Bob Morane Intégrale 4

BobMoraneIntégrale-4-cov“Polytechnicien, polyglotte, ex-commandant d’aviation, bourlingueur au grand coeur, séducteur, Bob Morane traque le mal sous toutes ses formes et sous toutes les latitudes. Et il peut toujours compter sur l’aide de son plus fidèle ami, le colosse écossais Bill Ballantine… Retrouvez les aventures de l’aventurier en bande dessinée dans une intégrale chronologique.

Créé en 1953 par Henri Vernes, Bob Morane a déjà vécu plus de deux cents aventure. Depuis 1960, soixante-six d’entre elles ont été adaptées en BD. Elles ont été successivement dessinées par Dino Attanasio, Gérald Forton, William Vance et Coria.

Les voici pour la première fois réunies dans une intégrale qui reprend les épisodes dans l’ordre chronologique de leur publication. Avec, dans chaque volume, un dossier évoquant en textes, illustrations et photos, l’histoire d’une série devenue mythique pour plusieurs générations de lecteurs.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Cette quatrième compilation nous offre cinq récits de bande dessinée:

Le Secret des sept temples

En vacance dans un hôtel de Felicidad-city en Amérique Centrale, Bob Morane offre d’échanger sa chambre avec celle de Rose Sunday car la climatisation dans la chambre de la jeune et charmante journaliste ne fonctionne pas. Le soir même, on frappe à la porte de Morane et un homme tombe mourant sur le seuil avec l’avertissement qu’il y a du danger aux Sept Temples. Morane trouve sur l’homme une carte montrant les sept affluants du fleuve Rio Spirito Malo et l’emplacement de sept temples Maya. Morane et Ballantine décident d’aller investiguer. Après maintes difficultés et avoir rencontré la journaliste en cour de route, ils découvrent que l’Homme aux Dents d’Or utilise les souterrains reliant les temples pour établir une base de missiles nucléaires pour un ennemi de l’Amérique… [54 planches prépubliées dans les numéros 1044 à 1070 de “Femmes d’Aujourd’hui” (6 mai au 4 novembre 1965) et compilé en album chez Dargaud en 1968]

La Rivière de perles

En magasinant des antiquités dans le quartier chinois de San Francisco, Morane et Ballantine sont drogués et puis accusé d’un vol dans une bijouterie. Bill est arrêté par la police. Avec l’aide d’une charmante journaliste nommée Nathalie Wong, Bob va faire sa propre enquête afin de découvrir les vrais criminels et d’innocenter Bill… [21 planches prépubliées dans les numéros 288 à 292 de “Pilote” (29 avril au 27 mai 1965) et compilé en album chez Deligne en 1980] 

La Couronne de la Golconde

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Page 96 (Intégrale)

Au cours d’une croisière dans l’Océan Indien, Morane fait la rencontre de Savadra Diamond, la jeune héritière anglaise du Rajah de Phali, un petit royaume au nord d’Hyderabad. Son père est mort en lui laissant les secrets du trésor des anciens Sultans de Golconde, convoité par plusieurs dont la nouveau souverain de Phali, Rajah Singh, ainsi que Monsieur Ming et ses Dacoïts! Morane ne peut résister au défi de venir en aide à une demoiselle en détresse ! [20 planches prépubliées dans les numéros 294 à 298 de “Pilote” (10 juin au 8 juillet 1965) et compilé en album chez Deligne en 1980]

La Chasse aux dinosaures 

La mari de Carlotta, le richissime Frank Reeves, a disparu d’en d’étranges circonstances et celle-ci demande à Morane et Ballantine de le retrouver. Ils se rendent à Miami, puis à Los Angeles pour suivre sa piste qui les mène dans un hangar où git une étrange machine. L’agent du FBI Michael Spring, Carlotta, Bob et Bill inspectent la machine lorsque Bill pousse un bouton qu’il n’aurait pas dû… et ils se retrouvent tous en pleine préhistoire. Car il s’agit d’une machine à voyager dans le temps! Ils poursuivent leur recherche pour Frank tout en affrontant des monstres préhistoriques. Tout est perdu lorsqu’une éruption volcanique détruit la machine… Mais comme toujours, nos héros sont sauvé in extremis… [20 planches prépubliées dans les numéros 313 à 317 de “Pilote” (21 octobre au 18 novembre 1965) et compilé en album chez Parallax en 1988]

La Malédiction de Nosferat

Recevant un appel à l’aide de leur  amie Angelina Nosférat, Morane et Ballantine se rendent en Sildavie, dans les Karpathes. Arrivé aux château ancestral de la famille Nosférat, nos amis reçoivent un accueil plutôt froid alors que Angelina nie leur avoir envoyé une lettre. Sentant le subterfuge, Morane et Ballantine explorent le château pour découvrir la vraie Angelina enfermée dans une oubliette et que Monsieur Ming (l’Ombre Jaune) et ses Dacoïts ont investi la place à la recherche de l’Immortalité et de la pierre philosophale… [16 planches prépubliées dans les numéros 386 à 390 de “Pilote” (16 mars au 13 avril 1967) et compilé en album chez Deligne en 1979]

Pour rendre hommage à son créateur décédé en juillet dernier, je continue de relire quelques vieilles aventures de Bob Morane…

Décidément cette série de bande dessinées belge basée sur les romans et les nouvelles de Bob Morane par Henri Vernes ne tient pas en place ! Elle a été illustré par quatre artistes différents (d’abord Dino Attanasio, puis Gérald Forton et William Vance puis finalement Coria), dont les récits sont parues en prépublication dans pas moins de cinq périodiques (dans Femmes d’aujourd’hui entre 1959 et 1975 [14 récits], dans Bayard en 1960 [un seul récit], dans Pilote de 1965 à 1970 [6 récits], dans Tintin de 1975 à 1988 [18 récits] et finalement dans Hello BD de 1990 à 1993 [4 récits]) pour être finalement compilées en albums par cinq différents éditeurs (les Éditions Marabout, Dargaud, Le Lombard, Michel Deligne et Claude Lefrancq) ! Mais ce n’est pas tout: on a tenté récemment chez le Lombard de relancer la série avec des scénarios originaux (par Luc Brunschwig et Aurélien Ducoudray) et des illustrations de Dimitri Armand. Après la parution de deux tomes en 2015-16, sous le titre Bob Morane – Renaissance, la série est abandonnée… mais sera reprise chez les éditions Soleil avec un scénario de Christophe Bec et Éric Corbeyran, et un dessin de Paolo Grella !

Toutes ces histoires publiées dans le désordre par plusieurs éditeurs rend la série difficile à suivre. Heureusement, les éditions intégrales mettent un peu d’ordre dans tout cela. Il y a d’abord l’intégrale en seize volumes publiée conjointement par Dargaud et Le Lombard (1995-2004) mais les albums sont regroupé de façon thématique (Atome & Brouillard, Ombre Jaune et Dragons, etc.) ce qui n’est pas très intéressant. Heureusement, Le Lombard revient à la charge avec une intégrale en dix-sept volumes, cette fois chronologique (2015-2021). On y inclut dans chaque volume un dossier explicatif mais dans les deux volumes que j’ai lu jusqu’à maintenant il s’agit surtout des notes biographiques sur l’oeuvre de Gérald Forton pas toujours reliées à Bob Morane…

Comme ces cinq nouvelles aventures de Morane restent très similaires aux précédentes, pour le gros de mon commentaire, je vous renvoi  donc à ce que j’ai déjà dit au sujet de l’Intégrale 3… Cela nous offre de bons récits divertissants mais dont l’intrigue est un peu trop simpliste et répétitive pour être vraiment apprécié en grande quantité. La faiblesse réside surtout dans le dessin qui est certes classique, ou même vieillot, mais qui a peine à fournir des tons de couleurs agréables à l’oeil particulièrement dans le cas des scènes sombres ou nocturne. Certaines scènes sont carrément horribles (le tyrannosaure ou Carlotta nageant dans la rivière de La chasse aux dinosaures). Un homme, décrit comme grisonnant dans le dialogue, est illustré chauve (plusieurs personnage sont d’ailleurs chauves, ce qui simplifie le dessin j’imagine). Et le scénario des Chasseurs de Dinosaures, que j’ai relu récemment, a été raccourci et modifié pour l’adaptation BD: c’est Daisy, la soeur de Carlotta, qui vient voir Morane à Paris et le Prof. Clairembart a été remplacé par Carlotta dans l’expédition préhistorique. 

C’est somme toute décevant mais c’est fait pour être consommé rapidement, sans trop se poser de questions. Sinon, cela reste une bonne lecture pour les amateurs nostalgique du commandant Morane.

Bob Morane Intégrale 4, par Henri Vernes (texte) et Gérald Forton (dessin). Bruxelles: Éditions du Lombard, octobre 2016. 152 pages, 22.2 x 29.5 cm, 25.50 € / $C 44.95, ISBN 978-2-8036-7005-5. Pour un lectorat jeunesse (9+). Extraits disponibles. stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Vernes / Forton / Éditions du Lombard (Dargaud-Lombard S.A.) 2016. © Bob Morane Inc. SPRL 2016.

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Bob Morane Intégrale 3

BobMoraneIntegrale3-cov“Polytechnicien, polyglotte, ex-commandant d’aviation, bourlingueur au grand coeur, séducteur, Bob Morane traque le mal sous toutes ses formes et sous toutes les latitudes. Et il peut toujours compter sur l’aide de son plus fidèle ami, le colosse écossais Bill Ballantine… Retrouvez les aventures de l’aventurier en bande dessinée dans une intégrale chronologique.

Créé en 1953 par Henri Vernes, Bob Morane a déjà vécu plus de deux cents aventure. Depuis 1960, soixante-six d’entre elles ont été adaptées en BD. Elles ont été successivement dessinées par Dino Attanasio, Gérald Forton, William Vance et Coria.

Les voici pour la première fois réunies dans une intégrale qui reprend les épisodes dans l’ordre chronologique de leur publication. Avec, dans chaque volume, un dossier évoquant en textes, illustrations et photos, l’histoire d’une série devenue mythique pour plusieurs générations de lecteurs.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Cette troisième compilation nous offre quatre récits de bande dessinée:

Échec à la main noire

Morane et Ballantine sauvent une jeune femme sur le point de se faire enlever à Paris mais se retrouve rapidement à Venise sur les traces d’un trésor ancestral convoité par une organisation mafieuse! (Prépublié dans l’hebdomadaire néerlandais “Het Laatste Nieuws” sous le titre “Bob Morane zet de onderwereld schaakmat” entre le 15 juin et le 18 septembre 1963 et compilé en album chez Lefrancq en 1992.)

Et le mystère de la zone Z

BobMorane_MystereDeLaZoneZ-covÀ Singapour, Morane et Ballantine viennent à la rescousse d’une jeune femme qui s’est fait enlevée par trois lourdauds qui veulent savoir que fait son père, un zoologiste, dans les monts Batang-Lupar de Bornéo. En effet, un fusée américaine construite avec un métal aux propriétés étranges provenant d’un météorite, s’y est écrasée et une nation rivale convoite ce métal. Morane et ses compagnons s’échappent et se rendent dans la fameuse zone “Z” pour sauver le Professeur Evans. Toutefois, le mystérieux métal a contaminé la forêt qui se transmute peu à peu en métal! Mais la nature apporte souvent ses propres solutions… (Prépublié en 1963 dans les # 931 à 958 de l’hebdomadaire “Femmes d’Aujourdhui” et compilé en album chez Marabout en janvier 1964.)

Et la vallée des crotales

Morane et Ballantine tombent en panne en plein désert du Nouveau-Mexique où ils font la rencontre d’une belle et jeune princesse Apache qui a des problèmes avec un voisin qui convoite ses terres et, possiblement aussi, un trésor ancestral qui s’y cache dans une vallée perdue. Mais le désert dissimule plus que de l’or… (Prépublié en 1963 dans les # 959 à 986 de l’hebdomadaire “Femmes d’Aujourdhui” et compilé en album chez Marabout en janvier 1964.)

L’épée du paladin

Le Professeur Hunter a perfectionné sa machine à voyager dans le temps (voir Les chasseurs de dinosaures) et demande à Morane et Ballantine de la tester car il s’est blessé et ne peut le faire lui-même. C’est l’excuse parfaite pour aller faire un petit saut au Moyen-Âge, où les deux comparses jouent les troubadours auprès d’un belle comtesse, dont un voisin convoite le château, et qui est maudite car elle serait la descendante du traître qui a vendu Roland aux Maures. Un autre petit saut dans le temps pour demander à Charlemagne de prouver fausse cette rumeur et tout est sauvé! Malheureusement, un passager clandestin vole la machine et nos héros se retrouve (encore) abandonné dans le passé… pour se réveiller le lendemain dans leurs propres lits! On croirait à un rêve si ce n’était de l’épée du paladin qui traine sur le plancher de la chambre de Morane… (Prépublié en 1964-65 dans les # 1017 à 1043 de l’hebdomadaire “Femmes d’Aujourdhui” et compilé en album chez Dargaud en septembre 1967.)

Je m’était promis de lire plusieurs Bob Morane pour honorer la mémoire de son créateur, Henri Vernes, décédé récemment. Mais, comme je suis un peu paresseux, après avoir lu un roman j’ai décidé de passer à la lecture des bandes dessinées. J’ai, par la suite, découvert que cela était fort approprié puisque, apparement, dans plusieurs cas, Vernes a écrit en premier lieu le scénario de la bande dessinée et qu’il l’a adapté en roman plus tard… Et les intégrales ont l’avantage d’offrir des dossiers explicatifs en bonus…

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Dossier explicatif

Si après avoir lu un roman j’ai été surpris comment ce genre de récit avait bien tenu la route depuis mon adolescence et que cela demeurait une lecture captivante et divertissante, j’ai par contre été très déçu par la lecture des bandes dessinées. J’ai découvert qu’elles n’offraient que des récits pour adolescent simpliste, formulaïque et que le dessins est carrément horrible. J’imagine que quand on n’en lit qu’un seul c’est bon, c’est divertissant et on est plus enclin à ignorer la simplicité de l’histoire. Toutefois, quand on en lit plusieurs l’un à la suite de l’autre, c’est là que l’on remarque comment la formule du récit est répétitive et simpliste. On s’en lasse rapidement. Il y a toujours une donzelle en détresse (amie, princesse, journaliste, etc., qui devient inévitablement l’intérêt romantique de Morane) qu’il faut aider ou sauver et quand tout semble désespéré Morane utilise ses contacts, ou ceux d’un de ses compagnons, pour se sortir du pétrin d’une façon inattendue (le FBI, l’armée, le roi, la cavalerie, le guide ou chef de tribu qui avait disparu ou que l’on croyait mort, ou même la patrouille du temps)!

Néanmoins, après tout, c’est du récit d’aventure pour adolescent et on ne doit donc pas être trop exigent. Tant que cela nous amuse, nous diverti, que le récit offre une intrigue qui se tient (si on ne la regarde pas de trop près) cela reste une bonne lecture. Bon, il y a parfois de gros trous dans le scénario ou même des bourdes grossières (comment peut-on trouver de l’équipement de plongé sous-marine dans une petite ville en plein désert?!) mais cela est l’appanage de ce genre de récit d’aventure qui est à la limite du Pulp et qui demande un certain niveau de suspension consentie de l’incrédulité

Toutefois, là où le bat blesse c’est au niveau graphique. Le dessin en soi est assez bien tout en étant typique de la BD des années soixante. C’est un peu rigide tant dans la fluidité du récit (les personnages apparaissent un peu trop statique) que dans le découpage (toujours un format de six à dix cases bien égales) mais cela correspondait au style de l’époque. Non, ce qui est terrible (et, ma foi, plutôt laid) c’est surtout la coloration qui est beaucoup trop foncée (surtout les scènes de nuits et les visages quand ils sont ombragés) ! Mais même cela s’améliore tout au long des volumes, puisque c’est moins présent dans le troisième et a pratiquement disparu dans le quatrième… 

À lire si vous êtes curieux, un ado en mal d’aventure ou un vieil amateur nostalgique…

Bob Morane Intégrale 3, par Henri Vernes (texte) et Gérald Forton (dessin). Bruxelles: Éditions du Lombard, juin 2016. 200 pages, 22.2 x 29.5 cm, 25.50 € / $C 44.95, ISBN 978-2-8036-3748-5. Pour un lectorat jeunesse (9+). Extraits disponibles. stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Vernes / Forton / Éditions du Lombard (Dargaud-Lombard S.A.) 2016. © Bob Morane Inc. SPRL 2016.

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Les chasseurs de dinosaures

ChasseursDeDinosaures-cov“« Si vous désirez chassez le dinosaure, rendez-vous de toute urgence, sans en faire part à personne, à telle adresse… »

Une telle phrase suffirait è faire courir au bout du monde n’importe quel chasseur de fauves invétéré, surtout si ce chasseur s’appelle Frank Reeves et possède tout l’argent nécessaire pour réaliser ses moindre fantaisies.

Et, un soir, un jeune femme éplorée, attendra Bob Morane chez lui, le suppliant de voler au secours de Frank, disparu sans laisser de traces.

Naturellement, Bob ne pourra résister à cet appel. Avec le professeur Clairembart et Bill Ballantine, il partira è la recherche d Frank Reeves. Mais, pour atteindre ces terrains de chasse où errent les monstrueux dinosaures, il lui faudra suivre cette fois une route bien étrange.”

[ Texte de la couverture arrière ]

Pour commémorer la disparition de Henri Vernes, à l’instar de mon neveu, j’ai décidé de relire quelques unes des aventures de Bob Morane. J’en ai donc choisi une au hasard dans ma collection (je ne les ai pas tous mais j’en ai tout de même une cinquantaine — et j’ai dû lire les cent-cinquante premiers volumes sur une collection qui en compte deux-cent-sept). Je suis tombé sur un vieux volume de Marabout Junior, aux pages jaunies et craquantes, publié en 1957: Les chasseurs de dinosaures… Il semble que ce soit l’édition originale, le vingtième volume de la série (et le quatre-vingt-quatorzième de la collection Marabout Junior).

Lorsque Morane et ses compagnons se lancent sur les traces d’un ami disparu et se retrouvent naufragés en plein coeur de la préhistoire, ils doivent affronter tyrannosaures, brontosaures, ptérodactyles et microsaures (vélociraptors?) pour survivre… Comment réussiront-ils donc à se sortir de ce pétrin ?

C’est une série que j’adorais étant adolescent mais je craignais que ce genre de littérature jeunesse d’aventure ait mal vieilli. Et bien non, ça se lit toujours très bien. Le récit est fluide mais l’intrigue est relativement simple et la représentation de la faune et de la flore de l’ère secondaire et du crétacé manque un peu de rigueur — sans compter quelques bourdes atroces comme “La villa des Reeves, à Miami, était une sorte de palais ultra-moderne, avec (…) plage particulière au sable blanc lèché par les eaux bleues de la mer des Caraïbes”! Oups!

Cela reste très divertissant et agréable à lire. stars-3-0

Les chasseurs de dinosaures, par Henri Vernes. Verviers: Éditions Gérard & Co., 1957. 160 p. Pour lectorat adolescent (12+).

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ GoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 1957 by les Éditions Gérard & Co., Verviers.

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Revue de ‘zines [002.021.215]

Revue de ‘zines

Ces titres sont arrivé trop tard pour être inclus dans ma plus récente chronique. Je m’efforce de me maintenir à jour avec ce flot continue de périodiques et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter ce soucis, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

dBD #155 (Juillet-Août 2021)

dBD-155Dans le cahier actualités, on nous apprend d’abord le décès de Benoît Sokal. On nous fait aussi découvrir un ouvrage sur L’Art du manga par Jean-Samuel Kriegk aux éditions Palette, ainsi qu’une demi-douzaine de nouveautés mangas: Elfen Lied t.1 par Lynn Okamoto chez Delcourt/Tonkam, No Control! Perfect Edition par Lynn Okamoto & Mengo Yokoyari chez Delcourt/Tonkam, Survivor’s Club par Anajiro chez Delcourt/Tonkam, Insomniaques t.1 par Makoto Ojiro chez Soleil Manga, Comet Girl t.1 & t.2 par Yuriko Akase chez Casterman et Angel of Death t.1 par Kudan Naduka & Makoto Sanada chez Éditions Mana.

À la une de ce numéro on retrouve les coups de coeur de la rentrée du magazine qui nous offre des entrevues avec les auteurs et cinq pages d’extraits de leurs ouvrages: Oriol (sur L’Or du temps t.1, en collaboration avec Rodolphe, chez Daniel Maghen), Appollo (sur La Désolation, en collaboration avec Gaultier chez Dargaud), Grégory Panaccione (sur Quelqu’un à qui parler chez Le Lombard), Olivier Jouvray (sur Bob Denard, le dernier mercenaire, en collaboration avec Lilas Cognet, chez Glénat), Vincent Mallié (sur Ténébreuse t.1, en collaboration avec Hubert, chez Dupuis/Aire Libre), Sylvain Bauduret (sur Voltaire & Newton t.1, en collaboration avec Mitch, chez Delcourt), Philippe Pelaez (sur Pinard de guerre t. 1, en collaboration avec Francis Porcel, chez Grand Angle), et Frantz Duchazeau (sur Debout les morts, Fantaisie Macabre, chez Sarbacane). On retrouve également des entrevues avec Nicolas Debon (sur Marathon, chez Dargaud), Laurent Bonneau (sur L’Étreinte, en collaboration avec Jim, chez Grand Angle), Théa Rojzman (sur Grand Silence, en collaboration avec Sandrine Revel, chez Glénat) ainsi qu’avec Alex Fuentes & Damian (sur Perdus dans le futur t.1 chez Dupuis).

Dans le Cahier Critique je note Terrarium t.1 de Yuna Hirasawa chez Glénat (Super; “un très beau récit de science-fiction, servi par un dessin sublime”), Le songe du corbeau par Sentô et Alberto chez Delcourt (Super; “Graphiquement, c’est superbe (…). Un thriller dont on ne sort pas indemne”), Un été à Tsurumaki par Shin’ya Komatsu chez Imho (Top!; “beau (…) mignon (…) rigolo (…) original et surprenant (…) le genre de lecture qui ravit l’oeil et ce qui se cache derrière”), Rock of destruction par Norihiko Kurazono chez Omaké (Super; “À réserver toutefois aux amateurs de séries B”), L’Envol par Kuniko Tsurita chez Atrabile (Top!; collection d’une trentaine d’histoires datant entre 1965 et 1981), Bucket list of the dead t.2 par Haro Aso & Kotaro Takata chez Kana (Top!; “histoire de zombie complètement déjantée (…) à la fois récit de genre et satire sociale”) et Fukuneko t.1 par Mari Matsuzawa chez Nobi-Nobi (Super; “conte sympathique”).

Ce numéro double de l’été (132 pages) nous offre une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-4-0

Capsules

Solaris #219 (Été 2021)

Solaris219_Couvert-255x400Comme toujours, Solaris nous offre une fenêtre sur la littérature de genre au Québec et ailleurs. Celle-ci  s’ouvre à nous en trois volets: Le volet fiction comprend cette fois sept nouvelles qui nous permettent d’échantillonner les différentes saveurs de la littérature de genre actuelle. Le volet documentaire n’offre encore une fois qu’un seul article, un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier. Finalement, le volet critique (36 p.) se divise en deux parties: “Les littéranautes” qui commentent les parutions locales et les “Lectures” qui commentent le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne.

Les sept récits du volet fiction se déclinent tous autour de la thématique du temps et de sa finalité que représente la mort:

  • Dans Le Théorème des quatre douleurs” (21 p.), par Josée Bérubé (lauréate du Prix Solaris 2020), la concierge Ginette raconte à la police ce qu’elle a vu dans le laboratoire de Juliette pour tenter d’élucider la disparition de la scientifique… Amusante histoire, bine construite. stars-3-5
  • Dans Le Vieil Homme et le trou noir” (5 p., texte lauréat du Prix d’écriture sur place de Boréal 2021, catégorie pro), par Hugues Morin, un homme à l’identité fluide tombe dans un trou noir… ou est-ce plutôt dans l’abîme de sa mémoire? stars-3-0
  • Dans L’Offrande sur la pierre tombale“ (2 p., texte lauréat du Prix d’écriture sur place de Boréal 2021, catégorie de la relève), par Martine Bourque, une femme accomplie un rituel pour ressusciter son maître et amant… stars-2-5
  • Dans Ulann” (9 p.), par Andréa Renaud-Simard, les Azanis veillent sur repos des Utes à l’aide de leur pouvoir psychique mais rêvent de quitter le monastère et de retrouver de grands arbres… Bon texte, avec une excellent idée de base mais un peu difficile à suivre… stars-3-0
  • Dans “La Femme, le pilote et le corbeau” (20 p., publié originalement dans Fantasy & Science Fiction [August 1991] et traduit par Pierre-Alexandre Sicart), par Dean Whitlock, un homme vit une expérience carthatique lorsqu’il doit aller répandre les cendres de son ex sur le sommet du Cannon Mountain (White Mountains, New Hampshire) et qu’il a un accident. Très beau récit. stars-4-0
  • Dans “L’Archiviste” (11 p.), par Isabelle Piette, nous rencontrons l’entité que nous percevons comme la mort ou la grande faucheuse (mais qui se voit plutôt comme un archiviste) qui existe depuis toujours pour faciliter le passage de l’énergie psychique des Humains, non pas vers le Paradis ou l’Enfer, mais simplement la retourner à l’univers, de la même façon que la pourriture retourne l’énergie physique à la terre. Mais une rivale plus efficace fait son apparition… Serait-ce à son tour de retourner à l’Univers? Bien écrit et intéressant concept qui me rappel beaucoup les “dieux de la mort” dans Death Note. stars-3-0
  • Dans “Le Passager éternel” (17 p.), par Jean Carlo Lavoie, Arthur Grimshaw (philologue victorien) rencontre un vieil homme dans le train qui lui fait le récit de ses voyages bien extraordinaires… Un étrange appareil lui permet de projeter sa conscience dans le corps d’une personne récemment décédée et cela à n’importe quelle époque de l’Histoire humaine (et peut être même sur d’autres planètes)! Le vieil homme est fatigué de tous ces voyages dans le temps et offre à Grimshaw l’opportunité de prendre la relève… Beau récit qui aurait mérité un peu plus de développement… stars-3-5

Cette fois-ci le Futurible s’attarde sur Le Mouvement perpétuel, en science et en fiction (30 p.). Il nous raconte comment l’obsession des savants pour le Perpetuum mobile et l’énergie éternelle “a permis de développer la science de la thermodynamique et de mieux comprendre différents aspects du magnétisme, de la mécanique et de l’hydraulique.” Il entreprend ensuite de démontrer comment ce concept a influencé et a été utilisé dans les littératures de l’imaginaire, les arts et le cinéma. C’est, comme toujours, un article fascinant et très bien documenté.stars-4-0

En général, je ne lis Solaris que pour ses articles et ses suggestions de lectures, car je trouve que lire des histoires courtes est un peu fastidieux. Toutefois, une fois n’est pas coutume, et je me suis laissé tenté à lire les fictions de ce numéro. Je ne l’ai pas regretté et j’ai passé quelques bons moments de lecture. Encore une fois “l’Anthologie Permanente des Littératures de l’Imaginaire” nous offre un numéro très riche qui demeure un incontournable pour tout amateur de littératures spéculatives qui cherche à se divertir et à en apprendre plus sur le sujet… stars-3-5

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Revue de ‘zines [002.021.194]

Revue de ‘zines

Déjà plus d’un mois depuis ma dernière chronique. Ça n’arrête jamais: il y a toujours de nouveaux périodiques et autres ‘zines à lire dans mon champs d’intérêt. J’en épluche donc le contenu pour vous. 

Animeland #234 (avril – juin 2021)

Animeland234Pour faire suite au numéro précédent (sur les 30 ans du magazine), ce volumineux numéro (144 pages) nous offre un dossier sur les 30 ans d’animation et de culture populaire japonaise en France avec des articles qui souligne les dates majeures, les 10 oeuvres clés (Dragon Ball Z, Akira, Lodoss, Evangelion, Ghost in the Shell, Princess Mononoke, Cowboy Bebop, Sakura, Sword Art Online & L’attaque des Titans, Your Name & Les enfants du temps), le grand succès des années 2020 (Jujutsu Kaisen, interview avec Philippin Vercreek), les séries qui ont marché en France mais moins au Japon (Goldorak/Grendizer, Gundam, Lodoss, Princess Sarah, Samourai Pizza Cats, etc.), l’adaptation des médias spécialisés, le bilan du marché manga en 2020, le studio No Border, les Webtoons, l’avenir de l’anime en France, ainsi que des entretiens avec Jean-François Dufour et Thomas Sirley (Japan Expo), Yvan West Laurence (Animeland), Carlo Levy (Dybex), et Cédric Littardi (Éditions Ynnis).

Dans “Ça ferait un bon anime” on nous introduit à quelques bons mangas comme My Broken Mariko, La Guerre des Mondes, The Ride-On King, Dracula, Le Dévoreur de souvenirs, Dans les pas de Nietzsche, Une brève histoire du Robo-sapiens, L’Atelier des sorciers, 20th Century Boys et Des Assassins.

Dans “On a vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Batman: Soul of the Dragon, Star Trek: Lower Decks, Noblesse, Heaven’s Design Team, Mushoku Tensei: Jobless Reincarnation, SK8 The Infinity, Wonder-Egg Priority, L’Attaque des Titans: Saison Finale, So I’m a spider, so what?, Beastar saison 2, Millenium Actress, Raya et le dernier dragon.

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Entretiens (Toshio Suzuki et Gorô Miyazaki), Focus (Retour sur Dragon Quest: La Quête de Daï, Les mille facettes de Magelis), Fermez les Yeux (la trame sonore de My Hero Academia Heroes Rising), Séance Studio (Bones), Jeu vidéo (Hitman 3), l’animation dans la Pub (Dagoma), Figure de Pro (Claire Paoletti), Pourquoi (Faut-il reconsidérer le rapport 2D/3D pour animateur ?), Trouvaille (Libres!), Hommage (Séparation des Daft Punk), et Humeur.

L’incontournable magazine francophone de l’anime nous offre encore un numéro très riche en information pour prouver à tous qu’il est toujours pertinent. À lire pour tous les amateurs d’anime… stars-4-0

Capsules

dBD #153 (Mai 2021)

dBD153Dans les riches actualités de ce numéro, nous apprenons que TF1 Studio et Daïdaï Films vont adapter la BD Natasha au grand écran sous la direction de Noémi Saglio et que Comment ne rien faire de Guy Delisle reçoit une réédition augmentée chez La Pastèque. Sur deux pages, on nous présente aussi une demi-douzaine de nouveautés manga: La déchéance d’un homme t.1 par Jinji Ito (basé sur le roman de Osamu Dazai) chez Delcourt/Tonkam, Wombs t.1 par Akane Torikai chez Akata, Le siège des exilées t.1 par Akane Torikai chez Akata, Super Mario Manga Adventures t.21 & Yo! C’est moi Wario! t.1 par Nintendo chez Soleil Manga, Alma t.1 par Shinji Mito chez Panini Manga et Bucket List of the Dead par Kotaro Takata & Haro Asô chez Kana.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Dany (sur les quatre intégrale d’Olivier Rameau chez Kennes). Cela se poursuit avec des entrevues de Régis Penet (sur Beethoven chez La Boîte à Bulles), Philippe Geluck (sur Le chat déambule chez Casterman qui est en fait l’album-catalogue d’une exposition de sculptures monumentales sur les Champs-Élysées), Yslaire (sur Mademoiselle Baudelaire chez Dupuis/Aire Libre), Jean-Christophe Menu (sur Couacs au Mont-Vérité chez Dargaud), Anne Nivat (sur Dans la gueule du loup, avec Jean-Marc Thévenet & Horne, chez Marabout), ainsi que Kid Toussaint & Aveline Stokart (sur Elles t.1: La Nouvelle(s) chez Le Lombard). On retrouve également un article sur le scénariste Alain Ayroles (qui vient de publier, avec Étienne Jung, Les chimères de Vénus t.1 chez Rue de Sèvres).

Dans le Cahier Critique je note Demain les chats t.1 par POG & Naïs Quin (d’après le roman de Bernard Werber) chez Albin Michel BD (Bien; “si l’adaptation (…) est plutôt réussi, j’avoue avoir eut du mal avec la proposition graphique (…) qui vire trop souvent à la caricature (…)”), La Ballade de Ran t.1 par Yusuke Osawa chez Doki-Doki (Bien; “bon et solide récit de dark fantasy”), Le Clan des Otori t.1 par Stéphane Melchior & Benjamin Bachelier (d’après la série de romans de Lian Hearn) chez Gallimard (Super; “C’est tour à tour poétique et violent, lumineux et obscur. (…) le dessin épuré et brut (…) fait des merveilles, en ne détournant jamais le lecteur de l’essentiel: la complexité des relations humaines”),et Ragnagna & Moi t.1 par Ken Koyama chez Ki-oon (Super; “histoires courtes qui évoquent avec ironie la période des règles. (…) certains en apprendrons un peu plus sur le quotidien de leur moitié…”).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

dBD #154 (Juin 2021)

dBD154Dans le cahier actualités, on nous annonce le manga I’m Standing on a Million Lives par Akinari Nao & Naoki Yamakawa chez Pika. On retrouve également deux articles sur les expositions 40 Bulles de Jazz (qui célèbre le quarantième anniversaire du festival Jazz à Vienne en mariant musique et BD) et Marginalia (à la Villa Sauber de Monaco, qui présente des planches originales de BD en provenance du musée de Grenoble et de deux collectionneurs privés).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Aimée de Jongh (sur Jours de sable chez Dargaud). Les entrevues se poursuivent avec Antonio Altarriba (sur son oeuvre en générale et Moi, Menteur, en collaboration avec Keko, chez Denoël Graphic), Zep (sur Titeuf t.17: La Grande Aventure, chez Glénat), Asaf Hanuka (sur Le Réaliste t.4 et son Intégrale chez Éditions Steinkis), Jean-Louis Gauthrey (sur les trente ans de la maison d’édition Cornélius), Fabien Toulmé (sur Suzette ou le grand amour chez Delcourt/Mirages), Winshluss (sur J’ai tué le soleil chez Gallimard) et Philippe Coudray (sur L’Ours Barnabé t.21 chez La Boîte à Bulles).

Dans le Cahier Critique je note Alma t.2 par Shinji Mito chez Pannini (Super; “un monde post-apocalyptique ravagé par une guerre qui a opposé les humains aux machines. Les décors (…) aussi grandioses que désespérants, tranchent avec la chronique intimiste et poétique de ce survivant livré à lui-même.”), Blue Lock par Nomura Yusuke & Muneyuki Kaneshiro chez Pika (Bien; “une historie pas piquée des vers qui se passe dans le monde du football”), The Fable t.2 par Katsuhisa Minami chez Pika (Super; “seinen à l’ancienne (…) humour décalé et violence controlée (…). Misant plus sur les intrigues entre les personnages que sur l’action, (…) pèche parfois par un découpage sobre et un dessin quelque peu statique.”) et, surtout,  Kebek t.2: Adamante par Philippe Gauckler chez Daniel Maghen (Super; “Pour la fin du diptyque, le récit tourne rapidement à l’anticipation pure et simple. (…) l’histoire prend un tour beaucoup plus intéressant. La palette de cinquante nuances de bleus en couleur directe (…) prend alors toute sa force. À partir du moment où la démesure visuelle s’installe dans les cases, Kebek devient grandiose.”).

Un très bon numéro qui, comme d’habitude, offre beaucoup d’informations pour les amateurs de BDs. stars-3-5

Capsules

Si vous voulez que je parle de votre ‘zine (ou livre ou manga tant qu’à y être) et qu’il n’est pas disponible dans le réseau des bibliothèques de Montréal, envoyez-en moi une copie. Je ne reçois plus beaucoup de services de presse alors il y a de bonne chance que je le mentionne ou le commente. Contactez-moi pour les détails de l’envoi…

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Haiku: Anthologie du poème court japonais

Haiku-AnthologieDuPoèmeCourtJaponais-cov“Né il y a trois siècles au Japon, le haiku est la forme poétique la plus courte du monde. Art de l’ellipse et de la suggestion, poème de l’instant révélé, il cherche à éveiller en nous une conscience de la vie comme miracle. De Bashô jusqu’aux poètes contemporains, en passant par Buson, Issa, Shiki et bien d’autres, Haiku est la première anthologie à présenter un panorama complet de ce genre littéraire, en lequel on a pu voir le plus parfait accomplissement de l’esthétique japonaise.

« Pourquoi aimons-nous le haiku ? » interrogent les préfaciers de ce livre. « Sans doute pour l’acquiescement qu’il suscite en nous, entre émerveillement et mystère. Le temps d’un souffle (un haiku, selon la règle, ne doit pas être plus long qu’une respiration), le poème coïncide tout à coup avec notre exacte intimité, provoquant le plus subtil des séismes. Sans doute, aussi, parce qu’il nous déroute, parce qu’il nous sort de notre pli, déchirant une taie sur notre regard, rappelant que la création a lieu à chaque instant. Peut-être, enfin, parce qu’il sait pincer le coeur avec légèreté. Rien de pesant, rien de solennel, rien de convenu. Juste un tressaillement complice. Une savante simplicité. »”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Ce qui rend ce petit recueil de poésie Japonaise intéressant c’est qu’il nous offre un savant mélange de haïkus classiques et modernes, du XVIIe siècle jusqu’au début du XXIe siècle, mais surtout qu’il est accompagné d’une introduction, d’un petit essai historique, de notes, d’une bibliographie et d’un index qui en font un bon ouvrage de référence pour celui ou celle qui s’intéresse à ce qui est probablement la plus courte des toutes les formes poétiques. Car le haïku n’est composé que de 17 syllables (mores) repartis en trois phrases (selon le schéma 5-7-5). Par la juxtaposition de deux images ou idées — séparées par un kireji (切れ字 / “caractère de coupe”) ou césure — il exprime des sentiments liés à l’évanescence des choses et aux saisons (kigo).

On y retrouve environ cinq-cent petits poèmes divisés en quatre saisons (plus un chapitre hors-saison). J’y ai appris que mes haïkus étaient trop bavards. C’est intéressant et agréable à lire. Plutôt relaxant. À lire si les haïkus vous intéressent…

Haiku: Anthologie du poème court japonais, préparé par Corinne Atlan et Zéno Bianu. Paris: Gallimard (Poésie), décembre 2002. 242 pages, 10.5 x 18 cm, 7.50 € / , ISBN 9782070413065. Pour un lectorat adulte. stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Éditions Gallimard, 2002.

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La lanterne de Nyx

LanterneDeNyx-1-covVol. 1

Quand le Japon découvre la France. 1878, la France fait rayonner sa puissance industrielle et culturelle en organisant des expositions universelles, tandis que le Japon s’ouvre au monde après 200 années d’isolationnisme. À Nagasaki, Miyo, orpheline qui a pour seul talent le don de clairvoyance au travers des objets qu’elle touche, parvient à trouver un emploi chez Vingt, commercialisant des objets importés d’Europe. Au contact de l’Occident, elle découvrira un monde nouveau qui la conduira jusqu’à Paris…

Dans cette série en 6 tomes, Kan Takahama continue d’explorer la découverte du monde occidental par les Japonais, thème déjà évoqué dans Le Dernier envol du papillon et Tokyo, amour et libertés, mais ici rendu encore plus accessible via le regard de la jeune Miyo.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 1, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), mars 2019. 188 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03370-8. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-0

LanterneDeNyx-2-covVol. 2

“1878, Nagasaki. Miyo, la jeune orpheline aux dons de voyance récemment embauchée dans une boutique de produits d’importation, continue d’en apprendre davantage sur les gens qui l’entourent : son oncle renfrogné, son étrange employeur Momotoshi et les liens qui l’unissent à Kei Oura, l’ancienne plus grande exportatrice de thé de Nagasaki. Mais elle n’est pas encore au bout de ses surprises. Momotoshi a en effet de grands projets tirant parti de la vague de japonisme qui déferle sur l’Europe…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 2, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), juin 2019. 216 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03371-5. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-0

LanterneDeNyx-3-covVol. 3

“1878, Nagasaki. Après avoir importé des articles dernier cri d’Europe, Momotoshi veut maintenant se rendre à Paris pour y vendre des produits d’art et d’artisanat japonais. Au moment du départ, Miyo lui avoue enfin ses sentiments. Seulement, Momotoshi garde encore dans sa montre le portrait d’une belle femme aux yeux bleus…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 3, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), septembre 2019. 244 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03372-2. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

LanterneDeNyx-4-covVol. 4

“1878, Nagasaki et ailleurs. Momotoshi a ouvert une petite boutique à Paris pour y vendre des articles importés du Japon. Mais Judith, la demi-mondaine dont il est éperdument amoureux, s’évanouit suite à une hémorragie pulmonaire. Et un incident imprévu à Nagasaki vient mettre en péril son commerce…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 4, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), janvier 2020. 228 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03524-5. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

LanterneDeNyx-5-covVol. 5

“1879, Nagasaki et ailleurs. Miyo n’a pas oublié Momotoshi, ni son rêve de partir à l’étranger. C’est un bon génie inattendu qui va exaucer son souhait : Gisuke Matsuo, le patron de la Kiryu Kosho Kaisha, l’invite à travailler dans sa boutique à Paris. Et Miyo quitte Nagasaki pour un long voyage de deux ans…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 5, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), août 2020. 224 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03525-2. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

LanterneDeNyx-6-covVol. 6

“À l’aube d’une vague de japonisme sans précédent, alors que Miyo découvre Paris et que Momotoshi fait découvrir l’ukiyo-e aux Français, la rencontre de Miyo et Judith risque de provoquer des étincelles… La boucle est bouclée dans ce dernier tome qui conte la fin des aventures de Miyo à la Belle Époque et ce qui l’attend au-delà.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 6, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), janvier 2021. 272 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03526-9. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-4-0

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Deux mangaka semblent être particulièrement appréciés en Europe pour leur affinités avec la BD franco-belge: le regretté Jirô Taniguchi et la très prometteuse Kan Takahama. Cette dernière débute sa carrière au début des année 2000 en publiant des histoires courtes, qui utilisent un style un peu expérimental, dans Weekly Morning et Garo. Ses premières publications sont donc quatre collections d’histoires courtes (Kinderbook, Mariko Parade, L’eau amère et Sad Girl, tous traduit en français chez Casterman). Après un bref hiatus dû à des problèmes personnels, elle publie sa première histoire complète en 2010. Ainsi, entre 2002 et 2021, elle a publié une douzaine de titres. Son sujet de prédilection est les relations amoureuses qui peuvent être souvent complexes, difficiles, impossibles ou tragiques et qui se terminent généralement par une séparation. Même dans Le goût d’Emma, qui est d’abord et avant tout un manga gastronomique, la protagoniste a une relation difficile qu’elle finit par rompre. Récemment, sans toutefois s’éloigner de cette thématique, elle s’est intéressé au manga seinen historique avec Tokyo, amour et liberté, qui se déroule à Tokyo durant l’ère Taisho, L’Amant (situé en Indochine dans les années ’30) et sa “Trilogie de Nagasaki” (Le Dernier envol du papillon, La lanterne de Nyx et Ougishima Saijiki) qui se déroule au tout début de l’ère Meiji.

 Les mangas de Kan Takahama

Titre

Titre original

Année / Vol.

Édition française

Yellowbacks

イエローバックス /Ierōbakkusu

2002

Kinderbook (Casterman, 2004)

Mariko Parade

まり子パラード / Mariko Parādo

2003

Mariko Parade (Casterman, 2003, en collaboration avec Frédéric Boilet)

Awabi

泡日 / litt. “Jour d’écume”

2004

L’eau amère (Casterman, 2009)

Nagi Watari – Oyobi Sono Hoka no Tanpen

凪渡り ― 及びその他の短篇 / “Le Ferry calme” et autres nouvelles

2006

L’eau amère (Casterman, 2009)

Two Espressos

トゥー・エスプレッソ / Tū esupuresso

2010

2 Espressos (Casterman, 2010)

Sad Girl

サッドガール

2012

Sad Girl (Casterman, 2012)

Yotsuya-ku Hanazono-chō

四谷区花園町 /“Arrondissement de Yotsuya, quartier de Hanazono”

2013

Tokyo, amour et libertés (Glénat, 2017)

Chō no michiyuki

蝶のみちゆき / “Le papillon de Michiyuki

2014

Le Dernier envol du papillon (Glénat, 2017)

Nyukusu no Kakutou

ニュクスの角灯

2016, 6 vol.

La lanterne de Nyx (Glénat, 2019-2021)

Emma wa Hoshi no Yume wo Miru

エマは星の夢を見る / “Emma rêve d’une étoile”

2017

Le goût d’Emma (Les Arènes BD, 2018)

Aijin

情人

2019

L’Amant (Rue de Sèvres, 2020, d’après le roman de Marguerite Duras)

Ougishima Saijiki 

扇島歳時記 / Ougishima Seasonal Words List

2019, 2 vol. (En cours)

???

???

???

2021

Invincibles, Au pays du Dalaï-Lama (Massot Editions, en collaboration avec Sofia Stril-Rever)

La lanterne de Nyx (ニュクスの角灯 / Nyukusu no Kakutô / lit. “La lanterne [lanterne carrée] de Nyx [déesse grecque de la nuit]”) est une série de manga seinen historiques et romantiques par Kan Takahama, sérialisé dans le magazine mensuel “Comic Ran” entre mai 2015 et juin 2019 puis compilé en six volumes chez Leed Publishing. Il a été traduit en français chez Glénat. Elle constitue la partie médiane de la “Trilogie de Nagasaki” en reprenant deux personnages secondaires du Dernier envol du papillon (la petite servante Tama et le cuisinier Ganji). L’histoire tragique de Tama — une adolescente de quatorze ans qui a grandi dans le monde des courtisanes de la maison close Maruyama à Nagasaki et celui de Dejima, où la culture traditionnelle japonaise du Kachô Fûgetsu [花鳥風月 / lit. “fleur, oiseau, vent, lune”, i.e. la découverte de soi au travers de la nature] s’entrecroise avec les cultures étrangères — se poursuit dans le plus récent ouvrage de Takahama, Ougishima Saijiki, sérialisé dans Comic Ran depuis novembre 2019 et dont deux volumes sont déjà paru au Japon (en septembre 2020 et avril 2021) sans encore avoir été traduit (quoi que l’on peut s’attendre à ce qu’il soit éventuellement publié par Glénat).

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Vol. 1, p. 34

La lanterne de Nyx c’est l’histoire de Miyo, une jeune orpheline un peu maladroite, qui se trouve un travail d’assistante au “Vingt”, une boutique de produits étrangers importés. L’histoire débute en 1878 dans le quartier de Kajiya à Nagasaki. La rébellion de Satsuma vient de se terminer et l’ère Meiji débute. Le premier volume introduit les éléments de base du récit ainsi que les personnages: Miyo, qui a le don de “percevoir” l’histoire des objets qu’elle touche; Momotoshi, le mystérieux propriétaire de la boutique; Genji, son homme à tout faire; Chojiro Yamaguchi, l’oncle de Miyo qui l’a recueillit à la mort de ses parents;  et Tama, la jeune couturière qui aide à la boutique. 

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Vol. 2, p. 56

Avec le second tome, on approfondit un peu les personnages. On apprends que Momotoshi Koura est à demi-Européen (il a les yeux bleus), que sa mère (qui l’a abandonné enfant) est Kei Oura, une négociante en thé de grande influence qui a été ruiné lors d’une mauvaise transaction, et que l’oncle de Miyo est un fameux artisan de laque burgautée. Momotoshi veut aider financièrement sa mère biologique et il lui demande conseil car il veut aussi exporter des objets d’art japonais vers l’Europe. Il convainc l’oncle de Miyo de se remettre à produire et lui passe une commande spéciale pour une broche qui représente Nyx avec une lanterne. Son ami d’enfance Victor Pignatel vient lui donner un coup de main pour se rendre à Paris et ouvrir une nouvelle boutique.

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Vol. 3, p. 34

Dans le troisième tome, l’action et la motivation des personnages se précisent. Il semble que le récit démarre vraiment. Momo confie sa boutique à sa mère et, sur le départ, Miyo lui avoue être tombé amoureuse de lui… À Paris, il cherche un bon emplacement pour sa boutique, fait du repérage sur la concurrence (la Kiryu Kosho Kaisha) et surtout tente de retrouver son grand amour, l’actrice et courtisane Judith. Mais celle-ci est atteint de la tuberculose! La boutique de Nagasaki prend un nouvel apprentis nommé Minpei, qui a le coup de foudre pour Miyo. On en apprend plus sur les origines de Momo, alors qu’un flash-back nous raconte l’escapade interdite que sa mère et Genji font à Shanghai. De nombreux personnages font leur apparition: Kazuma, le rival de Momo tant en affaire qu’auprès de Judith; Marie, la demi-mondaine amie de Victor; et Pauline, la serveuse de troquet qui fait des passes dans l’arrière-boutique.

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Vol. 4, p. 16

Dans le quatrième tome, on découvre comment Momo et Judith se sont rencontré. L’oncle de Miyo se blesse grièvement à la main et ne peut plus travailler. Momo doit trouver d’autres produits d’exportation susceptible d’être populaire. Il pense aux affiches, ces estampes que l’on appel aussi ukiyo-e. Pendant que Judith est à l’hôpital, Marie présente à Momo et Victor des collectionneurs comme les frères Goncourt, Félix Bracquemond, Charles Baudelaire. Gisuke Matsuo, directeur de la Kiryu Kosho Kaisha et vieille connaissance de Kei Oura, décide d’engager Miyu pour sa boutique de New-York mais avant veut l’envoyer à Paris pour apprendre le métier! 

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Vol. 5, p. 194

Dans le cinquième tome, Miyo doit apprendre l’anglais et un télégramme de Momo leur demande de trouver de toute urgence des estampes. Heureusement, l’oncle de Miyo en a une bonne collection. Miyo quitte pour la France (avec les estampes) et Minpei lui déclare son amour. À Paris, Miyo retrouve Momo et débute son apprentissage auprès de Kazuma. Momo et Victor présentent leur collection d’estampes au groupe rassemblé par Goncourt et c’est un grand succès!

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Vol. 6, p. 234

Dans le dernier tome, Momo fait un exposé très intéressant sur les estampes. Un malentendu le brouille avec Judith mais l’intervention de Miyo les réconcilie. On apprend que Victor st amoureux de Tama mais que celle-ci est atteinte de syphilis (comme sa maîtresse dans Le dernier envol du papillon). Le dernier chapitre se déroule en 1945, à Kumamoto. Miyo, sur son lit de mort, fini de raconter l’histoire à sa petite-fille. Elle a vécu des moments merveilleux à Paris et à New-York. Son séjour qui devait durer deux ans en a duré dix. Elle est devenu une adulte. Elle n’a jamais revue Momo qui a eut un enfant avec Judith. Marie est aussi venu au USA. Une fin étrangement heureuse. Sa petite-fille sort dehors pour chercher de l’eau, juste à temps pour voir le champignon atomique de Nagasaki à l’horizon…

C’est une belle histoire très bien racontée et surtout bien documentée. On en apprend beaucoup sur l’époque (tant au Japon, qu’à Paris), particulièrement sur le mouvement du Japonisme et de la “Belle Époque” de Paris. J’ai bien aimé les capsules informatives (“Cabinet of Takahama”) que l’auteur place après chacun des chapitres et où elle explique le contexte historique des personnages et des objets rencontrés dans le récit. Le style de Takahama, qui me déplaisait beaucoup quand j’ai découvert ses oeuvres, m’apparait maintenant agréable à l’oeil. Non seulement l’artiste s’est améliorée mais je crois aussi que l’on s’y habitue et apprend à apprécié sa façon dessiner. 

C’est donc un très bon manga qui s’est d’ailleurs vu attribué le prix d’excellence du Japan Media Arts Festival en 2018 et le Grand Prix Culturel Osamu Tezuka en 2020. Il nous offre une lecture agréable et éducative. Je le recommande chaudement à tous les amateurs de mangas romantiques et historiques. stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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Autres sources: Bédéthèque, Manga-News, Manga-update (Nyx no Lantern, Takahama Kan), Mangapedia [JP / Tr.], Wikipedia [ FR / JP / Tr. ], From Dusk Till Dawn interview, Glénat vidéo interview (Pt 1, pt 2, pt 3, pt 4).

© Kan Takahama

 

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Ad Romam 2: Les Fosses de Marius

FossesDeMarius-cov“Marius fit creuser un large fossé, dans lequel il détourna une grande partie du fleuve » « … le fossé avait assez de profondeur pour contenir de grands vaisseaux, et son embouchure dans la mer était unie, et à l’abri du choc des vagues. (il) s’appelle encore aujourd’hui la fosse mariane. »

– Plutarque (46 – 125 ap. J.-C.)

Dans ce deuxième tome, Blaise et ses amis vont découvrir Fossae Marianae, l’un des grands ports antiques de la Méditerranée, ainsi que les combats du général Caius Marius contre les Cimbres. Nos héros devront aussi déjouer un crime pour sauver le père de la belle Prisca !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

FossesDeMarius-p05

Page 5

Un groupe de jeunes adolescents monégasques, plutôt dissipés en classe, voyage dans la Provence romaine grâce à une pièce de monnaie d’Auguste à l’effigie de Chronos qui a été frappé par la foudre. Blaise, suite à une dispute avec son père, se retrouve projeté, seul, dans le corps de Blaesus, un apprenti potier de la ville de Fossae Marianae (l’actuelle Fos-sur-Mer) au milieu du IIe siècle. Il se retrouve accusé de vol, ce qui met en difficulté son maitre Alcibiade et sa fille, Prisca, à laquelle il est fiancé! Il retourne à Monaco au XXIe siècle pour obtenir l’aide de ses amis, qui s’inquiétaient d’ailleurs pour lui. S’organise alors toute une opération pour découvrir et ensuite capturer le véritable coupable — une épave découverte en 1978 se révèle être la clé de toute l’affaire ! Tout au long du récit nous découvrons en parallèle l’histoire du général Caius Marius qui, fort de son succès lors de la guerre de Jugurtha, a été chargé de contrer les invasions des Cimbres et des Teutons. En 104 AEC, il établit une position stratégique entre Massalia (Marseille) et Arelate (Arles) et, pour assurer l’approvisionnement de ses troupes en contournant l’embouchure du Rhône, il fait creuser un canal jusqu’à Arelate. Ce sont les fameuses fosses de Marius (Fossae Marianae). En 102 AEC, il vaincra les Teutons et les Ambrons lors d’une bataille décisive à Aquae Sextiae (Aix-en-Provence) qui fut un véritable massacre. 

FossesDeMarius-p019

Page 19

J’avais trouvé le premier volume plutôt moyen et très décevant car le dessin était horrible et le récit trop anecdotique.  Il y avait probablement trop de mains dans la production (deux auteurs et deux illustrateurs) et on voulait trop faire dans le pédagogique sans donner d’efforts pour rendre le récit captivant et fluide. Ce deuxième tome est un peu mieux. Le dessin est beaucoup plus agréable à l’oeil mais reste plutôt rigide. Le récit est un peu plus fluide, on s’en s’en tient à quelques événements seulement et l’action est donc plus facile à suivre mais l’histoire est raconté de façon encore un peu confuse (l’ordre du récit n’est pas toujours chronologique, les faits semblent parfois contradictoires et manquent un peu de détails). C’est loin du superbe graphisme et du récit épique de Ad Astra, mais cela se lit bien (mieux en tout les cas que le premier tome) et nous permet de découvrir quelques anecdotes de l’histoire romaine en Provence et Côtes d’Azur. À lire surtout pour les amateurs d’histoire romaine.

Ad Romam 2: Les Fosses de Marius, par Yvon Bertorello et Éric Stoffel (texte); Frédéric Allali & Michel Espinosa (illustrations); Bruno Pradelle (couleurs). Monaco: Éditions du Rocher, juillet 2020. 60 pages, grand format (24 x 32 cm !), 15,90€ / $C 26.95, ISBN 978-2-268-10332-7. Pour lectorat adolescent (12+). Extrait disponible sur la page FB de l’Éditeur. stars-3-0

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© 2019, Groupe Elidia

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Chats, ruelles et paysages

ChatsRuellesEtPaysages-covLa photographe Geneviève LeSieur pose un regard tendre sur les chats qu’elle a croisés au cours de ses promenades dans le quartier de Limoilou, à Québec, et sur ceux que son voyage aux Îles-de-la-Madeleine a mis sur sa route. Elle capte au passage la vie secrète des ruelles, le charme des villages du littoral laurentien, les paysages éblouissants de la Gaspésie et des Îles, tous ces endroits que les chats colorent de leur présence. Les humains chez qui ils habitent – et qu’ils ont parfois choisis eux-mêmes – ont ouvert leur porte à la voyageuse pour lui raconter comment ces attachants compagnons se sont fait une place dans leur existence. Tantôt drôles, tantôt émouvantes, leurs histoires généreusement partagées sont avant tout de réelles histoires d’amour.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

ChatsRuellesEtPaysages-p10-11

pp. 10-11

Entre Québec et les îles de la Madeleine, Geneviève Lesieur s’est amusé à photographier des chats. Elle nous offre un album de centaines d’images de félins, mais aussi de ruelles, d’arrière-cour, de fleurs, de murales — en un mot: de paysages! Il y a beaucoup de photos pleine-page mais aussi quelques mosaïques. Il y a aussi très peu de texte: à part une ou deux introductions et quelques descriptions on ne retrouve que le nom des chats et un bref profil pour chacun. 

ChatsRuellesEtPaysages-p08-09

pp. 8-9

Dans un premier temps (les quatre-vingt premières pages), on retrouve le fruit de trois ans de déambulations dans les ruelles de Limoilou à Québec: 102 kilomètres et 125 chats. De charmantes rencontres avec Boris, Émile, Charli, Léo, etc. Et la conclusion que “les chats roux sont des coquins” (je suis bien d’accord). Puis, pour les cinquante-six pages suivantes, elle se lance dans un road-trip de vingt-et-un jours entre Québec et les îles de la Madeleine — en passant par Saint-Jean-Port-Joli, Kamouraska, Saint-Simon-de-Rimouski, Percé, Cap-d’Espoir et Chalottetown — pour photographier près d’une soixantaine de chats (on y retrouve aussi un alpaga, un chien et trois poules): Tommy, Gaston, Mini-Fée (!), Ektor, Malfada, Tydlydy, Pixel, Jacob (un lykoi loup-garou! C’est la première fois que je vois un chat comme ça!), Serena, etc.

Un très beau livre de chevet à lire (mais surtout à contempler) pour les amateurs de chats et de belles photographies. Une lecture agréable car c’est bien connu, les chats, ça nous relaxe (sauf les roux, évidemment).

Chats, ruelles et paysages; de Québec aux Îles de la Madeleine, par Geneviève Lesieur. Montréal: Les Éditions de l’Homme, septembre 2020. 144 p., $29.95. ISBN 978-2-7619-5194-4. Pour lectorat de tout âge. stars-3-5

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© 2020, Les Éditions de l’Homme. Tous droits réservés.

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The Invisible Library series vol. 1-4

The Invisible Library

InvisibleLibrary-covOne thing any Librarian will tell you: the truth is much stranger than fiction… 

Irene is a professional spy for the mysterious Library, a shadowy organization that collects important works of fiction from all of the different realities. Most recently, she and her enigmatic assistant Kai have been sent to an alternative London. Their mission: Retrieve a particularly dangerous book. The problem: By the time they arrive, it’s already been stolen. 

London’s underground factions are prepared to fight to the death to find the tome before Irene and Kai do, a problem compounded by the fact that this world is chaos-infested—the laws of nature bent to allow supernatural creatures and unpredictable magic to run rampant. To make matters worse, Kai is hiding something—secrets that could be just as volatile as the chaos-filled world itself.

Now Irene is caught in a puzzling web of deadly danger, conflicting clues, and sinister secret societies. And failure is not an option—because it isn’t just Irene’s reputation at stake, it’s the nature of reality itself…” [Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

The Invisible Library, by Genevieve Cogman. New York: ROC (New American Library, imprint of Penguin Random House), June 2016. 344 pages, 8.25 x 5.375 in., $US 17.00, ISBN 9781101988640, For YA readers (12+).stars-3-5

The Masked City

InvisibleLibrary-MaskedCity-covThe written word is mightier than the sword—most of the time… 

Working in an alternate version of Victorian London, Librarian-spy Irene has settled into a routine, collecting important fiction for the mysterious Library and blending in nicely with the local culture. But when her apprentice, Kai—a dragon of royal descent—is kidnapped by the Fae, her carefully crafted undercover operation begins to crumble.

Kai’s abduction could incite a conflict between the forces of chaos and order that would devastate all worlds and all dimensions. To keep humanity from getting caught in the crossfire, Irene will have to team up with a local Fae leader to travel deep into a version of Venice filled with dark magic, strange coincidences, and a perpetual celebration of Carnival—and save her friend before he becomes the first casualty of a catastrophic war.

But navigating the tumultuous landscape of Fae politics will take more than Irene’s book-smarts and fast-talking—to ward off Armageddon, she might have to sacrifice everything she holds dear….” [Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

The Invisible Library 2: The Masked City, by Genevieve Cogman. New York: ROC (New American Library, imprint of Penguin Random House), September 2016. 374 pages, 8.25 x 5.375 in., $US 17.00, ISBN 9781101988664, For YA readers (12+). stars-3-0

The Burning Page

InvisibleLibrary-BurningPage-covNever judge a book by its cover…

Due to her involvement in an unfortunate set of mishaps between the dragons and the Fae, Librarian spy Irene is stuck on probation, doing what should be simple fetch-and-retrieve projects for the mysterious Library. But trouble has a tendency to find both Irene and her apprentice, Kai—a dragon prince—and, before they know it, they are entangled in more danger than they can handle…

 Irene’s longtime nemesis, Alberich, has once again been making waves across multiple worlds, and, this time, his goals are much larger than obtaining a single book or wreaking vengeance upon a single Librarian. He aims to destroy the entire Library—and make sure Irene goes down with it.

 With so much at stake, Irene will need every tool at her disposal to stay alive. But even as she draws her allies close around her, the greatest danger might be lurking from somewhere close—someone she never expected to betray her…  [Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

The Invisible Library 3: The Burning Page, by Genevieve Cogman. New York: ROC (New American Library, imprint of Penguin Random House), January 2017. 358 pages, 8.25 x 5.375 in., $US 17.00, ISBN 9781101988688, For YA readers (12+). stars-3-0

The Lost Plot

InvisibleLibrary-LostPlot-covAfter being commissioned to find a rare book, Librarian Irene and her assistant, Kai, head to Prohibition-era New York and are thrust into the middle of a political fight with dragons, mobsters, and Fae in this novel in the Invisible Library series.

In a 1920s-esque New York, Prohibition is in force; fedoras, flapper dresses, and tommy guns are in fashion: and intrigue is afoot. Intrepid Librarians Irene and Kai find themselves caught in the middle of a dragon political contest. It seems a young Librarian has become tangled in this conflict, and if they can’t extricate him, there could be serious repercussions for the mysterious Library. And, as the balance of power across mighty factions hangs in the balance, this could even trigger war.

Irene and Kai are locked in a race against time (and dragons) to procure a rare book. They’ll face gangsters, blackmail, and the Library’s own Internal Affairs department. And if it doesn’t end well, it could have dire consequences on Irene’s job. And, incidentally, on her life…” [Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

The Invisible Library 4: The Lost Plot, by Genevieve Cogman. New York: ROC (New American Library, imprint of Penguin Random House), January 2018. 370 pages, 8.25 x 5.375 in., $US 17.00, ISBN 9780399587429, For YA readers (12+). stars-4-0

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

This is a fantasy series by British author Genevieve Cogman. The idea of librarians going on Indiana Jones-style missions in parallel worlds to find rare manuscripts and preserve the balance between order and chaos might not seems particularly original (there are plenty of stories which have librarians as protagonists), but what I really like about it is that it makes it possible to create hybrid worlds that mix the genres — in this case magical, supernatural and steampunk! I find it very entertaining and enjoyable to read … There is nothing better than getting lost in a world of fictitious adventures to forget our own problems and relax (and nothing better to forget a library than to read a story of an… invisible library!)

I particularly enjoyed this story because I am myself working in a library and I know a thing or two about the struggle to maintain the equilibrium between order and chaos. And, I am sorry to say, right now in my library, chaos is definitely winning. I also have a strong opinion about the role of libraries in our society. An ideal library would be a temple to knowledge and culture. A place that not only preserves it (a library) but also disseminates it with exhibition and conference rooms as well as places to give workshops of all kinds. Exactly like what Hadrianus intended when he created the Athenaeum in Rome. It is a serious place. Unfortunately, today they tend more to become daycare and playgrounds…

However, I didn’t realize that was such a long series. So far I’ve read half of it (four volumes and there is an eighth volume announced for the end of 2021) and I am not disappointed. It is well written, captivating (you can’t stop reading because you are wondering what will happen next) and, even if, like I said, it is not particularly original, it is an enjoyable distraction from reality.  

The first volume introduces us to the world of the Library and to Irene Winters, a junior librarian with a tendency to get in trouble. We also meet Kai Strongrock, her apprentice, who seems to have peculiar qualities. In the center of everything lies the mysterious Library which is linked to an infinity of alternate earths (each offering a different timeline) from which the Library collects rare books in order to maintain the link to their world of origin and keep the balance between chaos and order. The agents of Chaos are the Fae, influencers who like intrigues and narratives where they are the heroes. The agents of Order are the dragons, who are secretive and can control natural spirits. Both hate each others. The Library is neutral. In her latest assignment, Irene is sent to the Victorian London of world B-395 in order to find an original Grimm manuscript with an extra story. She must compete with a powerful fae, Lord Silver, and Alberich, an evil librarian who was expelled! Fortunately, she finds an ally in Peregrine Vale, a Sherlock Holmes doppelgänger. 

In the second volume, Kai is kidnapped by Lord Guantes, a powerful fae, and brought to an alternate Venice in an highly chaotic world! Against orders, and with the help of Lord Silver, Irene has to manage to reach this world, navigate the complex politics of the fae, find and rescue Kai and return alive! Quite a challenge!

The third book could be called Alberich strikes back. He manages to find Irene and threaten to — nothing less but — destroy the Library. And Irene has to save the world all over again on her own.

In the fourth volume, Irene gets herself caught, this time, in the politics of dragons. Two dragons compete for a high office and in order to win they have to find a rare book. They try to get help from a librarian and, by doing so, threaten the fragile neutrality of the Library. Of course, Irene is sent to a world with a 20s New York in order to save the day. It is the story with the most complex plot so far and my favourite.

The series is classified as fantasy but when you have such a mix of genres it is difficult to keep labels. You do find a lot of magic in it, with vampires and werewolves and dragons, but — considering the steampunk aspects, the space-time nature of the Library and the rationalisation of magic through the Language of the Library — I think it should be seen more as science-fiction. However, whatever label we want to give it, it remains an interesting story that provide a very entertaining and enjoyable experience. It was probably meant to be an Harry Potter look-alike and therefore it targets more or less the Young Adults audience, so it is quite an easy reading. Overall it is a very good book that you will certainly enjoy if you like that type of fantasy/scifi stories.

For more information you can check the following websites:

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© Genevieve Cogman, 2016-17.

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Chroniques de jeunesse

ChroniquesDeJeunesse-covAvant d’aller à Pyongyang, à Shenzhen et à Jérusalem, Guy Delisle a vécu à Québec où, durant trois étés, il a travaillé dans la même usine de pâte et papier que son père. Avec Chroniques de jeunesse, l’auteur revient sur son expérience de gars de shop, dressant un portrait drôle et touchant du milieu ouvrier et de ses années formatrices en tant qu’artiste.”

“Né à Québec en 1966, Guy Delisle est notamment l’auteur de Chroniques birmanes, du Guide du mauvais père et de S’enfuir. Publiées en 2011, ses Chroniques de Jérusalem lui valent le Fauve d’or du meilleur album au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Dans ces Chroniques de jeunesse, nous le rencontrons avan les voyages qui ont fait sa renommée — et avant qu’il ne devienne l’auteur qu’il est aujourd’hui.

[Texte du site de l’éditeur et des rabats de couverture; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

ChroniquesDeJeunesse-p009

Page 9

Chroniques de jeunesse nous offre un dessin assez simple qui réussi tout de même à exprimer des idées complexes. J’adore comment la trichromie (N&B et jaune orange) est utilisée pour soutenir le récit. On remarque surtout le soucis du détails qui s’exprime tant dans la description de ses compagnons de travail colorés, du fonctionnement des machines et même de l’architecture du bâtiment. Dans un récit plein d’humour, Guy Delisle nous parle de ses années formatrices où, en travaillant dans une usine de papier de Québec, il est passé d’un adolescent gêné à un adulte prêt à affronter le monde. À travers tout ça il trace un portrait plutôt fidèle des “gars de shop” et nous parle de façon touchante de sa relation avec son père. 

Si les observations sur ses voyages, ou sur la parentalité ou sur la captivité n’en étaient pas déjà la preuve, Chroniques de jeunesse démontre bien le grand talent de Guy Delisle. C’est une lecture très agréable qui nous laisse l’impression d’en avoir appris beaucoup sur l’auteur, sur le travail en usine et sur une époque de l’histoire du Québec. Dans certains aspects (simplicité du dessin, récit de souvenirs d’enfance, évocation de la culture québécoise des années ’80) cela me rappel beaucoup la série “Paul” de Michel Rabagliati, mais c’est tout de même très original et distinct en soi. Une superbe BD qui mérite absolument d’être lue.

Chroniques de jeunesse, par Guy Delisle. Montréal: Éditions Pow Pow, janvier 2021. 156 pages, 21 x 16 cm, $C 24.95, ISBN 978-2-924049-91-4, Pour lectorat adolescent (12+). Il existe une édition européenne distincte dans la collection Shampooing de Delcourt. stars-4-0

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© Guy Delisle et Éditions Pow Pow. Tous droits réservés, 2021.

Voir aussi la présentation sur Youtube:

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Natsuko no Sake t.1

NatsukoNoSake-1-cov“Après deux années passées dans une agence de publicité à Tokyo, la jeune Natsuko Saeki revient dans sa province natale auprès de sa famille, productrice de sake artisanal. Elle y retrouve son grand frère Yasuo avec qui elle partage un même rêve : faire pousser le Tatsu-Nishiki, ou “dragon merveilleux” : un riz réputé très difficile à cultiver, mais dont ils espèrent tirer le meilleur sake du monde !

Malheureusement, Yasuo est très malade et décède peu après la visite de Natsuko. Cette dernière décide alors d’abandonner sa carrière et de reprendre le rêve de son frère dans l’exploitation familiale. Mais, si elle s’avère experte quant à goûter et estimer les sake, elle ne connaît rien à l’agriculture ni à la production de ce breuvage. Affrontant le scepticisme des uns, la jalousie des autres, la jeune femme urbaine va devoir relever tous les défis pour s’imposer et donner vie à son rêve.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

NatsukoNoSake-1-p001J’ai décidé de lire ce manga parce que le sujet me semblait plutôt intéressant: il s’agit d’un manga sur la production de sake. Le dessin de couverture semblait indiquer un manga dans un style plutôt classique et, comme c’était un gros volume de 456 pages, je me suis dis que c’était probablement un one-shot (volume unique). Erreur ! Une fois que je l’ai eut entre les mains j’ai rapidement noté le “vol. 1” à côté du titre! En fait, une fois complétée, cette série comprendra six tomes de plus de quatre-cent pages chacun! Dans quoi me suis-je embarqué?! Toutefois, pour l’instant, seulement trois tomes ont été traduit en français (espérons que l’éditeur ne nous laissera pas tomber)…

NatsukoNoSake-1-p019Akira OZE est un mangaka de la vieille génération. Né en 1947, il a fait ses début en 1971 sous le pseudonyme Megumi Matsumoto après avoir été l’assistant de Shotaro Ishinomori et avoir travaillé sur des adaptations mangas d’anime. Ses premières oeuvres originales sont des mangas shônen (とべ!人類 / Tobe! Jinrui en 1978, 初恋スキャンダル / Hatsukoi Scandal [lit. “Scandale du premier amour”] publié en 18 vol. en 1981–1986 et Tobe! Jinrui II publié en 1984-85) pour lesquels il remporte le prix du 31e Shōgakukan manga shō en 1985. Après un bref essai dans le manga shôjo (マッチポイント! / Matchpoint! / “Balle de match!” en 1979), il se consacre au manga seinen avec Natsuko no Sake (夏子の酒 /  lit. “Le sake de Natsuko”) serialisé dans le magazine Morning de Kodansha en 1988-1991 et compilé en douze volumes. Cette série a beaucoup gagné en popularité lorsqu’elle a été adapté en un drame télévisé de onze épisodes par Fuji TV et qui fut diffusé de janvier à mars 1994. Le manga est publié en français chez Vega en six volumes doubles dont les trois premiers sont déjà paru (vol. 1 en septembre 2019, le vol. 2 en février 2020, le vol. 3 en mai 2021 — le vol. 4 devrait paraître en juillet 2021).

OZE publiera par la suite une demi-douzaine d’autres mangas seinen:  Boku no Mura no Hanashi (ぼくの村の話 / L’Histoire de mon village, 7 vol., 1992–1994),  Minori Densetsu (みのり伝説 / La légende de Minori, 9 vol., 1994–1997),  Natsu no Kura (奈津の蔵 / La brasserie de Natsu, 3 vol., 1998-2000 – un prequel à Natsuko no Sake), Hikari no shima (光の島 / L’Île de lumière, 8 vol., 2001–2004), On-saito! (オンサイト! / Sur place!, 2004-2005),  Kurodo (蔵人 / Claude, 2006-2009), et Dō raku musuko (どうらく息子 / Apparemment mon fils, 18 vol., 2010-2017 — traduit en français sous le titre Le Disciple de Doraku chez Isan Manga).

NatsukoNoSake-1-p042Natsuko no Sake est dessiné dans le style classique des mangas des années ’80. Ce style est simple et fait de traits précis, accentués par des trames. Il nous offre une bonne histoire où les défis de l’héroïne nous garde en haleine. C’est agréable et divertissant à lire mais surtout très didactique puisque le récit nous fait découvrir toutes les étapes de la production de saké et aussi les différentes catégories du produit. L’auteur voulait faire un manga sur un aspect de la culture traditionnelle Japonais et c’est son éditeur qui a suggéré le saké. Le manga a beaucoup gagné en popularité après qu’il ait été adapté en un drame télévisé de onze épisodes par Fuji TV. Il a reçu beaucoup d’éloges des associations de producteurs de sake japonais car il a grandement contribuer à faire la promotion de cette alcool de riz  typique — même au Japon. Étrangement, même les Japonais ne réalisent pas toute la complexité et la difficulté  qu’implique sa production.

Un bon manga à lire par tout amateur de manga classique, de culture japonaise et, bien sûr, de saké.

Natsuko no Sake t.1, par Akira OZE. Paris: Dupuis / Vega (Coll. Seinen Manga), septembre 2019. 456 pages, 18 x 13 cm, 11,00 €, ISBN 9782379500640, Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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© 2016 Akira OZE. All rights reserved. © 2019 Éditions Vega pour l’édition française.

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Isabella Bird #7

isabella-bird-v7-cov“Isabella continue son voyage а travers la province d’Akita. Les remèdes d’un curieux médecin, le combat de villageois contre le feu, la fabrication du papier japonais, le deuil d’une veuve sont autant de découvertes qui jalonnent son itinéraire et la rapprochent un peu plus de la ville, où Ito est censé mettre fin au périple ! 

Le jeune guide se sent coupable, mais il ne sait pas encore tout. Son employeuse lui apprend que cette exploration solitaire doit être sa dernière ! En effet, elle compte se marier à son retour en Angleterre…

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, femme exploratrice est un récit passionnant sur la rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 18

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan.

Écrit et dessiné par Taiga Sassa, ce manga seinen historique a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Harta (Enterbrain), puis compilé en volumes chez Kadokawa. Le premier volume est paru en mai 2015 et le plus récent volume, le huitième, est paru au Japon en avril 2021.

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Page 22

Dans ce septième volume (paru au Japon en août 2020), Isabella Bird et son guide Ito doivent descendre le fleuve Omono vers Akita. Ils font la rencontre d’une batelière bien déterminée, qui leur fait découvrir certaines pratiques japonaises sur le mariage et le divorce. À Akita, ils sont reçu dans un restaurant français mais Ito, comme beaucoup de Japonais, est réticent à manger de la viande de boeuf. Toutefois, le talent du cuisinier lui fait changer d’idée. À la légation Britannique de Tokyo, Fanny et Harry Parkes rencontre le botaniste Charles Maries, qui leur explique pourquoi il tient tant que cela à explorer Ezo. Toujours à Akita, Isabella et Ito font la rencontre d’un enfant prodige, Isabella annonce à Ito qu’il l’accompagnera à Hakodate peut importe les intentions de Maries et qu’elle doubles salaire. Ils retrouvent aussi le Dr. Kobayashi qui, à la demande de Harry Parkes et du Dr. Hepburn, a déterminé un traitement pour les problèmes de dos d’Isabella. Au bureau de poste de Kubota, Isabella découvre qu’elle reçoit beaucoup de courier d’encouragement des gens qu’elle a rencontré en cours de route. C’est l’occasion de discuter du haut niveau d’alphabétisation au Japon et de comment les gens s’écrivaient entre eux. Avec ces encouragements, Isabella et Ito sont maintenant d’autant plus déterminé à compléter leur voyage.

Le beau style précis et détaillé de ce manga en rend la lecture d’autant plus agréable. Le récit (plus fluide que le précédent volume) est bien construit et permet de d’offrir une lecture à la fois distrayante et instructive, puisqu’on y découvre beaucoup d’information sur la culture du Japon au XIXe siècle. Un très bon manga pour le amateur d’histoire et de culture Japonaise.

Isabella Bird, femme exploratrice T07 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), décembre 2020. 216 pg (206 pl.), , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-0687-9. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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© Taiga Sassa 2020.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

IsabellaBird-v1-cov IsabellaBird-v2-cov IsabellaBird-v3-cov IsabellaBird_4-cov IsabellaBird-v5-cov IsabellaBird-6-cov
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Les 100 plus beaux oiseaux de chez nous

100PlusBeauxOiseaux-cov“Qui n’a jamais souhaité pouvoir observer les oiseaux du Québec directement dans sa cour? Que vous habitiez en milieu rural, en banlieue ou en ville, ce livre refoule de précieux conseils afin de tout mettre en place pour accueillir une multitude d’espèces ailées chez vous, toute l’année.

Au fil des pages, vous en apprendrez plus sur les différents types de végétaux à inclure dans votre jardin par souci de le rendre plus attrayant pour nos amis à plumes. Arbres, arbustes et fleurs : vous serez en mesure de faire les bons choix pour aménager efficacement votre environnement naturel afin d’offrir aux oiseaux abri et nourriture. Vous découvrirez aussi quels modèles de mangeoires sont les mieux adaptés selon les espèces que vous souhaitez inviter chez vous, ainsi que les variétés de grains, de fruits et d’autres aliments à y placer pour plaire à tout un chacun.

Dans le but de bien vous familiariser avec le passionnant loisir qu’est l’ornithologie, vous trouverez une section qui fait la lumière sur certains mythes répandus dans le fascinant monde des oiseaux. Nous vous proposons également un code de conduite qui vise à préserver la pratique de ce merveilleux passe-temps. Finalement, des fiches d’identification des espèces les plus observées au Québec vous permettront de mieux connaître vos visiteurs et de les distinguer afin d’être en mesure de bien les recevoir.

Prêt à prendre votre envol au coeur de cette aventure?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

100PlusBeauxOiseaux-p016Ce livre nous offre plusieurs conseils pour “attirer, identifier et observer” les oiseaux ainsi qu’un répertoire des cent “plus beaux” oiseaux du Québec. Ils sont classé par environnements: D’abord ceux que l’on peut observer dans les mangeoires (Alouette hausse-col, Bec-croisé bifascié, Bruant [6 espèces], Cardinal [2], Chardonneret jaune, Colibri à gorge rubis, Gélinotte huppée, Gros-bec errant, Junco ardoisé, Mésanges [3], Moineau domestique, Oriole de Baltimore, Passerin indigo, Perdrix grise, Pics [7], Pigeon biset, Plectophane [2], Roselins [2], Sittelles [2], Sizerin flammé, Tarin des pins, Tohi à flancs roux, Tourterelle triste, Troglodyte de Caroline), dans les arbres, arbustes et nichoirs (Durbec des sapins, Geai bleu, Grimpereau brun, Grive solitaire, Hirondelles [4], Jaseurs [2], Merle d’Amérique, Merlebleu de l’Est, Mésangeai du Canada, Moqueurs [3], Moucherolle phébi, Parulines [15] , Roitelets [2], Tyran [2], Viréos [4]), et les fascinants & prédateurs (Carouge à épaulettes, Chouettes [2], Corneille d’Amérique, Crécelle d’Amérique, Dindon sauvage, Éperviers [2], Étourneau sansonnet, Faucon émerillon, Goéland à bec cerclé, Grand corbeau, Grand-duc d’Amérique, Grand héron, Harfang des neiges, Petite nyctale, Pie-grièche grise, Quiscale bronzé, et Vacher à tête brune). L’ouvrage se termine sur des tableaux récapitulatifs et un index par espèce.

100PlusBeauxOiseaux-p211C’est un très beau livre (avec de belles photos) qui n’est pas juste un répertoire des beaux oiseaux (beau étant subjectif) à observer mais aussi un guide plein de bonnes suggestions pour attirer les oiseaux (nourritures, mangeoires), les observer et apprendre à les connaitre. C’est vraiment utile (cela est pratique, par exemple, pour distinguer entre les quinze variétés de Parulines ou entre le pic mineur et le pic chevelu !) et j’ai bien aimé. J’aurais quand même apprécié que l’on donne aussi les noms anglais (on vit dans un univers bilingue après tout) et latins (ça fait plus scientifique et précis).

Toutefois, beaucoup de ces oiseaux ne seront évidemment pas visible à Montréal. Je note d’abord quelques oubli que j’ai pu moi-même observer, tel le Urubu (ils ont bien répertorié le Pigeon biset, le Goéland et le Dindon alors pourquoi pas le Urubu ?!), le Petit-Duc, le Canard colvert, le Pluvier kildir ou la Bernache. Cependant, j’ai pu observé une douzaine de ces espèces juste dans le Parc Frédéric-Back (les habitués comme le Bruant, le Carouge à épaulettes, le Chardonneret jaune, la Corneille, l’Étourneau, le Géoland, le Merle, ou le Moineau, mais aussi ceux qui sont un peu plus discrets ou rares comme le Cardinal Rouge, la Tourterelle Triste, le Faucon Émerillon, la Crécelle d’Amérique, le Roselin, ou le Pic mineur). J’ai vu quelques autres espèces ailleurs (le Jaseur des Cèdres [au Jardin botanique, mais qui n’est pas dans la liste!], le Héron [aux Iles-Laval ou au Parc de la Visitation] et quand j’habitais à Laval (il plus de vingt ans!) j’en ai vu plusieurs autres dont je ne me souviens pas des noms — quoique des noms comme Gaie, Gros-bec, Junco, Quiscale, Vacher, Viréo, etc., évoquent tout de même quelques souvenirs). J’ai aussi quelques desiderata. J’aimerais bien capturer avec mon appareil photo un dindon sauvage ou un Colibri. Bien sûr, j’ai sans aucun doute vu plusieurs de ces espèces dans le parc sans jamais avoir pu les identifier avec certitude — même avec un bon guide (ça bouge beaucoup ces petites bêtes là et elles gardent souvent leur distance). Ça prend de bonnes jumelles ou une caméra avec un bon objectif téléphoto (zoom) et surtout BEAUCOUP de patience… J’en ai toute de même photographié plusieurs et je vais d’ailleurs bientôt faire un index des articles sur la faune que j’ai illustré et discuté (dont beaucoup d’oiseaux).

Observer (et photographier) les oiseaux est un beau passe-temps et un livre comme celui-là est fort utile pour non seulement aider les amateurs mais aussi pour faire découvrir ce plaisir à d’autres…

Les 100 plus beaux oiseaux de chez nous: les attirer, les identifier et les observer, par collectif. Québec: Édition Pratico-Pratiques (Coll. Je Jardine), Mars 2021. 258 pages, $C 29.95, ISBN 9782896588749, Pour lectorat tous public. stars-3-5

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© Pratico Édition, 2021.

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Revue de ‘zines [002.021.142]

Revue de ‘zines

Suite à ma récente chronique, je continue mon rattrapage sur les périodiques et autres ‘zines dans mon champs d’intérêt car ils n’arrêtent pas de s’accumuler… J’en épluche donc le contenu pour vous. 

dBD #150 (Février 2021)

dBD-150Dans les actualités je note l’annonce de trois nouvelles parutions de manga: Blue Period t.1 par Tsubasa Yamagushi (chez Pika — un manga sur la peinture), La gameuse et son chat t.1 par Wataru Nadatani (chez Doki-Doki — par l’auteur qui nous a déjà donné Félin pour l’autre !) et Démon Slave par Takahiro & Takemura (chez Kurokawa).

À la une on retrouve une entrevue avec Stephen Desberg et Yannick Corboz (sur Les Rivières du passé t.1 La Voleuse, chez Daniel Maghen). Le numéro continue sur des entrevues avec Jérôme Alquié (sur Captaine Albator – Mémoires de l’Arcadie t.3: Des coeurs brûlants d’amour, chez Kana), Sylvie Roge & Olivier Grenson (sur La Fée assassine, chez Le Lombard), Nicolas Barral (sur Sur un air de fado, chez Dargaud), avec le coordonateur Stéphane Bern, le dessinateur Cédric Fernandez, le scénariste Arnaud Delalande et l’historien Yvon Bertorello (sur Notre-Dame de Paris: La Nuit du feu, chez Glénat) et avec Léa Mazé (sur Les Croques t.3: Bouquet final, chez La Gouttière). On retrouve également un article qui rend hommage à Richard Corben (décédé en décembre 2020), un autre sur le dixième anniversaire de la maison d’édition québécoise Pow Pow dirigée par Luc Bossé, puis un sur les multiples adaptations de 1984 de Georges Orwell.

Dans le cahier critique, je note seulement Blue Period t.1 par Tsubasa Yamaguchi chez Pika (Super; “original (…) cherche à dévoiler l’envers du décor d’un milieu compétitif, où la passion ou le talent ne suffisent en général pas pour percer. Elle en profite pour évoquer différentes techniques artistiques(…)”).

Un bon numéro qui, comme d’habitude, offre beaucoup d’informations pour les amateurs de BDs.stars-3-0

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dBD #151 (mars 2021)

dBD-151Dans les actualités on nous parle du lancement de Verytoon, la plateforme de BD digitales de Delcourt; de la réédition en quatre volumes intégras d’Olivier Rameau (Greg & Dany, Ed. Kennes); de la parution chez Delcourt/Tonkam de La déchéance d’un homme, par Junji Ito, qui est l’adaptation d’un roman par Osamu Dazai; et de Histoire de la science-fiction (en BD) par Xavier Dollo et Djibril Morissette-Phan chez Les Humanos.

À la une on retrouve une entrevue avec Sylvain Runberg et Grun (sur On Mars_ t.3 chez Daniel Maghen). Le numéro continue sur des entrevues avec Yann Le Quellec et Romain Ronzeau (sur Les Amants d’Hérouvile, une histoire vraie chez Delcourt), Gaëlle Geniller (sur Le Jardin, Paris chez Delcourt), Jaime Martin (sur Nous aurons toujours 20 ans chez Dupuis), et Loïc Clément et Anne Montel (sur Le Temps des Mitaines t.3: La Nuit des croque-souris chez Dargaud). Dans ce numéro on retrouve également un article qui s’interroge sur l’avenir des festivals de BD en temps de pandémie, un article hommage à Jean Graton (Michel Vaillant) décédé au début de l’année et un article sur l’éditeur québécois La Pastèque (où l’on rencontre les fondateurs Martin Brault et Frédéric Gauthier).

Dans le cahier critique je note la BD style manga Yojimbot t.1 par Sylvain Repos chez Dargaud (Super; “l’approche graphique (…) est clairement l’un de ses points forts (…). À découvrir”), Les Enquêtes de Sgoubidou par Cathon chez Pow Pow (Super; “déclinées sous la forme d’histoires courtes à la Pif Poche (…) réjouissant de crétinerie en tout genre”), et Tomino la Maudite t.1 par Suehiro Maruo chez Casterman (Super, “maître du Ero Guro (…) si la trame est classique, la galerie de personnages vaut le détour”).

Comme d’habitude, une bonne lecture pour les amateurs de BDs. stars-3-0

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dBD #152 (avril 2021)

dBD-152Dans les actualités de ce numéro on nous fait découvrir Les Reportages de Lefranc — Versailles disparu, une BD historique par Jacques Martin et Alex Evang chez Casterman (à paraître en septembre) et Martine — Une aventurière au quotidien, un ouvrage qui trace l’historique de cette fameuse série jeunesse, par Laurence Boudart chez Impression Nouvelle.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec le scénariste Jean Van Hamme, le dessinateur Philippe Berthet ainsi que l’épouse de ce dernier, Dominique David (sur La Fortune des Winczlav T.1 — Vanko 1848 chez Dupuis). Cela se poursuit sur des entrevues avec Séverine Vidal (sur Le Plongeon, en collaboration avec Victor L. Pinel, chez Grand Angle), Bertrand Galic et Roger Vidal (sur Fukushima, Chronique d’un accident sans fin chez Glénat), Simon Spruyt (sur Le Tambour de la Moskova chez Le Lombard), Hélène Constanty (sur Une histoire du nationalisme corse, en collaboration avec Benjamin Adès, chez Dargaud et Monaco, luxe, crime et corruption, en collaboration avec Thierry Chavant, chez Soleil), Nicolas Dehghani (sur Ceux qui brûlent, chez Sarbacane) puis avec Joris Chamblain et Sandrine Goalec (sur Les Souris du Louvre T.3—Le Serment oublié, chez Delcourt/Le Louvre). On retrouve également un article sur Gallimard BD, où l’on rencontre le directeur éditorial Thierry Laroche.

Dans le cahier critique je note L’Homme qui tua Nobunaga T.1 par Kenzaburo Akechi & Yutaka Todo chez Delcourt (Bien, “atmosphère pesante (…) mise en scène léchée (…) interminable liste des protagonistes (…) ce surplus d’informations peu audibles vient progressivement peser sur le plaisir de lecture.”), My Broken Mariko par Waka Hirako chez Ki-oon (Super, un one-shot sur le suicide et la mort), et Talli T.3 par Sourya chez Ankama (Bien, “Si le récit manque parfois un peu de consistance, il brille en revanche par son rythme et son efficacité. (…) univers fascinant (…) trait fin et élégant (…) richesse des costumes et des décors.”).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-0

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Solaris #218 (Printemps 2021)

Solaris 218Ce numéro printanier, sur le thème accidentel de la distorsion, nous offre quatre nouvelles “excitantes”, deux articles “passionnants” et les chroniques littéraires habituelles (“Les littéranautes” commentant les parutions locales et “Lectures” commentant le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne). Le volet fiction comprends:

  • “Fermer le Big Bang” par Michèle Laframboise. La présentation (de Pascal Raud) nous indique que le texte “met en scène le bar le plus cher de l’univers et ses invités triés sur le volet, qui traversent l’espace en route vers… vous verrez bien…”
  • “La Distorsion de Lebarne” par Dave Côté. On nous dit que l’on y “fait la connaissance d’Akilal, mage noir de son état, qui se joint, uniquement pour des raisons pratiques, à un groupe de Héros prêts à en découdre avec l’anomalie magique qui met tout le monde en danger. Fantasy et humour font ici très bon ménage.”
  • “Pauvre Jack!” par Jean Pettigrew. “Cette courte mais très efficace nouvelle d’atmosphère (…) nous entraîne dans les bas-fonds de Londres en 1888.” L’éditeur d’Alire ne nous gâte pas souvent d’un texte…
  • Gamma” par Oskar Källner. “La notion du temps n’a plus aucune importance quand on existe depuis si longtemps que l’extinction de l’Humanité est un souvenir lointain. Cette nouvelle (…) [fait] coexister la haute technologie et la beauté (…)”. Ce texte a été traduit du suédois par Jean-Pierre Laigle.

Le volet documentaire du numéro nous présente un autre article de feu Jean-Pierre Laigle, “Les Manipulateurs d’âmes; La conception matérialiste de l’âme dans la science-fiction”. Contrairement au fantastique, qui accepte le concept surnaturel de l’âme, la science-fiction, elle, soit en rejette le concept, soit le réactualise au travers de postulats rationnels qui l’expliquent, par exemple, par des phénomènes énergétiques comme l’électricité. Intéressant mais le style du texte est un peu tarabiscoté et certaines phrases ne font carrément pas sens…

Le numéro continue avec un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, consacré au “Cosmos intérieur, ou l’évolution du planétarium”. L’auteur nous présente l’histoire du planétarium, ses multiples utilisations tant ludiques que de vulgarisations scientifiques, et le rôle qu’il a joué dans des oeuvres de fictions tant au cinéma qu’en littérature de science fiction. Toujours aussi fascinant.

Avec ses deux volets, fiction et documentaire, Solaris nous ouvre une fenêtre sur le monde des littératures de l’imaginaire. Même si personnellement je préfère la lecture des articles à celle des fictions, c’est un incontournable qui nous diverti et nous tiens à jour sur ce qui se produit dans le genre. À lire! stars-3-5

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Revue de ‘zines [002.021.107]

Revue de ‘zines

J’ai fais un peu de rattrapage avec ma dernière chroniques mais il me reste encore plusieurs périodiques et autres ‘zines dans mon champs d’intérêt à discuter et à en éplucher le contenu pour vous. 

Animeland #233 (janvier – mars 2021)

Animeland-233Ce numéro célèbre d’abord les trente ans du magazine (cet exploit mérite bien d’être souligné) puis s’ouvre sur un énorme dossier (36 p.!) consacré à My Hero Academia dans plusieurs de ses aspects (ses personnages, interview avec Ahmed Agne, le directeur co-fondateur des éditions Ki-oon) et qui s’étend au concept de héros en général (définition, héros violent, bon méchant, héros sportif, héros non violent, anti-héros, genre et couleur de peau du héros, etc.). 

Dans le segment “Focus” on continue le mini-dossier sur Anime News Network avec des portraits de collaborateurs, on nous présente l’animation de Dreamworks Les Croods 2 incluant en bonus un entretien avec les réalisateur (Joel Crawford) et producteur (Mark  Swift). 

Animeland réintroduit un segment sur le manga (enfin!) avec “Ça ferait un bon anime” qui souligne l’intérêt de Transparente, Colorless, Ashidaka, Bride Stories, Perfect World, Le Dragon et la Nonne, Spy x Family, et Le Renard et le Petit Tanuki. 

Dans “On a vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Aya et la sorcière, Superman: L’Homme de demain, Harley Quinn, Blood of Zeus, Jujutsu Kaisen, Burn the Witch, L’Odyssée de Choum, Akudama Drive, Dragon Quest: The Adventure of Dai, No Guns Life S1 – cour 2, Fireforce S2, The Idhun Chronicles.

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Musique (l’animation Soul de Pixar, l’OST de Les Héros de la Galaxie), Cartoon de la Toile (web toons), Entretiens (Jérôme Alquie sur Mémoire de l’Arcadia), Séance Studio (MAPPA), Jeu vidéo (Star Wars Squadrons: Hunted, entretien avec Visual Works), l’animation dans la Pub (Clash of Clans), Figure de Pro (Balak), Pourquoi (Les épisodes des séries sont parfois très différents?), Trouvaille (NYsferatu Symphony of a Century), et Humeur.

L’évolution des médias du papier vers le digital (et les changements d’habitude de lecture en résultant), la disparition de distributeurs, un marché niche et maintenant la crise du coronavirus ont eut des effets désastreux sur beaucoup de magazines culturels. Heureusement, Animeland a su y répondre avec rapidité et habilité en s’associant avec Anime News Network, en changeant de format (pour passer de magazine bimestriel distribué en kiosques à Mook trimestriel distribué en librairies) et surtout en mettant de l’avant une campagne de sociofinancement (crowdfunding). Après avoir navigué contre vents et marées pendant trente ans, le “magazine” semble paré pour une nouvelle ère de publication. Il nous offre ici 146 pages riches en information. C’est sans aucun doute le meilleurs magazine du genre. À lire pour tous fans d’anime. stars-3-5

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dBD HS #22 (novembre 2020)

bBD-HS22Ce numéro Hors-Série de dBD nous fait entrer dans les coulisses de la plus récente aventure de Blake et Mortimer, le tome 27: Le Cri du Moloch, publié en novembre 2020. Ce n’est pas facile de faire suite au géant Edgar P. Jacobs, décédé en 1987. Pourtant, dès 1996 Jean van Hamme et Ted Benoit produiront deux albums qui font suite aux douze aventures de Blake et Mortimer. Yves Sente et André Juillard reprennent le flambeau avec sept albums. Van Hamme revient à la charge avec deux autres albums (un troisième paraîtra en 2021), puis Yves Sente en écrit deux autres (sans compter une demi-douzaine d’album hors-série par divers auteurs). Nous découvrons les dessous de la production du dernier tome au travers d’entrevues avec Yves Schlirf (éditeur de la série), Jean Dufaux (scénariste), Étienne Schréder (dessinateur), Christian Cailleaux (dessinateur), Laurence Croix (coloriste) et Philippe Ghielmetti (graphiste). Le numéro se termine sur trois extraits de futurs albums. Intéressant (mais court: 60 p.) si vous êtes un grand amateur de Blake et Mortimerstars-3-0

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dBD #149 (décembre – janvier 2020/21)

dBD-149Dans l’actualité de ce numéro je remarque la parution d’une BD documentaire sur La Science-fiction, par Xavier Dolla et Djibril Morissette-Phan (Les Humanoïdes Associés, 216 p., nov. 2020). À la une on retrouve des entrevues avec Xavier Coste et son éditeur Frédéric Lavabre (sur 1984, d’après G. Orwell, chez Éditions Sarbacane). Le numéro se poursuit avec des entrevues de François de Closets et Éric Chabbert (sur Les guerres d’Albert Einstein t. 1-2, par Corbeyran, De Closet et Chabbert aux Éditions Robinson), Stéphane Fert (sur Blanc Autour, par Lupano et Fert, chez Dargaud), Jean-Christophe Brisard (sur Hitler est mort! T. 1 par Brisard et Pagliaro, chez Glénat), Luz (sur Vernon Subutex t.1, par Virginie Despentes & Luz, chez Albin Michel), Jean Harambat (sur La fiancée du Dr. Septimus, par Rivière & Harambat, chez Dargaud Coll. Le Nouveau Chapitre), Amaury Bündgen (sur Ion Mud chez Casterman), Stanislas Moussé (sur Le fils du roi, chez Le Tripode), et Karim Friha (sur Le Mangeur d’espoir, chez Gallimard). À l’occasion de son quinzième anniversaire on retrouve également un article sur les éditions Ankama. Dans le “Cahier Critique” je note un seul manga: Le jeu de la mort t.1 & 2 par Sora, chez Delcourt/Tonkam (Bien; un shojo qui raconte une relation inappropriée entre un professeur de Lycée et une étudiante).

Un numéro volumineux (132 p.), plein d’information mais qui malheureusement n’offre pas grand chose dans mon champs d’intérêt. À lire pour tout amateur de BD en quête d’info sur les nouvelles parutions. stars-3-0

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Solaris #217 (Hiver 2021)

Solaris-217Un numéro plein à craquer qui nous offre six nouvelles, un article et les chroniques littéraire habituelles (“Les littéranautes” commentant les parutions locales et “Lectures” commentant le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne). Le volet fiction comprends:

  • “Ismaël, Elstramadur et la destinée”, par Christian Léourier (texte lauréat du Prix Joël-Champetier 2021)
  • “L’Amour au temps des univers parallèles”, par Hugues Morin
  • Au Pré de l’Asphodèle”, par Claude Bolduc
  • Les Pompes de Titan”, par Jean-Louis Trudel
  • Les Coeurs tachyoniques ne peuvent aimer”, par Derek Künsken
  • Explorer Jéhovah”, par Mario Tessier. L’apparition d’un colosse au dimension planétaire dans le système solaire (une statue représentant un homme nu), ravive les ferveurs religieuses et relance la compétition entre les différents pays de la planète pour être le premier à l’explorer… stars-3-0

Le volet documentaire du numéro n’offre qu’un seul article, un autre épisode exceptionnel des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, cette fois consacré à “La Machine à écrire… de la (science-)fiction”… Le Futurible y retrace l’histoire de la machine à écrire, comment elle a influencé l’écriture de fiction et comment elle est elle-même devenu une thématique des littératures de l’imaginaire… Tout à fait captivant…

Encore une fois, Solaris — qui se veut l’Anthologie permanente des littératures de l’imaginaire — nous offre une fenêtre sur ce qui se fait dans les littératures de genres au Québec, dans le monde francophone et même ailleurs. À lire pour tout amateur des dites littératures qui veut se divertir et accroître son savoir… stars-3-0

 

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Lone Sloane: Babel

LoneSloane-Babel-cov« Sloane, tu ne sais pas renoncer. C’est même là, la seule vertu qui te serve de compas. »

Quand, au milieu des années 1960, Philippe Druillet invente Lone Sloane, le navigateur solitaire arpentant les espaces interstellaires, il révolutionne la bande dessinée. Baroque, sans limites, fourmillant de mille détails, la science-fiction explose les cases, s’hybride à la littérature en croisant Flaubert, et marque durablement les imaginaires de créateurs en herbe dont un certain George Lucas…

Aujourd’hui, cinquante ans plus tard, Lone Sloane revient sous la plume de Xavier Cazaux-Zago et le pinceau de Dimitri Avramoglou, jeune talent émergent adoubé par Druillet lui-même, pour une nouvelle aventure à l’ambition et aux proportions dantesques. Babel convoque tous les personnages de la saga de Sloane et met en scène leur confrontation à une menace inexorable : l’Écume, une force sombre qui anéantit tout sur son passage. Notre héros devra littéralement se réinventer, et faire appel à tous les grands voyageurs mythologiques – Ulysse, Hannibal, Gulliver ou Nemo – pour l’aider à triompher du Chaos.

Images spectaculaires, démesure graphique et folie narrative sont donc au rendez-vous de cet album épique et hors norme. À n’en point douter, l’événement SF de ce début d’année.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

LoneSloane-Babel-p05Je n’ai pas tout lu les albums de Druilllet (quoique j’ai lu plusieurs de ses histoires dans Pilote et Métal Hurlant). Je n‘en possède que sept: (d’abord ceux qui font partie des aventures de Lone Sloane) Lone Sloane 66 (1966, originalement publié sous le titre Le mystère de l’abîme), Delirius (1973, sur un scénario de Jacques Lob) et l’intégrale Salammbô (adapté/inspiré du roman de Gustave Flaubert; 1980: Salammbô, 1982: Carthage, 1986: Matho); mais j’ai aussi Vuzz (1974), Yragaël ou la fin des temps (1974), Urm le Fou (1975), et La Nuit (1976).

La moitié de l’oeuvre de Philippe Druillet (neuf albums) est consacrée au personnage avec lequel il débuta sa carrière: Lone Sloane. Il est d’abord apparu dans de courts récits publiés dans Pilote et qui ont été compilé en albums: Lone Sloane 66 (3 récits) et Les six voyages de Lone Sloane (6 récits). Il illustre ses récits d’abord avec un crayonné assez simple (qui rappel un peu le style de Mézières), qui se complexifie avec des textures et des hachures, et finalement explose de richesses avec la couleur. L’album suivant, Delirius, est un récit complet qui a été sérialisé dans Pilote #651-666. Il est suivie par Gaïl (sérialisé dans Métal Hurlant #18-27) et la série culmine avec son chef d’oeuvre, Salammbô (la première partie est sérialisée dans Métal Hurlant #48-54, mais la suite parait directement en album chez Dargaud). Après un long hiatus, Druillet reviendra sur le personnage avec Chaos (2000) et Délirius 2 (2012). Ce sont des récits complexes de space opera gothique ou se mêle science-fiction, fantasy et fantastique. Les pages sont superchargées de détails et ultra colorées, offrant des images dantesques, sinon inspiré d’un trip d’hallucinogène. Ultimement, chaque planche est pratiquement une peinture où l’artiste a travaillé des jours, voir des semaines. C’est une oeuvre très originale et unique. J’adore l’oeuvre de Druillet, même si je l’ai toujours trouvé un peu difficile à lire…

Récemment la tendance est de voir plusieurs vieilles séries de bande dessinée reprisent par de jeunes artistes pour faire soit des hommages ou des suites. C’est le cas ici avec Xavier Cazaux-Zago et Dimitri Avramoglou qui reprennent les aventures de Lone Sloane. Cependant, Babel est-il hommage ou suite ? Ou les deux?

Une mystérieuse force noire, l’Écume, consume l’univers. C’est l’instrument de Shaan pour anéantir son ennemi juré: Lone Sloane. Sur Zazhann, un prêtre/prophète du collectif apparait aux Barons Bleus et se sert d’eux pour retrouver Sloane. Il prétend que sur le monde-mémoire mythique de Babel il existe un livre qui raconte comment vaincre l’Écume. L’Abbé y guidera Sloane dans sa quête, à bord du vaisseau Ô Sidarta, en compagnie de sa belle Légende et de ses seconds Yearl et Vuzz. Est-ce un piège? Sloane a-t-il été trahi? Pendant qu’une bataille épique fait rage autour de la planète entre la flotte de Shaan et Ô Sidarta (avec le gunship de l’horloger Kurt Kurtsteiner en renfort), au coeur de l’atemporelle Babel, Légende écrit la fin de l’épopée. Car le véritable héros ne peut vaincre que dans la mort…

Babel respect bien l’esprit de l’oeuvre de Druillet: c’est un récit complexe et un peu difficile à suivre, avec des dessins gothiques qui offrent beaucoup de pleines ou doubles planches, qui semblent se lire dans toute les directions… Et, tout comme les albums de Druillet, c’est beau, intriguant, voir fascinant parfois. En résumé, on pourrait dire que l’art est épique et le texte lyrique. Toutefois, je suis tout de même un peu déçu. Babel est un ersatz qui paraît fidèle en surface mais qui n’offre en fin de compte un résultat qui n’est pas aussi riche et détaillé que l’original. J’étais intrigué mais je ne l’ai pas trouvé agréable à lire… C’est néanmoins un album qui mérite quand même d’être vu et lu, par les amateurs de Druillet mais aussi par une nouvelle génération de lecteurs qui pourront ainsi découvrir l’incomparable univers de Lone Sloane.

Lone Sloane: Babel, par Xavier Cazaux-Zago (scénario), Dimitri Avramoglou (dessin), d’après l’oeuvre de Philippe Druillet (Idée originale/adaptation par Serge Lehman). Grenoble: Glénat, janvier 2020. 88 p., 24 x 32 cm, 19.00 € / $C 31.95. ISBN 978-2-3562-6019-2. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-2-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2020, Éditions Glénat.

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Shades: A Tale of Two Presidents

Shades-covFrom Pete Souza, the #1 New York Times bestselling author of Obama: An Intimate Portrait, comes a potent commentary on the Presidency — and our country.

As Chief Official White House Photographer, Pete Souza spent more time alongside President Barack Obama than almost anyone else. His years photographing the President gave him an intimate behind-the-scenes view of the unique gravity of the Office of the Presidency — and the tremendous responsibility that comes with it. 

Now, as a concerned citizen observing the Trump administration, he is standing up and speaking out. Shade is a portrait in Presidential contrasts, telling the tale of the Obama and Trump administrations through a series of visual juxtapositions. Here, more than one hundred of Souza’s unforgettable images of President Obama deliver new power and meaning when framed by the tweets, news headlines, and quotes that defined the first 500 days of the Trump White House. 

What began with Souza’s Instagram posts soon after President Trump’s inauguration in January 2017 has become a potent commentary on the state of the Presidency, and our country. Some call this “throwing shade.” Souza calls it telling the truth. 

In Shade, Souza’s photographs are more than a rejoinder to the chaos, abuses of power, and destructive policies that now define our nation’s highest office. They are a reminder of a President we could believe in, and a courageous defense of American values.

[Text from publisher’s website]

Shades_p74-75This makes us realize how great it is NOT to “hear” Trump’s tweets anymore. Shades is a great coffee-table book made mostly of pictures taken during Obama’s presidency with short captions contrasting the subject of the photo with some stupid comment or action from Trump that day (or the day before) and that Souza posted on his Instagram account. Putting a picture on the internet is great fun, but publishing it in a picture book really immortalized it for posterity. It is a quick read, but you can admire the pictures as long as you want. That’s a great book.

Shades: A Tale of Two Presidents, by Pete Souza. New York: Little, Brown & Co, October 2018. 240 pg., Hardcover, 7 x 9.25 in., $12.99 US / $16.99 Can. ISBN: 978-0-316-42182-9. stars-3-0

For more information you can check the following websites:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2018 by Pete Souza

[ Traduire ]

Justine et les Durrells

Justine-covEn Grèce, sur une île des Cyclades, un homme se souvient de la ville d’Alexandrie. Avec une mémoire d’archiviste, il raconte ce qu’il a vécu là-bas avant la Seconde Guerre mondiale. Narrateur anonyme, Anglo-Irlandais entre deux âges, professeur par nécessité, il classe ses souvenirs, raconte son amour pour Justine, une jeune pianiste séduisante, un peu nymphomane et somnambule ; il évoque sa liaison avec l’émouvante Melissa, sa maîtresse phtisique. D’autres personnages se dessinent. D’abord Nessim, le mari amoureux et complaisant de Justine, Pombal, le Français, Clea, l’artiste-peintre, Balthazar, le médecin philosophe. Mais Justine, d’abord Justine, est au coeur de ce noeud serré, complexe, étrange, d’amours multiples et incertaines… 

En achevant le premier tome de son fameux Quatuor d’Alexandrie (Balthazar, Mountolive et Clea succéderont à Justine et seront publiés entre 1957 et 1960), Lawrence Durrell (1912-1990) en donna à son ami Henry Miller une définition devenue célèbre : “C’est une sorte de poème en prose adressé à l’une des grandes capitales du coeur, la Capitale de la mémoire…”

[Texte du site de Renaud-Bray]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Un Britannique déchu, l’aspirant romancier et enseignant L.G. Darley, évoque les souvenirs d’une affaire qu’il a eu à Alexandrie avec la passionnée Justine Hosnari et par ce fait tente de s’exorciser de cet amour impossible. Justine est un roman d’atmosphère sur l’amour — l’amour d’une femme mais surtout l’amour d’une cité: Alexandrie. C’est très beau, très bien écrit mais aussi un peu ennuyant. Cela m’a pris presque deux ans à lire ces deux-cent cinquante pages, dans mes moments libres, entre d’autres livres. C’est la première partie d’une tétralogie (Le Quatuor d’Alexandrie) où chacune des parties est plus ou moins axées sur un personnage différent (Justine, Balthazar, Mountolive et Cléa), offrant chaque fois une perspective différentes sur l’entourage du narrateur (L.G. Darley).

Quatuor-d-Alexandrie-covL’auteur, Lawrence Durrell, est un homme très cosmopolite qui haïssait l’Angleterre (sa société rigide et son climat). Né en Inde il a successivement habité à Corfou en Grèce, à Paris (où il a collaboré avec Henry Miller, Anaïs Nin et Alfred Perlès), à Alexandrie (où il était attaché de presse de l’ambassade Britannique), à Rhodes, en Argentine (où il travaillait pour le British Council Institute), en Yougoslavie, à Chypre (où il a été enseignant) et il s’est établi finalement dans le sud de la France. Le Quatuor d’Alexandrie a définitivement des accents autobiographiques, Durrell s’inspirant d’éléments de sa propre vie: son travail pour le gouvernement Britannique, le fait que sa première épouse s’installe à Jérusalem après leur séparation (comme Justine qui part pour un kibboutz en Palestine), et sa deuxième femme (Eve, une juive alexandrine) étant hospitalisée en Angleterre suite à une dépression, il s’installe à Chypre avec leur fille et prend un travail d’enseignant (comme le narrateur du roman). Et il a sûrement beaucoup aimé la ville d’Alexandrie… C’est là qu’il a rencontré Eve. C’est une ville cosmopolite comme lui, qui offre un complexe mélange de toutes les cultures et toutes les religions. Riches et pauvres s’y côtoient, partageant une culture tant Européenne qu’Arabe, sans trop s’offusquer des moeurs ou de la religion de chacun, qu’ils soient musulmans, juifs, orthodoxes ou chrétiens.

Justine, publié en 1957, a été écrit pendant le séjour de Durrell à Chypre (1952-56). Si il a une belle écriture et qu’il utilise une prose sensuelle et poétique, son style est plutôt expérimental pour l’époque. La narration est désarticulée, avançant et reculant au fil des souvenirs et des sentiments du personnage principal. Et comme ces flashbacks interviennent généralement sans la moindre transition, cela peut laisser le lecteur confus. Si le coeur du récit est le triangle amoureux entre le narrateur, Justine et son mari, le banquier copte Nessim, Durrell y ajoute un ensemble de personnages colorés qu’il utilise pour évoquer la beauté et la diversité de l’Alexandrie d’avant-guerre, ajouter une intrigue socio-politique et même un discours philosophique (voir mystique, au travers du groupe d’adeptes de la Cabbale qui se réunit autour de Balthazar). Toutefois, il s’en sert surtout pour donner une perspective multiple au récit (un peu comme dans le film Rashōmon). C’est aussi en quelque sorte un concept dickien, puisqu’il explore comment notre perception de la réalité est somme toute relative…

“Nous cherchons tous des motifs rationnels de croire à l’absurde. (…) après tous les ouvrages des philosophes sur son âme et des docteurs sur son corps, que pouvons-nous affirmer que nous sachions réellement sur l’Homme? Qu’il est, en fin de compte, qu’un passage pour les liquides et les solides, un tuyau de chair.”

— Lawrence Durrell, Justine (Le Quatuor d’Alexandrie, Le livre de Poche, p. 93) [une réflexion qui rappelle beaucoup Marcus Aurelius dans ses Pensées pour moi-même]

Cette complexité stylistique fait de ce roman, paradoxalement, à la fois un texte attrayant qui captive par sa beauté (au point qu’on en continue la lecture parfois sans même porter attention au récit) et une lecture difficile, voir même par moment désagréable. Je ne sais trop si c’est parce que j’ai lu ce roman par petits bouts, ou parce que j’ai changé plusieurs fois de la version originale à la traduction française (selon la disponibilité du document) mais l’écriture de Durrell m’est apparu compliquée et même parfois difficile à déchiffrer. Il me fallait souvent relire un paragraphe plus d’une fois pour en saisir le sens — certaines phrases échappant totalement à ma compréhension! C’est la version originale qui m’a donné le plus de fil à retordre. Est-ce dû à mon niveau de lecture de la langue de Shakespeare (que je croyais pourtant excellente) ou est-ce que le traducteur français en a poli le texte plus qu’il n’aurait dû en arrondissant certains angles du style de Durrell? Ou alors c’est simplement le style désarticulée de Durrell qui est très demandant. Étrangement, pour passer le temps au travail, j’ai commencé à lire le second tome, Balthazar. Je le lis par curiosité sans avoir vraiment l’intension de le terminer. Chose surprenante, je trouve cette lecture plus facile et plus agréable. Sans vraiment parler d’ “action”, l’histoire progresse plus rapidement et est moins “atmosphérique.” Avec la seconde partie, l’auteur a probablement trouvé son rythme… On verra si j’en continue la lecture…

D’une certaine façon ce roman m’a plus intéressé pour ce qu’il reflétait de la vie de son auteur que pour son récit lui-même. Durrell est un auteur réputé (qui a même été considéré pour un prix Nobel de littérature) et Justine (en fait, l’ensemble de la tétralogie) est considéré comme son chef-d’oeuvre, se plaçant soixante-dixième parmi les cents meilleurs romans de langue anglaise du vingtième siècle. Alors, même si mon impression est plutôt mitigé parce que j’en ai trouvé la lecture difficile, je crois que c’est tout de même un beau roman, profond, qui mérite d’être lu.

Justine (The Alexandria Quartet #1), by Lawrence Durrell. New York: Penguin, July 1991. 253 pages, $19.00 US / $22.50 CND. ISBN 9780140153194. stars-2-5

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Le Quatuor d’Alexandrie (Justine, Balthazar, Mountolive, Clea) par Lawrence Durrell (Traduction par  Roger Giroux). Paris: Livre de Poche (Coll. Classiques modernes / Pochothèque), octobre 1992. 1056 pages, 25,00 € / $44.95 Can., ISBN 978-2-330-07074-8. Pour lectorat jeune adulte (16+).

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Justine, le film

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que la tétralogie a été adapté en un film hollywoodien à la fin des année soixante ! Il est décrit comme “Les amours d’un jeune Anglais à Alexandrie à la fin des années 1930 avec une prostituée et la femme d’un riche banquier qui complote contre les Anglais” (Wikipedia). 

Le film me semble relativement fidèle au roman. Bien sûr certaines scènes ont été changées et, comme je n’ai lu que le premier quart de la tétralogie, je ne peut pas juger du reste. Je me demande cependant si la partie avec le traffic d’arme et le fait que Darley a été manipulé par Justine a été ajouté pour le film ou si c’est simplement dans la partie du roman que je n’ai pas lu. Si cela représente bien reste de l’histoire, je suis intrigué et peut-être continuerai-je à le lire… Le roman se lit peut être comme un oignon et, avec chaque nouvelle partie, Darley découvre sans doute des vérités de plus en plus profondes sur Justine…

Le film offre une narration bien évidemment linéaire avec juste les éléments essentiels de l’intrigue. Vu de cette façon les personnages sont étrangement bidimentionnels. Est-ce que cela fait du sens pour celui qui n’a pas lu le roman? Et le film nous présente une Alexandrie qui semble plus perverse que belle…

Malheureusement, malgré un casting rempli d’acteurs connus, le film fut un échec total puisqu’il ne rapporta qu’un peu plus de deux millions de dollars au Box Office (alors qu’il en a coûté presque huit à produire).  Il semble aussi qu’il ait fait piètre impression sur l’audience qui ne lui a donné une cote que 5.6 / 10 sur IMBd et 36% sur Rotten Tomatoes. 

Justine-dvdJustine: USA, 1969, 116 min.; Dir.: George Cukor & Joseph Strick; Scr.: Lawrence B. Marcus & Andrew Sarris (basé sur le roman éponyme de Lawrence Durrell); Phot.: Leon Shamroy; Ed.: Rita Roland; Mus.: Jerry Goldsmith; Cast: Michael York (Darley),  Anouk Aimée (Justine), Dirk Bogarde (Pursewarden), Robert Forster (Narouz), Anna Karina (Melissa), Philippe Noiret (Pombal), John Vernon (Nessim), George Baker (Mountolive) et Severn Darden (Balthazar). Disponible pour visionnement sur Youtube. stars-3-0

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Les Durrells

Toutefois, ce qui est vraiment intéressant (et amusant) dans cette expérience de lecture, c’est ce qui m’a fait découvrir Lawrence Durrell — et toute sa famille. Car, à une exception près, ce sont tous des auteurs publiés que j’ai découvert en regardant sur PBS la série télé de la ITV Les Durrells à Corfou (The Durrells). Cette série télé de vingt-six épisodes relate les mésaventures (parfois loufoques) de la famille durant un séjour de quatre ans (1935–1939) sur l’île grecque de Corfou. 

À la mort de son époux à Dalhousie, en Inde, en 1928, Louisa Durrell décide de déménager sa famille en Angleterre, à Bournemouth (Dorset), en 1932. Mais la famille y est misérable et à l’instigation de l’aîné — Lawrence (Larry), qui suggère qu’un climat tempéré serait plus agréable — elle déménage à nouveau à Corfou en 1935. Lawrence, vingt-trois ans et écrivain en herbe, s’y rend en premier avec son épouse Nancy Myers. Louisa l’y rejoint avec le reste de la famille: Leslie (dix-huit ans, dont l’intérêt se limite à la chasse et aux armes à feux), Margaret (Margo, seize ans et égocentrique, qui s’intéresse surtout aux garçons) et le cadet Gerald (Gerry, dix ans, qui ne s’intéresse qu’aux animaux). Ils seront aidé dans leur aventures par le chauffeur de taxi exubérant Spýros Hakaiópoulos et le médecin, naturaliste et traducteur Theódoros (Théo) Stefanídis. Chose amusante, si Lawrence parle de son séjour à Corfou dans son livre Prospero’s Cell, il y mentionne à peine la présence de sa famille. À l’opposé, Gerry, dans sa Trilogie de Corfou, ne mentionne jamais la présence de Nancy, la femme de Lawrence, ce qui fait qu’elle n’apparait pas dans la série télé… Avec le début de la deuxième guerre mondiale et l’invasion imminente de la Grèce par les Allemands, la famille retourne en Angleterre en 1939. Lawrence et Nancy, quant à eux, fuient à Alexandrie en 1941.

La série télé est très amusante et divertissante. Je la recommande chaudement. 

TheDurrells-dvdThe Durrells: UK, 2016-2019, 4 seasons de 6 episodes; Dir.: Steve Barron & Roger Goldby; Scr.: Simon Nye (basée sur la Trilogie de Corfou par Gerald Durrell); Phot.: Julian Court, James Aspinall; Mus.: Ruth Barrett; Prod.: Christopher Hall; Cast: Keeley Hawes (Louisa), Milo Parker (Gerry), Josh O’Connor (Larry), Daisy Waterstone (Margo); Callum Woodhouse (Leslie), Alexis Georgoulis (Spiros), Anna Savva (Lugaretzia), Yorgos Karamihos (Theo), Leslie Caron (Countess Mavrodaki), Ulric von der Esch (Sven), et James Cosmo (Captain Creech). stars-3-5

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En plus de l’oeuvre prolifique de Lawrence Durrell (dont Citrons acides qui relate son séjour à Chypre), son frère Gerald a écrit plusieurs ouvrage sur son travail de naturaliste et de conservationniste (il a pour ainsi dire réinventé le concept moderne du zoo) mais il est surtout connu pour sa “Trilogie de Corfou” (Ma famille et autres animaux publié en 1956 [Nelligan], Oiseaux, bêtes et grande personnes publié en 1969 et Le jardin des dieux publié en 1978) qui relate avec beaucoup d’humour le séjour de la famille en Grèce et a inspiré la série télé.  Même sa soeur Margaret a écrit un livre sur la pension de famille qu’elle a tenu à Bournemouth après le retour de Grèce, intitulé Whatever happened to Margo? [Nelligan], écrit dans les années ’60 et publié par sa petite-fille en 1995 (qui a retrouvé le manuscrit dans le grenier). Je vais m’efforcer de lire quelques uns de ces ouvrages et de les commenter plus tard…

À noter aussi que le 11 mars 1968 Lawrence Durrell a été interviewé à Radio-Canada sur l’émission Le Sel de la Semaine, animée par Fernand Seguin. L’entrevue est disponible sur les archives de Radio-Canada, sur Youtube et sur DVD [Nelligan]. On la décrit ainsi: “Lors de son passage au «Sel de la semaine», l’écrivain dévoile la source de son inspiration pour son chef-d’oeuvre [«Quatuor d’Alexandrie»]. L’animateur le questionne d’abord sur son parcours inusité, sur son enfance, sa carrière diplomatique, sa discipline d’écriture, ses rencontres, entre autres sa rencontre déterminante avec l’Américain Henry Miller”. C’est fort intéressant d’entendre l’auteur lui-même parler de sa vie et de son oeuvre.

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Le problème à trois corps (Liu Cixin)

ProblemeATrois Corps-covEn pleine Révolution culturelle, le pouvoir chinois construit la base militaire secrète de Côte Rouge, destinée à développer une arme de grand calibre. Ye Wenjie, une jeune astrophysicienne en cours de “rééducation”, intègre l’équipe de recherche. Dans ce lieu isolé où elle croit devoir passer le restant de sa vie, elle est amenée à travailler sur un système de télétransmissions dirigé vers l’espace et découvre peu à peu la véritable mission de Côte Rouge…

Trente-huit ans plus tard, alors qu’une étrange vague de suicides frappe la communauté scientifique internationale, l’éminent chercheur en nanotechnologies Wang Miao est témoin de phénomènes paranormaux qui bouleversent ses convictions d’homme rationnel. Parmi eux, une inexplicable suite de nombres qui défile sur sa rétine, tel un angoissant compte à rebours…

Hugo 2015 du meilleur roman, Le Problème à trois corps est le premier volume d’une trilogie culte d’une ambition folle.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Le problème à trois corps (三体)  nous offre un récit complexe sur lequel je ne m’étendrai pas trop pour éviter les divulgachages. Pour préserver le suspense, l’histoire nous est racontée dans le désordre et en laissant des blancs qui ne seront comblé qu’à la fin. Le récit est donc désarticulé et demande de la patience. À la page cent, j’ignorais encore de quoi il en retournait avec cette histoire, juste pour vous dire… Je me disais “ça a gagné un Hugo, ça doit être bon alors continuons encore un peu…” C’est lent à décoller mais le sujet est toute de même fort intéressant. Il s’agit ici d’une histoire de premier contact qui pose une délicate question: si on lance un appel dans l’espace, que fait-on si quelqu’un répond?

Comme dans le cas de Terre errante, le récit est un peu  “gros” — Liu Cixin ne semble pas faire pas dans la dentelle. Certains éléments paraissent parfois tout à fait invraisemblable (particulièrement la partie sur les deux protons!) mais quand on parle de civilisation très avancé tout est possible. Comme on dit, une science très avancée paraitrait comme de la magie pour une société primitive… Liu Cixin, un ingénieur de formation, nous propose d’ailleurs une intéressante description de civilisation très avancé qui fait face à un problème particulier de survie dans un système solaire trinaire instable. Le tout enrobé dans un context socio-politique chinois, un thriller de conspiration scientifique et beaucoup d’élément de hard SF — mais qui reste toutefois compréhensible pour qui a une bonne base scientifique. Et il y a peut-être même une allégorie politique de caché dans tout ça (du genre un David oriental contre le Goliath occidental?). Chose certaine c’est un roman (en fait une trilogie) qui a fait beaucoup de bruit et qui a fait naitre beaucoup d’intérêt envers la SF chinoise.

Je ne suis malgré tout pas si sûr que ça mérite vraiment un Hugo mais c’est tout de même une intéressante lecture pour ceux qui aiment la science et ont la patience de lire jusqu’à la fin. (Mais, bon, il reste tout de même deux autres volumes à lire !) J’imagine que ça ferait un bon thriller SF au cinéma ou à la télé. En effet, un film chinois aurait été produit mais n’a jamais abouti (apparement ce serait un navet) et Netflix aurait commandé une série basé sur la trilogie. Cela risque d’être intéressant à voir…

Le problème à trois corps par Liu Cixin (Traduction par Gwennaël Gaffric). Arles: Actes Sud (Coll. Exofictions), octobre 2016. 432 pages, , 14.5 x 24 cm, 23,00 € / $39.95 Can., ISBN 978-2-330-07074-8. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Liu Cixin, 2006. © Actes Sud, 2016 pour la traduction française

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Le dernier envol du papillon

DernierEnvolDuPapillon-covMémoires d’une geisha — Kicho, la plus belle courtisane de Nagasaki, séduit tous les hommes sans exception. Cependant, du vieux marchand ivrogne au médecin étranger, elle continue à accepter tous les clients, même les plus méprisables. Quel secret cache-t-elle derrière sa douce mélancolie ? Le jeune garçon qui nourrit une haine farouche envers elle détient peut-être les clefs du mystère…

Kan Takahama est déjà bien connue en France par les amateurs de romans graphiques pour ses œuvres à mi-chemin entre le manga et la bande dessinée franco-belge : L’Eau amère, Sad Girl, Two Expressos ou encore sa collaboration avec Frédéric Boilet sur Mariko Parade. Avec Le Dernier Envol du papillon, l’auteur parvient à repousser les limites de son style en nous livrant un beau récit dont la trame scénaristique n’a rien à envier à La Dame aux camélias, tout en gardant la finesse dont elle avait fait preuve dans ses récits intimistes.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 9

Le dernier envol du papillon (蝶のみちゆき / Chō no Michiyuki / lit. “Le papillon de Michiyuki” [fait référence à une pièce de kabuki où “deux amants contrariés finissent réincarnés en papillons”]) est un manga seinen par Kan Takahama qui a été sérialisé dans Comic Ran puis compilé en volume chez Leed en 2015.

Kicho est une courtisane célèbre de la maison Chikugo dans le quartier de Maruyama à Nagasaki durant l’époque du Bakumatsu. Elle est aussi belle que pleine de mystères, mais tout au long du récit nous découvrons peu à peu son histoire (et celle de sa petite servante, Tama). Elle visite un de ses clients régulier, le Dr. Thorn, sur l’ile de Dejima, réservé pour les étrangers. Il est surpris de découvrir qu’elle a quelques connaissances en médecine et lui donne de la nourriture saine pour “son frère malade”. Il soigne également un homme atteint d’une tumeur au cerveau et il offre de prendre son fils, Kenzo, comme étudiant à l’école de Médecine Occidentale. Il en déduit que cet homme, Gen Tsuji, est le frère de Kicho mais en fait c’est son époux! Médecin veuf, il était tombé amoureux de la courtisane (qui était en fait une amie d’enfance) et s’était ruiné pour racheter son contrat auprès de la maison Chikugo. Lorsqu’il est tombé malade elle est retourné au Chikugo pour être capable de payer les dettes de la famille et les soins de son mari. À sa mort, elle est resté au Chikugo. Quelques années plus tard, après la guerre du Boshin qui ouvre la porte à l’ère Meiji, Kenzo, maintenant lui-même médecin, offre à Kicho (Konoha de son vrai nom) de revenir à la maison. Mais, se sachant condamné par la syphilis, elle refuse…

Le dernier envol du papillon nous offre une très belle histoire d’amour. Le récit est plutôt fluide et l’intrigue autour de Kicho nous tiens en haleine. C’est intéressant car les récits de courtisanes (comme Sakuran de Moyoco Anno) se déroulent généralement à Edo. Le dessin est agréable et détaillé (Takahama utilise beaucoup de trames très fines pour les dégradés). On voit que l’artiste gagne en assurance (c’est son huitième manga, publié juste après Tokyo, amour et libertés) et qu’elle a beaucoup recherché son sujet. C’est ce qui rend d’ailleurs ce manga très intéressant car elle dépeint bien la société et les moeurs de l’époque, un moment fascinant de l’Histoire japonaise qui fait la transition entre le shogunat Tokugawa (bakufu) et le japon moderne qui débute avec l’ère Meiji. C’est une très bonne lecture que je recommande, mais pour adultes car il contient, bien sûr, beaucoup de nudité et de sexualité (comme dans les autres productions récentes de Takahama).

Le dernier envol du papillon par Kan Takahama (Traduction par Yohan Leclerc). Grenoble: Glénat (Coll. Seinen Manga), avril 2017. 164 pages (152 pl.), , 14.5 x 21 cm, 10,75 € / $17.95 Can., ISBN 978-2-344-02260-3. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

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© Kan TAKAHAMA, 2013. © Glénat, 2017 pour l’édition française.

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Les années douces

AnnéesDouces-covUn récit pudique et délicat, tissé de bonheurs fugaces et d’enchantements saisis au vol : Jirô Taniguchi au meilleur de son art.

Dans le café où elle a ses habitudes, une trentenaire, Tsukiko, fait la connaissance d’un homme solitaire et élégant, de plus de trente ans son aîné. Elle réalise qu’elle le connaît : il fut autrefois son professeur de japonais. Elle est célibataire, il est veuf. Complices, ils prennent l’habitude de se revoir dans le même café, au hasard de leur emploi du temps, puis, bientôt, d’improviser des sorties ensemble. Insensiblement, à petites touches légères, une connivence s’établit, puis une véritable affection, et peut être même… Ce sont ces rencontres que retracent une à une les chapitres des Années douces, chacune comme une histoire à part entière : la cueillette des champignons, les poussins achetés au marché, la fête des fleurs ou les vingt-deux étoiles d’une nuit d’automne.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 9

Les années douces (センセイの鞄 / Sensei no Kaban / lit. “La mallette du maître”) est un manga seinen par Jirô Taniguchi d’après le roman de Hiromi Kawakami. Ce dernier a été sérialisé dans le magazine Taiyo (Heibonsha) entre juillet 1999 et décembre 2000 avant d’être compilé en un volume en juin 2001. Il a par la suite été réédité en format poche chez Bungei Bunko (Bungei Shunju) et Shincho Bunko (Shinchosha). La version française est publiée aux Éditions Philippe Picquier. Il a été adapté en un téléfilm  et en manga. L’adaptation manga a été prépublié dans le magazine bimensuel Manga Action (Futubasha) entre novembre 2008 et décembre 2009 avant d’être compilé en deux volumes en 2009 et 2010. Casterman a publié les deux volumes en français en 2010-11, puis les a réédité dans une version intégrale en mars 2020.

Tsukiko Omachi est une “Office Lady” dans la trentaine qui mène une vie plutôt solitaire, car elle trouve qu’elle n’est pas trop adapté au “mode de vie des adultes”. Un soir, dans l’izakaya qu’elle a l’habitude de fréquenter, elle fait la rencontre d’un homme plus âgé, dans la soixantaine, qui lui semble vaguement familier et qui apprécie les même choses qu’elle. Elle réalise qu’il s’agit de son ancien professeur de littérature japonaise au lycée. Comme elle ne se souvient pas de son nom, elle l’appelle simplement “le maître” (Sensei) et ce nom lui est resté — même si finalement elle se rappelle qu’il s’agit de Harutsuna Matsumoto. Au fil des rencontres dans ce même izakaya va se développer une relation d’amitié, puis de tendre complicité. Et, même si elle sort parfois avec Kojima, un collègue du lycée, ses pensées reviennent toujours au maître…  Lorsqu’ils commencent à se donner rendez-vous ailleurs qu’au bistrot, cette amitié évoluera vers une véritable affection et, pourquoi pas, une relation amoureuse.

C’est un récit très anecdotique divisé en dix-neuf chapitres (ou “rencontres”): La lune et les piles, Les poussins, Vingt-deux étoiles, La cueillette des champignons (1 et 2), Nouvel an, Renaissances, Fête des cerisiers (1 et 2), La chance, Orage de mousson, L’île (1 et 2), Sur la grève (un rêve), Le grillon, Au parc, Le cartable du maître, Parade (1 et 2). Je comprend fort bien pourquoi Taniguchi a voulu faire cette adaptation, car cette histoire s’apparente très bien avec sa thématique de déambulation gastronomique qu’il a mainte fois utilisée dans des récits comme L’Homme qui marche, Le Promeneur ou Le Gourmet solitaire. C’est un très beau récit — lent et contemplatif — qui se lit plutôt bien et qui, comme la vie des personnages de Taniguchi, se savoure tranquillement. L’artiste a atteint le sommet de son art et l’on voit sa maîtrise tant dans la mise en page que dans son magnifique style précis et détaillé. 

Les années douces est un très bon manga que j’avais déjà lu lors de sa sortie en deux volumes et que je me suis fait un plaisir de relire avec la parution de l’intégrale. C’est du Taniguchi à son meilleurs…

Les années douces, par Jirô Taniguchi, d’après l’oeuvre de Hiromi Kawakami (Traduction par Elisabeth Suetsugu, adaptation par Corinne Quentin). Paris: Casterman (Coll. Écriture), mars 2020. 440 p., 17.3 x 24.1 cm, 24.95 € / $C 48.95. ISBN 978-2-203-20319-8. Pour lectorat jeune adulte (16+).  stars-3-5

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© PAPIER / Jiro TANIGUCHI / Hiromi KAWAKAMI, 2008. © Casterman, 2020 pour la traduction française.

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L’Appel de Cthulhu

AppelDeCthulhu-covQuand Francis Thurston hérite des possessions de son grand-oncle archéologue, il se retrouve lié à la tragique destinée du vieil homme… D’après ses papiers, le défunt scientifique enquêtait sur une religion étrange : le culte de Cthulhu. Une mystérieuse gravure représentant son dieu dépeint un monstre cauchemardesque ! Selon le journal laissé par le professeur, cette tablette est l’œuvre d’un artiste qui l’a créée en pleine nuit, alors qu’il était assailli de visions d’une cité fantastique habitée par une créature gigantesque.

Or, ce phénomène a eu lieu le lendemain d’un séisme d’une intensité inégalée, qui a affecté des hommes dans plusieurs contrées… Qu’est-ce qui a bien pu perturber ainsi l’équilibre du monde ? Intrigué par ces écrits, Francis reprend le flambeau et se lance sur la piste du culte, au cœur des ténèbres… 

Des États-Unis à l’Europe en passant par les étendues glacées du Groenland, l’horreur se niche partout ! Avec L’Appel de Cthulhu, H. P. Lovecraft donne une ampleur et une cohérence nouvelles à son univers en reliant les indices éparpillés dans ses récits. Aurez-vous le courage d’affronter la réalité ainsi dévoilée ?

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

( Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs )

L’Appel de Cthulhu (クトゥルフの呼び声 ラヴクラフト傑作集 / Kutourufu no Yobigoe – ravukurafuto kessaku-shū / “Appel de Cthulhu – Chefs-d’œuvre de Lovecraft”) a d’abord été publié en feuilleton dans Comic Beam (de mai à novembre 2019), un magazine mensuel de Enterbrain (Kadokawa), avant d’être compilé en un volume en décembre 2019. Ce manga seinen par Gou Tanabe adapte la nouvelle de trente-deux pages The Call of Cthulhu écrite par H.P. Lovecraft en 1926 et publié dans Weird Tales en février 1928. La version française de cette adaptation est paru chez Ki-oon en septembre 2020. 

Gou TANABE a adapté en manga de nombreux récits de Lovecraft: The Outsider (2007), The Hound and Other Stories (2014, publié en anglais chez Dark Horse et qui inclus “The Hound,” “The Temple,” et “The Nameless City”), The Colour Out of Space (2015, traduit en français chez Ki-oon), The Haunter of the Dark (2016, à paraître en français chez Ki-oon en mars 2021 sous le titre Celui qui hantait les ténèbres), At the mountain of madness (2016-17, publié en anglais chez Dark Horse et en français chez Ki-oon, et dont j’ai déjà commenté le volume 1 et le volume 2), The Shadow Out of Time (2018, publié en français chez Ki-oon et que j’ai récemment commenté), The Call of Cthulhu (2019, publié en français chez Ki-oon en septembre 2020). Sa plus récente adaptation est The Shadow Over Innsmouth (インスマウスの影 / Innsmouth no Kage) publié dans Monthly Comic Beam entre juin 2020 et mars 2021. 

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Cette histoire retrace l’enquête menée par l’anthropologue Francis Wayland Thurston après avoir découvert dans les affaires de son grand-oncle George Gammell Angell, un professeur de langues sémitiques, un étrange bas-relief et un manuscrit relatant différents événements étranges s’étant tous déroulés entre le 28 février et le 2 avril 1925. Dans un premier cas, un jeune sculpteur de Providence nommé Henry Wilcox fut épris d’une fièvre et d’un délire durant lequel il créa un bas-relief représentant des hiéroglyphes mystérieux et une figure humanoïde dont “la tête pulpeuse entourée de tentacules surmontait un corps écailleux et grotesque muni d’ailes rudimentaires.” Wilcox vint voir Angell dans l’espoir qu’il puisse identifier l’origine de sa vision mais sans succès. 

Toutefois le récit du sculpteur rappela à Angell un événement similaire dont il prit connaissance lorsqu’un inspecteur de police de la Nouvelle-Orléans, John Legrasse, se présenta en 1908 à une réunion de la Société américaine d’archéologie tenue à Saint-Louis (MO) afin de faire identifier une idole mystérieuse. Elle représentait un monstre anthropoïde accroupie sur un piédestal, sa tête était couverte de tentacules, le corps évoquait celui d’un phoque, les quatre membres étaient pourvues de griffes formidables et il possédait de longues ailes minces sur le dos. L’idole avait été confisqué à une secte vaudou pratiquant des rituels sacrificiels dans des marécages au sud de la Nouvelle-Orléans. Le professeur Webb se rappela avoir entendu parlé d’un culte similaire au Groenland. Ce culte adorait Cthulhu et les Grands Anciens, venus des étoiles, qui ne mourraient jamais mais dormaient dans la cité engloutie de R’lyeh. Ils communiquaient avec les hommes dans leurs rêves en attendant le jour où, lorsque les étoiles seraient propices, ils s’éveilleraient de leur tombeau de pierre et règneraient à nouveau sur la terre.

Alors qu’il tente de confirmer les recherches de son grand-oncle, Thurston tombe sur un article de journal australien mentionnant une idole bizarre découverte sur l’épave d’un yacht en Nouvelle-Zélande en avril 1925! Thurston se rends à Auckland, puis à Sydney et finalement Oslo pour retracer le marin norvégien, Johanson, seul survivant. Il apprends que celui-ci est décédé mais réussi à prendre possession du manuscrit où Johanson relate son aventure et qui s’avère la clé de tout le mystère. Un tremblement de terre avait fait ressurgir la cité de R’lyeh, permettant à Cthulhu d’envahir les rêves à nouveau. Les matelots abordèrent l’île et libérèrent l’abomination. Toutefois, heureusement, la vivacité d’esprit de Johanson avait permis de le replonger dans son sommeil. Mais pour combien de temps encore? Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn

Avec “Les montagnes hallucinées”, L’Appel de Cthulhu est probablement l’un de mes récits préférés de Lovecraft (que j’ai d’ailleurs relu et commenté récemment) car pour la première fois il présente assez clairement le mythe de Cthulhu auquel jusqu’alors il n’avait fait que de brèves allusions. C’est donc une oeuvre emblématique qui aura une grande influence sur l’imaginaire collectif. Gou Tanabe en fait une adaptation incroyablement fidèle. Le récit est fluide et décrit avec précision les événements, les personnages et les créatures — ce qui est un exploit puisque Lovecraft aimait bien rester vague dans ses descriptions — ce qui fait que le court texte de trente-deux pages se retrouve illustré en près de trois cents ! C’est même une amélioration sur le texte originale, parfois lourd et empêtré,  puisque sa clarté et sa précision le rend plus intéressant. L’ouvrage est aussi graphiquement superbe car Tanabe réussi bien à rendre l’aspect sombre du récit sans que les minutieux détails ne se perdre dans un excès de trames ou d’encre. L’effet est amplifié par le haut niveau de production de l’oeuvre, la qualité d’impression mais surtout la superbe reliure en simili cuir rouge qui lui donne un air ancien.

Si je ne suis guère susceptible à l’effroi cauchemardesque que ce genre de récit est censé provoquer, j’ai quand même trouvé que l’Appel de Cthulhu est une excellente lecture qui permet d’aborder (ou de découvrir) l’œuvre de Lovecraft sous un angle nouveau. J’ai aussi hâte de lire la prochaine adaptation de Tanabe, Celui qui hantait les ténèbres, qui devrait paraître imminemment en français chez Ki-oon.

L’Appel de Cthulhu (Les chefs-D’Oeuvres de Lovecraft, 5), par Gou TANABE (dessin) et H.P. Lovecraft (histoire). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), septembre 2020. 294 p. (272 pl.), 15 x 21 cm, 17 € / $C 31.95. ISBN 979-10-327-0663-3. Pour lectorat jeune adulte (16+). Extrait disponible sur le site de l’éditeur. stars-4-0

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© Tanabe Gou 2019

Voir mes commentaires sur les adaptations précédentes de Tanabe:

MontagnesHallucinées-t1-cov montagnes_hallucinees_02-cov Dans_lAbime_du_temps-cov CouleurTombeeDuCiel-cov

 

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Revue de ‘zines [002.021.051]

Revue de ‘zines

Je constate que ma dernière chronique sur les périodiques et autres ‘zines dans mon champs d’intérêt remonte à un peu plus de trois mois. Ils s’accumulent sur ma table de chevet, encombrant mon tsundoku, et il est donc grand temps que je fasse un peu de rattrapage et que j’en épluche le contenu pour vous. 

Animeland #232 (Octobre – Décembre 2020)

Animeland-232En dossier de couverture on aborde le renouveau du shônen: on définit le genre (son public, ses auteurs), s’intérroge sur son étendu et présente quelques titres en exemples (The Promised Neverland, Chainsaw Man, L’Attaque des Titans, Jujutsu Kaisen, Sword Art Online, My Hero Academia). En plus de la une, le numéro est divisé en trois grandes sections: “Focus” qui met en lumière divers sujet d’actualité (le distributeur de figurines Cosmic Group, le studio 2D Andarta, la société monégasque Shibuya Productions, l’histoire de Anime News Network, l’historique des webtoons, Petit Vampire et un entretien avec son créateur, Joann Sfar); “On a vu” introduit quelques animation notoires (Josep, Phil Tippett: Des rêves et des monstres, Déca-Dence, Denno Coil, Futariwa Precure, The God of High School, Japan Sinks 2020, RE: Zero: Starting Life in Another World, My Hero Academia: Heroes Rising, Calamity, Weathering with You, Maquia, Fritzi, Great Pretender, Ronja: Fille de Brigand); Et le numéro se conclut sur une série de chroniques (Musique [OST de Japan Sinks 2020 par Kensuke Ushio], Entretiens [avec l’équipe de En sortant de l’école et avec les réalisateurs de GitS_2045 Shinji Aramaki et Kenji Kamiyama], Séance Studio [Studio Trigger], Jeu vidéo [The Last of Us Part II], l’animation dans la Pub [Nescafé], Figure de Pro [Santiago Montiel], Pourquoi [images par seconde], Trouvaille [Séoul Station], et Humeur).

Animeland reste encore le meilleur magazine du genre (il n’en reste plus beaucoup). C’est très riche en information (quoi que je déplore toujours la disparition de la section dédiée aux mangas). Même si cela reste très cher à 13.50 € / 20.99 CAD (mais heureusement il y a les bibliothèques publiques) c’est tout de même 146 pages d’information compacte qui offre une lecture essentielle pour tous amateurs francophone d’anime. stars-3-5

Capsules

dBD #146 (Septembre 2020)

dBD-146À la une de ce numéro on retrouve un interview avec François Boucq (au sujet de New York Cannibals, en collaboration avec Jerome Charyn chez Éditions du Lombard). On poursuit avec des interviews de Corbeyran (qui a écrit quatre cents scénarios de BD!), Pierre-Henry Gomont (pour La fuite du cerveau chez Dargaud), Patrick Prugne (pour Tomahawk chez Éditions Daniel Maghen), et Bérengère Orieux (des Édition Ici Même). On retrouve aussi un article sur les Picture discs.

Dans le “Cahier Critique” je note surtout Yawara! T.1 de Naoki Urasawa chez Kana (Bien; “Importance de la transmission, adversité, coups bas et fougueux combats donnent du relief à ce manga très célèbre publié au Japon dès la fin des années 80”), Fairy Tail – City Hero t.1 par Ushio Ando chez Pika (Bien; “une série policière décalée, pour les fans de la série d’origine”), Tokyo Tarareba Girls T.1 par Akiko Higashimura chez Le Lézard Noir (Super; “album sortie en 2014 (…) ce premier volume de la série risque fort de dépasser le public habituel du drama manga”), Shino ne sait pas dire son nom par Shuzo Oshimi chez Ki-oon (Bien; l’histoire d’une jeune fille atteinte d’un trouble de la parole), So I’m a spider, so what? T.1 par Asahiro Kakashi chez Pika (Bof; “assez superficiel et surtout répétitif”), Les enfants du temps T.1 par Wataru Kubota chez Pika (Super; adaptation en manga du film de Makoto Shinkai Weathering with You, “met en perspective le Japon rural (…) et son pendant urbain. Une belle réussite, qui ne fait pas injure au long-métrage”), et Iruma à l’école des démons T.1 par Osamu Nishi chez Nobi-Nobi (Super; “tordant à souhait!”).

L’habituel déluge d’information de BD; heureusement qu’il a dBD pour nous parler des nouvelles parutions en mangas ! À lire (même si c’est cher — 8.90 € / $C15.99 pour 100 pages [aussi disponible en numérique pour 4.99 €] — mais cela vaut la peine et on le trouve aussi dans les bibliothèques publiques). stars-3-0

Capsules

dBD #147 (Octobre 2020)

dBD-147À la une de ce numéro on retrouve un interview avec Frank Pé (sur Little Nemo et La bête T.1 chez Dupuis et l’artbook Une vie en dessins chez Dupuis-Champaka). On poursuit avec des interviews de Baru (sur Bella ciao T.1 chez Éditions Futuropolis), Julie Rocheleau, Benoit du Peloux (sur Tracnar & Faribol aux Éditions Bamboo), Jordi Lafebre (sur Malgré Tout chez Dargaud), Beate & Serge Klarsfeld (sur Beate & Serge Klarsfeld: Un combat contre l’oubli par Pascal Bresson et Sylvain Dorange aux Éditions La Boite à Bulles), et Derib (sur Yakari: Le fils de l’aigle aux Éditions du Lombard). On trouve également un court hommage à André-Paul Duchâteau (créateur de Ric Hochet et auteur de polar) et un article sur deux grosses parutions chez Taschen (The History of EC Comics par Grant Geissman et Masterpieces of Fantasy Art par Dian Hanson, chacun faisant plus de cinq-cent pages et coûtant 150 € / $200 !).

Dans le “Cahier Critique” je note qu’on a regroupé sur deux pages une sélection des nouveautés mangas mais je n’y ai trouvé rien d’intéressant… Ceci est donc un numéro un peu pauvre. stars-2-5

Capsules

dBD #148 (Novembre 2020)

dBD-148À la une de ce numéro on retrouve un interview avec Didier Convard (sur Lacrima Christi T.6 avec Denis Falque chez Glénat et Neige T.14 avec Christian Gine chez Glénat). On poursuit avec des interviews de Bertrand Escaich/Caroline Roque [BeKa] et José Luis Munera (sur Les Tuniques Bleues T.65: L’envoyé spécial chez Dupuis), David Vandermeulen et Daniel Casanave (sur Sapiens, la naissance de l’humanité T.1 avec Yuval Noah Harari chez Albin Michel), Nicolas Juncker (sur Octofight T.3: Euthanasiez-les tous! avec Chico Pacheco chez Glénat, coll. Treize Étrange), Claude Gendrot (éditeur chez Pif Gadget, Métal Hurlant, chez Dupuis et chez Futuropolis depuis 2006), Noémie Honein (sur De l’importance du poil de nez chez Sarbacane) et William (sur Les Sisters T.15: Fallait pas me chercher! chez Bamboo). On trouve également un article sur l’exposition “Vinyle, quand la musique se dessine” à la Médiathèque musicale de Paris sur les pochettes illustrées. On nous présente aussi des sketch et travaux préparatoires de Luigi Critone qui vient de remplacer Enrico Marini pour Le Scorpion T.13: Tamose l’Égyptien (avec Stephen Desberg chez Dargaud). 

Dans le “Cahier Critique” je note encore une fois surtout des mangas: The Alexis Empire Chronicle T.1 par Awamura & Sato chez Doki-Doki (Super; “Pur récit d’heroic-fantasy (…) brille par sa maîtrise des codes du genre (…), Graphiquement le résultat est également d’excellente facture, notamment lors des scènes de bataille”), La jeunesse de Yoshio par Yoshiharu Tsuge chez Cornelius (Super; “rassemble sept histoires parues en 1973 et 1974. C’est un condensé d’autobiographie à peine déguisée, sans fard, peignant avec acidité le quotidien d’auteurs méprisés. Alors évidemment, c’est sombre, sordide même”), L’Appel de Cthulhu par Gou Tanabe chez Ki-oon (Super; “Grâce à son dessin à la fois précis et charbonneux, le mangaka installe une ambiance de fin du monde”), Spy x Family T.1 par Tatsuya Endo chez Kurokawa (Super; “véritable phénomène au Japon (…) sous son apparence de classique de comédie d’espionage (…) cache (…) une intéressante étude de personnage”), A journey beyond heaven T.1 par Masakazu Ishiguro chez Pika (Super; “une belle découverte”), L’Oxalis et l’or T.1 par Eiichi Kitano chez Glénat (Bien; “un premier volet convaincant”), et My Hero Academia – Team Up Mission T.1 par Horikoshi & Akiyama chez Ki-oon (Super).

Encore un numéro plein à craquer d’infos… stars-3-0

Capsules

Solaris #215 (Été 2020, vol. 46, #1)

Solaris-215La nouvelle formule de Solaris, une revue littéraire format livre qui se veut “l’anthologie permanente des littératures de l’imaginaire”, a déjà vingt ans !  On y retrouve six nouvelles de science-fiction, un article et les chroniques littéraire habituelles (“Les littéranautes” commentant les parutions locales et “Lectures” commentant le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne). Le volet fiction comprends:

  • Les Épinettes à corneilles”, par Josée Bérubé, qui est le texte lauréat du Prix Solaris 2020.
  • Solitude”, par Alain Ducharme, qui “s’interroge, entre autres, sur les difficultés d’appartenance et d’identité lorsque plus rien ne nous est familier”.
  • Dernières Vacances de la femme-termite”, par Michèle Laframboise, qui “nous emmène en voyage littéralement au-dessus des nuages”.
  • Presque le paradis”, par Gabriel Veilleux, “où l’on suit un narrateur anonyme envoyé par la colonie pour déminer une vaste zone criblée d’engins explosifs”.
  • Dans “L’Effet quantocorticoïde”, par Claude Lalumière, “Maxim est en pleine adrénarche, ce qui permet de voyager Outrepart et de vivre des aventures extraordinaires en Outretemps, comme tous les enfants avant leur puberté”.
  • Gris”, par Dave Côté, où “après l’explosion du super-volcan Yellowstone, deux amis décident de traverser la frontière pour looter les maisons vides à Chicago. Un bon plan qui ne peut pas rater, pas vrai?”

Le seul article du numéro est un épisode des “Carnets du Futurible”, par Mario Tessier, consacré à “La pandémie en littérature, en image et en musique — ou la peste en 10 repères choisis”. Le Futurible nous offre des articles qui arrive toujours à point pour nous faire réfléchir à l’actualité — mais à travers la littérature et les médias. Comme à son habitude, c’est fort intéressant. 

Personnellement, je ne suis pas très amateur de courtes fictions et je lis Solaris surtout pour les articles mais ce périodique demeure un excellent moyen pour prendre le pouls des littératures de l’imaginaire. À lire. stars-3-0

Capsules

Solaris #216 (Automne 2020, vol. 46, #2)

Solaris-216Ce numéro de Solaris offre une thématique un peu funèbre et rends en quelque sorte hommage à Jean-Pierre Laigle (connu à une autre époque comme Jean-Pierre Moumon), chercheur et spécialiste de l’imaginaire, qui est décédé en juillet dernier. Il présente trois nouvelles, deux articles ainsi que les chroniques littéraire habituelles (“Les littéranautes” commentant les parutions locales et “Lectures” commentant le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne). Le volet fiction comprends:

  • “Là-bas”, par Natasha Beaulieu, qui se déroule dans le même univers que “Ici”, texte lauréat du Prix Solaris 2019 et publié dans le #211.
  • “Avant, la mort nous effrayait”, par Mariane Cayer, fait une “incursion dans le monde de la Sur-Vie”.
  • “La Cité des morts”, par Jean-Pierre Laigle, est une novella (41 p.) “qui aborde le thème de l’après-vie”.

Dans le volet documentaire on retrouve d’abord un article de Jean-Pierre Laigle (évidemment) intitulé “Lune contre Terre, Terre contre Lune : une rivalité catastrophique” et qui fait un historique exhaustif (40 p.) de la thématique des conflits lunaires dans l’imaginaire littéraire et cinématographique. Fort intéressant. Le second article n’est nul autre qu’un épisode des “Carnets du Futurible”, par Mario Tessier, cette fois consacré à la “Vie et mort des démocraties en science-fiction”. Encore une fois c’est on ne peu plus d’actualité. Il y traite de l’attrait des empires totalitaires et des dystopies fascistes en SF, des régimes politiques du futur, de la série “Le Prisonnier”, de la présidence américaine en fiction et il conclut en citant Thucydide ! Tout à fait génial.

Comme toujours, Solaris est la lecture idéale pour nourrir votre imaginaire… stars-3-5

Capsules

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Brigitte Bardot

BrigitteBardot-cov“Aux quatre coins du monde, dès que l’on évoque le Brigitte Bardot, jaillissent les images de l’icône intemporelle du cinéma français. Beaucoup connaissent aussi son engagement farouche pour la cause animale. Mais qui elle est vraiment? Qui se souvient de son combat douloureux pour l’indépendance de l’Algérie? Qui devine sa fragilité derrière ses amours tumultueuses? Qui comprend son attachement à la France d’en bas et d’avant? La collection “Les Étoiles de l’Histoire” propose un regard inédit et empreint d’humour sur les légendes du Cinéma.”

“BB est une légende. Plus qu’un sex-symbol, Brigitte Bardot aura servi de modèle pour Marianne et incarné la France aux yeux du monde entier. Collectionnant les films comme les amants, l’amour et le désespoir, de Roger Vadim à Gainsbourg, elle incarne l’idéal féminin et la liberté sexuelle nouvelle de toute une époque.”

“En évitant la caricature, Bernard Swysen et Christian Paty manient l’humour à hauteur humaine pour décrire la femme derrière la légende. Ils se consacrent ainsi autant à sa carrière artistique qu’à son engagement pour la cause animale.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 47

Après Chaplin et Monroe, la collection “Les Étoiles de l’Histoire” s’attaque à Brigitte Bardot. L’album s’ouvre sur un avant-propos de Ginette Vincendeau et une préface de Mylène Demongeot pour se conclure avec une filmographie, une discographie, un note sur la Fondation Bardot et une dédicace de la star. Au centre on retrouve six parties: “Une étoile est née; où BB fera ses premiers pas en chaussons” (12 p.) nous raconte sont enfance et son intérêt pour la dance, “Le destin en marche, où BB découvrira le cinéma” (14 p.) nous raconte le début de sa carrière cinématographique, “La naissance d’un mythe, où BB deviendra blonde” (50 p.) nous raconte ses succès de Et Dieu… créa la femme (Roger Vadim, 1956) à L’Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise (Nina Companez, 1973), “Une nouvelle vie, où BB pourra enfin se consacrer à la cause animale” (32 p.) nous raconte les hauts et les bas de la Fondation BB, “Les liaisons dangereuses, où BB écornera son propre mythe” (8 p.) raconte comment elle s’acoquine avec la droite et ses démêlés judiciaires puis tout se termine dans “Toutes les bêtes sont à aimer, où BB continuera à sa battre pour les animaux” (4 p.).

Une BD sur BB. Cette biographie en images nous présente le style typique de la bande dessinée franco-belge (la ligne claire). Le dessin a une allure réaliste mais avec des visages légèrement caricaturés. C’est drôle et agréable. J’aime donc beaucoup le dessin et le récit biographique est intéressant. On en apprend beaucoup sur BB. Toutefois j’ai été un peu agacé par l’aspect panégyrique du récit qui clairement s’est donné pour objectif de défendre BB face à ses nombreuses critiques (il faut l’avouer sans doute souvent injustifiées), rétablir son image et faire la promotion de sa fondation. C’est tout de même intéressant à lire si vous vous intéressez à la biographie de cette star qui fut tout à la fois détestée et adulée.

Les Étoiles de l’Histoire t.3: Brigitte Bardot, par Bernard Swysen (scénario) et Christian Paty (dessin). Marcinelle: Dupuis (Coll. “Les étoiles de l’Histoire”), mai 2020. 136 pages (120 pl.), 21.8 x 30 cm, 22,00 € / $38.95 Can., ISBN 979-1-0347-4913-3. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Dupuis, 2020.

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Tokyo, amour et libertés

TokyoAmourEtLibertés-covUne histoire d’amour dans le Tokyo d’avant-guerre. Tokyo, 1926. Shinjuku est connu pour son quartier des plaisirs, Hanazono. Ishin, journaliste pour une revue érotique y rencontre Aki, une jeune métisse qui exerce le métier de modèle artistique. Dans une société aux mœurs libérées, leur relation sera pourtant empreinte d’une grande innocence. Cependant, l’ombre de la guerre vient menacer leur idylle…

S’inspirant de l’histoire de ses aïeuls, Kan Takahama nous livre un beau récit où s’entremêlent un érotisme subtil et une sensibilité que nous lui connaissons déjà grâce au Dernier Envol du papillon.

[Texte du site de l’éditeur]

Au quartier des plaisirs de Shinjuku, creuset de liberté où s’épanouit la contre-culture du Japon de l’entre-deux-guerres, Ishin, écrivain érotique en goguette, fait la rencontre d’Aki, une jeune métisse modèle pour des cours de dessin qui va bouleverser sa vie de bohème insouciante.

À travers cette tendre histoire d’amour, Kan TAKAHAMA dresse un portrait criant de vérité du Tokyo des années folles, une ère éphémère de libération et d’exubérance en marge de la militarisation du pays.

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Tokyo, amour et libertés (四谷区花園町 / Yotsuya-ku Hanazonochô / lit. “Arrondissement de Yotsuya, quartier de Hanazono”) est un manga josei par Kan TAKAHAMA publié au Japon chez Takeshobo en novembre 2013. La version française est parue en septembre 2017 chez Glénat.

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Page 3

Le récit débute en novembre 1926 (an 15 de l’ère Taisho) et nous offre les péripéties de Yoshimune “Ishin” Miyake, chroniqueur des quartiers de plaisirs et auteur de romans frivoles, et de Eijiro Aoki, éditeur du magazine “La porte de la sexualité”, qui tentent tant bien que mal de survivre malgré la répression et la censure de l’époque (si l’entre-deux-guerre débute avec une libéralisation de la société, l’ère Showa s’ouvre sur une crise financière qui, en réaction, mènera vers un gouvernement militariste et impérialiste). Le récit se déroule, comme le titre japonais du manga l’indique, dans le quartier des plaisirs de Hanazono de l’arrondissement Yotsuya. Aujourd’hui, le Golden-gai de Hanazono (lit. “quartier doré du jardin fleuri”) fait partie du Shinjuku Golden-gai, un quartier de bars légendaire pour sa vie nocturne et situé entre le quartier des divertissements de Kabukicho et le magnifique sanctuaire de Hanazono. Il est formée de six ruelles étroites dont trois portent le nom de Hanazono (la première [あ か る い 花園 一番 街], la troisième [あ か る い 花園 三 番 街] et la cinquième [あ か る い 花園 五 番 街] rues). C’était autrefois un quartier “red-light” mais, après l’interdiction de la prostitution en 1958, il est resté dédié au divertissement. 

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Page 4

Lors d’un cours de dessin, Eijiro et Ishin font la rencontre de Aki Tominaga, une jeune métisse nippo-espagnole de Bornéo qui sert de modèle nue. Ishin la revoie plus tard et en tombe amoureux. Lorsque Aki est arrêté lors d’une descente de police dans l’atelier de dessin et est accusé de soutien à un mouvement socialiste, Ishin se résout à demander à son oncle — qui est surintendant général de la police ! — de la faire libérer. Toutefois, celui-ci lui apprend que ses deux frères sont mort de la tuberculose et qu’il doit rentrer aussitôt à Kumamoto car il est maintenant le chef de famille. Aki le retrace et le rejoint mais comme il est d’une bonne famille il ne peut pas l’épouser. Lorsque la guerre éclate et qu’il est mobilisé en 1942, Aki s’occupe de sa mère, qui fini par l’accepter. Le reste de l’histoire nous est raconté par leur petite-fille. Ishin n’est pas revenu vivant de la guerre mais Aki était enceinte… et a vécu jusqu’à quatre-vingt-quinze ans. 

Dans la postface, Kan Takahama nous révèle qu’elle s’est un peu inspiré de son grand-oncle (frère ainé de sa grand-mère) Hidesaburo Tominaga pour le personnage de Eijiro — il était véritablement un éditeur de magazines. Ishin, lui, est un peu inspiré par son grand-père, qui s’appelait vraiment Yoshimune Miyake et qui, s’il n’était pas écrivain érotique, était un personnage fascinant qui est mort jeune, laissant sa grand-mère veuve. Leur amour a du être fort car elle ne s’est jamais remarié. C’est la découverte du journal de son grand-père qui l’a amené à créer cette histoire fictive. Ce genre d’histoire d’amour, avec beaucoup de nudité et de sexualité, constitue un thème qui lui semble cher car elle y revient fréquemment: d’abord avec Le Dernier envol du papillon (蝶のみちゆき / Chō no michiyuki) l’année suivante, puis avec la série La lanterne de Nyx (ニュクスの角灯 / Nyukusu no kakutō) et même, quatre ans plus tard, avec l’adaptation du roman de Marguerite Duras, L’amant (que j’ai déjà commenté).

Tokyo, amour et libertés nous offre de très beau dessins. Malgré des expressions faciales parfois drôle, le style est assez réaliste et utilise beaucoup de trames fines pour produire une grande variété de dégradés de gris. Chose amusante, la partie contemporaine du récit (à la toute fin) est réalisé au crayonné, sans doute pour marquer la différence d’époque. Si le récit est empreint d’érotisme, c’est aussi une belle histoire d’amour sur un fonds d’histoire japonaise. Le récit est un peu lent à démarrer mais nous offre en bout du compte une lecture agréable et intéressante, qui nous fait découvrir une période fascinante de l’historie nippone. C’est donc un très bon manga que je recommande chaudement, surtout aux amateurs de mangas historiques et aux fans de Kan Takahama.

Tokyo, amour et libertés par Kan Takahama (Traduction par Yohan Leclerc). Grenoble: Glénat (Coll. Seinen Manga), septembre 2017. 164 pages (158 pl.), , 14.5 x 21 cm, 10,75 € / $20.95 Can., ISBN 978-2-344-02261-0. Pour lectorat adolescent (16+). stars-3-5

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© Kan TAKAHAMA, 2013. © Glénat, 2017 pour l’édition française.

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Les Frères Karamazov

FreresKaramazovIwashita-covL’exubérant et avide Fiodor Karamazov a été assassiné. La disparition de ce chef plonge le reste de la famille dans un combat de coq. Quel sens donner à l’existence de Dieu ? A ce qui est admissible ou pardonnable ? Et qui est l’assassin ? Les Frères Karamazov, l’un des piliers de l’oeuvre de Dostoïevski, est superbement adapté dans un manga au trait puissant.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

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Page 38

Les Frères Karamazov (カラマーゾフの兄弟 / Karamazov no Kyödai) est l’adaptation en manga du chef d’oeuvre littéraire de Dostoïevski publié en japonais par Kôdansha en juin 2018 (reprenant l’édition de novembre 2010 par Nihon Bungeisha) et traduite en français dans la collection Kuro Savoir de Kurokawa. Celle-ci offre un concept très similaire à la collection Soleil Classique qui traduisait des adaptations de classiques de la littérature publié dans la collection manga de dokuha (まんがで読破) de l’éditeur japonais East Press — dont j’ai déjà parlé. De la même façon, la collection Kuro Savoir traduit en français des titres de la série Manga Academic Bunko (まんが学術文庫) de Kôdansha. La qualité tant des adaptations que du dessin semble meilleurs que ce que produit East Press (ce qui expliquerait peut-être la disparition de la collection Classique de Soleil). Au Japon, Les Frères Karamazov a déjà connu deux autres adaptations en manga: l’une par Yumi OKIKAWA (chez Gentosha Comics) en 2010 et l’autre dans la collection manga de dokuha en 2008.

Je n’ai pas lu l’oeuvre de Dostoïevski car j’ai toujours trouvé que la littérature russe me donnait des migraines. C’est une oeuvre compliquée mais il semble que l’adaptation de Hiromi Iwashita en résume bien les grandes lignes. Fiodor Karamazov est un noble parvenu, avide et débauché qui ne s’entend guère avec ses trois fils: Mitia (un ancien militaire, indépendant et avide, qui courtise la même femme que son père), Ivan (un athée imperturbable et sarcastique) et Aliocha (un moine novice d’une nature naïve et généreuse) — et l’on découvre au cours du récit qu’il y a un quatrième fils, illégitime. Ils représentent les archétypes russes et sont tous torturés par des problèmes d’argent, de coeurs, de conscience ou de jalousie… Lorsque le père est assassiné ils s’accuseront les uns les autres. Le récit développe de nombreuses intrigues et histoires parallèles, tout en explorant des questions philosophiques et existentiels sur l’existence de Dieu, le libre arbitre, et la moralité.

Le récit est complexe et parfois un peu difficile à suivre mais demeure fort intéressant. Le dessin, sans être extrêmement sophistiqué, est clair et précis. C’est une bonne lecture, intéressante et tout de même divertissante. Toutefois, le principal intérêt de ce genre d’ouvrage est de rendre plus accessible une littérature et des concepts qui ne retiendraient jamais l’attention des jeunes lecteurs s’ils n’étaient pas présenté sous une forme plus appétissante et plaisante, comme celle d’un manga. Et Les Frères Karamazov rempli bien cet objectif en nous offrant une agréable introduction à ce classique Russe.

Les Frères Karamazov par Fiodor Dostoïevski et Hiromi Iwashita. Paris: Kurokawa (Coll. Kuro Savoir), janvier 2020. 320 pages, 12.8 x 18.2 cm, 6,80 € / $12.95 Can., ISBN 978-2-368-52877-8. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© 2018 Hiromi Iwashita. All Rights reserved.

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Les fleurs de la mer Égée, vol. 1

FleursMerEgee-1-covDeux jeunes filles en marge de leur époque embarquent pour le voyage d’une vie ! 

À Ferrare, dans l’Italie du XVe siècle, Lisa ne rêve que de voyager à travers le monde. Alors que les jeunes filles de son âge cherchent un mari et ne pensent qu’à la romance, elle est passionnée par les objets exotiques. Un jour, elle rencontre Olha, une jeune fille de Qirim (Crimée actuelle), qui cherche à se rendre sur l’île de Crète pour y retrouver sa petite soeur. Lisa, bien déterminée à lui venir en aide, se met en tête d’embarquer avec elle. Un voyage plein d’aventures et de découvertes commence alors pour les deux jeunes filles ! 

Une grande découverte culturelle aux dessins somptueux ! Préparez-vous à une aventure inoubliable avec Les Fleurs de la Mer Égée ! Deux héroïnes pétillantes vont traverser le bassin méditerranéen en découvrant ses richesses et son histoire. Lisa, une jeune fille en quête de voyage et Olha qui recherche désespérément sa petite sœur, vont vous faire découvrir des lieux et des cultures d’une richesse incomparable. 

Chaque page regorge d’informations sur l’art, la gastronomie ou encore les coutumes du XVe siècle. Les dessins d’Akame Hinoshita sont de toute beauté et retranscrivent à merveille les splendeurs des villes comme Venise ou encore Split. Lisa et Olha, par leur fraicheur et leur curiosité nous font penser bien évidemment à une autre de nos héroïnes : Arte ! Elles portent le récit sur leurs épaules et on s’émerveille à chaque page avec elles. Les Fleurs de la Mer Égée va vous transporter dans une époque passionnante de l’histoire à travers le regard de deux héroïnes attachantes que vous aller adorer !

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

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Page 3

Les fleurs de la mer Égée (エーゲ海を渡る花たち / Aege-kai wo Wataru Hana-tachi / Lit. “Fleurs traversant la mer Égée”) a été serialisé dans Comic Meteor et publié en volumes chez Softbank – Flex Comic en 2018. C’est une série complète en trois volumes qui ont été traduit en français chez Komikku Éditions.

Un autre manga historique que j’ai pris au hasard parce que cela me semblait intéressant. L’histoire n’est pas toujours vraisemblable (elle est chanceuse la demoiselle de pouvoir voyager comme ça) mais suffisamment bien écrite pour garder l’attention du lecteur. L’auteur a effectué beaucoup de recherches et présente beaucoup d’information historiques et géographiques qui malheureusement alourdissent parfois un peu le récit. Le début de la renaissance est une période fascinante et, en cet aspect, ce manga me rappel un peu Césare mais avec beaucoup moins d’action. Étrangement, c’est considéré comme un manga seinen alors que j’aurais plutôt crû que c’était un shojo… Le dessin est agréable à l’oeil et bien détaillé, avec parfois une petite touche d’humour lorsque les personnages ont des expressions rigolotes.

C’est intéressant, informatif et cela se lit bien. Une bonne lecture pour passer le temps.

Les fleurs de la mer Égée, vol. 1 par Akame Hinoshita. Paris: Komikku Éditions, février 2020. 170 pg (168 pl.), , 13 x 18 cm, 8,50 € / $15.95 Can., ISBN 978-2-372-87491-5. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Akame Hinoshita 2019. © Komikku Éditions 2020 pour la version française.

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Nos Compagnons (Taniguchi)

NosCompagnons-covCe livre réunit les récits de Jirô Taniguchi consacrés aux chiens et aux chats.

C’est la disparition de son chien qui a poussé Jirô Taniguchi à écrire le premier chapitre de cette anthologie, comme une étape logique dans son processus de deuil. Si l’auteur est connu pour ses délicates fresques humaines, Nos Compagnons se penche sur les liens forts unissant le maître et l’animal, unis dans la vie comme dans la mort.”

“C’était juste un chien… Mais ce que nous venions de perdre, c’était beaucoup plus que ça. Et ce qu’il nous avait laissé, c’était encore plus.”

“Dans Nos compagnons, Jirô Taniguchi donne à voir et à ressentir l’indéfectible amitié qui nous lie à nos animaux domestiques. L’attachement, la complicité et la tendresse qui naissent et grandissent au fil de journées rythmées par des petits rituels et des joies simples, puis l’inévitable déchirement de la séparation. Par sa mise en scène du quotidien, tout en retenue et en attention portée à ce qui parait insignifiant de prime abord, Jirô Taniguchi saisit l’essence du lien qui nous unit à ces véritables partenaires de vie.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Cette anthologie thématique posthume reprends des récits déjà publiés dans Terre de rêve (犬を飼う / Inu o kau / lit. “Élever un chien”, publié au Japon en 1991-92 et en français chez Casterman en 2005) et republiés dans Une anthologie (谷口ジロー選集 : 犬を飼うと12の短編 / Taniguchi Jirō Senshū: Inu o kau to 12 no tanpen / lit. “Sélection de Jirō Taniguchi: Élever un chien et 12 histoires courtes” publié au Japon en 2009 et en français chez Casterman en 2010 — que j’ai déjà commenté).

Dans “Avoir un chien” (犬を飼う / Inu o kau / lit. “Élever un chien”; 40 pages, originalement publié dans le bimensuel Big Comics de Shôgakukan le 25 juin 1991), un jeune couple déménage à la campagne afin d’avoir un chien. Après plus de quatorze ans, celui-ci devient faible pour finalement mourir des suites d’une longue maladie. L’histoire illustre les joies de prendre soin d’un animal mais aussi la douleur que cause sa perte.

 

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Dans “Et maintenant… un chat” (そして…猫を飼う / Soshite… neko o kau / lit. “Et … garder un chat”; 26 pages, originalement publié dans le bimensuel Big Comics de Shôgakukan le 25 décembre 1991), un an après la disparition de Tam, le jeune couple adopte une chatte persane suite à la recommandation d’une voisine. Ils la nomment Boro (chiffon) et, après une période d’acclimatation mutuelle, elle leur donne une portée de chatons et peut-être le bonheur. Il semble que Taniguchi a effectivement eut un chien qui est mort en 1990, suivi d’une chatte persane nommée Boro!

Dans “Vue du jardin” (庭のながめ / Niwa no nagame / lit. “Vue sur le jardin”; 24 pages, originalement publié dans le bimensuel Big Comics de Shôgakukan le 10 avril 1992), le même jeune couple découvre toutes les difficultés que représente trouver preneurs pour des chatons. Aussi, ils partent à la recherche du vieux chien aveugle d’une voisine. Il sera retrouvé mais mourra tout de même six mois plus tard, entouré des soins de sa maîtresse. En bout de ligne, le couple ne donnera qu’un chaton, à une petite voisine, et conservera trois chats!

Dans “Quelques jours à trois” (三人の日々 / San’nin no hibi / lit. “Journées à trois”; 28 pages, originalement publié dans le bimensuel Big Comics de Shôgakukan le 25 septembre 1992), le jeune couple reçoit la visite surprise d’Akiko, une nièce de douze ans, qui a fait une fugue. Son père est décédé cinq ans plus tôt et sa mère songe à se remarier et cela trouble la jeune fille. Elle passe ainsi la dernière semaine des vacances d’été à mener une vie de famille normale: jouer avec les chats, pic-niquer, se lancer la balle, aller voir un match de baseball, etc., puis retourne chez elle. Dorénavant tout ira pour le mieux.

Dans “Une lignée centenaire” (百年の系譜 / Hyakunen no keifu / lit. “Généalogie de 100 ans”; 36 pages, originalement publié dans Big Comics 1 de Shôgakukan le 12 avril 2009 et publié en français pour la première fois dans Une anthologie), la chienne Hana donne naissance à cinq petit chiots. C’est l’occasion pour Kimiko, la grand-mère, de raconter à sa petite-fille l’histoire de cette longue lignée de bergers allemands, qui failli, une fois pendant la 2e guerre mondiale, être interrompue. La lignée remontait à Günter, un berger allemand qu’un architecte prussien avait donné à son grand-père, un médecin militaire, à la fin de l’époque Meiji (1912). Kimiko avait grandie avec Belle, une chienne de la cinquième génération. Malheureusement, elle fut réquisitionnée par l’armée japonaise en 1943 pour contribuer à l’effort de guerre. Mais, après la guerre, elle ne revint pas. La vie reprit peu à peu son cours normal et la famille ouvrit une petite pension pour survivre dans l’économie difficile de l’après-guerre et Belle fut oubliée… jusqu’à ce que Kimiko entendes parler d’un article de magazine racontant l’histoire d’un soldat américain et de son chien Japonais!

Nos compagnons nous offres de belles histoires touchantes, dessinées dans un style agréable et fluide. Ce recueil nous permet donc de relire Taniguchi qui, malgré sa disparition, reste un des mangaka les plus appréciés en Europe. Une très bonne lecture pour les amateurs de chiens et chats et une excellente occasion de découvrir Taniguchi si vous ne le connaissez pas déjà.

Nos compagnons, par Jirô Taniguchi (Traduction par Patrick Honnoré). Paris: Casterman (Coll. Écriture), octobre 2019. 160 p. (154 pl.), 17 x 24 cm, 16.95 € / $C 32.95. ISBN 978-2-203-19329-1. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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©  1991, 1992, 2009, PAPIER / Jiro TANIGUCHI.

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Isabella Bird 6

IsabellaBird-6-covIto s’est enfin décidé à révéler à Isabella qu’il était lié par un précédent contrat. Pour lui, la route s’arrêtera au port d’Akita ! Sans ses multiples talents, c’est tout le périple qui pourrait être compromis… Le jeune homme en est conscient : taraudé par la culpabilité, il a bien du mal à se reposer.

Pourtant, son employeuse ne semble pas affectée outre mesure… On dirait au contraire qu’elle a retrouvé son entrain ! Après tout, les deux voyageurs ont encore du chemin à parcourir avant d’arriver à destination… Qui sait ce que l’avenir leur réserve ?

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, femme exploratrice est un récit passionnant sur la rencontre de deux mondes, avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan.

Écrit et dessiné par Taiga Sassa, ce manga seinen historique a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Harta (Enterbrain), puis compilé en volumes chez Kadokawa. Le premier volume est paru en mai 2015 et le plus récent volume, le septième, est paru au Japon en août 2020 et en France en décembre 2020.

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Dans le premier chapitre de ce sixième volume, Ito est surpris de l’enthousiasme de Miss Bird même après qu’il lui ait annoncé qu’il devra quitté l’expédition lorsqu’ils arriveront à Akita. À la ville-étape de Innai, ils rencontrent un jeune docteur japonais, Kobayashi, qui étudie la médecine occidentale et s’est donné pour mission de guérir le Béribéri. Cette maladie cause une paralysie des jambes et on la croit contagieuse, mais le Dr. Kobayashi croit qu’elle est en fait due à une déficience alimentaire liée à la consommation de riz blanc et la traite en prescrivant une diète de mugimeshi (un mélange de blé et de riz complet).

Lorsqu’ils arrivent à l’étape suivante, Yuzawa, un incendie fait rage. C’est l’occasion pour Miss Bird d’apprendre comment les pompiers japonais travaillent. Les maisons sont démolies pour éviter que l’incendie se propage et, comme elles sont construite très légèrement, elles sont rapidement rebâties par la suite. Miss Bird s’étonne également de l’incroyable résilience des habitants qui acceptent le drame comme une chose parfaitement naturelle.

Le lendemain (19 juillet de l’an 11 de l’ère Meiji [1878]), Miss Bird trouve des papiers dans la rivière. Il s’agit d’un registre comptable qu’un commerçant aura probablement jeté à la rivière pour le protéger des flammes. Elle est surprise par la résistance du papier, alors ils font un détour par le hameau de Jumonji pour visiter un atelier de fabrication de papier “kamisuki.” L’écorce d’un mûrier “kozo” est pilonnée pour faire une pâte à laquelle on ajoute une glue tirée d’un hortensia “noriutsugi”. La pâte est ensuite coulée dans une sorte de tamis “sukisu” pour être séchée au soleil. Le résultat est un papier extrêmement résistant. 

Sur la route d’Ushu, Ito et Miss Bird rencontre un homme qui a un malaise. Ils le ramènent à la maison dont il est le serviteur dans le village de Rokugo. La maîtresse de la maison, Yuki, leur apprend que son époux vient de mourir mais les invite quand même à partager son hospitalité. Malgré le drame, Yuki est très forte et sourit pour cacher son chagrin. Miss Bird assiste au rituel du lavement du corps (yukan), puis on rase le crâne du défunt, et l’habille d’un yukata couvert d’idéogrammes—des sutras qui aideront le défunt à voyager dans l’autre monde. Ensuite c’est la cérémonie de fermeture du cercueil, que l’on fait passer sous une arche de roseaux, puis c’est la mise en terre. Yuki leur parle un peut de son époux. Plus tard, Ito tente de convaincre Miss Bird de remettre le voyage vers Ezo à plus tard, lorsque la température sera plus clémente, mais elle lui dit que c’est impossible. Cette expédition est son ultime aventure car elle a l’intention de se marier à son retour en Angleterre!

Sans trop savoir pourquoi, le dessin m’apparaît légèrement différent, mais toujours aussi détaillé et agréable. Le dessinateur semble prendre de l’expérience. Malgré cela, ce volume ne me semble pas aussi bon que les précédents. C’est peut être que l’originalité du récit s’estompe un peu plus avec chaque nouveau volume. Ou alors c’est le fait que le récit m’apparait un peu artificiel et pédagogique. Il est moins anecdotique que les volumes précédent, chacun des chapitres se concentrant plutôt sur quatre grands thèmes (le Béribéri, les pompiers, le papier japonais et les rituels funéraires). Je remarque également qu’il n’y a aucune scène où Miss Bird écrit à sa soeur, ce qui serait peut être la façon de l’auteur de montrer que cette partie du récit est originale et non pas inspirée de l’oeuvre de Miss Bird. En effet, j’ai lu le récit original de Bird et je ne me souviens pas d’y avoir vu aucune des anecdotes racontées dans ce volume. Avec une histoire principalement fictive, l’auteur en profite pour ajouter sa propre description du Japon de cette époque mais il le fait d’une façon peut-être un peu trop didactique…

Ceci dit, cela reste une très bonne lecture et un sujet fascinant pour tout amateur de mangas historiques et d’histoire japonaise. 

Isabella Bird, femme exploratrice T06 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), septembre 2020. 224 pg (206 pl.), , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-0664-0. Pour lectorat jeune (7+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

IsabellaBird-v1-cov IsabellaBird-v2-cov IsabellaBird-v3-cov IsabellaBird_4-cov IsabellaBird-v5-cov
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