Revue de zines [02.020.161]

dBD #141 (mars 2020)

dBD-141Dans les “actualités” (tout étant relatif puisque c’est le numéro de mars), je note que Casterman réédite en un seul gros volume de 440 pages Les années douces, un excellent manga où Jiro Taniguchi adapte le roman de Hiromi Kawakami. Aussi Delcourt-Tonkam republie en “Perfect Edition” les dix volumes de Maison Ikkoku par Rumiko Takahashi (qui a reçu le Grand Prix d’Angoulême l’an dernier).

À la une de ce numéro on retrouve un dossier sur Les Indes fourbes par Alain Ayroles et Juanjo Guarnido (Delcourt). On nous présente même un deuxième dossier, encore plus intéressant, sur les adaptations littéraire en BD où on nous introduit, entre autre, à Dracula (de Bram Stoker par Georges Bess chez Glénat), J’irai cracher sur vos tombes (de Boris Vian par Jormorvan, Ortiz, Yen et Macutay chez Glénat), Les morts ont tous la même peau (de Boris Vian par Morvan, Erramouspe et Vargas chez Glénat), Le vagabond des étoiles (de Jack London par Riff Reb’s chez Noctambule), L’Amant (de Marguerite Duras par Kan Takahama chez Rue de Sèvres), Karoo (de Steve Tesich par Bézian chez Delcourt), et Couleurs de l’incendie (de Pierre Lemaitre par Christian de Metter chez Rue de Sèvres).

Le numéro se poursuit avec des interviews de Jean-Marc Lainé (sur Fredric, William et l’Amazone, par J.-M. Lainé et Thierry Olivier, chez Comix Buro), les frères Gaëtan et Paul Brizzi (sur L’Écume des jours chez Futuropolis), de Inio Asano (sur Errance et Anthology, tous deux chez Kana), ainsi que de Michel Rabagliati (sur Paul à la maison chez La Pastèque). On note également des articles sur Ville Nouvelle de Lukasz Wojciechowski chez Çà et Là et sur Hilda et le roi de la montagne par Luke Pearson chez Casterman.

Dans le cahier critique je remarque Birdmen t.2 par Yellow Tanabe chez Vega (Super), Ashman par Yukito Kishiro chez Glénat (Super, One-shot à l’encage puissant réalisé juste après la série Gunnm, à ne pas manquer), Why nobody remembers my world t.1 par Sazane & Akira chez Doki-Doki (Super, “si le principe du monde parallèle n’est pas nouveau, ce premier tome se révèle néanmoins solide, bien raconté et efficacement mis en image”), Drifting Dragons t.1 par Taku Kuwabara chez Pika (Bien, “traitement graphique à la richesse époustouflante, inspiré par la fantasy et le steampunk. Dommage que les chapitres se révèlent rapidement répétitifs“), Ragnafall t.1 par Marujirushi & Shizuha chez Kurotsume (Bien, “quête initiatique sans grande originalité mais efficace”),  et Le marais par Yoshiharu Tsuge chez Cornélius (Super, “ce recueil est une porte d’entrée inestimable dans l’oeuvre de Tsuge”).

Un numéro informatif mais sans plus… stars-3-0

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Capsules

Indexes Update (Feb. 2019 – Apr. 2020)

Spring is not just the time to do some maintenance around the house. It’s a good time to do it for the blog too. I haven’t updated the Bibliography and indexes of Book reviews as well as Movie & TV series reviews in over a year! It’s a lot of work but it helps the readers to find their way around the blog.

It’s also a good time to look back at statistics. In those fifteen months I have posted 417 posts (an average of 27.8 per month) and received 7068 visitors (an average of 471.2 per month). This includes about 90 book reviews and 45 movie & TV series reviews — that’s a good ratio 2/1 of books vs media reviews! Overall, since its beginning in late 2017, this blog has produced 1041 posts and has received 24,110 views, 11,655 visitors and 141 followers. It’s good as the blog is getting better, but those numbers are no where near the stats I was getting with my previous hosting service. I don’t know what WordPress is doing, but it’s doesn’t reach as many people. I guess I’ll have to pay more to get more exposure…

In this list, I have left out the blog entries that were mostly pictures or short reflection — it’s worth mentioning if it’s over fifty words. Check it out after the jump >>

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Entrevue capsule: Yves Meynard

Voici la dernière des trois entrevues-capsules que j’ai réalisé avec des auteurs de SFFQ au Salon du Livre de Montréal en novembre 2019. (J’espérais en faire plus à Boréal mais la convention a été reporté due à la COVID-19; je me reprendrai peut-être au prochain Salon du Livre de Montréal, si il a lieu…). Je suis désolé que cela m’est pris si longtemps avant de mettre cette entrevue en ligne…

Les entrevues-capsules sont de mini-entrevues avec des auteurs (surtout de science-fiction) de chez nous. Le principe de ces entrevue est de s’en tenir à deux ou trois questions de base (qui êtes-vous, que faites-vous, etc.) et que l’entrevue ne dure pas plus que deux à cinq minutes. Cela doit être compacte et bien se digérer!

Yves Meynard est maintenant un vétéran de la SFFQ. Il est un auteur versatile car il écrit tant en français qu’en anglais, et est à l’aise dans plusieurs genres littéraires dont la science-fiction et la fantasy.  Il a été membre de la rédaction de Samizdat et Solaris, dont il a été directeur littéraire de 1994 à 2002. Il a été co-anthologiste pour Sous des soleils étrangers, Orbite d’approche, Tesseracts 5 et Escales sur Solaris. Il commence à écrire en 1986 et, depuis lors, a publié plus de cinquante nouvelles, dix-neuf livres en français (dont neuf romans pour la jeunesse) et deux romans en anglais (The Book of Knights et Chrysanthe). Il est également lauréat de nombreux prix littéraires.  (Sources: Alire, Biblio, DALIAF,  Goodreads, Page officielle, Wikipedia).

( voir la version 4K de la vidéo disponible sur Vimeo )

Autres entrevues-capsules disponibles: Catherine Sylvestre / Francine Pelletier, Sébastien Chartrand et Jonathan Reynolds.

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Capsules

The empire of corpses vol. 1

EmpireOfOCrpses-1-covVoici le récit des héritiers du Dr. Frankenstein…

À la fin du XIXe siècle, une technologie révolutionnaire permettant de réinsuffler la vie se répand dans le monde entier. John Watson, jeune étudiant en médecine, est contraint d’entrer au service de la couronne britannique pour échapper aux travaux forcés. Il part alors pour la lointaine Asie dans l’espoir de redonner l’âme et la parole à son ami… Volume 1/3

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 50

The empire of corpses (屍者の帝国 / Shisha no Teikoku / lit. “l’empire des cadavres”) a d’abord été publié sous la forme d’un roman (Kei Itoh étant décédé avant de l’avoir fini, l’ouvrage a été complété par son ami Enjo Toh et publié en août 2012 chez Kawade Shobo Shinsha). Ce light novel a été publié en français chez Pika Roman (496 pages, 14.95 €, ISBN 9782376320173). L’histoire a ensuite été adapté en un long métrage d’animation sous la direction de Ryoutarou Makihara (octobre 2015), puis en manga par Tomoyuki Hino. Le manga a été publié en feuilleton dans Young Dragon Age (Kadokawa) entre octobre 2015 et octobre 2016, puis publié en trois volumes (en février, juin et novembre 2016) chez Fujimi Shobo (Kadokawa). Il a été traduit en français chez Pika Édition.

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Page 17

J’ai lu ce manga sur la recommendation de mon neveu et je ne le regrette aucunement. Pourtant le récit n’est pas particulièrement bien mené et, si le dessin est plutôt agréable, la mise en page manque un peu de fluidité. Ce serait donc un manga plutôt moyen si ce n’était de sa prémisse vraiment géniale.

Les récits historiques vont souvent utiliser des personnages ayant existé, des célébrités, afin de donner un peu de véracité à l’histoire. Dans ce cas-ci, le récit innove en utilisant des personnages fictifs célèbres. Il s’agit d’un récit historique alternatif (uchronie) du genre steampunk — il se déroule à l’époque victorienne mais avec une technologie plus avancées qu’il ne devrait, avec principalement l’utilisation d’androïde et de programmation informatique. 

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Page 60

Le protagoniste est le Docteur Watson [personnage créé par Sir Arthur Conan Doyle pour ses romans de Sherlock Holmes] qui, accompagné de son fidèle ami et serviteur Vendredi [nommé d’après un personnage de Daniel Defoe dans Robinson Crusoé], se rends en Afghanistan (au service de l’Empire et sur les ordres de “M” [directeur de MI6 dans James Bond de Ian Fleming] et de van Helsing [chasseur de vampires dans Dracula de Bram Stoker]) sur les traces de la créature de Victor Frankenstein [personnages du roman de Mary Shelley]. Il est également accompagné de Frederick Burnaby [agent de renseignement britannique réel] et de Nikolaï Krassotkine [personnage des Frères Karamazov par Fiodor Dostoïevski] — et parfois aidé par l’agente de Pinkerton Hadaly [personnage de L’Ève Future par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam] et de Ulysses S. Grant [président américain réel] — il recherche d’abord et avant tout le journal de Victor Frankenstein qui serait entre les mains de Alexeï, l’un des Frères Karamazov !

Frankenstein a inventé les “nécromates” [de necros — “mort” en grec — et automate], des morts ressuscités que l’on peut programmer avec l’ajout d’une prise au cerveau et d’un nécrogiciel pour en faire une main d’oeuvre docile et bon marché. Mais le plus grand secret de Victor Frankenstein a disparu avec lui: comment leur donner le libre-arbitre et une âme ! Karamazov a également découvert une nouvelle technique pour faire des nécromates encore plus puissants. Cette technique dangereuse attise la convoitise de toutes les grandes puissances…

Malheureusement, je n’ai que le premier tome d’une série de trois et ne peut donc pas découvrir le dénouement de cette histoire captivante et fascinante. Toutefois, l’histoire ayant également été adaptée en anime, le visionnement de celle-ci me semble donc la suite logique. Je vais voir

The empire of corpses n’est pas vraiment une histoire de zombies — mais presque. C’est une superbe histoire sur de beaux dessins de Tomoyuki Hino et, même si le récit laisse un peu à désirer, c’est un bon manga, à lire absolument surtout pour les fans de steampunk.

The empire of corpses, vol. 1 par Project Itoh & Toh EnJoe (Scénario) and Tomoyuki Hino (Dessin). Vanves: Pika Édition (Coll. Pika Seinen), novembre 2018. 160 p., 13 x 18 cm, 7,50 € / C$ 12.95. ISBN 978-2-8116-3905-1. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© Tomoyuki Hino 2016. La traduction française est © 2018 Pike Édition.

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The Walking Dead vol. 26

the-walking-dead-vol-26-cov“After being betrayed by members of his own community, Rick Grimes charts a new course and marshals his forces against the Whisperers.”

[Texts from the publisher’s website]

 

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

What better to read in the midst of a pandemic than The Walking Death comics?

In volume 26, the Alexandrians starts learning to use weapons and combat tactics. However, amid the paranoïa someone shot a member of another communities that he didn’t know. Eugene has repaired the radio and is trying to reach someone, anybody, without much success… until someone finally answers! Both Eugene and the woman he is talking to are cautious not to reveal too much information about their own community. As they slowly gains trust she reveals that her name is Stephanie… A young man named Brandon, who hasn’t forgiven Rick for the fair’s massacre, frees Negan from his prison with the intention of joining the Whisperers. Heading a party searching for Negan, Aaron is stabbed by Beta and Michonne is nearly captured but Dwight intervenes on time. Negan slowly gains Alpha’s trust, just enough to be able to carve himself a trophy that he hopes would please Rick.

The comic storyline has just about caught up with the TV series. It progresses at a much quicker pace — it took several episodes of the TV series for Negan to gain Alpha’s trust. There is a lot of action in this volume and the storytelling remains captivating. The art is great and makes it easy to follow the story. The comic is very constant in its quality and this volume is as good as the previous one. 

This comic is now less about zombies than about preserving civilisation. It could be set in the early time of the American colonies or in the far-west, where the Americans are competing with other colonies (Spanish or French instead of Saviors or Whisperers) while fighting hostile natives (instead of the undeads). I enjoyed it and, considering the time we are living in, it is quite entertaining.

The Walking Dead, vol. 26: Call to arms, by Robert Kirkman (Story), Charlie Adlard (Pencil), Stefano Gaudiano (Ink). Berkley: Image Comics, September 2016. 136 pages, 17 x 25.7 cm, $US 14.99 / $C 19.99, ISBN 978-1-63215-659-4, For Mature readers (17+). Includes issues 151-156. See back cover.  stars-3-0

For more information you can consult the following web sites:

[ AmazonBiblioGoodreadsTWD WikiWikipediaWorldCat ]

© 2016 Robert Kirkman, LLC. All rights reserved.

Please read my other comments on The Walking Dead:

WALKING DEAD 01  - C1C4.indd WalkingDeadCompendium-3-cov the-walking-dead-vol-25-no-turning-back-tp_8be0c98b12

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Capsules

The Walking Dead vol. 25

the-walking-dead-vol-25-no-turning-back-tp_8be0c98b12“After a devastating act of war by the Whisperers, Rick must chart a path for his community. But when his leadership is questioned, how will he respond?”

[Texts from the publisher’s website]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

“The world we knew is gone. The world of commerce and frivolous necessity has been replaced by a world of survival and responsibility. An epidemic of apocalyptic proportions has swept the globe (…).”

That quote feels eerily familiar. It’s on the back covers of The Walking Dead comic books. Considering the situation that the COVID-19 virus has put us in, I thought it would be a good time to continue reading the comics. I like to wait a little before reading them because I don’t want to get ahead of the TV series — although both stories have diverged so much by now that it is quite an unnecessary precaution. 

The last TV episode to air was episode 15 of the tenth season. The last episode of the season, #16, was due to air this week but the post-production was not completed because of the coronavirus shutdown and its airdate remains unknown. The producers say they have enough material to continue the TV series (including spin-off series and feature films) for another ten years! However, pre-production and filming of season eleven was also delayed by at least a month because of the pandemic. How ironic. 

As for the comic book, it has ended with issue #193 (vol. 32), therefore I still have eight volumes to read — actually six volumes since I just finished volumes 25 & 26. Strangely, I never talked much about this series. I usually don’t like horror and zombie stories, but I am a great fan of post-cataclysmic worlds, so it’s not that. Maybe it is that, between the comics and the TV series, there would be so much to say. I already commented (in 2011 !) on the first eleven volumes along with the first season of the TV series. Last year, I also commented on the third compendium (vol. 17-24). Besides the progression of the story, I feel I don’t have much to add since the series has remained of a steady quality.

In volume 25, the Alexandrians discover that, during the fair, the Whisperers have abducted and killed a dozen members of the communities (including Rosita and Ezekiel !). They have also put their heads on stakes delimiting their territory. Rick don’t want to overreact and is hesitating. But his people are VERY angry. As this anger turns toward him he sends Lydia and Carl to the Hilltop for their safety. After being hardly beaten by his own people, he follows the advice of Negan. He deflects the anger by announcing that everyone will train in order to create a military force to defend the communities. Or, to quote Vegetius: Si vis pacem para bellum.

As I said before, it is quite weird that some characters die in the comics but not in the TV series and vice versa. The storytelling is fluid, riveting and move much faster than in the TV series. I like the art which is clean and easy to “read” despite being rather dark because of its heavy inking — although using simple textures (zip-a-tone) for the shading helps avoid overloading the pages. It is a well-written and interesting story about survival and the workings of a human society. 

The Walking Dead, vol. 25: No Turning Back, by Robert Kirkman (Story), Charlie Adlard (Pencil), Stefano Gaudiano (Ink). Berkley: Image Comics, March 2016. 136 pages, 17 x 25.7 cm, $US 14.99 / $C 19.99, ISBN 978-1-63215-659-4, For Mature readers (17+). Includes issues 145-150. See back cover. stars-3-0

For more information you can consult the following web sites:

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© 2016 Robert Kirkman, LLC. All rights reserved.

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Miss Hokusai 2

Miss_Hokusai-2-cov“Elle fumait la pipe et n’avait pas bon caractère. Mais quel talent !Voici le second volume d’une chronique pleine d’humour à la découverte d’une femme libre et d’une artiste : la fille du génial fou de dessin Hokusai, dont elle partagea l’existence excentrique dans le quartier des peintres et des courtisanes à Edo.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

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Page 7

Miss Hokusai (百日紅 (さるすべり) / Sarusuberi / lit. “Cent Cramoisi” qui est le nom que les Japonais donnent au lilas des Indes) a d’abord été publié en feuilleton entre 1983 et 1987 dans le magazine hebdomadaire Manga Sunday avant d’être compilé en trois volumes par l’éditeur Jitsugyou no Nihonsha en 1987, puis en deux volumes par Chikuma Shobō (format bunko) en 1996. Les deux volumes ont été traduit en espagnol chez Ponent Mon et en français chez Philippe Picquier. Ce manga seinen historique, écrit et illustré par Sugiura Hinako, nous raconte des épisodes de la vie de O-ei, la troisième fille de Hokusai, et de son entourage. Il a été adapté en dessin animé en 2015 par Production I.G. sous la direction de Keiichi Hara. J’ai déjà commenté le premier volume et le dessin animé dans un billet précédent.

Ce deuxième volume nous offre quinze histoires relativement indépendantes les unes des autres. On y voit encore le travail que O-ei fait comme assistante de son père,  Hokusai, le célèbre artiste d’ukiyo-e de l’ère Edo. Toutefois, plusieurs des histoires mettent de l’avant des personnages secondaires, souvent dans des aventures amoureuses qui impliquent des courtisanes. De nombreuses histoires ont aussi une thématique fantastique, évoquant ces histoires de fantômes dont la culture japonaise est friande. 

Malheureusement, la nature anecdotique des histoires et le fait qu’il est difficile de distinguer entre eux les nombreux personnages rend la lecture un peu pénible. Chaque récit est intéressant en soi mais l’ensemble manque d’homogénéité et reste un peu confus. 

Étant plus une historienne qu’artiste, Sugiura Hinako n’avait pas de véritable talent pour le dessin. Le style de ses mangas (fait de lignes simples à l’encre avec du zip-a-tone pour les textures) est donc frustre, plutôt grossier et peu attrayant. La pauvre qualité graphique du manga n’est racheté que par le fait qu’il est inspiré du style traditionnel des ukiyo-e (estampes japonaises) et des kibyōshi (romans illustrés) eux-même et qu’il tente de reproduire très fidèlement les détails architecturaux et vestimentaires de l’époque d’Edo et plus particulièrement de Yoshiwara (le quartier des plaisirs de l’ancien Tokyo). C’est cet aspect historique authentique qui rends le manga intéressant malgré tout.

Donc, laborieux à lire, le deuxième tome est beaucoup moins intéressant et organisé que le premier. Cela reste une lecture intéressante mais seulement pour les amateurs de l’histoire du Japon. La façon la plus agréable d’apprécier ce récit reste encore le dessin animé.

Miss Hokusai, tome 2 par SUGIURA Hinako. Arles: Éditions Philippe Picquier (Coll. Picquier Manga / BD ), août 2019. 346 p., 15 x 22 cm, 19,00 €  / C$ 27.95. ISBN 978-2-8097-1419-7. Un extrait est disponible sur le site de l’éditeur. Pour lectorat adolescent (14+). stars-2-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Masaya Suzuki • Hiroko Suzuki 1996. Tous droits réservés. © Éditions Philippe Picquier 2019 pour la traduction française.

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Capsules

Félin pour l’autre ! Vol. 1

Felin_pour_l_autre-1-covUne comédie délirante et pleine d’action sur les fous des chats !

Kensuke Fuji vit un drame… Il adore les chats, mais ces derniers ne le calculent pas ! Ses sœurs y étant allergiques, le lycéen n’a jamais eu la chance d’avoir un matou à la maison, et il n’a pas vraiment le mode d’emploi pour leur plaire…

Sa vie bascule le jour où disparaît Tamako, une charmante chatte de gouttière qu’il croisait tous les matins. Parti à sa recherche, Kensuke va faire la rencontre de Jin Nekoya, un “maître-chat”, qui comprend parfaitement le langage félin. Désormais, le lycéen fera tout pour devenir le disciple de Jin, quitte à accepter les défis les plus improbables, et enfin se faire aimer des chats ! Tout ça sous le regard halluciné de Yamada, une copine de lycée…”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

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Page 14

Les histoires de chats constituent un thème plutôt fréquent dans les mangas. J’ai d’ailleurs tenté d’en établir une liste (pas très exhaustive mais c’est un début; je me suis pour l’instant surtout concentré sur les titres disponibles en français — je viens tout juste de la mettre à jour). Étant moi-même un amateur de chats, je me suis promis d’en lire le plus possible. J’en ai déjà commenté plusieurs… En voici un autre…

Félin pour l’autre ! (ねこったけ! / Neko tta ke! / lit. “Juste les chats”) a d’abord été prépublié dans le magazine Shōnen Sunday Super entre mars 2016 et avril 2018 avant d’être compilé en six volumes par Shōgakukan. Il été traduit en français chez Doki Doki (une collection de Bamboo Édition).

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Page 37

Félin pour l’autre ! est un manga shōnen mais au lieu des combats habituels le protagoniste entreprend une quête pour mieux comprendre les chats et découvrir comment se faire aimer d’eux. On y retrouve donc plusieurs éléments de la thématique nekketsu (naïveté, aspect initiatique, série de défis, etc.) qui constitue généralement la base des mangas shōnen typiques. Notre “héros”, Kensuke Fuji, découvre peu à peu la “voie du chat” (le byôkendô) en suivant les enseignements du “maître des chats” (un certain Nekoya Jin) qui lui lance différents défis pour le mener à franchir chaque fois une nouvelle étape. À travers le récit, l’auteur en profite pour donner aux lecteurs des conseils pour comprendre et apprécier ces adorables félins. 

Ce manga nous offre un bon récit avec un graphisme plutôt traditionnel qui suit le style shônen mais avec des touches plus charmantes et détaillées dans ce qui a trait aux chats. Ce manga est donc une agréable et amusante lecture, qui se lit vite et bien (d’autant plus que c’est une courte série de seulement six volumes), en plus d’être un peu éducatif. Un bon manga à lire pour se dé-stresser en temps d’apocalypse viral!

Félin pour l’autre ! vol. 1, par Nadatani Wataru (Traduction par Julien Pouly). Charnay-Lès-Mâcon: Doki Doki (Bamboo), mars 2019. 168 pages, 11 x 17.5 cm, 6,95 € / $C 12.95. ISBN 978-2-81896-755-3. Pour lectorat jeune (7+ ans). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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Nekottake! © 2016 Wataru Nadatani. Édition française © 2019 Bamboo Édition.

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Longues séries de manga

J’ai vu sur FB quelqu’un qui demandait quelle série de manga je voudrais avoir sous la main si j’étais en confinement sur une île déserte (ou à la maison en cas d’épidémie?)… Je n’ai évidemment pas pu résister à donner mon opinion…

J’ai répondu “Probablement “Détective Conan” (97 vol.) ou “Les gouttes de dieu” (62 vol.) parce que c’est long et c’est intéressant…” En effet, la plupart des grosses séries sont des shonen insipides mais il y a toute de même quelques séries qui sont assez intéressantes pour stimuler l’intellect.

En me basant sur une liste des longues séries de manga au Japon, j’ai concocté cette liste des vingt-cinq longues séries (de plus de quarante volumes) traduites en français (je ne garanti pas que c’est exhaustif):  

Grappler Baki 137 vol. (au Japon) Delcourt: 31 vol. (Épuisé?)
Hajime no Ippo 127 Kurokawa: 30 vol. (En cours)
Captain Tsubasa 102 Glénat: 37 vol. (En cours)
Détective Conan 97 Kana: 96 vol. (En cours)
One Piece 95 Glénat: 94 vol. (En cours)
Bleach 74 Glénat: 74 vol. 
Naruto 72 Kana: 72 vol. 
Fairy Tail 63 Pika: 63 vol.
Les gouttes de dieu /Mariage 62 Glénat: 58 vol. (En cours)
Inu Yasha  56 Kana: 56 vol.
Hana yori dango / Hana Nochi Hare 50 Glénat: 37 + 10 vol. (en cours)
Angel Heart 49 Panini: 33 + 16 vol. 
3 x 3 Eyes 48 Pika: 40 vol. (Épuisé?)
Initial D 48 Kazé: 40 vol. (En cours)
Ah! My Goddess 48 Pika: 48 vol.
Doraemon 45 Kana: 45 vol. 
Skip Beat!  44 Sakka: 40 vol. (En cours)
Zipang 43 Kana: 43 vol. (Épuisé?)
Toriko 43 Kazé: 43 vol.
Haikyū!! 42 Kazé: 36 vol. (En cours)
Chihayafuru 42 Pika: 32 vol. (En cours)
Dragon Ball 42 Glénat: 42 vol. 
Reborn! 42 Glénat: 42 vol. 
Berserk 40 Glénat: 40 vol.
Psychometrer Eiji  40 Kana: 40 vol. (Épuisé?)

Et vous, qu’est que vous aimeriez lire en de telles circonstances?

Bonne lecture!

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GITS: Stand Alone Complex Official Log, Vol. 1

GITS-SAC-Official-Log-1This superb book is an Official Guide to the Stand Alone Complex TV series and offers an in-depth analysis of the background story as well as the production development. It features an introduction to the Ghost In The Shell’s world (manga, movies, video games, etc.), character profiles and designs, mechanical designs, synopses and background notes for the first 19 episodes, interviews with the creative staff and an essay on the science of Ghost In The Shell. It also includes an exclusive 90-min. DVD with never-before-seen footage, a documentary on the digital animation techniques used for the series and more interviews with the staff and cast.

This type of high-quality art book usually comes in a larger format, but if the 6 x 8.5 inches size is more practical it also means fewer and smaller illustrations presented in a more cramped layout. Still, the Official Log is quite useful when it comes to better understanding the complex story of the Ghost In The Shell TV series. It is a must-have for all serious anime fans!  

Ghost in the Shell: Stand Alone Complex Official Log, Vol. 1 (by collective; editor, Robert Place Napton). [Cypress, CA] : Bandai / Manga Entertainment / Production I.G., October 2005. 148 pages (64 in colour) [DVD: Cat.# 25180, Subtitled, 90 min.]; Limited Edition (only 15,000 copy released), $49.98 US, rated 13+, ISBN: 1-59409-571-X. stars-4-0

Review originally published in PA #87 : 63 (December 2005 / January 2006). There is also a second volume but I haven’t seen it and therefore cannot comment on it. The book is old but seems to still be available online.

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Ghost In The Shell (manga)

I’ll continue on the thematic of Ghost in the shell for a little while… I dug out those two reviews of the original GITS manga respectively published in PA #83: 20 (March-April 2005) and PA #84: 20 (June-July 2005) — however I have relativized the original rating. Note that I had already (briefly) reviewed those manga along with the live-action movie and that I have also reviewed The Ghost in the Shell Perfect Edition, tome 1.5 : [ Human Error Processer ] on this blog.

Ghost In The Shell

Ghost_in_the_shell-1-covA totally superb book! This second edition offers the original Japanese size (5.75” x 8.25” which is a smaller, more convenient size than the original English edition, but still easy to read contrary to the 4” x 6” of Lone Wolf & Cub) and some extra pages that were originally cut because they were too racy (hence the 18+ rating and the parental advisory for explicit content). It is a nice thick book, with glossy paper, that has a good feel when held. Shirow’s artwork might be of variable quality, varying from the beautiful colour illustrations to the sketchy SD characters, but his story is solid and profound (although a little too technical by moments). Most of this first volume offers the framework for the first movie (with some variations and more details), but you can also find a few ideas that were used for the Stand Alone Complex TV series, and the sixth chapter is the basis for the story of the second movie. A classic and a must. 

Ghost in the shell (攻殻機動隊 / Kōkaku Kidōtai / Mobile Armored Riot Police) by Masamune Shirow (translated by Frederik L Schodt and Toren Smith). Milwaukie, OR: Dark Horse Manga, October 2004. 368 pg. $24.95 US / $33.99 Can. ISBN 1-59307-228-7. For adult readership (18+). See the back cover. stars-3-5

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Ghost In The Shell #2: Man-Machine Interface

Ghost_in_the_shell-2-covLike the first volume, this one is really a superb book. Even more than the first, since there is three time more colour pages, the designs are much nicer and the art is more detailed (particularly in the colour pages – however, a problem in the reproduction of the screen-tone sometimes creates an annoying shimmering effect in the B&W art). It is a more mature work. The story is more serious and complex, to the point that it becomes difficult to follow and understand. That’s the major drawback of the book. Motoko has merged with the Puppet Master and swims freely in the virtual sea of information. She has moved to the private sector and works as the head of security for Poseidon Industrial. Her new nature allows her to move from one artificial body to another, which is quite convenient in her line of work, but makes the story even more confusing. On top of that you have Shirow’s philosophical reflection on life, intelligence and existence. Besides the main character, the story of this book has not much to do with the first part. The art is sublime and the story challenging. A must. 

Ghost In The Shell #2: Man-Machine Interface, by Masamune Shirow (translated by Frederik L Schodt and Toren Smith). Milwaukie, OR: Dark Horse Manga, January 2005. 312 pages (mostly in colour, with 106 in B&W), flipped, $24.95 US / $32.00 Can, ISBN 978-1-59307-204-9. For adult readership (18+, Lots of nudity & Violence). See the back cover. stars-4-0

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Ghost in the shell: Stand Alone Complex (manga)

“Ghost in the Shell: Stand Alone Complex takes place in the year 2030, in the fictional Japanese city of New Port. The story follows the members of Public Security Section 9, a special-operations task-force made up of former military officers and police detectives. The manga presents individual cases that Section 9 investigates, along with an ongoing, more serious investigation into the serial killer and hacker known only as “The Laughing Man.””

GITS-SAC-1-covVolume 1: No mission too dangerous. No case too cold. When a high-ranking government official is kidnapped, the Prime Minister must call in his top crime fighting force known as Section 9. Led by the beautiful (and deadly) Major Kusanagi, the cybernetically enhanced squad must use all their skill to take down the kidnappers and rescue the hostages. But that’s only half of the mission; can Kusanagi and company find out who’s behind the kidnapping, and, more importantly, just what they’re after? Find out in this thrilling first volume of The Ghost in the Shell: Stand Alone Complex!”

Ghost in the Shell Stand Alone Complex, Episode 1: Section 9, by Yu Kinutani. New York: Kodansha Comics, December 2016. 256 pages, 12.5 x 19 cm, $US 10.99 / $C 11.99, ISBN 978-1-935-42985-2, For teenagers (13+). See back cover. 

GITS-SAC-2-covVolume 2: The best offense is a strong defence? An advanced tech tank is on the loose and appears hell bent on heading into the city. To make matters worse, it has impenetrable defenses and all conventional efforts to stop its progress have failed. Now it’s up to Major Kusanagi and Section 9 to find a way to stop the tank’s inexorable march toward an unknown fate in the city!”

Ghost in the Shell Stand Alone Complex, Episode 2: Testation, by Yu Kinutani. New York: Kodansha Comics, December 2016. 288 pages, 12.5 x 19 cm, $US 10.99 / $C 11.99, ISBN 978-1-935-42986-9, For teenagers (13+). See back cover. 

GITS-SAC-3-cov“Volume 3: Identifying the enigmatic hero. Marcelo Jarti, the hero of a democratic revolution, and South American drug dealer, has been coming to Japan periodically and no one knows why. The Major and Section 9 track his movements after he makes his latest appearance in the country. They are determined to figure out the meaning of his visits, but following Jarti leads to more than they could have possibly expected …”

Ghost in the Shell Stand Alone Complex, Episode 3: Idolator, by Yu Kinutani. New York: Kodansha Comics, December 2016. 224 pages, 12.5 x 19 cm, $US 10.99 / $C 11.99, ISBN 978-1-612-62094-7, For teenagers (13+). See back cover. 

GITS-SAC-4-covVolume 4: The power of misdirection. Section 9 receives a tip that a criminal group from Henan is planning on attacking a financial institution. To prevent the attack, Section 9 infiltrates the secret base of the criminals. The mission goes well and the threat is neutralized … or is it? Something is amiss, and Major Kusanagi and Section 9 must act quickly in order to stop the criminals from achieving their true goal.”

Ghost in the Shell Stand Alone Complex, Episode 4: ¥€$, by Yu Kinutani. New York: Kodansha Comics, December 2016. 208 pages, 12.5 x 19 cm, $US 10.99 / $C 11.99, ISBN 978-1-61262-095-4, For teenagers (13+). See back cover. 

GITS-SAC-5-covVolume 5: Ageless new world. 16 years ago a terrorist group called the “New World Brigade” kidnapped a young girl named Eka Tokura. However, recent photos of Eka have surfaced and she appears to look exactly as she did 16 years ago. To investigate this mystery, the special unit of the Maritime Safety Agency was dispatched to a man-made island off the coast of Okinawa that has been seized by the Brigade. However, communication with the special unit has been lost, leaving this island and the Brigade in a shroud of secrets. Section 9 is tasked with the job of finding out what happened on this man-made island and discovering the truth behind Eka’s age-defying looks.”

Ghost in the Shell Stand Alone Complex, Episode 5: Not Equal, by Yu Kinutani. New York: Kodansha Comics, December 2016. 288 pages, 12.5 x 19 cm, $US 10.99 / $C 11.99, ISBN 978-1-61262-556-0, For teenagers (13+). See back cover. 

[Texts from the publisher’s website]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

GITS-SAC-1-p040I have already introduced the Ghost in the shell story created by Masamune Shirow when I talked about the live-action adaptation and the book 1.5 of the manga. However, my favourite part of GITS franchise was the anime TV series Stand Alone Complex. It is a police story with lots of human drama set in a post-cyberpunk environment. The TV series format allowed to make a great deal of character development for all the protagonists, the members of Section 9 Public Security unit. Usually, an anime is based on a manga but exceptionally, in this case, it is the opposite: the anime TV series came first (in 2002-2005) and this manga is a VERY faithful adaptation of a selection of five episodes (out of the fifty-two episodes of the TV series).

The seinen manga of Ghost in the shell: Stand Alone Complex (攻殻機動隊 Stand Alone Complex / Koukaku Kidoutai S.A.C.) was first serialized in Weekly Young Magazine (December 2009 – March 2010) and then in Gekkan [monthly] Young Magazine (April 2010 – December 2012) before being compiled in five volumes by Kodansha. It was translated in English by Kodansha Comics (2011-14) and in French by Glénat (2013-14). The English version is also available in digital format at ComiXology.

I like Ghost in the shell in general because it is a great cyberpunk story: people can get cyber-enhancements, the internet (the “network”) is everything, everywhere and can be used in unimaginable ways. The story also has strong social and political aspects, as it give a glimpse of a fascinating techno-dystopian future (which seems popular in Japan). In this context the “ghost” refer to the aspect of the mind that makes it unique and self-aware (the soul) even when it is digitized and uploaded to a cyber-brain or to the net, the “shell” is the body (biological or cybernetic) and the “standalones” are those who “remain outside the system” (not cyber-enhanced? air-gapped?). 

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Vol. 3, p. 85

However, I prefer the Stand Alone Complex series (both anime and manga) because I feel it offers the best designs (mostly of the characters) and storytelling (its TV series format allows for more development of both the characters and storyline). The anime movie (directed by Mamoru Oshii) was awesome but really too philosophical. By side-stepping the “puppet master” story arc, SAC is able to tell more stories of the most interesting character, Major Motoko Kusanagi, and to develop her background story in a very interesting way. Similarly, the orignal manga by Masamune Shirow is superb but the art is too detailed and the story too complex to be easily enjoyed. Shirow’s art also lacks consistency, looking sometimes very serious and sometimes (to be humorous) quite caricatural. With this new manga by Yu Kinutani the art is cleaner, more serious and steady while still being detailed enough. It is therefore much more enjoyable. The storytelling and layout follow closely the TV series (often even adding more scenes to make the action easier to follow in a static medium) so it almost feels like a storyboard.

Each volume of the manga series is adapting one episode of the TV anime. Volume one retell the story from episode 1 “Section 9”, vol. 2 covers the episode 2 “Testation”, vol. 3 recount the episode 7 “Idolater”, vol. 4 is about the episode 14 “¥€$” and vol. 5 give us its take on the episode 13 “Not Equal”. Volumes 1 and 4 also include three bonus short stories from the “Tachikoma Days” manga by Masayuki Yamamoto. Those are funny episodes involving the multi-legged artificial intelligence tanks (think tanks) called the Tachikoma — echoing the capsule video at the end of each episode of the TV series.

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Vol. 3, p. 205

One annoying thing from Ghost in the shell (mostly for feminists and people unfamiliar with the franchise) is the way the Major is dressing: in a very provocative and sexy way. This is part fan service, of course, but the character has also a reason to do so. A full-cyber body (even if it has a generous feminine shape) feels and looks a bit cold and asexual, therefore the Major wears very alluring clothing to claim and express her femininity.  I imagine she might think something like “with a body like this it’s better to show it” or maybe, feeling a little like a doll, she wants to dress like one. It also offers an element of surprise: nobody expects someone looking like her to be so strong and kick-ass!

Finally, my greatest disappointment about the GITS Stand Alone Complex manga series is that there are only five volumes. I guess it would have taken too much work and time to adapt all fifty-two episodes of the TV series. It is just too bad. However, if you want more, you still have the TV series — which was also complemented by three novels (available from Dark Horse), two OVA (The Laughing Man, Individual Eleven) and a movie (GITS: SAC – Solid State Society)…

I am already a big fan of GITS and of cyberpunk stories, but I particularly like this manga series because it offers strong designs and art, excellent storytelling and constitute an easy read. It is quite enjoyable if you like investigative stories with lots of action (sometime quite violent), rich socio-political themes and that are set in a cyberpunk future. I must admit that it has been a long time since I took so much pleasure in the reading a manga. I highly recommend it. stars-4-5

For more information you can consult the following web sites:

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© 2010-2013 Yu Kinutani • Shirow Masamune • Production I.G. / Kodansha. English translation © 2011-2014 Yu Kinutani • Shirow Masamune • Production I.G. / Kodansha. 

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Livre-en-sac

Avec l’épidémie de Coronavirus et les mesures de distanciation sociale qui en découlent beaucoup de gens se retrouvent isolés chez eux avec pas grand chose à faire sinon d’écouter la télévision, la radio ou de lire. Avec la fermeture des bibliothèques, des librairies et des cinémas, les gens n’ont plus d’opportunités de se procurer de quoi les occuper. Et peu ont la chance d’avoir une grosse collection de livres et de Dvds à la maison (moi, je n’ai rien à craindre, j’ai de quoi m’occuper pour plus d’une décennie si nécessaire!). 

Bien sûr, il reste toujours l’internet où l’on peut télécharger des livres numériques (ebooks / livrels) ou visionner des films en continu (streaming). J’ai récemment mis en ligne une liste de suggestions de sites et de ressources à cet effet. Toutefois, il y a encore beaucoup de gens qui, pour des raison économique, n’ont pas accès à l’internet ou des personnes âgés qui trouvent tout ça un peu trop compliqué. Alors on retrouve plusieurs initiatives sur FB ou ailleurs pour prêter ou donner des livres à ceux qui en ont besoins. Des initiatives dans le genre du projet de microbibliothèques que la ville avait parti en 2015 (j’ignore si ce projet fonctionne encore mais il existe sûrement des projets similaires). Toutefois, aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’un projet en particulier.

Dans la région du Grand Lévis, mon neveu — l’auteur Sébastien Chartrand — a décidé d’y aller de sa modeste contribution et de mettre le tier de sa collection personnelle (quelques deux-mille livres) disponible pour prêter à ceux qui en ont désespérément besoin. Il a démarré un site internet — le Livrensac de Lévis — où il explique son projet et donne la liste des titres disponibles. Les livres sont désinfectés à la lingette Lysol et placés dans un sac ziploc avant d’être livré à la porte ou dans la boîte aux lettres de ceux qui en font la demande! C’est une initiative tellement intéressante que même le journal local, le journal de Lévis, y consacre un article ! 

Il m’écrivait ce matin:

“J’aurais aimé pouvoir montrer à tout le monde le visage radieux des personnes âgées qui m’envoyaient la main par la fenêtre durant ma livraison de samedi, et le garçon qui sautillait sur place quand j’ai déposé ma pile de BD sur le pas de la porte…”

“J’espère vraiment que je vais réussir à rejoindre un maximum de gens isolés. Je demande aux gens de faire connaître. Ça va réduire, peut-être, l’envie de sortir de certains entêtés et donner envie à d’autres personnes d’imiter l’initiative dans d’autres régions…”

Alors, aidez-le et faites passer le mot… N’oubliez pas: https://livreensac.blogspot.com

J’admire grandement sa compassion et son courage. C’est toujours une grande joie de partager notre passion pour les livres (je le ressens souvent en bibliothèques) mais j’ai eut trop de mauvaises expériences à prêter les miens (j’ai perdu trace de plusieurs d’entre eux) que je n’oserais jamais me lancer dans une telle entreprise. Je préfère laisser passer la crise et lire paisiblement en écoutant du smooth jazz à la radio ou blogger sur ma “safe-house” en toute sécurité. Alors, je te lève mon chapeau, neveu !

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L’Histoire en Manga (2)

T. 2, L’antiquité grecque et romaine

Histoire_en_manga-2-covL’Histoire en Manga: Une collection pour découvrir toute l’Histoire en image.

“De la guerre de Troie racontée par Homère à l’émergence de la démocratie athénienne, des conquêtes d’Alexandre le Grand à la naissance de la culture grecque, du règne de César à la naissance du christianisme, ce manga raconte… l’antiquité grecque et romaine.”

“170 pages de bandes dessinées pour plonger avec plaisir dans l’Histoire… avec en + … des pages explicatives pour chaque chapitre, un cahier documentaire en fin d’ouvrage pour restituer les évènements dans leur contexte, des frises chronologiques, et des cartes…”

[Texte de la couverture arrière; voir aussi le site de l’éditeur ]

Après un premier volume qui nous introduisait à la préhistoire et au moyen-orient ancien, cette série de manga éducatif (Gakushū manga) se poursuit avec l’antiquité grecque et romaine. Ce second volume était originalement intitulé Gakken Manga — Nouvelle Histoire du Monde, 2: Le monde grec, romain et méditerranéen  [ 学研まんが NEW世界の歴史  2 ギリシア・ローマと地中海世界 / Gakken Manga nyū Sekai no Rekishi 2: Girishia, rōma to Chichūkai sekai ].

L’artiste a changé et on note une amélioration dans la qualité du dessin. La narration et le découpage du récit est conçu pour son effet dramatique afin de préserver l’intérêt du lecteur malgré le sujet un peu trop académique. Cette fois, je n’ai pas noté de fautes orthographiques ou factuelles (ce qu’il ne veut pas dire qu’il n’y en a pas). Toutefois, le principal défaut de l’ouvrage réside dans le fait que l’on tente de raconter plus de trois-mille ans d’histoire en moins de deux-cent pages. On y présente donc que les faits saillants d’une histoire pourtant riche en détails. Périclès est traité en à peine deux pages! Trente-six pages pour César et la République romaine (avec quelques pages consacrées à Cléopâtre — qui faisait d’ailleurs la couverture de l’édition japonaise) et à peine vingt-cinq pages pour l’Empire romain qui n’est d’ailleurs présenté qu’à travers l’histoire du Christianisme… Un cours éclair donc.

C’est néanmoins un bon manga éducatif qui peut servir à introduire le lecteur (jeune ou adulte) à l’histoire du monde d’une façon intéressante et divertissante.

L’Histoire en Manga: T. 2, L’antiquité grecque et romaine, par Fûta Kanta (dessin) et Hidehisa Nanbô (texte) (Traduction par Aurélien Estager). Montrouge: Bayard Jeunesse, septembre 2017. 192 pages, 16 x 23.5 cm, 12,90 € / $C 24.95. ISBN 978-2-7470-8391-1. Pour lectorat adolescent (11+ ans). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Gakken Plus 2016. © Bayard Édition, 2017 pour la traduction française.

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L’Histoire en Manga (1)

T. 1, Les débuts de l’humanité

Histoire_en_manga-1-cov“L’éditeur scolaire japonais GAKKEN propose une collection de 12 tomes racontant l’histoire du monde. Dessins typiques du manga, couleurs saturées, scénario avec personnages servent à illustrer les grands épisodes de l’histoire.

Dans ce premier tome on découvre les débuts de l’humanité; le big bang, puis la Préhistoire et l’Antiquité égyptienne. Des pages chronologiques encadrent l’ouvrage. Un cahier de 32 pages documentaires richement illustrées vient étoffer les informations distillées dans les épisodes, ainsi que de nombreux compléments regroupés en fin de chapitre.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

J’ai déjà mentionné dans un billet (”Educational Manga“) que les mangas, en plus d’être très divertissants, pouvaient avoir une grande valeur éducative. Au-delà des adaptations de grands classiques littéraires et des nombreux mangas historiques, il existe au Japon plusieurs séries de manga qui ont pour but d’introduire auprès d’un public jeune l’histoire du Japon ou du monde d’une manière pédagogique, voir même encyclopédique. Il s’agit des Gakushū manga ou manga d’apprentissage. 

Je n’aurait jamais cru pouvoir lire ce genre de manga en traduction. Et pourtant, en novembre dernier, en périphérie du Salon du Livre de Montréal, j’ai découvert chez Bayard Jeunesse une collection qui nous raconte L’Histoire en manga (mes deux sujets favoris!). La collection comporte (pour l’instant) huit volumes: v.1 Les débuts de l’humanité, v.2 L’antiquité grecque et romaine, v.3 L’Inde et la Chine antiques, v.4 D’Attila à Guillaume le Conquérant, v.5 De l’empire mongol à la Guerre de Cent ans, v.6 La Renaissance et les grandes découvertes, v.7 L’Histoire en Europe de la Reine Elisabeth à Napoléon (incluant la révolution industrielle), v.8 De la conquête de l’Amérique à la Commune de Paris. L’édition originale japonaise comporte douze volumes (il en resterait donc quatre à paraître).

Le premier volume, originalement intitulé Gakken Manga — Nouvelle Histoire du Monde, Volume 1: Les Temps préhistoriques et l’Orient ancien [ 学研まんが NEW世界の歴史  第1卷 先史時代と古代オリエント / Gakken Manga nyū Sekai no Rekishi 1Kan: Senshi Jidai to Kodai Oriento], nous introduit à l’histoire des débuts de l’Humanité, de la préhistoire au moyen-orient ancient. Le récit utilise comme prétexte trois collégiens turbulents qui se font coller en punition un exposé sur les débuts de l’humanité qu’ils réalisent grâce à l’aide de leur professeur de physique.

Évidemment, dans ce genre de manga documentaire, la qualité graphique n’est pas vraiment une priorité alors le dessin est plutôt moyen — mais il est en couleurs. Aussi, compte tenu de l’ampleur du sujet, on nous raconte tout cela en accéléré (moins de deux cents pages pour couvrir quelques millions d’années d’histoire!). Et bien sûr on retrouve plusieurs fautes d’orthographes et quelques erreurs factuelles (ou de frappe? Possiblement due à la traduction ou au lettreur?). Par exemple, on place la révolution agricole à “59 000 ans avant notre ère” alors que l’on voulait probablement dire 9500 ans… Mais dans l’ensemble c’est assez juste et c’est complété par un dossier qui reprend l’information couverte par le manga sous forme de texte.

Même si ce genre de manga s’adresse surtout à un public jeune (onze ans et plus), cela reste intéressant pour tout âge. Au Japon, ces mangas sont souvent utilisé comme des manuels scolaires alors pourquoi n’en ferions-nous pas autant ici? Cela reste une bonne lecture relativement divertissante et assez éducative. C’est sans aucun doute l’ouvrage idéal pour intéresser un jeune lecteur à l’histoire du monde.

L’Histoire en Manga: T. 1, Les débuts de l’humanité, par Hirofumi Katô (dessin) et Hidehisa Nanbô (texte) (Traduction par Aurélien Estager). Montrouge: Bayard Jeunesse, septembre 2017. 192 pages, 16 x 23.5 cm, 12,90 € / $C 24.95. ISBN 978-2-7470-8390-4. Pour lectorat adolescent (11+ ans). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Gakken Plus 2016. © Bayard Édition, 2017 pour la traduction française.

Vous pouvez aussi voir sur Youtube la bande annonce de la série (en japonais):

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Hidden by Catherine McKenzie

y648While walking home from work one evening, Jeff Manning is struck by a car and killed. Not one but two women fall to pieces at the news: his wife, Claire, and his co-worker Tish. Reeling from her loss, Claire must comfort her grieving son and contend with funeral arrangements, well-meaning family members and the arrival of Jeff’s estranged brother — her ex-boyfriend — Tim.

With Tish’s co-workers in the dark about her connection to Jeff outside the workplace, she volunteers to attend the funeral on the company’s behalf, but only she knows the true risk of inserting herself into the wreckage of Jeff’s life. Told through the three voices of Jeff, Tish and Claire, Hidden explores the complexity of relationships, our personal choices and the responsibilities we have to the ones we love.

[Text from the publisher’s website; see also the back cover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

My wife is a member of the Montreal’s Sherlock Holmes fan club, called The Bimetallic Question. Every year in January they are holding a formal dinner to celebrate his birthday. They always have a special guest speaker to talk about his/her work and share thoughts about a Sherlockian topic. It is usually a local writer or a Gazette columnist. Last year it was Montreal mystery writer Christopher Huang (I read and commented his book A Gentleman’s murder on this blog). This year on January 18th, being available, I decided to come with my wife to this “Master’s Birthday” dinner to meet this colourful crowd I was hearing so much about but mostly to listen to the guest speaker, writer Catherine McKenzie [ BiblioFBGoodreadsGoogleWeb ]. 

Born and raised in Montreal, she studied law at McGill University and now practices litigation in a boutique law firm. She has published nearly a dozen books: Spin (2009), Arranged (May 2012), Forgotten (October 2012), Hidden (2013), Spun (2014), Smoke (2015), Fractured (2016), The murder game (written in 2007 but only published in 2016 under the pen name Julie Apple — and used as plot device in Fractured), The good liar (2018), and — her latest  I’ll never tell (2019). Her next book (coming in June 2020) will be You Can’t Catch Me. She has also co-written First Street, a serialized audiobook, and published short stories in a couple of anthologies (J.T. Ellison’s A Thousand doors; J. McFetridge & J. Filippi’s Montreal Noir).

A brief sample of McKenzie presentation

I chose to read Hidden by chance, selecting it among the titles available at the library (as I couldn’t get her latest title on time to start reading it before her guest appearance at the dinner). Because McKenzie was invited to speak at the club dinner, I assumed that she was a mystery or crime writer, but Hidden is neither. McKenzie started her career writing Women’s fiction (sometimes called Chick-lit). With Hidden (and later with Fractured and The good liar) she moved into Psychological fiction with a slight touch of a thriller. Although her characters often move in the legal world (law firms and courts), she starts putting elements of crime fiction into her writing only with I’ll never tell and You can’t catch me.

Hidden is very well written. It offers a compelling story about grief and adultery that knows how to keep the interest of the reader. Her characters sound quite true, so when the storytelling builds up with tension you really feel for them. She even manage a little twist at the end. I enjoyed reading this novel but couldn’t avoid being annoyed by the narration at the first person, done by three different characters — including the guy who died at the beginning of the novel! That’s rather unusual. I would have preferred that she put the name of the narrating character in the title of each chapter (I’ve seen this in other books). That way it would not have taken me a few pages into each new chapter before figuring out who the narrator was this time…

I also noticed that she “lied” in her presentation at the club. When asked if she based her characters on herself she said categorically “no”, arguing that when editors say “write about what you know“ it is a misconception that authors write about themselves. In the contrary, my experience in the literary world tells me that writers (consciously or not) always put a part of themselves into some of their characters. McKenzie characters are often working in the legal world so she clearly uses part of “what she knows” (her own experience as a woman, as a mother, as a lawyer) to create the setting of her fictions. In Hidden (p. 303), Jeff accused Tish of having lied about her golf handicap but she answers that she told him about her bad putting when they first met, adding “I have perfect recall of conversations.” McKenzie used this exact sentence, verbatim, during her presentation as she was explaining that she was sometimes using in her books real conversations she had had or had heard. I rest my case.

Hidden was a very good reading. I enjoyed it greatly. It’s nice sometimes to read a simple book about the complex life of everyday people. I’ll certainly try to read more of Catherine McKenzie’s work.

Hidden, by Catherine McKenzie. Toronto: HarperCollins, June 2013. 360 pages, 14 x 21.5 in, $C 19.99. ISBN 978-1-44341-190-5. For young adult (16+). stars-3-5

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© 2013 by Catherine McKenzie

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2020 Antiquarian Book Fair

Today I went to the Westmount Antiquarian Book Fair hosted by Mr. Wilfrid M. de Freitas (web) at the Centre Greene. I already mentioned several time my interest for old books (including posts on the previous book fair, my research to identify a copy of “Natural History”, and the other book fair at Concordia University). Strangely, I was hoping NOT to find anything interesting because I didn’t want to spend too much (and my wife thinks I have already too many books).

Therefore I gave myself very strict purchasing guidelines. I was looking for a 16th or 17th century edition, preferably with vellum or pigskin bindings, in average condition, about a subject related to classical authors (like Cicero, Pliny, Suetonius, etc.) and for a price under two-hundred dollars. I would have probably also considered any 18th century editions with veal or sheepskin bindings, in good condition and about a really interesting historical subject or a 19th century book about one of my current interests (a book by Isabella Bird [because of the manga about her travels in Japan] or a Bradshaw’s guide [because of Michael Portillo’s Great British Railway Journeys BBC documentary series]). But I found and purchased nothing. I am proud of myself!

There was a few interesting books but they were all outside my criteria and quite expensive (certainly over $500 and several even in the thousands, up to $4500 for one!). It really seemed overpriced even despite their good condition. I saw only two books within my budget, at $125 and $150, both at the table of François Côté (from whom I purchased last time). One I had already seen at the previous book fair (Disputationes de argumentis, quibus efficitur Christum prius fuisse, quam in utero Beatae Virginis secundum carnem conciperetur [questionnement théologique sur la Vierge Marie], par Josua Placeus, in-4, 1660, $125) and another one also on an ecclesiastical subject (I already have too many of those!). Maybe I’ll find a great treasure at the next book fair.

Speaking of which: the 37th Montreal Antiquarian Book Fair will be held on September 26-27 (Saturday: 12h00-18h00, Sunday: 11h00-17h00) at Pavillon McCornell of Concordia University (1400 De Maisonneuve Blvd West). It’s organized by the Confrérie de la Librairie Ancienne du Québec (unfortunately the link to both their FB and web page seem dead).

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Revue de ‘zines [002.020.053]

Je continue de passer en revue pour vous quelques périodiques intéressants, cette fois-ci consacrés à la bande dessinée et aux littératures de l’imaginaire…

dBD #140 (Février 2020)

5e257a90-2f24-4934-8b5f-65e23624b36eÀ la une de ce numéro on retrouve une interview avec Blutch & Robber au sujet de leur album de Tif et Tondu Mais où est Kiki ainsi que le roman illustré L’Antiquaire sauvage (tous deux chez Dupuis). Cela se poursuit avec des interviews de Lewis Trondheim (sur son exposition au Musée de la cité internationale de la bande dessinée et de l’image à Angoulême jusqu’au 10 mai), avec Homs sur le tome 4 de Shi (sur un scénario de Zidrou, chez Dargaud), avec Frank Le Gall sur l’album Mary Jane (co-réalisé avec Damien Cuvillier, chez Futuropolis), Théodore Poussin: Cahiers t.5, Art Satoe 1/3 (chez Dupuis) et La Cantina (aux Éditions Alma), avec Néjib sur Swan t.2: Le chanteur espagnol (chez Gallimard), avec Carlos Hernandez sur  Le rêve de Dali (chez 21g), avec Elsa Brants sur l’oeuvre de Rumiko Takahashi (qui présidera cette année le festival d’Angoulême) et avec Jean-David Morvan sur l’album jeunesse Irena t.5 (chez Glénat). On note également un article sur la fin de Walking Dead (T. 33, Épilogue, par Robert Kirkman & Charlie Adlard, chez Delcourt).

Dans le cahier critique je remarque le tout dernier Naoki Urasawa, Asadora ! t.1 chez Kana (Top! “Urasawa démontre une nouvelle fois toutes ses qualités d’écriture et de mise en scène dans un premier volume qui s’annonce très prometteur”) ainsi que les deux premiers tomes de Jujutsu Kaisen, par Gege Akutami chez Ki-oon (Super, un shonen supernaturel par “un jeune mangaka qui publie son premier récit en France (…) c’est bien écrit et dialogué, les personnages secondaires sont intéressants et la mise en scène nerveuse à souhait”).

Un numéro informatif mais qui n’offre rien de trop excitant… stars-3-0

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Solaris #213 (Hiver 2020 / v. 45, #3)

Solaris213_C1-253x400J’ai déjà introduit Solaris, un périodique québécois de science-fiction et de fantastique, alors que je commentais son numéro 198 et j’ai, plus récemment, fait une entrevue-capsule avec le coordonateur de la revue, Jonathan Reynolds. Je regrette toutefois de ne pas en avoir parlé plus souvent, car elle nous offre en deux volets une fenêtre privilégiée sur la SF&F francophone (dont la SFFQ). D’une part, grâce aux courtes nouvelles qui y sont publiées, nous pouvons nous tenir à jour sur ce qui s’écrit dans le genre des littératures de l’imaginaire et aussi découvrir de nouveaux auteurs. D’autre part, grâce à ses articles et commentaires de lectures, nous obtenons une assistance précieuse pour comprendre la mécanique des genres et choisir les titres les plus intéressants à lire. C’est un outil indispensable à tout amateur de SF et de fantastique, d’autant plus qui n’y a plus beaucoup de périodiques francophones sur ces sujets (au Québec: Brins d’éternité, en France: principalement Bifrost, Galaxies, ReS Futurae [Sources: Ent’revues, nooSFere, Skop]).

Dans le volet fiction, ce numéro nous offre d’abord six histoires courtes:

  • “Chasseuse de soleil”, par Chloé Jo Bertrand. Ce texte est le lauréat du Prix Joël-Champetier 2019, décerné à un auteur francophone non-canadien. Dans un futur affligé par un hiver nucléaire qui a recouvert la planète d’une couche nuageuse, une jeune femme parcours l’Europe à la recherche du soleil. C’est un super beau récit, bien écrit et captivant. stars-4-0
  • “Monstresse”, par Sylvain Lamur. Une femme enceinte à bord d’un vaisseau spatial fait des cauchemars… C’est bien écrit mais j’ai pas trop compris ce qui se passait… stars-2-0
  • “Parler aux murs”, par Geneviève Blouin. Dans la vague des télé-réalités de rénovation et du mouvement KonMari, on trouve ici un petit récit humoristique où une thérapeute immobilier “parle” aux habitations (et non à leurs occupants) pour améliorer leur bien-être. Amusant sujet et intéressante narration. stars-3-0
  • “Nouvelle Représentation”, par Frédéric Parrot. Les Baïlorms sont une forme d’amibe/céphalopode télépathe en mission de reconnaissance sur Terre. Comme couverture, ils dansent au théâtre  Ludoscole pour le plaisir des humains qui ne se doutent de rien. Mais la représentation tourne mal… Intéressante scènette mais la fin demeure un peu obscure. stars-2-5
  • “Une table vide…”, par Michèle Laframboise. Une petite bande dessinée de deux pages rendant hommage à Joël Champetier, un “auteur accueillant et sympa (…) avec toujours un bon mot pour nous redonner courage.” stars-3-0
  • “Une nouvelle fantastique”, par Hugues Morin. Un homme tente de ressusciter son meilleurs ami mort de la leucémie… Très beau texte en hommage à Joël Champetier (le titre de chaque chapitre fait référence à une oeuvre de Joël). L’écriture est une bonne façon d’affronter le deuil en exprimant nos souhaits et regrets… stars-3-5

Dans le volet documentaire, on retrouve les incontournables Carnets du Futurible (par Mario Tessier) qui abordent cette fois le sujet de “la transmission sans-fil ou la radio en science et en fiction“. En bon historien, le Futurible commence par nous parler de l’invention de la TSF ou de la radio, puis il développe en expliquant comment celle-ci a été anticipée, puis utilisée en fictions, et surtout quelle a été l’importance et les conséquences des développements subséquents: télévision, radar, télécommande, téléphonie cellulaire, bluetooth, wi-fi, RFID, CB, baladodiffusion, radiodrame, radioastronomie, etc. Et, en bon bibliothécaire, le tout est très bien documenté. Tout à fait fascinant ! stars-4-0

Le volet documentaire se poursuit avec les commentaires de lectures (critiques) qui se divisent en deux segments: l’un consacré aux ouvrages publiés au Québec (“Les Littéranautes”) et l’autre aux ouvrages publiés ailleurs (“Lectures”). Sur la trentaine ouvrages commentés (voir le sommaire en ligne pour la liste), je remarque surtout Oshima (Serge Lamothe, Alto), GEIST: Les héritiers de Nikola Tesla (Sébastien Chartrand, Alire), Pierre-de-vie (Jo Walton, Lunes d’encre), Trois Hourras pour Lady Evangéline (Jean-Claude Dunyach, L’Atalante), Or et Nuit (Mathieu Rivero, Les Moutons électriques), Le Temps de la haine (Rosa Montero, Métailié), et The Empire of Corpses (Project Ito & Toh Enjoe, Pika Roman, à ne pas confondre avec la version manga).

Comme je l’ai mentionné par le passé, je trouve dommage que les commentaires de lectures ne soient pas accompagnés d’un système de pointage (rating) numérique ou étoilé qui permettrait aux lecteurs d’avoir une idée immédiate et précise de ce que le critique pense de l’ouvrage qu’il commente. C’est une façon succincte pour le commentateur de résumer son évaluation comparative de l’intérêt (le sujet), de la qualité (technique d’écriture) et de la performance (divertissant ou non) du texte critiqué. C’est sans doute une politique éditorial raisonnée mais je suis en désaccord…

Solaris se présente dans un intéressant format de poche qui offre un contenu hybride entre une revue et une anthologie (Solaris se proclame d’ailleurs comme étant “l’anthologie permanente des littératures de l’imaginaire”). Personnellement, je n’aime pas trop lire des nouvelles (histoires courtes) car quand on viens à peine de se familiariser avec les personnages, le sujet et le monde où le récit se déroule, c’est déjà fini… Par contre, je comprend bien l’importance de ce format pour les auteurs (débutants ou pros) qui veulent fourbir leur talent ou expérimenter avec un genre ou des idées. Il faut bien que ces textes là soient publiés quelques parts et c’est pourquoi des revues comme Solaris sont essentielles à la bonne santé d’une littérature, quelle qu’elle soit. Toutefois, moi, je préfère lire Solaris pour ses articles et commentaires de lectures. En ce sens, la revue joue un rôle tout aussi essentiel d’aide au lecteur.

Comme toute revue, le contenu est plutôt inégal d’un numéro à l’autre. Dans ce cas-ci je suis un peu déçu car on ne retrouve que deux très bon ou excellent textes et un seul article (quoique le Futurible est toujours constant dans son excellence) — et rien sur le cinéma ou la BD. C’est la dure réalité économique des revues papiers qui sont limités par l’espace du contenu ou leur périodicité. Toutefois, ce numéro reste une très bonne lecture: divertissante, intéressante, enrichissante et qui offre quelques découvertes aux lecteurs avides de littératures de l’imaginaire… À lire absolument si vous en êtes.

Solaris #213, collectif édité par Jean Pettigrew et coordonné par Jonathan Reynolds. Lévis: Publications bénévoles des littératures de l’imaginaire du Québec, janvier 2020 (trimestriel: Hiver). 162 pages, $C 13.95, ISSN 0709-8863. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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Le chat du rabbin 9. La reine du Shabbat

le_chat_du_rabbin_9-cov“Le rabbin revient sur un élément ancien, fondateur du principe de départ de la série mythique de Joann Sfar. Le jour de l’enterrement de sa femme, il décide de garder un chat. Le chat. Pour Zlabya. Pour ne pas « être deux ». Des années plus tard, le chat se mit à parler. Un événement hors du commun qui questionna le rabbin sur sa foi, ses croyances, autant qu’il joua un rôle dans le désir de liberté et d’indépendance de la jeune Zlabya. Nous suivons Zlabya dans une aventure située entre le tome 1 et 2.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

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Page 9

Le Malka des Lions raconte à des enfants incrédules l’histoire du chat du rabbin. Comme preuve il leur présente la longue tresse coupée de Zlabya, puis raconte l’histoire du jour où, se sentant incomprise, elle avait fugué de la maison et s’est fait passé pour un homme afin de pouvoir sortir avec sa copine Oreillette sans se faire emmerder par les hommes. Une fable féministe où Sfar ne manque pas, comme toujours, d’écorcher la religion (particulièrement la sienne, le judaïsme) au passage. Il discours sur l’absurdité de la religion et sur la névrose du juif, qui étouffe car il se sent pris entre les règles religieuses qui interdisent trop de choses et l’étrange hostilité du monde (l’antisémitisme). Si la situation est oppressante pour le juif Maghrébins, elle l’est d’autant plus pour la femme juive…

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Page 10

J’avais peur que le chat du rabbin n’ait plus rien à dire mais, rassurez-vous, Sfar a plus d’un tour dans son sac. Grâce à un judicieux retour en arrière le félin philosophe retrouve toute sa verve. Il récapitule d’abord l’histoire du chat, et donc l’album est un peu lent à partir, mais dès la page quarante-six c’est le début du véritable récit. J’aime bien l’écriture de Sfar qui aborde des sujets difficiles avec humour. Il y a toujours quelques bon gags dans ses albums. J’adore l’épisode où, tant bien que mal, le rabbin essai de donner son sermon à la synagogue et ses ouailles n’arrêtent pas de l’interrompre: “C’est vrai peut-être que les juifs c’est les meilleurs pour raconter les histoires juives. Mais raconter une histoire juive à des juifs, pardon, mais c’est la croix.” 

J’avais trouvé les derniers albums un peu décevants mais celui-ci nous offre à nouveau un récit fort, intéressant, intriguant et divertissant. Par contre, j’ai toujours des réserves quand au style de Sfar, caractérisé par les planches à six cases (il s’y tient les trois-quart de l’album), son dessin ondulant qui donne aux planches une apparence un peu brouillonne et criarde, de même que le texte des bulles parfois difficile à déchiffrer. Mais, bon, c’est son style: avec le temps on s’y habitue et ce n’est plus une distraction. Ses histoires sont suffisamment enrichissantes et amusantes pour qu’on lui pardonne cet écart.

Comme toujours (et même plus) c’est une excellente lecture. À lire absolument, surtout pour les amateurs de chats et de métaphysique! Et Sfar nous annonce déjà un dixième album intitulé “Retournez chez vous!”

Le chat du rabbin, 9: La Reine de Shabbat, par Joann Sfar. Paris: Dargaud (Coll. Poisson Pilote), octobre 2019. 76 pages. 22.5 x 29.8 cm, 15,00 € / $C 26.95, ISBN 978-2205-07950-0. Pour lectorat adolescent (12 ans et plus). stars-4-0

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© Dargaud 2019.

Voir aussi mes commentaires sur les volumes précédents:

chat-rabbin-tome-1-bar-mitsva chat-rabbin-2-malka-lions chat-rabbin-3-exode chat-rabbin-4-paradis-terrestre
chat-rabbin-5-jerusalem-d-afrique chat_du_rabbin_6-cov Chat_du_Rabbin-v7-cov ChatDuRabbin08-cov

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Dans l’abîme du temps (Gou Tanabe)

Dans_lAbime_du_temps-covCertaines choses devraient rester cachées pour l’éternité…

En 1935, au fin fond de l’Australie, le Pr Nathaniel Peaslee recherche avec frénésie les traces d’une civilisation inconnue. Il ne comprend pas pourquoi, mais il connaît ces lieux, comme si un autre avait implanté des souvenirs en lui. Il sait que quelque chose d’aussi mystérieux que terrifiant se tapit, là, dans les profondeurs du sable du désert…

Son monde a été chamboulé près de 30 ans plus tôt. À l’époque, il enseigne à la prestigieuse université de Miskatonic. Il mène une vie paisible, entouré de sa femme et de ses enfants… jusqu’au jour où il s’effondre en plein cours. À son réveil, personne ne le reconnaît. Il a toujours la même apparence, mais semble avoir perdu la raison ! Il parle un dialecte inconnu et se comporte comme un étranger. Pire, il se prend de passion pour les sciences occultes, allant même jusqu’à se plonger dans l’étude du Necronomicon, ouvrage maudit entre tous…

Gou Tanabe reprend la plume pour offrir une nouvelle adaptation d’un chef-d’œuvre de H. P. Lovecraft ! Dans l’abîme du temps est une référence de la science-fiction, combinant avec maestria deux de ses thèmes majeurs : le voyage dans le temps et le transfert de personnalité. Mais surtout, l’auteur y crée un vaste univers oppressant et fantastique, où l’homme n’est pas le seul à être terrifié par l’inconnu…

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

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Page 36

Dans l’abîme du temps (時を超える影  – ラヴクラフト傑作集 / Toki o koeru kage – ravukurafuto kessaku-shu / lit. “Ombres au fil du temps – chefs-d’œuvre de Lovecraft”) a d’abord été publié en feuilleton dans Comic Beam (avril à décembre 2018), un magazine mensuel de Enterbrain (Kadokawa), avant d’être compilé en deux volumes. Ce manga seinen adapte une longue nouvelle du maître de la littérature fantastique et d’horreur,  H.P. Lovecraft. Écrite entre novembre 1934 et février 1935, elle fut l’un des derniers textes à être publié du vivant de Lovecraft, en juin 1936 (dans Astounding Stories). La traduction française est paru chez Ki-oon. 

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Page 50

Gou TANABE a aussi adapté en manga plusieurs autres récits de Lovecraft: The Outsider (2007), The Hound and Other Stories (2014, publié en anglais chez Dark Horse et qui inclus “The Hound,” “The Temple,” et “The Nameless City”), The Colour Out of Space (2015), The Haunter of the Dark (2016), At the mountain of madness (2016-17, publié en anglais chez Dark Horse et en français chez Ki-oon, et dont j’ai déjà commenté le volume 1 et le volume 2) et The Call of Cthulhu (mai à novembre 2019). La prochaine adaptation de Lovecraft par TANABE, à paraître en mars chez Ki-oon, sera La couleur tombée du ciel [異世界の色彩 ラヴクラフト傑作集 / I sekai no shikisai – ravukurafuto kessaku-shū / lit. “Couleurs de différents mondes – Chefs-d’œuvre de Lovecraft”]. Ce récit de Lovecraft vient d’ailleurs d’être adapté au cinéma par Richard Stanley.

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Page 333

Comme j’ai déjà commenté tant la nouvelle de Lovecraft elle-même que l’adaptation en bande dessinée par I.N.J. Culbard (chez Akileos), je ne m’attarderai donc pas sur l’histoire. Ce texte est considéré comme un des récits les plus accompli de Lovecraft, quoi que personnellement je lui préfère Les Montagnes hallucinées, auquel il fait suite en quelque sorte. Ces deux textes forment le coeur du mythe des Grands Anciens de Lovecraft. 

L’adaptation qu’en fait Tanabe est fidèle et excellente. Le récit est fluide et captivant. Toutefois, ce qui rends cet ouvrage tout à fait indispensable c’est sa qualité graphique. La qualité de l’objet, d’abord, car Ki-oon a mis un grand soin à produire un beau livre avec une couverture simili cuir semblable à celle de l’édition des Montagnes hallucinées (mais grise au lieu de brune). Cependant, ce qui ressort avant tout, c’est le travail d’illustration de Tanabe qui est absolument sublime. Il est difficile de faire un dessin sombre (avec beaucoup d’encre sur la page) où les détails restent précis. Dans son adaptation précédente, l’excès de détails donnait une impression confuse aux planches. Mais ce n’est pas le cas ici, car Tanabe se surpasse. Il réussi à visualiser de façon originale l’imaginaire de Lovecraft, ce qui est tout un exploit étant donné que celui-ci n’est pas toujours très précis dans ses descriptions.

Tanabe nous offre plusieurs illustrations double-page:

Dans l’abîme du temps offre donc une excellente lecture qui permet de découvrir cette oeuvre de Lovecraft d’une façon très agréable. Je recommande très chaudement.

Dans l’abîme du temps (Les chefs-D’Oeuvres de Lovecraft, 3), par Gou TANABE (dessin) et H.P. Lovecraft (histoire). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), septembre 2019. 368 p. 15 x 21 cm, 17 € / $C 31.95. ISBN 979-10-327-0489-9. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-4-0

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© Tanabe Gou 2018 & 2019

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Sherlock Holmes en bande dessinée (1)

La série des aventures du détective Sherlock Holmes constitue l’oeuvre la plus connue du prolifique auteur britannique Sir Arthur Conan Doyle — à qui l’on doit entre autre des romans historiques comme Les Exploits du brigadier Gérard (1896) ou de science-fiction comme Le Monde Perdu (1912). Le corpus de la série Sherlock Holmes, publié entre 1887 et 1930 et qui comprend quatre romans et six recueils (compilant cinquante-six nouvelles), a révolutionné le genre du roman policier. Il connu de nombreuses adaptations, principalement à la radio, au cinéma et à la télévision (dont la fameuse série mettant en vedette Jeremy Brett), mais aussi en dessins animés et en jeux vidéo. L’oeuvre a fait l’objet de nombreux pastiches ou hommages littéraires (dont La Maison de soie d’Anthony Horowitz) mais j’aimerais ici surtout souligner quelques adaptations des aventures du célèbre détective en bande dessinée.

Dans les adaptations canoniques du neuvième art, on retrouve principalement la série britannique écrite par Ian Edginton et illustrée par Ian Culbard qui a été publiée en anglais chez SelfMadeHero (2009-2011), puis traduite en français chez Akileos (2010-2011).

La vallée de la peur

ValleeDeLaPeur-cov“J’ai été dans la Vallée de la Peur…“

“Un – Danger…” Le message d’alerte décrypté par Sherlock Holmes arrive trop tard pour sauver John Douglas, du Manoir de Birlstone, dans le Sussex, un gentleman américain horriblement assassinée dans son bureau par un ou plusieurs personnages inconnues. Mais qui était John Douglas, pourquoi ne portait-il pas son alliance et quelle est la cruciale signification de l’haltère disparu?

“…je n’en suis pas encore sorti.“

[Texte de la couverture arrière]

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Page 3

Un message codé urgent que Holmes reçoit de la part d’un contact au sein de l’organisation de Moriarty l’averti qu’un certain Douglas, de Birlstone House, est en danger. Mais avant qu’il n’ait le temps de faire quoi que ce soit, Holmes reçoit la visite de l’inspecteur Macdonald qui vient lui demander s’il ne l’accompagnerait pas pour enquêter sur l’assassinat d’un Monsieur Douglas, du Manoir de Birlstone!

Holmes, Watson et Macdonald se rendent sur les lieux pour enquêter sur les circonstances du crime, en compagnie d’un inspecteur des forces de police locales, M. White Mason. Ils interrogent la femme de Douglas, les domestiques ainsi que son associé et ami, M. Cecil Barker. Puis Holmes essaie d’en apprendre plus sur la passé de la victime, qui était un américain devenu riche après avoir été prospecteur d’or en Californie. Il aurait subitement quitté les États-Unis pour l’Angleterre. Une sorte de société secrète semblait être à ses trousses pour l’assassiner. Holmes se lance ensuite dans son lot habituel de questions et de comportements bizarres, puis finalement révèle qui est le coupable. Les aveux de celui-ci finissent d’éclaircir le mystère…

La vallée de la peur, publié en 1915, est le quatrième et dernier roman de la série Sherlock Holmes. L’adaptation qu’en fait Edginton est excellente et demeure très proche du texte original. J’ai déjà mentionné le travail de Culbard (pour ses adaptations de H.P. Lovecraft). Son style sobre (à la fois très British mais influencé par la BD Franco-Belge) et son utilisation d’une palette de couleurs glauque se prête bien à l’atmosphère victorienne des aventures de Holmes. Cette bande dessinée est une très bonne lecture et offre un raccourci pratique pour ceux qui veulent découvrir Sherlock Holmes d’une façon succincte et agréable.

La vallée de la peur : une histoire illustrée de Sherlock Holmes (t.4), écrit par Arthur Conan Doyle, adapté par Ian Edginton et illustré par Ian Culbard. Talence: Akileos, avril 2011. 130 pages couleurs (122 planches), 16.5  x 24 cm, ISBN 978-2-35574-078-7.  Inclus quatre pages de croquis et dessins préparatoires. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© 2011 SelfMadeHero • Akileos pour la version française.

ValleyOfFear-BurbanksIl est impossible d’aborder La vallée de la peur sans mentionner l’adaptation en dessin animé Sherlock Holmes and The Valley of Fear réalisé pour la télévision australienne en 1983 par Burbank Films. Le film de 50 minutes a été produit par Tom Stacey et George Stephenson, adapté par Norma Green, animé sous la direction de Warwick Gilbert, et l’on note les voix de Peter O’Toole (Sherlock Holmes), Earle Cross (Dr. Watson) ainsi que Brian Adams, Colin Borgonon et Judy Nunn. Ce dessin animé faisait partie d’une série où Burbank Films avait adapté pour la télévision les quatre romans de Sherlock Holmes. L’animation est plutôt moyenne — quoique typique pour les années ’80 (loin de nos standards actuels) — mais l’adaptation est assez fidèle. On en trouve encore une version (d’assez mauvaise qualité) sur Youtube. [ IMDb ] stars-2-5

Le chien des Baskerville

ChienDesBaskerville-cov“Que signifie toute cette histoire, Holmes?”

Un bâton de marche noueux; une botte disparue; un portrait de famille négligé; un détenu criminel en cavale… et l’ancestrale malédiction d’un chien fantôme… Le grand détective Sherlock Holmes a besoin de toutes se forces de déduction “élémentaires”, ainsi que le soutien sans faille de son ami le Dr Watson, pour résoudre le terrifiant mystère de sa plus fameuse affaire…

”Il s’agit d’un meurtre, Watson…”

[Texte de la couverture arrière]

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Page 84


Le chien des Baskerville
est le troisième roman de Sherlock Holmes écrit par Doyle en 1902, après qu’il ait tué son personnage. C’est un récit où le duo de détectives célèbres doit résoudre plusieurs mystères: le meurtre d’un riche propriétaire terrien sur les landes du Devonshire, protéger son successeur d’une menace surnaturelle — qui s’avère bien réelle — lié à une malédiction qui afflige sa famille, ainsi que quelques autres intrigues périphériques (un prisonnier évadé, les comportements étranges des domestiques ou des voisins, etc.) plus ou moins reliés au cas.

C’est la première adaptation de Sherlock Holmes en bande dessinée par le duo Edginton/Culbard. L’adaptation est bien réussie car elle demeure assez fidèle au texte original tout en rendant la lecture agréable. L’ouvrage est complété par des croquis de travail où Culbard explique la genèse du design des personnages dont il exagère les traits tels que décrit dans le récit (ou dans d’autres histoires du canon de Sherlock Holmes) — dont le menton “proéminent et carré” de Holmes — ce qui les rends un peu caricatural. Il conservera plus ou moins ces designs pour les trois autres adaptations.

Comme dans le cas de La vallée de la peur, c’est une histoire intrigante et divertissante qui nous offre une très bonne lecture.

Le chien des Baskerville : une histoire illustrée de Sherlock Holmes (t.1), écrit par Arthur Conan Doyle, adapté par Ian Edginton et illustré par Ian Culbard. Talence: Akileos, juillet 2010. 138 pages couleurs (125 planches), 16.5  x 24 cm, ISBN 978-2-35574-068-8.  Inclus quatre pages de croquis et dessins préparatoires ainsi qu’un extrait de quatre pages de Une étude en rouge. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© 2009 SelfMadeHero • Akileos pour la version française.

Une étude en rouge

EtudeEnRouge-cov“Le fil rouge du meurtre se mêle à l’écheveau incolore de la vie…”

Le corps d’un homme mort est retrouvé dans une pièce maculée de sang… alors même qu’il n’y a aucune trace de blessure sur celui-ci. Un nom a été partiellement écrit en lettres de sang sur le mur. Une alliance de femme a été trouvée… La sensationnelle histoire que Sherlock Holmes suit à la trace, d’un immeuble miteux de Londres aux plaines sauvages de l’Ouest américain, offre un cas de jurisprudence à sa “science de déduction”… alors que pour son nouvel ami le Dr Watson, la plus grande énigme c’est Sherlock Holmes lui-même.

“Et il est de notre devoir de le révéler!”

[Texte de la couverture arrière]

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Page 68

Une étude en rouge est le premier roman de Sherlock Holmes d’abord publié dans le magazine Beeton’s Christmas Annual en novembre 1887, puis en volume l’année suivante. C’est le récit initial qui forme la genèse des personnages. Doyle introduit d’abord le Dr Watson qui revient blessé d’Afghanistan et arrive à Londres où il se cherche un logis. Un de ses subalternes, rencontré par hasard, l’introduit à Holmes avec qui il pourrait partagé un appartement. Stamford le décrit comme un chimiste aux idées bizarres dont les recherches désordonnées et fantasques lui ont permis d’amasser d’énorme connaissances! Le personage intrigue Watson et il découvre que ce qui intéresse surtout Holmes c’est la science de la déduction. Lorsqu’un nouveau cas se présente, une affaire de meurtre bizarre sur lequel les deux inspecteurs en charge — Gregson et Lestrade — lui demandent conseil, Holmes invite Watson à se joindre à l’enquête. Avec la méthodologie qui le rendra célèbre (observation, filature — parfois en utilisant les “irréguliers de Baker Street”, déduction d’une rigueur scientifique) Holmes a tôt fait de mettre la main sur le coupable. Ce dernier raconte alors son histoire: comment il échappe à la secte des Mormons en Utah, la mort de celle qui aime, la poursuite de ses enemies en fuite et sa vengeance. 

Doyle réutilisera souvent la même structure de narration (dans La vallée de la peur par exemple) et, même si il l’utilise ici pour la première fois, ayant lu les histoires dans le désordre, j’ai l’impression que ce récit manque d’originalité — d’autant plus que Doyle s’est fortement “inspiré” d’une nouvelle de R.L. Stevenson pour l’épisode sur les Mormons. Il me semble que cette histoire manque de mordant et qu’elle est un peu maladroite — ce qui est possible puisque c’est la première aventure de Sherlock Holmes — sans que je puisse vraiment mettre le doigt sur le problème… Toutefois, Edginton et Culbard font — quant à eux — un excellent travail d’adaptation, sur le même niveau que les deux précédentes. Le mystère et l’intrigue est bien rendu. Le style caricatural et la palette de couleurs glauques de Culbard expriment bien l’atmosphère victorienne du récit. Malgré une impression un peu décevante, Une étude en rouge reste donc une bonne lecture, à la fois intéressante et divertissante. Une bonne façon de découvrir sans trop de tracas l’oeuvre de Doyle.

Une étude en rouge : une histoire illustrée de Sherlock Holmes (t.2), écrit par Arthur Conan Doyle, adapté par Ian Edginton et illustré par Ian Culbard. Talence: Akileos, août 2010. 138 pages couleurs (127 planches), 16.5  x 24 cm, ISBN 978-2-35574-069-5.  Inclus deux pages de croquis et dessins préparatoires ainsi qu’un extrait de quatre pages pour Le signe des quatre. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-0

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© 2010 SelfMadeHero • Akileos pour la version française.

Le signe des quatre

SigneDesQuatre-cov“Pour l’amour de Dieu, de quoi s’agit-il?”

Quand Mlle Mary Morstan passe au 221B Baker Street, l’histoire “totalement inexplicable” qu’elle raconte chamboule le coeur du Dr John Watson, et sort son ami Sherlock Holmes de la léthargie dans laquelle il s’était plongé. Qui d’autre que le seul détective en consultation de Londres pourrait résoudre le mystère de l’officier de l’armée disparu, de l’unijambiste, de son complice aux pieds nus, du coffre au trésor disparu et du… “signe des quatre” ?

“Il s’agit d’un meurtre…”

[Texte de la couverture arrière]

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Page 63

Alors que l’absence de défis et “d’exaltation mentale” pousse Holmes vers les stimulants (une solution de sept pour cent de cocaïne), il passe le temps en démontrant à Watson son talent de déduction (en utilisant sa montre) et parle de ses recherches et publications. Le duo de détective est sauvé de l’ennui par la visite de Mlle Morstan qui leur expose un mystère (depuis la disparition mystérieuse de son père elle reçoit chaque année une perle par la poste) et demande leur aide. Holmes résout une partie du mystère mais cela les mène vers le cas d’un meurtre en chambre close et du vol d’un trésor. Le coupable est vite identifié (un homme avec une jambe de bois et un complice de petite taille qui va pied nu) et, avec ses techniques habituelles (déguisement et surveillance à l’aide des “irréguliers” de Baker Street), Holmes ne tarde pas à lui mettre le main au collet. Celui-ci comble les dernières lacunes du cas en racontant son histoire et ses motivations. Le Dr Watson, impressionné par Mlle Morstan, lui demande sa main en mariage! 

Le signe des quatre est le second roman de Sherlock Holmes écrit par Doyle en février 1889 sur une commande de Joseph Stoddart, directeur de la revue américaine Lippincott’s Monthly Magazine, suivant un dîner littéraire où Stoddart avait rencontré Doyle et Oscar Wilde (ce dernier écrira Le Portrait de Dorian Gray pour le même magazine). Le récit sera réédité en volume en octobre 1890. C’est un excellent récit d’aventure qui comporte certes quelques incohérences (il a été écrit à la hâte en moins d’un mois) mais nous offre beaucoup d’action en peu de pages ainsi qu’une narration plus linéaire que le récit précédent. Doyle est plus intéressé à écrire des récits historique et considère ses romans policier plus comme de la littérature “alimentaire” et c’est pourquoi il décide, pour sauver du temps, de simplement réutiliser les personnages d’Une étude en rouge… Ce sera le début d’une série dont la popularité forcera Doyle à la continuer bien malgré lui.

L’adaptation qu’en font Edginton et Culbard est très bonne tant sur le plan du récit qui reste très fidèle à l’original que sur le plan graphique. Le travail d’illustration de Culbard est à la hauteur des autres volumes de la série. C’est sans aucun doute l’un de mes épisodes favoris de cette série (avec La vallée de la peur). Comme pour le reste de la série, c’est donc une bonne lecture, à la fois intéressante et divertissante qui nous offre une façon de découvrir aisément l’oeuvre de Doyle.

Le signe des quatre : une histoire illustrée de Sherlock Holmes (t.3), écrit par Arthur Conan Doyle, adapté par Ian Edginton et illustré par Ian Culbard. Talence: Akileos, janvier 2011. 130 pages couleurs (122 planches), 16.5  x 24 cm, ISBN 978-2-35574-074-9.  Inclus un extrait de quatre pages pour La vallée de la peur. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© 2010 SelfMadeHero • 2011 Akileos pour la version française.

SherlockHolmesIntégrale-covL’adaptation de Edginton & Culbard n’est plus disponible en volume individuel mais il existe maintenant une compilation qui regroupe les quatre romans: 

Les Aventures illustrées de Sherlock Holmes (L’Intégrale), écrit par Arthur Conan Doyle, adapté par Ian Edginton et illustré par Ian Culbard. Talence: Akileos, novembre 2015. 536 pages, 16.5 × 24.1 cm, 29,50€ / $C 55.95. ISBN 978-2-35574-232-3. Pour un lectorat adolescent (14+). Voir la couverture arrière.

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La nuit des temps

LaNuitDesTemps-cov“L’Antarctique. À la tête d’une mission scientifique française, le professeur Simon fore la glace depuis ce qui semble une éternité. Dans le grand désert blanc, il n’y a rien, juste le froid, le vent, le silence. Jusqu’à ce son, très faible. À plus de 900 mètres sous la glace, quelque chose appelle. Dans l’euphorie générale, une expédition vers le centre de la Terre se met en place.

Un roman universel devenu un classique de la littérature mêlant aventure, histoire d’amour et chronique scientifique.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Une expédition scientifique en Antarctique qui découvre sous la glace des ruines et un artefact remontant à la nuit des temps — ce qui semble une impossibilité (une civilisation humaine avancée datant de 900,000 ans!) —pourrait constituer les prémices d’une nouvelle de H.P. Lovecraft. Et pourtant, Barjavel en a fait une double histoire d’amour au-delà du temps. Une sorte de drame shakespearien, à la Roméo et Juliette, ou similaire au mythe médiéval de Tristan et Iseut. Une histoire d’amour qui ultimement exprime un esprit de révolte bien de son époque, puisque le livre a été écrit en 1968 — mais bien avant que les manifestations étudiantes ne commencent, ce qui en fait un peu un ouvrage prophétique…

>> Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs <<

Le roman fait le récit d’une mission de relevé géologique française en Antarctique qui sonde le sol sous-glacière à l’aide de radar et qui découvre une anomalie qui s’apparente à des ruines. Sous 980 mètres de glace, il y avait là quelques choses qui dormait depuis 900,000 ans et qui émettait un signal en ultra-son! L’histoire nous est racontée du point de vue de Simon, le docteur et le chef de mission. Il se rend à Paris pour faire son rapport au chef des Expéditions Polaires Françaises. On décide de révéler la découverte et l’UNESCO organise une Expéditions Polaire Internationale qui construit une base sur le site (doté d’un ordinateur qui traduit toutes les conversations en dix-sept langues) et entreprend de forer un puit dans la glace vers le sol antarctique d’où provenait le signal. 

À dix-sept mètres sous-terre, on découvre une sphère en or de presque trente mètres de diamètre! Celle-ci s’avère creuse et contient une construction ovoïde où l’on découvre, allongé sur deux socles d’or, les corps nus d’un homme et d’une femme, congelés dans le zéro absolu. La femme est d’une extraordinaire beauté. On décide de tenter de la réanimer en premier. Avec succès. Il faut cependant beaucoup de temps avant que la machine-traductrice réussisse à percer le mystère de la langue de la jeune femme et que l’on puisse finalement communiquer avec elle. Son nom est Eléa. Elle leur raconte et leur montre (à l’aide d’un appareil qui lui permet de projeter ses pensées et souvenirs) son histoire. Elle vient d’un monde très avancé technologiquement mais déchiré par la guerre. Une guerre sans merci qui oppose le peuple de Gondawa (l’Antarctique) et de Enisoraï (les deux Amériques incluant un vaste continent disparu qui occupait la majorité de l’océan Atlantique). La sphère contient le secret de toute la science et la technologie Gondawa: de quoi créer de l’énergie à l’infini, de la nourriture à partir de rien (de simple atomes), de quoi mettre fin à la pauvreté, à la famine, à toute les iniquités sur la planète…

Eléa leur décrit sa société, son amour pour son conjoint Païkan, et le fait qu’elle a été choisi pour accompagner le savant Coban dans l’Abris, la sphère, conçu pour résister à tout, même à la fin du monde, dans le cas où Gondawa utiliserait en dernier recourt l’Arme Solaire, une sorte de bombe à fusion… Apparement ce fut le cas: Enisoraï a été anéanti dans un choc si violent que la planète entière a été secoué et a pivoté sur son axe, détruisant les deux civilisations, et presque toute vie sur terre. Et Eléa se réveille, presqu’un million d’années plus tard, alors que tout ce qu’elle a connu — et aimé — n’est plus… Mais Simon l’aime. Toutefois ce n’est pas assez pour empêcher la tragédie…

>> Fin de l’avertissement <<

J’ai lu ce roman pour la première fois quand j’étais adolescent ou jeune adulte (je ne me souviens plus). Je l’avais dans ma bibliothèque mais ne le trouve plus (j’ai dû le prêter à quelqu’un et en perdre la trace) alors il a fallut l’emprunter à la bibliothèque pour le relire. J’ai longtemps considéré que c’était le meilleurs roman de science-fiction française que j’ai lu. Évidemment, avec le recul des années, je me rends compte de ce n’est pas si génial que cela mais c’est tout de même une très bonne lecture. Ce roman nous offre une belle histoire, pas trop compliquée — mais tout de même avec ses surprises et rebondissements — et une narration plutôt simple, qui fait que le roman se lit très bien.

Quand on s’arrête pour y penser, La nuit des temps a de nombreux défauts. Le narrateur (et par extension, j’imagine, l’auteur) a une attitude très sexiste (les femmes sont belles et les hommes intelligents) et raciste (les savants asiatiques sont des “jaunes” et les gens à la peau noire sont les descendants des martiens!). Et même si le roman est maintenant considéré comme un classique de la littérature d’anticipation, il faut avouer que plusieurs éléments de l’histoire nous apparaissent comme plutôt cliché. Pire que cela, Barjavel a été accusé de plagiat car son roman comporte des similitudes embarrassantes avec celui de l’Australien Erle Cox, Out of the Silence (tr. La Sphère d’or), qui a été publié en feuilletons en 1919, puis éditer en 1925. (J’ai l’intension de faire moi-même la comparaison entre les deux romans éventuellement).

Malgré ses défauts, La nuit des temps reste un très bon roman qui m’a fortement marqué et que je recommande chaudement à tous.

La nuit des temps, par René Barjavel. Paris: Presse de la Cité (Coll. Pocket, #812), avril 2018. 416 pages, 10.8 x 17.7 cm, 7.50 € / $C 13.95. ISBN 978-2-266-23091-9. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Presse de la Cité, 1968.

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Entrevue capsule: Jonathan Reynolds

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Voici la seconde des trois entrevues-capsules que j’ai réalisé avec des auteurs de SFFQ au Salon du Livre de Montréal en novembre 2019. 

Les entrevues-capsules sont de mini-entrevues avec des auteurs (surtout de science-fiction) de chez nous. Le principe de ces entrevue est de s’en tenir à deux ou trois questions de base (qui êtes-vous, que faites-vous, etc.) et que l’entrevue ne dure pas plus que deux à cinq minutes. Cela doit être compacte et bien se digérer!

Jonathan Reynolds est un prolifique jeune auteur qui se spécialise surtout dans la littérature d’horreur québécoise. Il a co-fondé la maison d’édition Les Six Brumes en 2001, a publié de nombreux livres (particulièrement aux Éditions Z’ailées) et est coordonateur de la revue Solaris depuis le numéro 195 en 2015 (j’ai déjà commenté par le passé sur ce magazine fondamental de la SFFQ). Les Éditions Alire publierons son roman fantastique Abîmes au printemps 2020. Vous pouvez en apprendre plus sur lui en consultant son blogue ou son site d’auteur

( video aussi disponible sur Vimeo )

Entrevues à venir: avec Yves Meynard (Chrysanthe 2. Le Prince rebelle).

Autres entrevues-capsules disponibles: Catherine Sylvestre/Francine Pelletier et Sébastien Chartrand.

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Capsules

Kébek t.1: L’Éternité

Kebek-t1-lEternite-covUn récit de science-fiction situé dans la province [sic] de Eeyou Istchee Baie-James, région des Monts Otish, au Québec.

Mine de diamant de « La grande Ourse ». Fin d’été. Une secousse fait trembler la terre, suivie d’un effondrement de terrain dans un secteur proche de l’exploitation. Roy Koks, le responsable de la prospection et la géologue Natane se précipitent pour examiner la nature des dégâts. Une grande partie de la colline s’est effondrée dans un glissement de terrain sans doute dû aux pluies incessantes qui se sont abattues sur la région depuis des semaines. En recherchant les causes de l’accident, les prospecteurs vont découvrir une faille qui donne accès à une cavité souterraine. Au centre de cette cavité, un gigantesque bloc de rocher parfaitement sphérique…

[Texte du site de l’éditeur; voir la couverture arrière]

J’ai souvent parlé de Philippe Gauckler, qui est un auteur que je lis depuis pas mal de temps. J’ai d’abord fait un topo sur le début de sa carrière et commenté sa série Karen Springwell (Convoi). J’ai plus récemment renoué avec son oeuvre en lisant les quatre tomes de Prince Lao et les trois tomes de Koralovski. J’avais lu sur Facebook qu’il travaillait à un nouvel album et j’espérais une suite à Koralovski mais j’ai découvert en juillet, dans le #135 de dBD, qu’il avait plutôt choisi de s’attaquer à son vieux projet d’adaptation en bande dessinée du roman de René Barjavel, La nuit des temps. 

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Page 3

Je me souviens d’avoir lu dans l’introduction de Blue (Métal Hurlant #107 (jan. 1985): p. 42) que la première fois qu’il aborda Moebius et Jean-Pierre Dionnet, il leur avait montré quatorze planches de son adaptation du roman de Barjavel. “Trop long”, s’était exclamé Dionnet, “travaille sur une histoire courte, et passe me voir à Paris.” Assez rapidement par la suite, MH le mis en contact avec Charles Imbert (avec lequel Gauckler produira Suicide Commando [1983] et Duel [1984]) puis avec Joël Houssin (pour Blue [1985] et Phantom [1987], que je commenterai d’ailleurs prochainement). Il collaborera une fois encore avec un scénariste, Thierry Smolderen (pour Convoi en 1990-95), avant de se mettre à écrire ses propres histoires (Prince Lao en 2006-09 et Koralovski en 2015-16). Tout ce temps-là, l’idée d’adapter La nuit des temps est resté dans un tiroir. Je suis fort heureux qu’il ait finalement trouvé un éditeur intéressé au projet, car j’ai toujours beaucoup aimé ce roman de Barjavel que j’avais lu adolescent. 

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Page 6

C’est donc un Philippe Gauckler beaucoup plus expérimenté et maître de son art qui se remet sur l’adaptation. J’imagine que le scénario actuel est probablement assez différent du concept que Gauckler avait développé dans sa jeunesse. Dans une interview avec le magazine dBD (dans le #135), il admet volontiers que c’est une adaptation libre (et non textuelle) du roman de Barjavel. Il s’est même aussi inspiré du roman La sphère d’or de Erle Cox (qui avait lui-même probablement influencé Barjavel). De plus, il adopte une nouvelle technique en dessinant en couleurs directes sur papier (par opposition à travailler d’abord à l’encre et de mettre en couleurs dans un second temps) — ce qui fait sans doute de plus belles planches à exposer et vendre à la galerie Daniel Maghen…). Il semble que le récit ne sera constitué que de deux tomes, dont le second paraîtra en 2020. Le bon côté de cette nouvelle est que les lecteurs n’auront pas trop à attendre avant de lire la suite de cet album. Par contre, comme le récit jusqu’à maintenant n’a fait qu’introduire l’histoire (le premier tier du roman), je me demande bien comment Gauckler réussira à nous raconter la suite en seulement un autre tome (même de quatre-vingt pages)…

> Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs <<

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Page 7

Roy Koks, ex-hockeyeur professionnel autrefois surnommé “Kébek” et maintenant responsable de la prospection à la mine de diamant “La Grande Ourse” dans la région Eeyou Istchee Baie-James dans le Nord-du-Québec, fait sa déposition à son avocat alors que leur véhicule se dirige avec empressement vers l’aéroport. Il relate les événements qui entourent la découverte. Un tremblement de terre dans le “claim” des Trois Castors a causé un effondrement et une crevasse qui mena les prospecteurs à l’artefact: une sphère parfaite en carbonado (diamant noir). Les études préliminaires démontrent que ce type de matériau ne peut s’être formé que dans l’espace et que la sphère est creuse, contenant une autre sphère, séparée de la première par un liquide ou un gaz. La compagnie minière décide donc de rendre la découverte publique. Un comité scientifique international est alors créé pour étudier et analyser la sphère. 

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Page 8

Roy s’inquiète de la réaction de la communauté autochtone, membre de la Première Nation des Cris, qui considère que la terre (tant le sol que le sous-sol) est un bien commun qui doit être préservé. Sa copine, la géologue Natane (elle même une Crie), découvre dans une caverne adjacentes des pétroglyphes anciens représentant la sphère et qui dateraient de 400,000 ans! Roy fait des rêves étranges: une femme sans visage qui flotte dans l’eau. Un premier forage permet de confirmer que l’espace intercalaire de la sphère contient de l’eau — mais qui a des propriétés physiques bizarres. Quatre mois plus tard, on termine la découpe d’une ouverture sur le dessus de la sphère et Roy peut tenter d’y descendre en scaphandre. Un incident met sa vie en danger mais il réussi tout de même à apercevoir une sorte de sas et deux cocons. Il devient évident que la sphère tente de communiquer. Puis, subitement, la sphère expulse l’eau et les cocons. L’un d’eux semble endommagé et l’on tente de l’ouvrir, révélant un secret qui remet en question toute notre vision du Monde… 

Tout au long de l’album, Roy continue son récit à l’avocat. Toutefois la mauvaise météo les oblige à rediriger leur convoi de l’aéroport vers la prison de Bordeaux. La ville semble être la proie de violentes confrontations. “Des gangs” auraient pris le contrôle mais la nature du conflit reste (pour le lecteur) mystérieuse: il y a des snipers et des protestants lancent des cocktails molotov qui font du feu bleu! Un des véhicules du convoi saute sur une mine et Roy, alors qu’il tente de sauver les occupants, est gravement brûlé par les étranges flammes…

>> Fin de l’avertissement <<

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Page 9

Une expédition scientifique qui découvre un artefact remontant à la nuit des temps et qui semble une impossibilité pourrait constituer les prémices d’une nouvelle de Lovecraft. Et pourtant, Barjavel en a fait une double histoire d’amour au-delà du temps. Dans les grandes lignes, Gauckler respecte assez bien le récit de Barjavel: les deux ouvrages débutent même de façon très similaire, avec une lettre d’amour. Il y a quelques différences mineures: Simon est médecin et Roy est prospecteur; Simon est célibataire alors que Roy a une relation avec Natane, etc. Par contre, on retrouve deux différences importantes: d’une part, la sphère n’est pas en or mais en diamant; d’autre part, Gauckler déplace le cadre du récit de l’Antarctique vers le nord du Québec. Cela fait beaucoup de sens puisque l’Antarctique est un milieu un peu stérile pour développer un récit moderne, riche en intrigues socio-politiques (quoi que le récit de Barjavel se tramait tout de même sur un fond de guerre froide et de conflit nord/sud). L’idée d’y inclure les revendications autochtones est fort intéressante. Finalement, il n’y a pas tant de différences que cela et celles qu’on y retrouve étaient attendues (comme des éléments scientifiques plus à jour) ou nécessaires pour la fluidité du récit dans le cadre d’un medium graphique. Ce sont là, après tout, les prérogatives d’une adaptation… qui est somme toute assez bien réussie.

On devine derrière le travail de Gauckler beaucoup de recherches et de repérages, ce qui donne au récit un aspect véridique ou tout au moins vraisemblable: le décor montréalais, la géographie et le patois local, les moeurs autochtones, la rigueur scientifique, etc. Si la région de Eeyou Istchee est surtout connue pour ses gisements d’uranium, on retrouve en effet des mines de diamants dans le nord du Québec (dont la Mine Renard (Stornoway Diamonds) dans les monts Otish près du lac Kaakus Kaanipaahaapisk, 250 km au nord de la communauté crie de Mistissini; d’autre cheminées [dykes] de kimberlite ont également été découvertes au complexe Lynx-Hibou — malheureusement ces projets sont pour l’instant déficitaires). Le nom de la mine “La Grande Ourse” est sans doute inspiré par la rivière La Grande (et possiblement aussi la constellation) mais ne peut manquer d’évoquer pour moi le nom de la série télévisée du même nom ! Le seul élément qui m’embête et que je trouve peu vraisemblable est le fait que les protestations aient dégénéré au point que les rue de Montréal ressemble à la Syrie de Bachar el-Assad ou à Beyrouth pendant la guerre civile ! L’armement nécessaire pour créer ce type de dégâts n’y est simplement pas disponible — mais, bon, la suite du récit offrira peut-être des explications satisfaisantes…

Je n’ai vraiment pas trop à me plaindre puisque cette bande dessinée offre un de mes romans préférés adapté par un artiste que j’admire beaucoup! Le récit est complexe, captivant et bien rythmé alors que la qualité du dessin est tout simplement superbe (on a même droit à trois illustrations double-page!). Le style réaliste de Gauckler a définitivement mûri — l’utilisation de la couleur bleue pour inspirer une atmosphère froide et mystérieuse est bien réussie. Toutefois, si je voulais être tatillon, je dirais que le lettrage script adopté pour la narration de Roy est un peu difficile à lire, mais c’est un détail insignifiant. Pour le reste, c’est beau, c’est très bon et intelligent tout en restant divertissant, alors que demander de plus sinon que de pouvoir lire la suite très bientôt! Kébek t.1: L’Éternité est donc un très bon thriller d’anticipation (et j’oserais peut-être même dire excellent — mais je réserve mon jugement final tant que je n’ai pas lu la conclusion). Néanmoins, à lire absolument ! 

Kebek T.1: L’Éternité par Philippe Gauckler. Paris: Éditions Daniel Maghen, août 2019. 96 pages couleurs (84 planches), 24.5  x 32.5 cm, 19€ / $C 37.95, ISBN 978-2-35674-074-8.  Inclus huit pages de croquis et dessins préparatoires. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5 ou stars-4-0

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© 2019 DM.

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Dans l’abîme du temps

PdF5-juin76“Les quatre récits qui composent ce recueil sont moins des nouvelles au sens du terme que de nouvelles vues sur le monde extraordinaire et terrifiant créé par Lovecraft. L’Humanité y est aux prises avec les êtres surnaturels, maîtres de la terre avant l’arrivée des hommes, qui tendent de recouvrer leur suprématie perdue. Faisant appel aux images, aux mythes, aux récits de toutes les traditions, Lovecraft compose des philtres qui n’ont pas cessé depuis trente-cinq ans de bouleverser les esprits.”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

En quatre nouvelles, ce recueil nous offre la quintessence du mythe des Grands Anciens de H.P. Lovecraft.

Dans l’abîme du temps” (The shadow out of time, 66 pages, publié en juin 1936 dans Astounding Stories) raconte l’étrange expérience d’un professeur d’économie politique à l’université Miskatonic, Nathaniel Peaslee, qui après un malaise lors d’un cours se réveille cinq ans plus tard avec aucun souvenirs de ce qu’il a fait durant cette période. Pendant près de quinze ans il tente de retracer ce qui lui est arrivé en interrogeant ses proches sur son comportement. Il apprend qu’il a voyagé autour du monde et fait de nombreuses recherches dans des bibliothèques et des universités. Aussi, toutes les nuits, il fait des rêves étranges qui semble être des bribes de mémoires qui lui permettent avec le temps de reconstituer ce qui lui est arrivé. Son esprit aurait été substitué avec celui d’un être venu d’un passé pré-humain. La Grande Race des Yith utilise ainsi ce subterfuge pour voyager dans le temps et collecter de l’information sur toutes les civilisations tant du passé que du futur. Pendant qu’un Yith était dans son corps à collecter de l’information sur notre civilisation, Peaslee était dans le corps du Yith à leur enseigner ce qu’il savait et à apprendre sur les civilisations ayant habitées ou envahis la Terre à un moment ou l’autre (les fameux Grands Anciens). 

Cette explication est toutefois trop extraordinaire pour être vraisemblable. En étudiant la psychologie, il se convainc que les mythes qu’il a étudié durant son amnésie refont surface au travers de ses rêves alors que son cerveau tente de colmater les lacunes de sa mémoire. Quelques années plus tard, un prospecteur Australien qui a entendu parlé de ses recherches, lui fait part d’une découverte dans le désert. Une expédition est rapidement organisé pour fouiller un site qui semble être la cité où il a vécu dans ses rêves. Il y fait une découverte qui le terrifie et tente de convaincre les membres de l’expédition d’arrêter les fouilles car il ne faut pas réveiller l’horreur qui dors dans les profondeurs… 

Un récit fort intéressant qui a été adapté en bande dessinée par I.N.J. Culbard chez Akileos (voir mon commentaire) et en manga par Gou Tanabe chez Ki-oon (commentaire à venir imminament). stars-3-0

La maison de la sorcière” (The dreams of the witch-house, 36 pages, publié en juin 1933 dans Weird Tales) nous raconte le sort tragique de Walter Gilman, de l’université d’Arkham, qui étudie le lien possible entre les mathématiques et le folklore, particulièrement en relation avec une sorcière de Salem, Keziah Mason. Elle aurait eut l’habilité de se déplacer à travers les dimensions (le phénomène décrit s’apparente étrangement à un “wormhole”). Il s’installe donc dans la maison multi-centenaire de la sorcière à la recherche d’indices et d’inspiration. Chaque nuit il fait des rêves étranges, où il aperçoit la sorcière et son familier, et il lui semble qu’il se rapproche peu à peu de son objectif. Il réalisera trop tard qu’il s’est impliqué dans un culte démoniaque voué à Nyarlathotep. Avec ce récit, Lovecraft crée un lien intéressant entre les cultes sataniques et sa propre mythologie. Cette nouvelle a été adapté pour la télévision dans un épisode (S01E02) de la série Master of Horror. stars-2-5

L’appel de Cthulhu” (The call of Cthulhu, 32 pages, publié en février 1928 dans Weird Tales) retrace l’enquête menée par l’anthropologue Francis Wayland Thurston après avoir découvert dans les affaires de son grand-oncle George Gammell Angell, un professeur de langues sémitiques, un étrange bas-relief et un manuscrit relatant différents événements étranges s’étant tous déroulés entre le 28 février et le 2 avril 1925. Dans un premier cas, un jeune sculpteur de Providence nommé Henry Wilcox fut épris d’une fièvre et d’un délire durant lequel il créa un bas-relief représentant des hiéroglyphes mystérieux et une figure humanoïde dont “la tête pulpeuse entourée de tentacules surmontait un corps écailleux et grotesque muni d’ailes rudimentaires.” Wilcox vint voir Angell dans l’espoir qu’il puisse identifier l’origine de sa vision mais sans succès. 

Toutefois le récit du sculpteur rappela à Angell un événement similaire dont il prit connaissance lorsqu’un inspecteur de police de la Nouvelle-Orléans, John Legrasse, se présenta en 1908 à une réunion de la Société américaine d’archéologie tenue à Saint-Louis (MO) afin de faire identifier une idole mystérieuse. Elle représentait un monstre anthropoïde accroupie sur un piédestal, sa tête était couverte de tentacules, le corps évoquait celui d’un phoque, les quatre membres étaient pourvues de griffes formidables et il possédait de longues ailes minces sur le dos. L’idole avait été confisqué à une secte vaudou pratiquant des rituels sacrificiels dans des marécages au sud de la Nouvelle-Orléans. Le professeur Webb se rappela avoir entendu parlé d’un culte similaire au Groenland. Ce culte adorait Cthulhu et les Grands Anciens, venus des étoiles, qui ne mourraient jamais mais dormaient dans la cité engloutie de R’lyeh. Ils communiquaient avec les hommes dans leurs rêves en attendant le jour où, lorsque les étoiles seraient propices, ils s’éveilleraient de leur tombeau de pierre et règneraient à nouveau sur la terre.

Alors qu’il tente de confirmer les recherches de son grand-oncle, Thurston tombe sur un article de journal australien mentionnant une idole bizarre découverte sur l’épave d’un yacht en Nouvelle-Zélande en avril 1925! Thurston se rends à Auckland, puis à Sydney et finalement Oslo pour retracer le marin norvégien, Johanson, seul survivant. Il apprends que celui-ci est décédé mais réussi à prendre possession du manuscrit où Johanson relate son aventure et qui s’avère la clé de tout le mystère. Un tremblement de terre avait fait ressurgir la cité de R’lyeh, permettant à Cthulhu d’envahir les rêves à nouveau. Les matelots abordèrent l’île et libérèrent l’abomination. Toutefois, heureusement, la vivacité d’esprit de Johanson avait permis de le replonger dans son sommeil. Mais pour combien de temps encore?

Ce récit court, est plutôt intéressant mais est surtout très emblématique du mythe de Cthulhu. stars-3-5

Les montagnes hallucinées” (At the mountains of madness, 79 pages, a été publié dans les numéros de février, mars et avril  1936 de Astounding Stories) relate une expédition scientifique en Antarctique. Dans une caverne on découvre les restes de créatures incomparables — qui leur rappel un peu la description que le Necronomicon faisait des Grands Anciens! Mais pendant une tempête, un des camps est anéanti, les échantillons de créatures ont disparu et toutes l’équipe est massacré, sauf un membre, qui semble avoir fuit en traineau à chien. Le reste de l’expédition organise un groupe pour partir à sa recherche, avec espoir d’élucider le mystère. Loin à l’intérieur du continent, au-delà d’une chaine de montagne noire, ils découvrent et explorent une cité fantastique et antédiluvienne. C’est la cité des Grands Anciens, bâtie puis détruite par leurs esclaves révoltés, les “Shoggoths”. Rendue presque fou par l’horreur qui dors dans l’obscurité, ils décident de garder leur découverte secrète afin que l’humanité ne remette plus jamais les pieds dans ces lieux maudits. 

C’est sans aucun doute le plus captivant et le plus marquant des quatre récits. Il a lui aussi été adapté en bande dessiné par Culbard chez Akileos (voir mon commentaire) et en manga par Gou Tanabe chez Ki-oon (voir le commentaire des tomes premier et second). stars-4-0

Comme la plupart, j’ai lu Lovecraft quand j’étais adolescent ou jeune adulte. En général, ses textes constituent d’excellents examples du fantastique selon Todorov, où les événements peuvent avoir une explication tant rationnelle que surnaturelle… Si les récits de Lovecraft sont considérés comme des chef-d’oeuvres de la littérature je me rend compte, en les relisant maintenant, que ce n’est pas si bien écrit que ça. Lovecraft est le maître de la description vague, son point culminant étant le qualificatif “indicible”! Toutefois le texte véhicule un imaginaire si puissant qu’il a laissé sa marque indélébile dans les esprits de tout ses lecteurs et a eut une influence considérable sur les genres du fantastique et de l’horreur. C’est certes une lecture indispensable pour sa culture générale mais, si vous manquez de temps, je recommande plutôt de lire les excellentes adaptations en bande dessinées ou en manga dont j’ai déjà parlé.

Dans l’abîme du temps, par H.P. Lovecraft (Traduction de Jacques PAPY). Paris: Denoël (Coll. Présence du Futur, #5), juin 1976. 224 pages. [pas de ISBN] Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© Denoël & Agence APIA, Paris, 1954 • Arkham House.

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Revue de ‘zines [002.019.364]

Bon, c’est de temps de passer en revue, encore une fois, quelques périodiques consacrés à la BD et aux manga pour voir ce qui ce fait d’intéressant…

Animeland #228 (Sept.-Nov. 2019)

AL228Dans la section “Anime” de ce numéro, on note d’abord un dossier sur la SF dans l’anime (en six impacts: Astro Boy, Mazinger Z, Yamato, Gundam [avec un entretien avec Yoshiyuki Tomino], Evangelion et Haruhi Suzumiya), puis un article sur le dernier Makoto Shinkai: Tenki no ko / Weathering with you, sur les séries Demon Slayer, Vinland Saga, Given, Dr. Stone, Arifureta shogokyô de Sekai Saikyô, Kanata no Astra, et Ensemble Stars! On retrouve aussi des interviews avec Kiyotaka Oshiyama (Dennô Coil, Flip Flappers, Space Dandy) et Nobuyoshi Habara (co-créateur du studio Xebec), ainsi qu’un reportage sur Kyoto Animation.

Dans la section “Manga”, je remarque, entre autre, un dossier sur les trente ans de Glénat manga, le reportage sur “Comment éditer un manga 4: Communication, Presse et Marketing”, des chroniques sur Demon Slayer, Himizu, Valkyrie Apocalypse, Gigant, Chiisako Garden, Quand Takagi me taquine, un portrait de Junichi Nôjô (L’Empereur du Japon), des interviews avec Tsuyoshi Takaki (Black Torch, Heart Gear), Ryo Sumiyoshi (Centaures, MADK), Daiki Kobayashi (Ragna Crimson), Inio Asano (Bonne nuit punpun, Errance), Rie Aruga (Perfect World), et Suehiro Maruo (Dr Inugami, Vampyre, La chenille).

Comme d’habitude, un numéro riche en information. stars-3-0

dBD #138 (Novembre 2019)

dBD138Dans les actualités nous découvrons que Kurokawa lance la collection Kuro Savoir consacrés à l’adaptation pour adolescents (16+) de classiques littéraires. Cela rappel beaucoup ce que faisait Soleil Classique. La collection débute entre autre avec Le Capital de Karl Marx (par Iwashita Hiromi), Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche (par Ichiro et Aki) et Psychologie des foules de Gustave Le Bon (par Team Banmikas). On mentionne également que les éditions Ynnis ont publié un autre ouvrage de référence thématique: Hommage à Akira: Héritage de l’apocalypse par Stéphanie Chaptal.

À la une on retrouve une interview avec Jérôme Félix et Paul Gastine sur leur western Jusqu’au dernier (Éditions Bamboo, Coll. Grand Angle). Le magazine poursuit avec des interviews de Mathieu Kassovitz (cinéaste et acteur connu pour son adaptation de Cauchemar blanc de Moebius) sur l’influence qu’a eut Métal Hurlant sur son travail, avec Matz au sujet de son prequel à Transperceneige: Extinctions t.1 (avec Rochette chez Casterman) et sur le volume trois de Tango: À l’ombre du panama (avec Xavier chez Le Lombard), avec Jean-Claude Carrière et Jean-Marie Michaud sur leur volumineuse adaptation Le Mahâbhârata (chez les Éditions Hozhoni, 440 pages), avec Riff Reb’s pour l’adaptation de Jack London Le Vagabond des étoiles t.1 (chez Soleil, coll. Noctambule), avec Antoine Ozanam sur Klaw t.11: Coma (avec Jurion chez Le Lombard), et avec Flix sur Spirou à Berlin (chez Dupuis).

Dans le Cahier Critique je note Le Mahâbhârata par Carrière & Michaud chez Hozhoni (Top! “Après trois ans de travail acharné (…) le résultat est prodigieux”), la réédition de Kirihito par Osamu Tezuka chez Delcourt (Top! “Graphiquement (…) c’est plein d’expérimentation, tant dans l’expression des émotions que dans le découpages. Cela se lit d’une traite”), une BD sur Mishima, Ma mort est mon chef-d’oeuvre, par Li-An & Weber chez Vents d’Ouest (Super), Dans l’abîme du temps une autre superbe adaptation de Lovecraft par Gou Tanabe chez Ki-oon (Super, “Quelle ambiance oppressante (…) Ki-oon (…) a une nouvelle fois soigné à l’extrême la fabrication de son album”), L’Empereur du Japon t.1 par Eifuku, Hando, Shiba & Nojo chez Delcourt (Super, “Superbement dessiné”) et Une femme et la guerre où Yoko Kondô adapte deux nouvelles par Ango Sakaguchi chez Picquier (Top! “Une belle lecture à la gloire de la complexité humaine”). 

Un numéro riche en découvertes. stars-3-5

dBD #139 (Déc.-Janv. 2019/20)

dBD139Un numéro “double” (128 pages) où les actualités annoncent un manga de Persona 5 par Hisato Murasaki chez Mana Books et où la une nous offre un interview avec Philippe Druillet, Dimitri Avramoglou et Xavier Czaux-Zago sur Babel, un ambitieux remake de Lone Sloane chez Glénat. Ce numéro se poursuit avec des interviews de Christophe Blain au sujet de Blueberry t.1: Amertume apache (chez Dargaud, en collaboration avec Sfar), avec Balak et Bastien Vivès sur Lastman t.12 (chez Casterman), avec Juan Giménez sur sa série de La Caste des Méta-Barons (aux Humanoïdes Associés), avec Stéphane Levallois sur Léonard 2 Vinci (chez Le Louvre/Futuropolis), avec Minaverry sur Dora t.4: Amsel, Vogel, Hahn (chez L’Agrume) et Rebecca Rosen pour Morveuse (chez L’Employé du moi).

Au coeur de ce numéro on retrouve un spécial sur les cinq coups de coeur de fin de l’année qui offre des interviews avec des artistes dont l’oeuvre a été négligé par la rédaction: Jérémie Moreau pour Penss et les plis du monde (chez Delcourt), Alfred pour Senso (chez Delcourt), Georges Bess pour Dracula (chez Glénat), David Lopez pour Black Hand & Iron Head (chez Urban Comics), et Marc-Antoine Boidin & Jean-André Yerlès pour Legio Patria Nostra t.1: Le tambour (chez Glénat). Le numéro se conclu sur un article commémorant le soixantième anniversaire de la série Tanguy et Laverdure, qui avait débuté dans le premier numéro du magazine Pilote en 1959 sous la plume de Charlier et Uderzo et qui se poursuit avec un trente-troisième album, Retour aux Cigognes, par Zumbiehl, Buendia & Philippe (chez Dargaud).

Dans le Cahier Critique je note La fille de Vercingétorix par Ferri & Conrad chez Albert René (Super; cet album réponds à tous les critères qui font un bon Astérix mais les aventures des héros “n’ont plus la même saveur que quand nous étions adolescents. Pire nous ne sommes pas sûrs qu’après avoir refermé ce livre, nous penserons à le relire, contrairement aux premiers albums de la série”), Samurai 8 t.1 par Masashi Kishimoto & Akira Okubo chez Kana (Bien, “un air retrofuturiste inédit (…) mais la mise en scène ne suit pas (…) tout va trop vite (…) trop de digressions, trop de nouvelles intrigues parallèles (…) dommage car (…) l’univers créé par Kishimoto est, lui, vraiment intéressant”), Mon cancer couillon par Kazuyoshi Takeda chez Pika (Bien, manga autobiographique [Sayonara Tama-chan / lit. “Adieu mon petit testicule”] où l’ancien assistant de Hiroya Oku [Gantz] raconte sa lutte contre le cancer), ainsi que Natsuko no sake t.1 par Akira Oze chez Vega (Super, une histoire sur les coulisses du monde de la production de sake originalement publié en 1988, “belle histoire à l’ancienne (…) la narration est douce, le dessin de bonne facture”).

Des tonnes de suggestions de lectures pour les vacances et l’année à venir… stars-3-5

Animeland #229 (Déc. 2019 – Fév. 2020)

AL229Dans la section “Anime” de ce numéro, on note d’abord un dossier sur la tendance des éditeurs de manga à créer des nouvelles collections pour adultes qui traitent de sujets plus réfléchi et sérieux: comme la collection “Moonlight” chez Delcourt/Tonkam et la collection “Life” chez Kana. Puis on retrouve un autre dossier sur la série Chihayafuru (incluant un interview avec son directeur, Morio Asaka). S’ajoute des chroniques, entre autre, sur Weathering with You, Violet Evergarden, L’Habitant de l’infini, Beastars, No Guns Life, Hoshiai no Sora, Babylon, Cobra et un interview avec Tadayoshi Yamamuro (Dragon Ball).

Côté manga, on note dans les nouvelles parutions le premier volume de l’édition intégrale (pour le 90e anniversaire!) de Phénix: L’Oiseau de feu de Osamu Tezuka chez Delcourt/Tonkam dès le 8 janvier, Sengo [Areyo Hoshizuku] par Sansuke Yamada chez Casterman dès le 22 janvier (un manga gay situé dans l’après-guerre), L’Amant (d’après le roman de Marguerite Duras) par Kan Takahama chez Rue de Sèvre aussi le 22 janvier, ainsi que La couleur tombée du ciel une adaptation de Lovecraft par Gou Tanabe chez Ki-oon dès le 5 mars. On retrouve également un dossier sur les quinze ans de Ki-oon, de nombreuses chroniques sur Jujutsu Kaisen (Ki-oon), Shaman King (Kana), Asadora ! (de Naoki Urasawa!, chez Kana), Samurai 8 (Kana), Doppelgänger (Kazé), Aria (Ki-oon), The Quintessential Quintuplets (Pika), Elle ne rentre pas celle de mon mari (Lézard Noir), Zenkamono (Lézard Noir), En proie au silence (Akata), Libraire jusqu’à l’os (Soleil), Parasite / Neo-Parasite (Glénat), Un monde formidable (Kana), Inio Asano Anthology (Kana), La petite faiseuse de livres (Komikku), Dans le sens du vent (Soleil), Les liens du sang (Ki-oon), et My Pretty Policeman (Boys Love IDP). La section se conclue sur des interviews avec Takeshi Obata (Hikaru no go, Death Note, Bakuman, Platinum End), Taiyô Matsumoto (Amer Béton, Sunny), Ken Wakui (Tokyo Revengers) et Laura Negro (assistante d’édition chez Akata) ainsi que l’article “Comment éditer un manga 5 (dernière partie): Diffusion, Librairie et lecteurs…”

Comme toujours, un numéro riche en information et en découverte. stars-3-5

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Entrevue capsule: Sébastien Chartrand

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Tel que promis, voici la première des trois entrevues-capsules que j’ai réalisé avec des auteurs de SFFQ au Salon du Livre de Montréal en novembre 2019. 

Sébastien Chartrand est un jeune auteur à surveiller. Après sa trilogie du “Crépuscule des Arcanes” (L’Ensorceleuse de Pointe-Lévy, La Voyante des Trois-Rivières, et Le Sorcier de l’île d’Orléans), il passe de la fantasy historique à de la SF (une SF qui fait dans l’uchronie et le steampunk — ou plutôt de l’électropunk!) avec Geist: Les héritiers de Nikola Tesla, une des parutions de l’automne chez les Éditions Alire. (Sur son blogue vous pouvez faire une visite virtuelle de son bureau / cabinet de curiosité !)

( cette video est aussi disponible sur Vimeo )

Entrevues à venir: avec Jonathan Reynolds (auteur et coordonateur de la revue Solaris) et Yves Meynard (Chrysanthe 2. Le Prince rebelle).

Autres entrevues-capsules disponibles: Catherine Sylvestre / Francine Pelletier

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Capsules

Yoko Tsuno #29: Anges et faucons

YokoTsuno29-AngesEtFaucons-cov“Nous sommes à l’ombre de l’église de Cornstone, près d’Édimbourg, où Émilia et Bonnie viennent fleurir la tombe de la tante Gloria. Le Pasteur Macduff leur raconte la triste histoire de ces deux jeunes orphelins tués dans un accident de train alors que la voiture qui les transportait était immobilisée sur un passage à niveaux. Ils reposent dans “l’enclos des anges”, un lieu à l’écart et à l’abandon, où un ange veille sur eux. 

Étrangement, la statue, don d’un bienfaiteur anonyme, date de 1934, un an avant l’accident funeste. Bouleversée par cette tragédie, Émilia décide de demander à son arrière-grand-père (qui était vivant en 1935) de sauver la vie des deux enfants. Pour ce faire, une solution : utiliser la machine temporelle qui dort dans l’annexe. C’est ainsi qu’Émilia part pour 1935, laissant Bonnie désemparée. Cette dernière alerte Yoko qui part sur les traces de l’adolescente et qui tentera d’éviter la catastrophe ferroviaire…”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 3

Ce vingt-neuvième album de la série Yoko Tsuno a d’abord été prépublié dans le magazine hebdomadaire Spirou (du no 4239 [10 juillet 2019] au no 4246  [28 août 2019]) à raison de huit planches par numéro. Cet album nous offre deux récits distincts. Roger Leloup raconte dans son introduction à la prépublication (Spirou #4239: p. 4) qu’à quatre-vingt-six ans il n’est pas à l’abris de problème de santé et c’est pourquoi il a décider de “faire une histoire courte de façon que, s’il m’arrivait quelque chose, je puisse peut-être au moins finir le scénario…”

Dans le premier récit (de vingt-sept planches), Bonnie et Émilia vont au cimetière pour fleurir la tombe de leur tante Gloria. Le pasteur McDuff leur parle alors de l’enclos des anges, où deux jeunes enfants sont enterrés. L’histoire de ce jeune garçon et d’une fillette qui sont mort happé par un train à un passage à niveau en 1935 les intrigue. Grâce à la machine temporelle de Sir Archibald (l’arrière-grand-père d’Émilia), et avec l’aide de Yoko, ils vont tenter de sauver les enfants en remontant dans le temps!

Le deuxième récit (de trente-cinq planches) s’enchaîne sans heurt. Leloup raconte que “Yoko, à peine sortie du cimetière, reçoit un message du chef des services secrets britanniques pour lui proposer de raccompagner une princesse égyptienne dans sa tombe qui avait été pillée.” Évidemment tout cela cache un mystère plus tragique qui se décline comme une aventure “à la Agatha Christie.” Yoko et son équipe arrive à la Scottish Aircraft Company (SAC) où elle fait la rencontre de Sir Harold (mécène et propriétaire des lieux) et de sa pupille, Miss Dinah, pour qui elle effectuera la mission de rapatriement des momies (la princesse et sa servante) à bord du H.P. 42 Horus. Yoko et son entourage devront survivre à la mission tout en dénouant le mystère du meurtre de l’épouse de Sir Harold (dont le cadavre, selon Dinah, serait l’une des deux momies) et le complot d’une secte fantôme!

Dans son introduction, Roger Leloup révèle que si il a choisi d’installer le quartier général de Yoko au château de son amie Cécilia en Écosse, c’est que le lieu est très isolé ce qui permet à Yoko d’opérer en secret ses engins à la technologie très avancée. Il annonce également qu’il travaille déjà à la prochaine aventure de Yoko, qui devra faire face à un dilemme alors qu’elle se retrouve devant des humains robotisés!

Pour une fois, le récit est assez fluide (alors que souvent les aventures de Yoko me semblent un peu précipitées car Leloup tente de raconter son récit en trop peu de pages — on note que cet album est d’ailleurs plus long avec soixante-deux pages au lieu des quarante-six habituelles). Le fait qu’il y ait deux récit dans l’album est une bonne idée et nous offre une lecture plus satisfaisante. Toutefois, je note quelques maladresses ici et là: des tournures de phrases un peu bizarres et le fait que le dessin des personnages secondaires me semble parfois un peu bâclé (toutefois les arrière-plan — décors et équipements mécaniques — sont toujours impeccablement dessinés). Le style de Leloup a, bien sûr, beaucoup évolué depuis les premières aventures de Yoko, et il demeure très beau (pour un album jeunesse — et surtout pour l’oeuvre d’un artiste de quatre-vingt-six ans !).

Dans l’ensemble, Anges et Faucons, nous offre donc une bonne lecture, agréable et divertissante.

Yoko Tsuno 29: Anges et Faucons, scénario et dessin par Roger Leloup (mise en couleur par Studio Léonardo). Paris: Dupuis, septembre 2019. 64 pages (62 planches), 21.8 x 30 cm, 10.95 € / C$17.95 , ISBN: 979-1-0347-3803-8. Recommandé pour public jeune (9+). Un extrait peut être consulté sur le site de l’éditeur. stars-3-0

Pour plus d’information vous pouvez aussi consulter les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

Anges et Faucons © Dupuis, 2019.

Voir aussi mes commentaires sur les volumes précédents:

YokoTsuno-Integrales2-AventuresAllemandes-cov yoko26fr Yoko_Tsuno_27-Le_secret_de_Khâny-cov YokoTsuno-28_temple_des_immortels-cov

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Paul à la maison

Paul-a-la-maison-cov“Paul à la maison est le 9e tome de la série. Cette fois-ci, l’action de déroule en 2012, Paul est auteur de bande dessinée à temps plein et lance un nouvel ouvrage au Salon du livre de Montréal. Entretemps, sa fille part travailler en Angleterre, Lucie n’habite plus avec lui et sa mère ne va pas bien… 

Paul à a maison traite du deuil, sous de multiples formes. Un album émouvant.”

[Texte du site de l’éditeur]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 34

J’adore cette série mais malheureusement je n’en ai que très peu parlé (voir mon commentaire sur Paul dans le nord). Dans ce neuvième tome de la série nous faisons un saut dans le temps. En effet, Paul à Québec se déroulait en 1999 et les deux albums suivant, Paul au Parc et Paul dans le nord, étaient des flash-back dans la jeunesse de Paul (respectivement situé en 1970 et 1976). À l’automne 2012, Paul Rifiorati est maintenant dans la cinquantaine et dessine de la BD à temps plein, ce qui l’amène à faire des rencontres d’auteur dans les écoles et à faire des séances de signature au salon du livre. Il doit non seulement dire adieu à sa tendre jeunesse (il a toutes sortes de petits troubles de santé), mais aussi à son marriage (il est séparé de sa femme Lucie), à sa mère Aline (qui a été diagnostiquée d’un cancer et décide de ne plus combattre) et à sa fille (qui a maintenant dix-neuf ans et décide de déménager à Londres). Il doit faire face à ce deuil généralisé mais aussi à la solitude et au harcèlement de son voisin anglo-italien. Il a de la difficulté à gérer tout cela et se laisse aller un peu. Tout semble à l’abandon autour de lui: son apparence, sa cour arrière, son pommier, sa piscine… Le printemps amènera peut-être un renouveau…

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Page 41

C’est un très bon album de bande dessinée qui nous ouvre une fenêtre sur la vie quotidienne d’un artiste de BD (Paul est de toute évidence l’alter égo de Michel Rabagliati et le récit est probablement très auto-biographique) et nous offre en bonus une introduction amusante à la typographie et à des techniques d’encrage. Ce qui est fascinant, c’est que Rabagliati réussisse avec un récit un peu triste, mais sincère et sans prétention, un style graphique simple mais très expressif, à toucher beaucoup de gens de ma génération. Comme beaucoup je me reconnais un peu dans le personnage de Paul: j’ai été chez les Scouts, ado j’ai voulu faire un voyage sur le pouce avec un copain, j’ai été en vacance sur les plages de la Nouvelle-Angleterre, J’ai fait du graphisme, j’ai travaillé dans le milieu de l’édition, ma mère est décédée du cancer, etc. C’est aussi un bel hommage à sa ville, car beaucoup de montréalais reconnaitrons leur quartier dans les décors de cet album: la rue Fleury dans Ahuntsic, la rue Masson dans Rosemont, le Parc de l’Île de la Visitation, le boulevard des Laurentides à Laval, le métro, la Place Bonaventure, etc.

Paul à la maison, comme toute l’oeuvre de Rabagliati, est un ode à la vie. C’est une très bonne lecture qui mérite d’être savourée. À lire.

Paul à la maison, écrit et illustré par Michel Rabagliati. Montréal, Les Éditions de la Pastèque, novembre 2019. 208 pages, 19,1 x 20,3 cm, 31,95$, ISBN 978-2-89777-072-3. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

© Michel Rabagliati. Tout droit réservé. 2019 • © Les Éditions de la Pastèque.

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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Astérix: la fille de Vercingetorix

Asterix-LeFilledeVercingetorixAprès Astérix chez les Pictes (2013), Le Papyrus de César (2015) et Astérix et la Transitalique (2017), les personnages créés par René Goscinny et Albert Uderzo reviennent pour une nouvelle aventure dans La Fille de Vercingétorix, le nouvel album signé Jean-Yves Ferri et Didier Conrad.

C’est cette fois au Village que nous retrouvons nos héros préférés, qui nous prouvent une fois de plus qu’il n’est nul besoin de traverser le monde pour vivre de palpitantes péripéties. Effervescence et chamboulements en perspective ! La fille du célèbre chef gaulois Vercingétorix, traquée par les Romains, trouve refuge dans le Village des irréductibles Gaulois… Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la présence de cette ado pas comme les autres va provoquer moults bouleversements intergénérationnels…” [Texte du site de l’éditeur]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Astérix et Obélix affrontent dans cet album ce qui est probablement leur plus terrifiant adversaires jusqu’à maintenant: une bande d’ados! En effet, peu avant de se rendre à César après la défaite d’Alésia, Vercingétorix confit la protection de sa fille à deux subordonnés de confiance, les chefs Arvernes Monolitix et Ipocalorix (d’où leur accent auvergnat!). Mais le traître Adictosérix les piste. Ils demandent donc au village gaulois de protéger Adrénaline le temps qu’ils organisent les préparatifs d’un voyage en Bretagne. Mais attention, elle fugue! En fait, ce n’est pas tant la fille elle-même que les romains redoutent, mais plutôt le torque de Vercingétorix qu’elle porte et qui est un symbole de pouvoir…

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adrenalineLa jeune fille rebelle, qui s’habille gothique, se lie rapidement d’amitié avec les ados du coin: Blinix et Surimix (les fils du poissonnier Ordralafabetix) et Selfix (le fils du forgeron Cétautomatix). Ils flânent sous le regard protecteur d’Astérix et d’Obélix, mais Adrénaline (que la rumeur veut être inspiré par Greta Thunberg, ce que les auteurs ont nié) rêve de fuir sur une île lointaine couverte de fleurs. L’aventure et les péripéties habituelles s’en suivent, impliquant légionnaires romains, pirates, caméos humoristiques (dont un hommage à Aznavour) et un banquet à la fin. La jeune fille poursuivra son rêve d’îles paradisiaques avec le jeune marin Letitbix…

Ce trente-huitième album de la série Astérix (qui en marque d’ailleurs le soixantième anniversaire!) est très fidèle aux dessins originaux, conserve assez bien l’esprit de l’humour de Goscinny et Uderzo (il y a bien quelques excellents gags mais toutefois la plupart sont plutôt plat) et nous offre un récit amusant, dans l’air du temps (pacifisme, libertarianisme). Même si ce n’est certes pas aussi fort que les Astérix de l’âge d’or de la série (disons les vingt ou vingt-cinq premiers albums) et que la critique est plutôt mitigée, l’album se lit tout de même fort bien. À lire pour se distraire et par tradition.

Astérix #38: La fille de Vercingétorix, écrit par Jean-Yves Ferri et illustré par Didier Conrad. Vannes: Éditions Albert René, octobre 2019. 48 p., 22.8 x 29.4 cm.  ISBN 978-2-86497-342-3. 9.99 € / $14.95 Can. stars-3-0

© 2019 Les Éditions Albert René / Goscinny – Uderzo.

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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Voir aussi mes commentaires sur les volumes précédents:

Asterix_chez_les_Pictes-cov Asterix-Papyrus_de_Cesar-cov Asterix_et_la_transitalique-cov

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