972 de la revue Bessatsu Shōjo Comic),  “La Jeune Fille aux cheveux d’argent” (すきとおった銀の髪 / Sukitōtta gin no kami, 16 pages, mars 1972),  “Le Village de Poe” (ポーの村 / Poe no mura, 24 pages, juillet 1972),  “Le Journal de Glensmith” (グレンスミスの日記 / Glensmith no nikki, 24 pages, août 1972),  “Marybelle et la rose d’argent” (メリーベルと銀のばら / Marybelle to gin no bara, 162 pages, de janvier à mars 1973),  “Penny Rain” (ペニー・レイン, 40 pages, mai 1975),  “Liddell dans la forêt” (リデル・森の中 / Liddell, mori no naka, 16 pages, juin 1975),  “Les Fleurs et les oiseaux du pays lointain” (はるかな国の花や小鳥 / Harukana kuni no hana ya kotori, 33 pages, dans Shūkan Shōjo Comic de septembre 1975), et “Une semaine” (一週間 / Isshūkan, 16 pages, dans Bessatsu Shōjo Comic de décembre 1975). On retrouve également une préface de Fausto Fasulo, une postface de Miyako Slocombe et une galerie d’illustrations. J’ai bien hâte de lire la suite avec le deuxième volume annoncé pour la fin octobre 2023.

Depuis 2016, Moto Hagio a donné une suite à ce récit avec quatre volumes supplémentaires qui ont été prépubliés dans le magazine Monthly Flowers: Haru no Yume (ポーの一族~春の夢 /  Le clan des Poe ~ Rêve de printemps, publié de juillet 2016 à juillet 2017), Poe no Ichizoku: Unicorn (ポーの一族 ユニコーン, publié de juillet 2018 à juin 2019), Himitsu no Hanazono (ポーの一族 秘密の花園 / Le jardin secret du clan des Poe, publié de juillet 2019 à novembre 2021) et Ao no Pandora (青のパンドラ / Pandore bleue, publié depuis juillet 2022). Nous ignorons pour l’instant si ces titres seront également traduit.

Le clan des Poe t.1, par Moto Hagio (traduit par Miyako Slocombe). Rancon: Akata (Coll. Héritages), avril 2023, 14.7 x 21 cm, 19.99 € / $37.95, ISBN 978-2-36974-821-4. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© 2019 Moto HAGIO.

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Revue de ‘zines [002.023.185]

Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland #242 (Avril-Juin 2023)

AL-242Ce numéro nous offre des dossiers sur Rintarô, le seigneur de l’anime (portrait, entretien, Utopiales, entretien avec Frédéric Temps [Programmateur ciné aux Utopiales] et retour sur les six oeuvres majeures de Rintarô: Captain Harlock [1978], Adieu Galaxy Express [1979, 1981], Harmagedon [1983], L’Épée de Kamui [1985], Métropolis [2001] et Yona, la légende de l’oiseau-sans-aile [2009]), Makoto Shinkai (Suzume, portrait, proximité à distance, réalisme magique) et Angoulême 2023 (Entretien avec Junji Itô, exposition Junji Itô, Paroles de Ryôishi Ikegami, Rencontre avec Akane Torikai et commentaires sur le festival).

Dans “On a Vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Romantic Killer, Raven of the Inner Palace, Jojo’s Bizarre Adventure: Stone Ocean saison finale, Spy x Family part 2, La voie du tablier saison 2, Mobile Suit Gundam: The Witch from Mercury saison 1, Avalonia: L’étrange voyage, Maurice le chat fabuleux, The Bad Batch saison 2, Pinocchio de Guillermo del Toro, Le Chat Potté 2: la dernière quête, Moi quand je me transforme en Slime le film: Scarlet Bond.

Dans “On a Lu” on nous introduit à quelques bons mangas comme Paraiso (Suehiro Maruo chez Casterman), Hitomoji: Stress Mortel (Motoro Mase chez Crunchyroll), Du mouvement de la Terre (Uoto chez Ki-oon), Mibu Gishi Den (Jiro Asada & Takumi Nagayasu chez Mangetsu), Ikkyu (Hisashi Sakaguchi chez Revival), Gourmet Détective (Akiko Higashimura chez Delcourt/Tonkam), Amour Placebo (Akane Torikai chez Akata), Excuse me dentist: it’s touching me! (Sho Yamazaki chez Soleil), Let’s Play (webtoon par Leanne M. Krecic chez Kotoon), Terukan Boys (Yû Nakahara chez Doki-Doki), Isekai Anime Studio (Kakuchoshi chez Doki-Doki), Kujo l’implacable (Shôhei Manabe chez Kana), Gannibal (Masaaki Ninomiya chez Meian), Le Ciel pour conquête (Yudori chez Delcourt).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Musique (Au coeur de la tournée de Joe Hisaishi, AniSong: le feu d’artifice musical de l’année), Entretiens (Masaaki Ninomiya, Yasuhiro Yoshiura, Shinya Ohira, Yudori),  Figure de Pro (Sylvain Dos Santos), Séance Studio (Ghibli), Trouvaille (The Three-body Problem), Exposition (Versailles no Bara), Hommage (Leiji Matsumoto, Claudio Biern Boyd), et Humeur (2023, l’année Miyazaki?).

À lire pour tous fans d’anime. stars-3-5

Capsules

dBD #169 (Déc.-Janvier 2022-23)

dBD-169Dans le cahier actualités on mentionne la publication en coffret cartonné de Dans la tête de Sherlock Holme, L’Affaire du ticket scandaleux t.1 & t.2 chez Ankama. On retrouve également un article sur les conférences données par Benoit Peeters au Collège de France dans le cadre de la chaire de Création artistique consacré à la bande dessinée. Un autre article nous présente le prix Töpffer 2022 de la bande dessinée.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Jean-Pierre Gibrat au sujet de Mattéo – Sixième époque (2 septembre 1939 – 3 juin 1940) chez Futuropolis. Les entrevues se poursuivent avec Jean-Claude Servais (sur Bellem aux Éditions Dupuis), Xavier Dorison & Timothée Montaigne (sur 1629, ou l’effrayante histoire des naufragés du Jakarta. L’Apothicaire du diable, T.1 chez Glénat), Arthur de Pins (sur Zobillénium T.6 chez Dupuis), Tibur Oger (sur Indians chez Grand Angle), Marion Fayolle (sur La maison nue chez Magnani), et Franck Thilliez (sur La brigade des cauchemars T.6: Ariane chez Jungle).

Comme spécial de fin d’année, dBD nous présente ses coups de coeur de beaux livres composés d’entrevues avec François Schuiten (sur L’Archiviste, avec Benoit Peeters, chez Casterman), Ralph Meyer (sur Undertaker, l’art de Ralph Meyer chez Dargaud), Arnaud Le Gouëfflec & Dominique Bertail (sur l’intégrale de Mondo Reverso chez Fluide Glacial), Léonie Bischoff (sur Anaïs Nin sur la mer des mensonges chez Casterman), ainsi que Gwen de Bonneval & Hervé Tanquerelle (sur l’intégrale de Racontars arctiques, d’après Jørn Riel, chez Sarbacane). 

Dans le Cahier Critique je note surtout Le coeur et le devoir t.1 par Himawari Nishino & Tanaka chez Doki-Doki (Bien; “évite la plupart des errances du shojo (…) sans être un chef d’oeuvre, ce récit se révèle captivant”), Fool Night t.3 par Kasumi Yasuda chez Glénat (Super; “graphisme élégant et fin (…) parvient à faire mouche, alors même que l’idée de départ semblait un peu bancale. Une excellente surprise”), Adabana t.3 par Non chez Kana (Super; “excellent thriller”), Critique de la raison pure par Emmanuel Kant & Variety Artworks chez Soleil Manga (Super; “synthétise en 192 pages les écrits du maître (…) un Kant pour les nuls”).

Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Histoire courtes (Junji Ito chez Delcourt/Tonkam), MMA: Mixed Martial Artists t.1 (Hiroki Endô chez Pika), The Far East Incident t.1 (Aguri Ohue chez Vega), La petite amie de Minami (Sungiku Uchida chez IMHO), Les Saisons d’Ohgishima t.1 (Kan Takahama chez Glénat), Happy Land (Shingo Honda chez Omaké), The Chilling Dead t.1 (Shuji Takeya chez Nobi Nobi), et Tokyo Aliens t.1 (Osaka Naoe chez Kana).

Un numéro double (130 pages) qui offre une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

dBD #170 (Février 2023)

dBD-170Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Paraiso, un recueil de cinq histoires courtes par Suehiro Maruo chez Casterman ainsi que la réédition de deux autres titres du même auteur, L’Enfer en bouteille et L’Île panorama. Je remarque également la parution d’une compilation Hägar Dünor 1977-1978 par Dik Browne chez Urban Comics (246 pages!). On retrouve également un article de quatre pages sur la 50e édition du Festival International de la bande dessinée d’Angoulême.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Arnaud Nebbache sur Brancusi contre États-Unis chez Dargaud. Les entrevues se poursuivent avec Robin Recht (sur Thorgal Saga T.1: Adieu Aaricia chez Le Lombard), Irène Frachon & Éric Giacometti (sur Mediator, un crime chimiquement pur chez Delcourt), Yann Damezin (sur Majnoun et Leïli, chants d’outre-tombe chez La Boîte à Bulles), Hérald Hajar (chef décorateur sur l’adaptation au cinéma par Yann Samuell de la BD de Régis Hautière et Hardoc, La Guerre des Lulus chez Casterman), Florian Pigé & Étienne Gerin (sur Speedball chez Sarbacane), Pierre Maurel (sur Michel T.5 chez L’Employé du Moi et L’Arme à Gauche chez Glénat), ainsi que Max de Radiguès & Hugo Piette (sur Eddie & Noé T.1: Plus chaud que le climat ! chez Sarbacane).

Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Sakura Wars (Ikku Masa & Ohki Hiroi chez Mana Books), Death Note: Original Soundtrack vol. 1 (Hideki Taiuchi & Yoshihisa Hirano chez Kana Music), Gourmet Détective T.1 (Akiko Higashimura chez Delcourt), Raspoutine Le Patriote (Takashi Nagasaki, Masaru Satô & Junji Ito chez Delcourt), Terukan Boys (Yû Nakahara chez Doki Doki), Le chat noir (Hideshi Hino chez IMHO), Blame 0 Deluxe (Tsutomu Nihei chez Glénat) et Elle (QTa Minami d’après Delphine de Vigan chez Pika).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-0

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Métal Hurlant N°5: Métavers : Les émotions synthétiques (Novembre 2022)

MH-5J’avais lu que ce “revival” trimestriel de Métal Hurlant était une compilation de près de trois-cent pages de BDs et d’articles “Vintage” des bonnes années du magazine qui a profondément marqué la BD française. Et bien, j’étais dans l’erreur car le magazine publie également des numéros de “Création” qui regroupent autour d’un thème contemporain des histoires courtes par des auteurs et artistes internationaux. Le magazine alterne les numéros “Vintage” et de “Création” à raison de quatre numéros par année. J’espérais re-lire des chef-d’oeuvre de BD des années ’70 et ’80 mais le numéro que j’ai choisi au hasard à cause de sa belle couverture de Bilal s’est révélé en fait être un numéro de “Création” — toutefois je ne le regrette pas car ce fut une très bonne lecture tout à fait à la hauteur du magazine culte (voir mythique) original. Je vais définitivement en lire d’autres numéros…

Je ne rentrerai pas trop dans les détails mais ce numéro regroupe vingt-trois histoires courtes inédites et sept articles sur le thème du Métavers, du virtuel et des émotions synthétiques. Il parait que nous vivrions dans une simulation ce qui nous offre une large panoplie de possibilités d’histoires plutôt Dickiennes. J’ai parcouru les articles un peu en diagonale mais par contre j’ai lu avidement les BDs. Les styles très variés étaient rarement de mon goût mais les récits étaient pas mal tous très bons. Définitivement à lire.

On y retrouve donc Bionumérique (une histoire de Otto Maddox avec des illustrations plutôt weird par une A.I.), Alters (Mark Waid & Jean-Michel Ponzio), Aquarium (Léo Quiévreux), Black Box (Nikola Pisarev), Les lois de la physique (Matthew Sheean), Univers Expansé (Richard Guérineau), Êtes-vous sûre de vouloir me quitter (Lisa Blumen), La douche éternelle (Lewis Trondheim), Fractales (Laurent Siefer), Download (Arnaud Le Gouëfflec & Krzysztof Novak), La faille (Thierry Martin), La fleur d’Olène (Aurélie Crop), Longue vie au métayers libre! (Otto Maddox & Tim Bos), Game changer (Lane Milburn), Le nouveau (Antoine Dodé), Sofia (Edo Brenes), Méta-métempsychose (Cantsin), Soldats de lumière (Simon Roy), Tsubame (Facundo Nehuén Lopez), Teddy (Yann Bécu & Sagar), La dernière refugiée (Tim Adam & Alexis Vitrebert) et Luv (Jim Bishop & Seera).

Une belle découverte. stars-3-5

Pour plus d’Infos: [ GoodreadsHumanos ]

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Solaris #223 (Été 2022)

Solaris-223Solaris nous offre une fenêtre sur la littérature de genre (dites de l’imaginaire, spéculative ou “paralittérature”) au Québec et parfois d’ailleurs. Celle-ci s’ouvre à nous en trois volets: le volet fiction comprend quelques nouvelles qui nous offrent l’occasion de se divertir tout en échantillonnant ses différentes saveurs actuelles. Le volet documentaire nous offre des articles pour découvrir et mieux comprendre ses différents aspects. Finalement, le volet critique se divise en deux parties: “Les littéranautes” qui commentent les parutions locales et les “Lectures” qui commentent les parutions hors-Québec.

Dans le volet fiction ce numéro nous offre quatre courts récits:

  • “La Vie secrète des carapacées” par Geneviève Blouin, un excellent texte, lauréat du Prix Solaris 2022, qui nous présente un monde où une partie des humains vivent dans des coquilles comme les colimaçons… jusqu’à ce que l’évolution se mette en marche… stars-4-0
  • “Un amoureux imaginaire” par Orson Scott Card, où une adolescente fait semblant de parler à son petit copain sur son téléphone cellulaire pour épater ses amies. Mais comment réagir lorsqu’une voix lui répond réellement? stars-3-5
  • “Comme un parfum d’encens” par Ketty Steward, où un couple de jeunes blancs adopte un enfant noir qui se révèle… possédé. stars-3-0
  • “Taches” par Claude Bolduc, où se conclue le récit débuté dans le numéro précédent. La santé de Jean-Pierre est négativement affecté par un vieil appareil photo digital qu’il a trouvé dans les poubelles. De quelle malédiction serait-il la victime ? stars-3-0

Le volet documentaire offre un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, qui s’intéresse cette fois aux “Cités miniatures ou le monde comme oeuvre d’art”. Le Futurible retrace pour nous l’histoire de ce désir de recréer le monde en miniatures, de l’idée de la maquette aux LEGOs, et l’influence que cela a eut sur le cinéma et la littérature. stars-3-5

Pour finir, le volet critique nous offre seize pages de commentaires couvrant seize titres (pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne).

Solaris, qui se veut “l’Anthologie Permanente des Littératures de l’Imaginaire”, nous offre comme toujours un numéro très riche qui demeure un incontournable pour tout amateur de genre. stars-3-5

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Homère: L’Iliade & L’Odyssée

Homere-liliadeEtLodysse-covL’adaptation en manga de l‘Iliade et l’Odyssée d’Homère, deux oeuvres basées sur la mythologie de la Grèce Antique et acclamées comme étant les plus grands poèmes épiques grecs.

Il s’agit du temps des légendes, quand les Hommes et les Dieux tissaient ensemble la trame de l’Histoire. Sous le regard de Zeus, le père des Dieux, omniscient et omnipotent, se déclenche la Guerre de Troie qui allait durer dix ans. Bientôt, cette guerre atteint son point culminant avec l’affrontement décisif opposant les héros Achille et Hector…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

L’Iliade & L’Odyssée (ホメロス / イリアス・オデュッセイア) est l’adaptation en manga de deux poèmes épiques que l’aède grec Homère aurait composé au VIIIe siècle AEC. Il a été publié par l’éditeur japonais East Press en octobre 2011 au sein de la fameuse collection Manga de dokuha (まんがで読破 / lit. “lire à travers les mangas”) — le #94 sur 139. Celle-ci a été créé par le collectif “Variety Art Works” dans le but de rendre accessibles au grand public (sous forme d’adaptations en manga) des chefs-d’œuvres de la littérature qui sont rarement lus. Toutefois le groupe Team Banmikas, qui a succédé à Variety Art Works, a résilié le contrat de distribution avec l’éditeur East Press et la collection a cessé de paraître. Cependant certains titres demeurent disponible en format électronique. Les Éditions Soleil ont entrepris de traduire en français, dans leur collection “Classiques”, une vingtaine de ces adaptations comme La Divine comédie de Dante, Ulysse de James Joyce, À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche, Du contrat social de Jean-Jacques Rousseau, Le prince de Machiavel, Le rouge et le noir de Stendhal et, le titre le plus récent paru en juin 2023, le Kamasutra de Vatsyayana. Malheureusement, si ces adaptations constituent une bonne introduction à ces oeuvres classiques, elles sont dessinées dans un style qui est généralement plutôt grossier. J’ai déjà parlé de cette collection et commenté plusieurs de ses titres (Les mots de Bouddha, L’interprétation des rêves, Guerre et Paix, Manifeste du parti communiste, Les misérables, Le Capital, Le rouge et le noir, À la recherche du temps perdu, et même La Bible: ancien et nouveau testament).

Homere-liliadeEtLodysse-p026

Page 26

Dans L’Iliade, Homère nous fait le récit de la guerre de Troie. L’adaptation s’attarde surtout sur la cause de la guerre (le jugement du mont Ida, l’enlèvement d’Hélène par Pâris), la querelle entre Agamemnon et Achille, le combat entre ce dernier et Hector mais consacre très peu de temps à la conclusion du conflit (avec le fameux stratagème du cheval de Troie). Dans L’Odyssée, il raconte le retour du sagace héros Ulysse qui, après la fin de la guerre, ayant offensé le dieu Poséidon, se perd en mer et met une vingtaine d’année à retrouver son île natale. L’adaptation traite surtout de l’épisode de Charybde, de la quête de Télémaque pour trouver son père, son séjour chez Calypso, le combat contre le cyclope Polyphème et son retour à Ithaque où il fait un sort aux prétendants de sa femme Pénélope qui le croyait mort — ce faisant on passe sous silence, entre autres, les épisodes des Lotophages, d’Éole, de Circé et des Cimmériens).

L’Iliade & L’Odyssée nous offre ce même style plutôt simpliste et grossier auxquels les adaptations de Variety Art Works nous ont habitué. Il nous fait le récit abrégé des principaux événements des épopées homériques ce qui donne une certaine idée des oeuvres mais n’a pas le même intérêt que le texte original intégral. Le manga nous laisse donc sur notre faim et présente une lecture certes amusante mais qui manque une occasion de nous faire vraiment découvrir toute la richesse des oeuvres originales. Cela aurait été beaucoup mieux si l’adaption avait traité les oeuvres séparément en leur consacrant chacune un volume. À lire par curiosité mais sans plus.

L’Iliade & L’Odyssée, par Variety Art Works (d’après les oeuvres d’Homère). Paris: Édition Soleil, décembre 2021. 192 pages, 13 x  18.4 cm, 7€99 / $13.95 Can, ISBN 9782302093331. Pour un lectorat adolescent (12+, violence). stars-2-5

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© Team Banmikas. All rights reserved. © 2021 Éditions Soleil pour la traduction française.

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Olympia Kyklos vol. 5

OlympiaKyklos-5-covAprès Thermae Romae, la nouvelle comédie sportive de Mari Yamazaki !

Après avoir découvert les frissons du catch dans le Japon d’aujourd’hui et avoir rapporté ce divertissement haut en couleurs dans la Grèce antique afin d’édifier les Athéniens, Démétrios doit quitter la cité en catastrophe : un message alarmant vient d’arriver de Tritonia, son village natal, qui semble en grand péril ! Le jeune peintre sur céramiques saisit ses pinceaux et ses vases et s’élance aussitôt au secours des siens, l’estomac noué par l’angoisse. Que va-t-il trouver à Tritonia ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

OlympiaKyklos-5-p002Olympia kyklos (オリンピア・キュクロス / lit. “Cercles Olympique”) est un manga seinen par Mari Yamazaki qui est sérialisé au Japon dans le magazine bimensuel Grand Jump depuis mars 2018 et a été jusqu’à maintenant compilé en sept volumes chez Shueisha. Il a été traduit en français chez Casterman (six volumes de disponibles). C’est une comédie du style de Thermae Romae (voir aussi mon commentaire sur cette série) mais qui se situe dans l’antiquité grecque cette fois et traite de sujets autour du thème des jeux olympiques. Le manga a sans aucun doute été créé en anticipation des jeux olympiques de Tokyo de 2020 (mais qui furent reportés à l’année suivante à cause de la pandémie de Covid-19). J’ai déjà commenté le trois premiers volumes ainsi que le quatrième.

Avec l’aide de Platon, Démétrios décide d’introduire les Athéniens au catch, qu’il présente comme un mélange de théâtre et de lutte. Il en profite pour vendre ses vases ornés de dessins illustrant les grands moments du spectacle tel que Tezuka lui a enseigné. Toutefois, une missive de Apollonia lui apprends que le patriarche a organiser des jeux au village de Tritonia mais il s’est endetté auprès du village voisin afin de construire un stade et un temple. Les jeux n’ayant pas eut le succès escompté les nouveaux bâtiments restent inachevés et les villageois doivent maintenant payer un tribu au village voisin pour rembourser la dette ! Alors qu’il cherche une façon d’aider son village natal, Zeus transporte Démétrios à nouveau au Japon moderne où il découvre… le kabuki ! 

 

Cette série de manga, avec le superbe style détaillé et précis de Mari Yamazaki, nous offre encore une fois une lecture agréable qui s’avère non seulement divertissante de par ses mises en situation humoristique mais nous fait également réfléchir sur la culture et différents aspects de la société moderne. Un très bon manga que je recommande fortement.

Olympia Kyklos, 5, par Mari Yamazaki. Bruxelles: Casterman (Coll. Sakka), octobre 2022. 200 pages (2 en couleurs), 13.3 x 18.1 cm, 8,45 € / $C 15.95, ISBN 978-2-203-23739-1. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© 2018 Mari Yamazaki. All Right Reserved.

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Fleurs de pierre, vol. 1

FleursDePierre-01-cov“Yougoslavie, 1941. Les jours coulent paisiblement, loin des tensions politiques de Belgrade, jusqu’à ce que les troupes nazies envahissent et pillent le pays. Le jeune Krilo voit son village brulé et ses habitants massacrés. Son amie, Fi, est déportée. Il fuit dans la montagne et retrouve d’autres rescapés, qui tentent d’organiser la résistance. À travers le destin de ces enfants, de leurs amis et de leurs ennemis, Sakaguchi raconte un pan de notre histoire où deux visions du monde s’opposent et broient les individus.

Fidèles à leur politique de redécouverte d’œuvres majeures du patrimoine de la bande dessinée mondiale, les éditions Revival ont décidé de reprendre l’aventure éditoriale de Fleurs de pierre en publiant l’intégrale des aventures de Krilo en 5 volumes entre octobre 2022 et juin 2025.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

FleursDePierre-01-p024

Vol. 1, page 24

Fleurs de pierre (石の花 / Ishi no Hana) est un manga seinen par Hisashi Sakaguchi qui nous offre, chose rare, un drame historique prenant place en Yougoslavie durant la deuxième guerre mondiale. Il a été d’abord publié en feuilletons dans Comic Tom entre mars 1983 et août 1986 avant d’être compilé en six volumes chez Ushio Shuppansha (1984-1986). La série a été rééditée cinq fois au Japon (chez Shinchosha en 1988, Kodansha en 1996 et 2002, Kobunsha en 2008 et Kadokawa en 2022). La plus récente publication, en cinq volumes, comporte une renumérisation complète des planches en haute résolution. Trois volumes ont été traduit en français chez Vents d’Ouest en 1997 mais la publication de la série a été abandonné avant d’être complétée. Une nouvelle édition, cette fois complète, est publiée aux Éditions Revival depuis octobre 2022 avec une nouvelle traduction par Ilan Nguyen et présentant les planches renumérisées en grand format dans le sens de lecture original. En janvier 2023, la série a reçu le prix du patrimoine au 50e festival international de la bande dessinée d’Angoulême.

Hisashi Sakaguchi fait son apprentissage du manga par l’entremise de l’animation car il commence à travailler très jeune au Studio Mushi de Osamu Tezuka, contribuant à des séries comme Astro Boy, Le Roi Léo, Princesse Saphir ou des films comme Cleopatra. Disparu trop jeune, à l’âge de quarante-neuf ans, il a surtout publié des histoires courtes mais on lui connait trois séries: Fleurs de Pierre (1983), Version (1989) et Ikkyu (1993). C’est un auteur relativement peu connu mais qui a tout de même contribué au développement du manga pour adulte.

 

Fleurs de pierre nous offre un style très classique, voir vieillot, fait de traits d’encrage simples composant un dessin réaliste mais dépouillé qui ne plaira sans doute pas à tous mais qui est très efficace pour exprimer l’action et les sentiments des personnages. Ce manga nous fait le récit captivant d’un jeune garçon qui doit fuir son village et survivre au monde complexe d’un pays non seulement déchiré par les multiples cultures qui le composent mais également par la violence d’un envahisseur sans merci. C’est une oeuvre volumineuse (près de mille quatre cent pages!) et intrigante dont le sujet reste malheureusement d’actualité. C’est une lecture intéressante qui mérite qu’on lui porte un peu d’attention. Je suis bien curieux de lire la suite et de voir quelle direction prendra le récit. 

Fleurs de pierre, vol. 1, par Hisashi Sakaguchi. Paris: Édition Revival, octobre 2022. 304 pages, 21 x 28 cm, 29 € / $49.95 Can, ISBN 979-10-96-119-60-8. Pour un lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

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© Hisashi Sakaguchi 2021. © Revival 2022 pour l’édition française.

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Blue Period #10

BluePeriod-10-cov“ART-MAKING. Yatora prepares for the first-year show, where he’ll have to pass an open review from intimidating professors and celebrity guest lecturers. To make matters worse, the self-directed nature of the assignment is more stifling than freeing, and he’s no longer sure: Does he even like art? Why did he ever start? An all-nighter in Shibuya may hold the answer, but Yatora’s not with his usual boys…” 

[Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

Blue Period (ブルーピリオド / Burū Piriodo) is a Seinen manga about painting written and illustrated by Tsubasa Yamaguchi which has been serialized since June 2017 in Monthly Afternoon and has been compiled into thirteen volumes so far by Kōdansha. The English version is published in the USA by Kodansha (twelve volumes available, the next one to be published at the end of May 2023) and the French version is published by Pika (twelve volumes available, the next one to be published mid-June 2023). It won several awards in 2020 (the Manga Taishō and the Kōdansha manga shō; it was also nominated for the Tezuka Osamu bunka shō) and was adapted into an anime television series in 2021 (twelve episodes animated by Seven Arcs studio under the direction of Koji Masunari and Katsuya Asano, from a script by Reiko Yoshida; it aired on MBS, TBS, AT-X and on Netflix). I have already commented (in French) on the first three volumes, the next three, volumes seven and eight as well as volume  nine.

 

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Vol. 10, Page 14

When I started reading this volume I felt that something was odd and different about it but couldn’t figure out what. I was half way through when I realized that it was a softcover book in English while I used to read the French hardcover edition! I’ll probably continue to read this English edition which seems to be available sooner than the French version. In this volume, Yatora has to produce the final assignment of his first year in an art college. This time lots of the story is set around his relationship with Yotasuke. The story offers us the usual trials and angst of young adulte college students, often with a touch of humour, but in the context of learning to produce art.

The style of this manga is rather ordinary but it remains a good read because the characters are endearing and the story is catchy. However, what makes this manga really interesting is that it opens a window to the world and techniques of art in a rather unusual way. Indeed, the author uses the narrative style of shōnen manga by presenting a series of challenges and competitions as the driving force of the story, which has the result of captivating the readers’ attention while teaching them the basics of art. A very good manga but especially if you are an art lover.

Blue Period #10, by Tsubasa Yamaguchi. New York: Kodansha Comics, November 2022. 208 pages, 5 5/8 x 8 1/4 in., $US 12.99 / $16.99 CAN, ISBN 978-1-64651-396-3. For Young Adult readership (16+). stars-3-5

For more information you can check the following websites:

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© 2021 Tsubasa Yamaguchi. All rights reserved. 

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Revue de ‘zines [002.023.120]

Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland #241 (Janvier-Mars 2023)

Al241Ce numéro nous offre un dossier sur Cyberpunk Edgerunners (du jeu video à l’anime, entretiens avec Bartosz Sztybor [scénariste et producteur] et Sebastien Kalemba [dir. créatif], le cyberpunk dans le manga [Akira, Appleseed, A.D. Police, Cyber Blue, Ghost in the shell, Gunnm, Silent Möbius, etc.], et Top 10 des adaptations de jeu videos). On retrouve également deux dossiers sur le Wit Studio (entretien avec George Wada, exposition consacrée au 10e anniversaire) et le Cartoon Forum (feedback, entretien avec Bonnie Lener [Millimages] ainsi qu’avec les fondateurs du Studio Superprod:  Jérémie Fajner et Clément Calvet).

Dans “On a Vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Chainsaw Man, Call of the night, Bastard!! Heavy Metal DF, Gambling School Twin, Tokyo Mew Mew New, Made in Abyss, Detective Conan Zéro, Buzz l’Éclair, Wendell & Wild, I’m quitting heroing, Ernest et Célestine, Eden, Berserk The Golden Age Arc, La Revanche des Humanoïdes, Shin Ultraman.

Dans “On a Lu” on nous introduit à quelques bons mangas comme The Last Man (Tasuya Egawa chez Black Box), Witch Watch (Kenta Shinohara chez Soleil), Le Monstre d’Einstein (Ryu Miyanaga chez Sakka), Yasha (Akimi Yoshida chez Panini), Trillion Game (Riichiro Inagaki & Ryoichi Ikegami chez Glénat), Coffee Moon (Mochito Bota chez Doki Doki), La Grande Traversée (Haruko Kumota chez Le Lézard Noir), Mon mari dort dans le congélateur (Misaki Yazuki & Hyaku Takara chez Akata), Les Amants sacrifiés (Masasumi Kakizaki chez Ki-oon), Valse à 3 soeurs (Melome Machita chez Sakka), Vlad Draculea (Akiya Ohkubo chez Soleil), La Désastreuse Histoire des Jumeaux Stevenson (Yuu Morikawa chez Delcourt/Tonkam), Meurtre dans le décagone (Yukito Ayatsuji & Hiro Kiyohara chez Pika), Derrière le ciel gris (Sugaru Maki & loundraw chez Delcourt/Tonkam), Le Prince Alchimiste (S. Kosugi chez Doki Doki), et Ton visage au clair de lune (Mika Yamamori chez Pika).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Entretiens (Takao Matsumoto, Jean Barbaud, Makoto Ojiro), Hommage (Kazuki Takahashi, Christophe Izard), PupliRédactionnel (La Chaîne Mangas), Figure de Pro (Sébastien Onomo), Séance Studio (TMS), Trouvaille (Pantheon), Expo + Musique (Expo Ai Yazawa, portrait en musique), et Focus (L’odyssée Kamen Rider, Docteur Pixar et Mister Disney).

À lire pour tous fans d’anime. stars-3-5

dBD #167 (Octobre 2022)

dBD-167Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Métal Hurlant #4 qui compile des BD vintages tirées de numéros originalement parus en 1976 ~ 1979 et qui abordent le thème de “L’homme est bien petit” (chez Les Humanoïdes Associés) et une adaptation BD des Animaux Dénaturés de Vercors par Hélène Bruller (petite-fille de l’auteur) et Joseph Falzon (chez Albin Michel).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Jean-Michel Dupont et Mezzo au sujet de leur biographie de Jimi Hendrix, Kiss the Sky t.1, chez Glénat.  Les entrevues se poursuivent avec Diane Kurys (sur l’adaptation BD de son film Diabolo menthe, avec Cathy Karsenty, chez Dargaud), Philippe Xavier (sur Le Serpent et le Coyote, avec Matz, chez Le Lombard), Marguerite Abouet et Clément Oubrerie (sur le retour de Aya de Yopougon t.7 chez Gallimard), Nicolas Dumontheuil (sur L’Impudence des chiens, avec Aurélien Ducoudray, chez Delcourt), Nadja (sur Les Dieux de l’Olympe t.1: Aphrodite, chez Dupuis), Laurent Queyssi et Iriol Roig (sur Mundus chez Éditions 404) ainsi qu’avec Xavier Fourquemin et Régis Hautière (sur Révolutionnaires ! t.1: Les princes misère, chez Le Lombard).

Dans le Cahier Critique je note surtout Samurai non grata, un nouveau polar inédit de Jirô Taniguchi (sur un scénario de Toshihiko Yahagi) chez Pika (Bien; “rassemble quatre enquêtes indépendantes, publiées au tournant des années 1980 (…). Les intrigues (…) manquent de consistance pour faire de ce titre un incontournable (…). Réserver donc aux inconditionnels du maître japonais.”). Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Trillion Game (par Ryoichi Ikegami et Riichirô Inagaki chez Glénat), Witch Watch (par Kenta Shinohara chez Soleil), La Vengeance du souffre-douleur (par Chikara Kimizuka et Yen Hioka chez Soleil), La Désastreuse Histoire des jumeaux Stevenson (par Yuu Morikawa chez Delcourt/Tonkam), et Your Evil Past (par Takashi Sano chez Pika) — je passe sous silence les titres manfra ou manhwa.

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

dBD #168 (Novembre 2022)

dBD-168Dans le cahier actualités on mentionne la parution de L’Incroyable histoire de l’Église (par Olivier Bobineau et Pascal Magnat chez Les Arènes BD), Gestes et Bandes Dessinées (un collectif sur l’interprétation du geste en BD chez Presse Universitaires de Rennes sous la direction de Frédéric Chauvaud et Denis Mellier) et La Bande Dessinée en France à la Belle Époque 1880-1914 (par Thierry Groensteen chez Les Impressions Nouvelles).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Tardi sur la dernière aventure d’Adèle Blanc-Sec: T. 10, Le Bébé des Buttes-Chaumont chez Casterman. Les entrevues se poursuivent avec Ersin Karabulut (sur Journal Inquiet d’Isanbul chez Dargaud), Blutch (sur La Mer à Boire chez 2024), Salva Rubio (sur Le Premier Dumas t.1: Le Dragon noir, avec Ruben del Rincon, chez Glénat), Terry Moore (sur Serial chez Delcourt), Gaët’s et Julien Monier (sur RIP, t.5: Fanette, mal dans la peau des autres, chez Petit À Petit), Marcelino Truong (sur 40 hommes et 12 fusils, chez Denoël Graphic), et Mathieu Sapin (sur Pas de baiser pour maman, chez Rue de Sèves).

Dans le Cahier Critique je note Saint Seiya, Time Odyssey par Jérôme Alquié & Arnaud Dollen chez Kana (“scénario et planches (…) validés par Masami Kurumada, l’auteur du manga original (…) n’est ni une suite ni un préquel [mais] (…) une histoire parallèle”), Coffee Moon t.1 par Mochito Bota chez Doki-Doki (Bien; “pas d’une originalité déconcertante (…) dispose d’un potentiel indéniable”), et Fleurs de Pierre t.1 par Hisashi Sakaguchi chez Revival (Bien; “possède d’indéniables qualités graphiques (…) personnages forts et poignants”). Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Bofuri: Je suis pas venu ici pour souffrir alors j’ai tout mis en défense t.1 (par Jirô Oimoto d’après le light novel de Yuumikan, chez Mana Books), Nos mots comme des bulles t.1 (par Dai Satou et Imo Oono chez Delcourt/Moonlight), Call of the Night t.1 (par Kotoyama chez Kurokawa), Sanctuary Perfect Edition (par Ryoichi Ikegami et Sho Fumimura chez Glénat), Animal Crossing New Horizons t.1 (par Kokonasu Rumba chez Soleil), et NieR: Automata, Operation Pearl Harbor t.1 (par Megumu Soramichi et Yoko Taro chez Kurokawa) — j’ignore les auteurs thaïlandais ou coréens.

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

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Yawara ! #9

Yawara-9-cov“L’oeuvre incontournable d’un narrateur hors pair. L’auteur de Monster, Pluto, et Asadora! vous entraîne dans le quotidien ordinaire d’une judoka extraordinaire !”

“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publié entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. En 1998-99, il y a eut une réédition en format plus petit (bunkoban) de dix-neuf volumes, puis une “collector edition” (Kanzenban) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est présentement publiée en français chez Big Kana. Il y a onze volumes de paru jusqu’à maintenant, les suivants étant annoncé pour fin avril et juillet 2023. J’ai déjà commenté le premier, le second, le troisième, le quatrième, le cinquième, le sixième ainsi que les septième et huitième volumes.  

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vol. 9, p. 5

Pour pouvoir affronter Yawara et le club de Judo de l’Université pour filles de Mitsuba, Sayaka décide de créer son propre club de judo féminin à l’Université du Sacré-Corps. Celui-ci est composé de jeunes bourgeoises qui n’ont aucune expérience en judo mais cela ne concerne pas Sayaka qui compte gagner à elle seule. Et si l’équipe de Yawara est elle aussi composé de ceintures blanches inexpérimentées, elle est entraînée par Jigorô et compte parmi son rang une athlète surprenamment prometteuse, l’ex-ballerine Fujiko. Les deux équipes vont s’affronter à la coupe Hortensia du judo universitaire féminin. Toutefois, les co-équipières de Yawara se révèlent d’un tel niveau qu’elle n’a même pas à combattre et Sayaka se retrouve frustré de son duel avec elle. Cependant, en finale, Yawara se retrouve à affronter seule toute l’équipe championne de l’Université de Tsukushi!  En aura-t-elle la force ?

Ce volume nous offre une bonne dose d’action sportive enrobées d’humour et de quelques scènes coquines pour aguicher le lectorat masculin (le controversé “fan service”). Le dessin est de haute qualité et sait bien rendre les scènes de combats. Yarawa! est  une comédie romantique de sport qui nous offre une lecture à la fois captivante, agréable et distrayante. Vivement la suite! 

Yawara t. 9, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), juillet 2022. 306 pages, B&W (12 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.50 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8655-0, Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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© 2014 Naoki Urasawa / Studio Nuts. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2022 pour l’édition française.  

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L’Histoire de l’Empereur Akihito

Histoire deEmpereurAkihito-covNaïvement, on aurait tendance à envier celui qui est présenté comme empereur d’un pays comme le Japon. Statut et honneurs, fastes et richesses cachent en vérité une vie d’esclave au service d’une fonction ingrate et d’un peuple en crise permanente. Une vie de chef d’État sans mandat, sans arrêt, de l’enfance jusqu’à la tombe. Qu’est-ce qui poussa ainsi Akihito à devenir le premier empereur japonais à démissionner de sa fonction ? La difficulté de succéder à Hirohito, l’empereur qui a mené le pays à la guerre puis à la défaite, la haine d’une partie du peuple qui reniera le pouvoir du trône du chrysanthème, les concessions et humiliations pour desserrer le blocus des occidentaux et relever son pays, le poids des traditions et des protocoles. De l’abdication de son père à la catastrophe de Fukushima, voici le récit de la vie d’un empereur à qui l’on n’aura jamais accordé d’être un homme.

Évitant l’écueil de la partialité, le propos de Eifuku, factuel mais tourné vers la personne humaine, qui ne pouvait être porté que par un moine bouddhiste, est illustré avec sobriété et élégance par Furuya, artiste majeur au réalisme saisissant.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

L’histoire de l’empereur Akihito (明仁天皇物語 / Akihito ten’nō monogatari) est un manga seinen biographique écrit par Issei Eifuku (Le Samourai Bambou) et dessiné par Usamaru Furuya (Je ne suis pas un homme, Je rêve d’être tué par une lycéenne). Il a été prépubliée en 2019 dans le magazine Shuukan Post (週刊ポスト) avant d’être compilé en un volume chez Shôgakukan. Il a été traduit en français chez l’éditeur belge Véga / Dupuis.

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P. 159

 

Issei Eifuku (moine bouddhiste et mangaka !) n’est pas étranger avec les biographies impériales puisqu’il a déjà co-écrit, avec Kazutoshi Handō, le manga Empereur du Japon (昭和天皇物語 / Shōwa Tennō Monogatari) qui présentait en douze volumes la vie et le règne de l’Empereur Hirohito, le père de Akihito, publié en français chez Delcourt/Tonkam et dont j’ai déjà commenté les deux premiers volumes. Ce volume en constitue une postface en quelque sorte. Il nous offre un survol plutôt rapide de la vie et du règne d’Akihito: son enfance durant la guerre, sa rencontre sur un court de tennis avec celle qui deviendra son épouse, ses efforts pour se rapprocher du peuple ainsi que son dévouement envers la constitution japonaise et au pacifisme, puis son abdication. Le résultat est un récit très anecdotique avec peu de dialogues, constitué plutôt des tranches de vie accompagnées d’une narration. Ainsi, pour éviter sans doute de trop romancer le récit, l’ouvrage est construit autour d’extraits de discours ou de correspondance. Toutefois, écrit sous la supervision du palais impérial, l’ouvrage tombe dans l’opposé du récit romancé et s’apparente plus à un exercice de propagande pour mousser l’image de l’Empereur tout en expliquant et justifiant son abdication…

C’est un manga plutôt bien dessiné mais l’aspect anecdotique et politique du récit le rend plus didactique que divertissant. Cela reste néanmoins une lecture intéressante mais surtout pour les amateurs d’histoire du Japon.

L’Histoire de l’Empereur Akihito, par Issei Eifuku (scénario), Usamaru Furuya (dessin) et Hidetaka Shiba (Supervision). Marcinelle: Vega / Dupuis (Coll. Seinen), Décembre 2021. 216 pages (8 en couleurs), 21.0 x 15.0 cm, 11.00 € / $19.95 Can, ISBN 9782379501531. Pour un lectorat jeune (7+). stars-3-0

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© 2019 Issei Eifuku, Usamaru Furuya. All Rights Reserved. © 2021 Éditions Dupuis pour l’édition française.

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Isabella Bird #9

IsabellaBird-9-cov“Avant de quitter Akita, Isabella est approchée une dernière fois par le Dr Kobayashi : l’homme lui fournit des vivres et l’informe que le Dr Hepburn l’attendra à Hakodate dans sept jours pour lui administrer les soins nécessaires à sa santé fragile.

Malheureusement, les éléments ne permettent pas aux voyageurs de progresser aussi vite qu’escompté ! Après avoir affronté les flots déchaînés du fleuve Yoneshiro, l’aventurière et son guide doivent faire face à la colère de la montagne… Arriveront-ils à temps au point de rendez-vous ?

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, femme exploratrice est un récit passionnant sur la rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Vol. 9, p. 36

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan. Écrit et dessiné par Taiga Sassa, ce manga seinen historique a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Harta (Enterbrain), puis compilé en volumes chez Kadokawa. Le premier volume est paru en mai 2015 et le plus récent volume, le dixième, est paru au Japon en février 2023.

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Vol. 9, p. 169

Les éléments continuent de se déchaîner causant beaucoup de retard à l’expédition d’Isabella Bird: pluie abondante, rivières transformées en torrents, glissements de terrain, etc. Forcée de faire halte à Ikarigaseki car la route a été coupée, Isabella en profite pour soigner les blessées. Elle s’étonne toujours de l’acceptation et de la résilience des japonais face à l’adversité. L’épuisement de leur équipement et surtout des vivres poussent Isabella aux limites de ses capacités. Les villageois célèbrent le nouvel an d’avance afin de ramener la bonne fortune. Isabella rencontre un jeune Chrétien persécuté et survivant de la Guerre du Boshin qui lui amène un message du Dr. Hepburn ce qui lui remonte le morale et lui fournit l’occasion d’en apprendre encore plus sur la culture Japonaise à l’ère Meiji. La route étant réouverte ils peuvent finalement rejoindre Aomori et prendre un bateau pour Hakodate. Isabella en profite pour expliquer à son guide, Tsurukichi Ito, que son intérêt pour les Aïnous provient d’une rencontre avec Charles Darwin qui s’interrogeait sur leurs possibles origines caucasiennes. À Hakodate, le Dr Hepburn examine Isabella et la trouve en meilleur forme qu’il pensait mais hésite à lui permettre de poursuivre son expédition. Le consul  Britannique Richard Eusden a obtenu pour elle un laisser-passer qui lui donne tous droits et privilèges ce qui lui facilitera la tâche. Il lui explique également que son expédition est d’une grande importance pour l’état car une bonne connaissance du Japon, surtout de Hokkaido, donnera à l’Empire Britannique un avantage précieux dans la compétition géostratégique avec l’Empire Russe ! Toutefois, l’ancien employeur de Ito, Charles Maries, ne sera-t-il pas tenté de nuire à leur expédition ?

Taiga Sassa met en scène des personnages historiques réels (Isabella Bird elle-même, Tsurukichi Ito, le Dr James Hepburn, le consul général Harry Parkes, le botaniste Charles Maries, etc.) dont il romance un peu les accomplissements pour nous faire le récit fascinant de cette expédition et nous faire découvrir toutes la beauté et la complexité du Japon de l’ère Meiji. L’intérêt du récit est rehaussé par la grande qualité de son style graphique qui, quoi que inégal, offre un dessin précis et détaillé. Isabella Bird est donc un excellent manga qui nous offre une expérience de lecture à la fois agréable, distrayante et aussi très instructive. Je le recommande fortement, surtout pour les amateurs d’histoire et de culture Japonaise. Toutefois, il me semble que malgré toutes les tribulations qui ont précédé (et huit tomes!) l’expédition d’Isabella Bird ne fait maintenant que commencer! Vivement la suite!

Isabella Bird, femme exploratrice T.09 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), août 2022. 208 pg, , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-1167-5. Pour lectorat adolescent (12+). stars-4-0

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© Taiga Sassa 2022.

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Un cri dans le ciel bleu

UnCriDansLeCielBleu-cov“Basés sur des récits véridiques, Seiho Takizawa raconte l’histoire de l’aviation de guerre. Des essais de nouveaux modèles à des confrontations surprenantes entre survivants des combats, de Guadalcanal au porte avion Yorktown, l’auteur nous entraine sur le front pacifique avec une rigueur historique reconnue par tous les spécialistes.”

“Du front asiatique à la guerre du Pacifique, des côtes françaises aux rives du nord de l’Europe, Seiho Takizawa raconte le combat des aviateurs. Tirés de récits de guerre, ces histoires courtes plongent le lecteur dans le quotidien des pilotes.”

« Peu importe que l’issue d’une bataille aérienne soit toujours totalement arbitraire, j’étais sûr et certain que mon ennemi et moi y avions pris beaucoup de plaisir. » — Eino Ilmari Juutilainen, As de l’aviation de l’armée de l’air finlandaise.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Un cri dans le ciel bleu est un manga Seinen par Seiho Takizawa qui compile une sélection de récits tirés de deux anthologies d’histoires courtes: 蒼空の咆哮 (Sōkū no hōkō / lit. “Rugissement du ciel bleu”) publié chez Dai Nippon Kaga en 1996 et 神々の糧 (Kamigami no kate / lit. “Nourriture des dieux”) regroupant des histoires sérialisées dans les magazines Model Graphix (janvier 2002 à mars 2003), Scale Aviation et Armor Modeling avant d’être publiées en un volume chez Dai Nippon Kaga en 2011.  Il a été traduit en français en 2015 dans la collection “Cockpit” des Éditions Paquet. Il est a noter que la traduction de deux récits de la première anthologie (“Les aigles de mer” et “La bataille du 19 Août”) ont été publié plutôt dans L’As de l’aviation.  Seiho Takizawa a débuté comme illustrateur dans le magazine Model Graphix et se spécialise dans les récits aéronautiques qui se déroulent durant la Guerre du Pacifique. Une demi-douzaine de ses titres (sur la vingtaine de publiée au Japon) ont été traduit en français. J’ai déjà commenté Sous le ciel de Tokyo (volume un et volume deux) ainsi que L’As de l’aviation. Ce volume regroupe quatorze histoires courtes:

 

“Battle Illusion I: Cris de guerre” (「鬨声」 / Kachidoki-goe; 8 pages): un pilote imagine son duel aérien comme un combat de samuraï.

“Battle Illusion II: Offensive” (「迎撃」/ Geigeki / lit. “Interception”; 8 pages): un pilote américain affronte un ennemi surprenamment puissant: un Tachikawa Ki-74 de reconnaissance.

“Battle Illusion III: Duel” (「決闘」 / Kettō; 8 pages): Son bateau ayant coulé dans la mer de Sibuyan, un soldat japonais se retrouve isolé sur l’île de Luçon dans les Philippines. Il y rencontre un autre japonais qui veut le tuer pour le manger !

“Battle Illusion IV: Souvenirs” (「回想」 / Kaisō; 8 pages): Deux concepteurs d’avions allemands se retrouvent à Buenos Aires et se souviennent de leur travail sur le Fockewulf TA-152.

“Battle Illusion V: Jours de calme” (「静寂」 / Shijima / lit. “Silence”; 8 pages): Durant la guerre Russo-Finlandaise, un groupe de jeunes pilotes Finlandais voient la tranquillité de leur aérodrome d’Immola interrompue par une attaque russe…

“Battle Illusion VI: Torpille” (「雷撃」 / Raigeki / lit. “Coup de foudre” ou “attaque à la torpille”; 8 pages): En juin 1942 près de Midway, le porte-avion Yorktown se fait attaquer par des torpilleurs japonais…

“Battle Illusion VII: Glace et neige” (「氷雪」 / Hyōsetsu; 8 pages): En novembre 1943, les pilotes de KI-43 “Faucon Pèlerin” de la base de l’île Paramouchir, au nord de l’archipel de Chishima (Kouriles), donnent un bonne raclée aux bombardiers B-24 et B-25 américains…

“Battle Illusion VIII: Tonnerre” (「雷鳴」 / Raimei; 8 pages): Un salaryman âgé et désabusé revient de travailler tard le soir dans le métro et il y a la vision de son père à bord d’un Mitsubishi J2M “Raiden” témoin impuissant des B-29 qui larguent des bombes incendiaires sur Tokyo…

“In the Grinder: Dans la broyeuse” (36 pages): En septembre et octobre 1942, les pilotes de Zéro japonais donnent beaucoup de fil à retorde aux pilotes américains de F4F et de P-400 de la base d’Henderson, à Guadalcanal, causant beaucoup de perte en hommes et en matériel. Le vent tournera pour les américains avec la venue du P-38, plus performant.

“Le Caprice du chasseur” (「狩人の気まぐれ」/ Kariudo no kimagure; 6 pages): Un pilote de LA-5 balte affronte en duel aérien un BF109G finlandais. Un combat mémorable qui leur procure beaucoup de plaisir…

“Les Forces aériennes royales amateurs” (「王立素人軍隊」/ Ōritsu shirōto guntai / lit. “Armée royale amateur”; 6 pages): En mai 1943, la base Australienne de Darwin est victime d’une attaque surprise de Zéro alors que tout les pilotes vétérans sont en permission et que la base n’est gardé que par des pilotes novices…

“Channel Dash: Opération Ruée sur la Manche” (12 pages): En février 1942, la flotte allemande basée à Brest est rappelée vers l’Allemagne et réussi à se faufiler dans la Manche. Les Spitfire et les torpilleurs Swordfish ne réussissent pas à les arrêter… (Ce récit est dans le sens de lecture occidental)

“L’allée des bombardements: La lutte de la défense aérienne sur le territoire Allemand” (8 pages): Fin avril 1944, des chasseurs ME109G et FW190 attaquent un convoi de bombardiers américains escorté par des Thunderbolts. Après un duel aérien impressionnant, deux pilotes ennemis doivent s’éjecter. Ils se rencontrent au sol et pendant une demi-heure discutent amicalement du combat et de leur famille… (Ce récit est dans le sens de lecture occidental)

“La lutte des défenses aériennes d’Iwo Jima: La guerre du Pacifique” (8 pages): En juillet 1944, des pilotes de Zéro modèle 52 et 21 tentent de défendre l’île d’Iwo Jima contre les Grummans F6F américains… (Ce récit est dans le sens de lecture occidental)

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Page 12

Ce volume nous offre des histoires très courtes (la plupart n’ont que huit pages) mais dont plusieurs sont très belles. C’est tout un exploit de réussir à faire un récit d’action cohérent en si peu de pages. Ce qui est intéressant ici c’est que l’auteur nous présente plusieurs histoires d’un point de vue autre que japonais. Toutefois, il n’identifie pas toujours les avions dessinés ce qui est un peu décevant. Le style graphique est assez beau car il est simple et précis, surtout pour les détails mécaniques, mais il est également un peu plus inégale que le volume précédent car ces récits ont originalement été publié à différentes périodes de sa carrière et qu’il se sert de ces histoires très courtes pour expérimenter avec la technique et la narration. Somme toute, c’est un bon manga qui offre une lecture agréable qui sera surtout apprécié des amateurs de mangas historiques, d’aviation et de la deuxième guerre mondiale.

Un cri dans le ciel bleu, par Seiho Takizawa. Veyrier (Suisse): Paquet Éditeur (Coll. Cockpit Manga), décembre 2015. 176 pages, 23 x 16 cm, CHF 13,00 / $16.95 Can, ISBN 978-2-88890-717-6. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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© 1996 Seiho Takizawa et © 2011 Seiho Takizawa. All rights reserved. © Éditions Paquet 2015 pour l’édition française.

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L’As de l’aviation

AsDelAviation-cov“1944 et 1945. Fin de la seconde guerre mondiale sur le front pacifique. Le Japon résiste à l’armée américaine grâce à l’engagement jusqu’à la mort de ses pilotes. Par de courts récits forts et graphiquement irréprochables, Seiho Takizawa illustre le combat d’une armée en déroute.”

“8 histoires… 8 récits de pilotes, inspirés de missions réelles. La guerre du Pacifique, vue du Japon. Des forces inégales se combattent. La capitulation est proche, mais l’honneur commande de ne jamais renoncer. Des hommes se sacrifient, d’autres se découvrent des forces insoupçonnées. Certains feront trembler le ciel ou deviendront des As de l’aviation. Histoire complète.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

L’As de l’aviation (撃墜王―太平洋航空決戦録 / Gekitsui-ō ― Taiheiyō kōkū kessen- / lit. “Roi de l’abattage – Record décisif de Pacific Air”) est un manga Seinen par Seiho Takizawa qui a été publié en deux volumes chez Nihon Shuppansha en 1995 puis en un volume chez Gakushuu Kenkyuusha (Gakken) en 2002 et Sekaibunkasha en 2007. Il a été traduit en français en 2015 dans la collection “Cockpit” des Éditions Paquet. Seiho Takizawa a débuté comme illustrateur dans le magazine Model Graphix et se spécialise dans les récits aéronautiques qui se déroulent durant la Guerre du Pacifique. Un seul de ses mangas a été traduit en anglais (Who Fighter with Heart of Darkness, une anthologie publié chez Dark Horse en 2006 qui comprend trois histoires courtes: “Who Fighters”, “Heart of Darkness” et “Tanks”) mais une demi-douzaine de ses titres (sur la vingtaine de publiée au Japon) ont été traduit en français. J’ai déjà commenté Sous le ciel de Tokyo volume un et volume deux. Contrairement à ce dernier, qui offre un long récit en deux volumes, L’As de l’aviation regroupe huit histoires courtes.

 

Dans “Ces hommes qui ont fait trembler le ciel” (『震天制空隊』/ Shinten Seikūtai / lit. “Corps de l’air séisme”; 24 pages) les pilotes japonais ont de la difficulté à abattre les bombardiers B-29 américains qui ont des capacités bien supérieures aux avions de combat de l’armée japonaise. L’utilisation de jeunes pilotes suicides dans des Kawasaki KI-45 “Tueur de dragon” n’est pas une solution viable…

Dans “Une précision démoniaque” (「急降下爆撃隊」/ Kyūkōkaba kugekitai / lit. “bombardier en piqué”; 24 pages) le pilote japonais d’un Yokosuka D4Y Suisei “Comète” doit prouver son courage en larguant son unique bombe sur le porte-avion américain “Princetown”…

Dans “En ordre de bataille” (「編隊空戦司令」/ Hentai kūsen shirei / lit. “Commandant de combat aérien de formation”; 24 pages) les pilotes japonais des Nakajima Ki-84 “Hayate“ doivent défendre les convois maritimes qui ramènent les précieuses ressources naturelles (dont l’essentiel pétrole de Bornéo) vers le Japon. Malheureusement, les Américains savent toujours trouver le point faible dans leur défense…

Dans “Le vol de l’hirondelle” (「飛燕」/ Hien / lit. “Hirondelle volante”; 24 pages) un pilote s’écrase sur une petite île de l’archipel Bismarck en Nouvelle-Guinée. Ne pouvant utiliser le Zéro A6M Modèle 22 monoplace posté sur l’île, il répare (grâce à un ingénieur de Kawasaki dépêché sur place) un vieux Kawasaki Ki-61 “Hirondelle” abandonné et peut finalement rejoindre Rabaul non sans avoir abattu le B-24 qui patrouillait la région…

Dans “Le soleil levant et les étoiles” (『旭と星』/ Asahi to hoshi / lit. “Soleil du matin et les étoiles”; 26 pages) un C-47 de transport s’écrase sur une petite île du pacifique et seul le pilote américain survit. La base japonaise n’a pas d’avion mais a besoin désespérément de matériel médical. Toutefois, en utilisant un des moteurs du C-47 pour réparer un Mitsubishi Ki-46 de reconnaissance abandonné sur l’île et les talents du pilote américain, ils tentent de rejoindre une base des Philippines. Mais comme celle-ci est sous attaque par un porte-avion américains, ils doivent faire demi-tour… Une histoire inspirée par le film The Flight of the Phoenix.

Dans “L’As de l’aviation” (『撃墜王』/ Gekitsui-ō / lit. “Shooting king”; 24 pages), Kudô et Sawaguchi rivalisaient constamment pour la position de lanceur de leur équipe de baseball universitaire, mais le premier était toujours l’As et le second en position de réserve. Leur rivalité se poursuit sur le champs de bataille pour piloter le Kawasaki Ki-61 “Hirondelle”, le seul assez puissant avec ses canons de 20 mm pour affronter les bombardiers lourds américains, mais cela s’avérera une cruelle leçon de survie…

Dans “Les aigles de mer” (「海の陸鷲」/ Umi no rikuwashi / lit. “Aigle de la mer”; 28 pages), malgré leurs rivalités, des pilotes de l’armée s’entraînent sur des Mitsubishi Ki-67 “Dragon Volant“ de la marine pour former une troupe d’attaque “Typhon” de bombardiers-torpilleurs. En octobre 1944, ils lancent un offensive généralisée à partir d’Okinawa pour tenter de contrer les forces américaines qui avances inexorablement depuis Taiwan et les îles du sud-ouest…

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Dans “La bataille du 19 Août” (「8月19日の戦争」/ 8 Tsuki 19-nichi no sensō / lit. “Guerre du 19 août”; 32 pages), le 15 août 1945 les soldats d’une base de Kyushu écoutent avec incrédulité le discours de l’Empereur qui accepte inconditionnellement le traité de Potsdam. Alors qu’ils se préparent au démantèlement de la base et au désarmement de leur appareils, certains d’entre eux complotent pour livrer la dernière bataille du Japon et abattre l’avion diplomatique qui amène les représentants américains à Okinawa pour la signature du traité de capitulation

Seiho Takizawa excelle dans les courts récits d’action. Son style de dessin, avec ses traits fins et précis, est beau et simple — il présente des arrière-plans peu détaillés sauf pour ce qui est des avions, qui sont toujours illustrés de façon minutieuse et précise. Son sujet est fort intéressant: des hommes qui font face à une guerre qu’ils se savent destiné à perdre. Toutefois, les véritables héros de ses histoires ne sont pas tant les pilotes que les avions eux-même. Il représente bien les scènes de combats, quoi que la fluidité de l’action est parfois déficiente ce qui rend difficile d’en suivre le déroulement. Somme toute, c’est un bon manga qui offre une lecture agréable qui sera surtout apprécié des amateurs de mangas historiques, d’aviation et de la deuxième guerre mondiale.

L’as de l’aviation, par Seiho Takizawa. Veyrier (Suisse): Paquet Éditeur (Coll. Cockpit Manga), novembre 2015. 224 pages, 23 x 16 cm, CHF 13,00 / $16.95 Can, ISBN 978-2-88890-716-9. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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© 2004 Seiho Takizawa. All Rights Reserved. © Éditions Paquet 2015 pour l’édition française.

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Pilote Sacrifié, t.1

PiloteSacrifie-1-covDécouvrez l’histoire vraie de Sasaki Yuuji, un pilote kamikaze durant la Seconde Guerre Mondiale, qui a été envoyé sur neuf missions suicide dont il a réchappé vivant à chaque fois.

Sasaki Tomoji est aviateur à l’école des pilotes de l’armée de terre de Hokota. Ses capacités sont très vite remarquées et il devient pilote d’attaque spéciale dans 4e Corps aérien. La mission qu’il se voit confier consiste à se jeter avec son appareil sur l’ennemi. Il devient un Tokkôhei, plus connu en occident sous le nom de Kamikaze. Découvrez comment Tomoji a pu rentrer vivant à neuf reprises.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Pilote Sacrifié (不死身の特攻兵 / Fujimi no Tokkô-hei / lit. “Immortel soldat d’attaque spéciale [kamikaze]”) est un manga seinen par Naoki Azuma (d’après une histoire de Shoji Kokami) qui raconte l’histoire véridique de Sasaki Tomoji qui devient pilote d’attaque spéciale dans le 4e Corps aérien de l’Armée de terre durant la Guerre du Pacifique et survit à neuf missions pour en faire plus tard le récit… Cette histoire a été d’abord publié sous forme d’essai par Shoji Kokami (不死身の特攻兵 生キトシ生ケル者タチヘ / Fujimi no tokkō-hei  Ikitoshi Ikeru Monotachi e / Lit. “Immortal Kamikaze Soldier — Pourquoi le dieu de la guerre s’est-il rebellé contre ses supérieurs?”) chez Kodansha Gendai Shinsho en 2017, puis adapté en manga par Naoki Azuma (sous le titre Fujimi no tokkō-hei-sei kitoshi nama Keru-sha tachihe / lit. “Immortal Special Attacker Raw Kitoshi Raw Keller Tachihe”) et publié en feuilletons dans l’hebdomadaire Young Magazine (#36/37 2018 – #25 2020) et dans le mensuel numérique Comic Days (juin à août 2020) avant d’être compilé en dix volumes chez Kôdansha. Le manga est publié en français chez Delcourt/Tonkam et quatre volumes sont disponibles jusqu’à maintenant (avec un cinquième à paraître en mai 2023).

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Vol. 1, p. 38

Toute son enfance, alors qu’il grandissait au sein d’une large famille sur une ferme de Hokkaido, Tomoji rêvait de devenir pilote d’avion. D’abord refusé par l’école aéronautique de l’armée de terre, il réussit à entrer à dix-sept ans dans un centre de formation privé de Sendai. Après un an d’entrainement, alors que débute la Guerre du Pacifique, il est muté au centre d’entrainement de l’armée de terre à Hokota. Naïvement, il est fier d’être assigné à un corps d’attaques spéciales, ne réalisant d’abord pas qu’il s’agit de mission suicides ! Malgré les ordres, il fera de son mieux pour accomplir les objectifs des missions tout en restant en vie… En 2015, hospitalisé à l’âge de quatre-vingt-douze ans, il raconte ses exploits à un mangaka…

Ce premier volume du manga ne fait qu’introduire la situation et les personnages. Le récit décrivant la vie d’un jeune pilote kamikaze et les inepties de l’armée Japonaise est intéressant mais la narration manque de fluidité et j’ai eu de la difficulté à suivre qui était qui et faisait quoi… De plus, même si le dessin est assez bien, je l’ai trouvé très inégale. Il faut dire que je ne suis pas un gros fan de manga d’action avec leurs lignes de vitesse et grosses gouttes de sueurs… Dans l’ensemble c’est un manga plutôt moyen qui mérite sans doute d’être lu si vous êtes curieux sur le sujet de la Guerre du Pacifique ou amateur de mangas de guerre.

Pilote Sacrifié: Chroniques d’un Kamikaze, t. 1, par Naoki Azuma (Scénario) et Shoji Kokami (Illustration). Paris: Delcourt/Tonkam (Coll. Seinen), Février 2022. 208 pages (198 planches), 13 x 18.3 cm, 7.99 € / $13.95 Can, ISBN 978-2-413-03828-3. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-2-5

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© 2018 Shoji Kokami, Naoki Azuma. All Rights Reserved. © 2022 Groupe Delcourt pour la présente édition.

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Otherworld Barbara, vol. 1-2

OtherworldBarbara-1-covVol. 1

“In this classic science fiction thriller by one of the most influential manga writer-artists of all time, there are dream pilots, murderous cannibal nine-year-olds, and more.

Fantagraphics Books is proud to present the first volume (of two) of Moto Hagio’s Otherworld Barbara, in which Tokio discovers a phantom island named Barbara. Then there’s a mysterious and missing geneticist, an eccentric clergyman, a grieving grandmother granted temporary youth, a psychologist killed by a freak tornado… Hagio offers a sci-fi explanation for these seemingly random paranormal elements, and makes it all matter with believable characters in complex and subtle relationships. This book won the “Nebula Award of Japan” (Nihon SF Taisho Award) in 2006.“

[Text from the publisher’s website; see also the backcover]

Otherworld Barbara, vol. 1, by Moto Hagio (translation by Matt Thorn). Seattle: Fantagraphics Books, August 2016, 400 p. (6p. in colour), 7.4″ × 9.9”, $39.99 US / $52.99 Can, ISBN 978-1-60699-943-1. For Young Adult readership (16+). stars-4-0

OtherworldBarbara-2-covVol. 2

“In the conclusion of the shojo manga pioneer’s sci-fi mystery, a man tries to save his son before the world ends… but which world, and which son?

In the second (and concluding) volume, Nanami had sworn to never see her granddaughter, Aoba, again. A despairing Kiriya had rejected his father, Tokio. Yet now both are traveling with Tokio to Engaru, where Aoba has slept and dreamt of the island of Barbara for seven years. The poltergeist phenomena becomes more intense. Can the dreamer become the dreamed, and the dreamed the dreamer?”

[Text from the publisher’s website; see also the backcover]

Otherworld Barbara, vol. 2, by Moto Hagio (translation by Matt Thorn). Seattle: Fantagraphics Books, August 2017, 400 p. (8 p. in colour), 7.4″ × 9.9”, $39.99 US / $52.99 Can, ISBN 978-1-68396-023-2. For Young Adult readership (16+). stars-4-0

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

Otherworld Barbara (バルバラ異界 / Barubara Ikai / lit. “Barbara alien world”) is a josei manga by Moto Hagio that was first serialized in the monthly magazine Flowers between July 2002 and June 2005 before being compiled in four tankōbon volumes [B6 format (5 x 7 in) or A5 format (5.8 in × 8.25 in)] by Shogakukan (between June 2003 and September 2005). It was also released in a three-volume bunkoban edition (smaller format paperback, A6 format [4.1 ×5.8 in]) in December 2011 and January 2012. The English edition, translated by Matt [Rachel] Thorn and published by Fantagraphics, was only in two volumes (and in a slightly bigger format,  7.4 × 9.9 in). It has received the 27th Nihon SF Taisho Award in 2006. Moto Hagio is a member of the famous Year 24 Group and has greatly contributed to the development of the modern shōjo manga (I’ve already written about this subject in my commentary about he manga The Heart of Thomas).

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Vol. 1, p. 47

This manga, set in mid-twenty-first century, tells the story of Watarai Toshio who is a “dream pilot” as he has the ability to explores other people’s dreams. He usually works with criminal minds, studying their dreams to help find the bodies of the victims or the motives for the police. He is himself somewhat tormented by the situation of his dysfunctional family and the fact that he abandoned his son, Kitakata Kiriya, when he was just a baby. His wife, Kitakata Akemi, couldn’t stand the fact that he could read dreams and she fell in love with Johannes Sera, a priest that she thought was her husband in a previous life. So Watarai left and has seen his son, who is now fifteen, just a few time since. However, his life take quite a turn when he is asked to study the dreams of Jûjô Aoba, a young girl who has been in a coma for seven years, ever since her parents died in a murder-suicide when she was nine year-old and she was found with their hearts in her stomach! Her dreams take place one-hundred years in the future on an isolated island named Barbara. It is a bucolic place, a fantasy island where kids can fly, protected by a murderous beach elephant against the outside world which is at war with the martian colonies. Aoba’s dreams are generating a lot of poltergeist phenomenons and she even appears to Kiriya in a spectral form! Watarai slowly realizes that his own family’s history is deeply involved in this situation…

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Vol. 2, p. 12

With the characters and story context being well established by the first volume, the plot thickens in the second part as the mystery resolution revolves around finding Johannes Sera, the founder of an orphanage who has disappeared and who may (or may not) be the same person than Ezra Strady, a researcher studying rejuvenation and immortality and using the orphanage as a cover to create genetically modified babies. Member of a clan of people who age very rapidly, he is trying the find a cure for his condition while also trying to awaken the ancestral memories of the primordial life which came from Mars. With the help of his friends (Professor Daikoku and Momota Taro) and some of his son’s friends, Watarai races around Japan to uncover the truth. It seems that Aoba’s dreams are shaping the future. But when tragedy strikes, even the reality is affected by her dream and Watarai own desire! Soon the boundary between dream and reality is blurred and it is difficult to know which is which…

Otherworld Barbara is offering us a weirdly complex science fiction story as well as a compelling psychological drama. Moto Hagio says that she was inspired by reading Sakyo Komatsu’s novel Gordian Knot (ゴルディアスの結び目 / Gordian Musubime) and books about neuropsychology, but I find there are also many similitudes with the overall works of Philip K. Dick, Shinji Kajio’s novel series of Emanon, as well as J. M. Barrie’s stories of Peter Pan (and lets not forget the obvious reference to Last Year at Marienbad, a French surrealist movie by Alain Resnais). The socio-political context of the story and the ethical implications of the science, which are both barely hinted, make it extremely interesting and fascinating. The intense angst of the characters is also well balanced by humorous scenes. However, the complexity of the plot and of the relationships amongst this large cast of characters as well as the fact that the narration unfortunately sometimes lacks fluidity make it a little difficult to follow the storyline. Also, if the art itself is not exceptional, sometimes uneven and might appear a little dated to some, it is enriched by her dynamic and groundbreaking layout which characterize her style and was once considered very innovative. With its fine and precise lines, its textures and flourishes, its exploded layout that brakes the limit of the panels, her style represents the pinnacle of shōjo manga and superbly supports the complexity of the narrative. Overall, this manga offers an excellent reading that will surely please the enthusiasts of strong shōjo / josei manga, of complex science fiction stories and, of course, the fans of Moto Hagio. It is a must read that I strongly recommend.

For more information you can check the following websites:

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© 2003 by Moto Hagio. All Rights Reserved. This edition © 2016 Frantagraphics Books, Inc.

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Sous le ciel de Tokyo… 2

SousLeCielDeTokyo-2-cov“La situation est grave.

Shirakawa, bien conscient de l’écart du potentiel militaire entre les deux camps, continue à protéger la Capitale depuis les airs. Puis, le 25 mai 1945, des milliers de bombes sont envoyées dans la région où se trouve sa femme Mariko, rentrée chez ses parents. Inquiet pour elle dans le cockpit, Shirakawa s’efforce de chasser les B-29.

Quel est le destin du couple séparé entre les airs et le sol ?”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Sous le ciel de Tokyo (東京物語 / Tōkyō monogatari / litt. “Histoire de Tokyo”) est un manga seinen par Seiho Takizawa qui a d’abord été publié en feuilletons dans Comic Taiga en 2010 avant d’être compilé en deux volumes chez Dai Nihon Kaiga (juin 2012 et mars 2013). Il a ensuite été republié chez Futabasha en août 2015 (c’est cette édition qui a été traduite en français par Delcourt / Tonkam en 2017). Seiho Takizawa a débuté comme illustrateur dans le magazine Model Graphix et se spécialise dans les récits aéronautiques qui se déroulent durant la Guerre du Pacifique. Un seul de ses mangas a été traduit en anglais (Who Fighter with Heart of Darkness publié chez Dark Horse en 2006) mais une demi-douzaine de ses titres (sur la vingtaine de publiée au Japon) ont été traduit en français, principalement dans la collection “Cockpit” des Éditions Paquet (J’en commenterai plusieurs bientôt). J’ai déjà commenté le premier volume de ce manga.

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T.2, p. 27

Dans ce second volume, la fin de la guerre approche. L’aviation Japonaise teste de nouveau appareils et surtout des carburants alternatifs (à base de bois ou d’huile de pin) car le Japon s’est vu couper l’accès à ses réserves d’essence. Kayo, la jeune soeur de Mariko, se fiance avec Ishimoto un pilote de la marine. Avec la conquête d’Iwo Jima et de son aéroport, les attaques Américaines se font plus fréquentes les bombardiers sont maintenant protégé par des escadrons de chasseurs ce qui rends la taches des pilotes japonais plus difficile, voir impossible. Tokyo est attaqué avec des bombes incendiaires et Hiroshima est détruite par une seule bombe d’un nouveau genre. Dans un discours à la radio l’Empereur accepte les termes des alliés. 

Avec un dessin beau et simple, ce manga nous présente la vie quotidienne des Japonais durant la guerre vue à travers un officier de l’aviation de l’armée vivant avec son épouse à Tokyo. Il offre un point de vue différent et plutôt intéressant (voir même instructif) sur la Guerre du Pacifique qui n’est évidemment pas dépourvu de tragédie. C’est une bonne lecture, agréable, qui sera surtout apprécié des amateurs de mangas historiques, d’aviation et de la deuxième guerre mondiale.

Sous le ciel de Tokyo…, t.2, par Seiho Takizawa. Paris: Delcourt / Tonkam (Coll. Seinen), janvier 2018. 208 pages, 12.8 x 18.2 cm, 7.99 € / $13.95 Can, ISBN 978-2-413-00086-0. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Seiho Takizawa 2015. Édition française © 2018 Éditions Delcourt.

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